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Conflans: renoncements, dysfonctionnements, couardises, lâchetés qui ont mené au grand désastre

Ce dossier révèle un fonctionnement bien curieux des services de l’Etat : renoncements, dysfonctionnements, couardises.

Peut on penser que les plus hautes autorités de l’administration et de l’Etat n’étaient pas informées ?

ARTICLE

Renseignement, rectorats, politique… Conflans : ces petites lâchetés qui ont mené au grand désastre

Par Anthony Cortes , Bruno Rieth , Étienne Girard , Laurent Valdiguié , Paul Conge et Vladimir de Gmelin, Publié le 21/10/2020 Marianne

Samuel Paty a été décapité, le 16 octobre, pour avoir fait son devoir d’enseignant. Au-delà des auteurs directs de l’attentat, son assassinat aura été rendu possible par tous ces renoncements, ces dysfonctionnements et ces couardises qui défont silencieusement notre société. Et si l’on ouvrait les yeux ?

Le mouvement est continu. Devant le collège du Bois-d’Aulne, du matin au soir, la foule défile. Des fleurs, des pleurs, un cahier d’hommages, des policiers aux aguets, des ambulances, des bénévoles de la Protection civile. Ce samedi 17 octobre au matin, une bande de barbus, qu’on n’a jamais vus dans le coin, observaient la scène de loin, pendant que des policiers en civil les photographiaient. À l’intérieur de l’établissement, une cellule d’écoute psychologique.

Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), ses petits pavillons tranquilles, ses terrains de sport et ses allées ensoleillées. Dans l’une d’elles, vendredi 16 octobre, un professeur d’histoire-géographie a été décapité parce qu’il avait fait son devoir. Les élèves qui ont eu Samuel Paty comme professeur ont du mal à parler : « Je ne me suis jamais autant intéressée à l’histoire qu’avec lui » se souvient une élève de troisième. Elle s’exprime lentement, lutte contre l’émotion, avec, de temps en temps, un regard pour sa mère.

En 2019, en quatrième, Samuel Paty avait été son professeur principal, et elle l’avait retrouvé avec un enthousiasme que chaque cours confirmait : « Je me rappelle chaque sujet, chaque période, il savait stimuler notre intérêt. L’année dernière, c’était les Lumières. Et ce module sur la laïcité, et sur Charlie Hebdo. Ça n’avait posé aucun problème. Il nous avait bien expliqué avant que cela toucherait à la religion, et que ceux qui éventuellement seraient choqués avaient la possibilité de détourner le regard ou de sortir. Il n’a pas du tout désigné les musulmans. Ce n’était pas son genre, il ne stigmatisait personne. »

La rumeur et le fanatisme, comme un cocktail explosif, ont tué Samuel Paty. Celui qui l’a achevé s’appelle Abdoullakh Anzorov, un réfugié tchétchène tout juste sorti de l’adolescence, dont l’inouïe sauvagerie nous laisse sidérés. Âgé de 18 ans, il a été abattu par la police. Ceux qui ont précipité son lynchage se nomment Brahim C., parent d’élève menteur, et Abdelhakim Sefrioui, un prédicateur fiché pour radicalisation à caractère terroriste. Ils ont été placés en garde à vue, parmi onze personnes. « L’enquête se concentre sur la capillarité entre le tueur et le parent d’élève… Comment l’information a circulé de l’un à l’autre avec, au milieu, Sefrioui » révèle une source gouvernementale. Leur culpabilité pénale devra être déterminée ; leur responsabilité morale ne fait aucun doute. Et puis, il y a des responsabilités plus indirectes.

Ces dysfonctionnements qu’on s’est habitué à taire. Ces petits riens qui, mis bout à bout, ont mené au désastre. Les défaillances du renseignement territorial, qui avait conclu dans une note du 12 octobre, à un climat « apaisé ». La couardise des rectorats. L’impuissance de la justice, des politiques, des fonctionnaires. « Pas de vague » qu’ils disaient. Toutes ces lâchetés, toutes ces erreurs, ont mené à l’horreur.

« PAS DE VAGUE »

Les prémices de l’impensable remontent au 5 octobre, dans l’anonymat d’une salle de classe de quatrième, à la frontière des Yvelines et du Val-d’Oise. Comme tous les ans, Samuel Paty s’apprête à démarrer son cours d’enseignement moral et civique sur la liberté d’expression. Comme tous les ans, il signale qu’il montrera le lendemain des caricatures, notamment de Mahomet, en précisant que les élèves qui le souhaitent pourront détourner les yeux ou quitter la salle quelques instants.

Une adolescente se scandalise. Elle ne sera pas présente, le lendemain, lorsque les images seront projetées. Pourtant, un père d’élève commence à s’activer. Son profil n’est pas tout à fait anodin. Brahim C., né en 1972 à Oran, en Algérie, est gérant d’une société de nettoyage. Très engagé au sein d’une association qui organise des pèlerinages à La Mecque pour les musulmans handicapés, il fait depuis plusieurs semaines la publicité d’un ouvrage écrit par un religieux saoudien, Cheikh Yahya al-Boukhari, présenté comme le directeur du bureau de la prédication de la mosquée de La Mecque. En 2014, sa demi-sœur a rejoint les forces de Daech, en Syrie. 

Dans une vidéo incendiaire diffusée le 8 octobre, et relayée par le compte Facebook de la mosquée de Pantin à ses 64 000 abonnés, cet habitant de Chanteloup-les-Vignes dénonce les pratiques de l’enseignant : « Il s’est permis de leur dire : “Les musulmans lèvent la main.”[…] Il leur a dit : “Voilà, vous sortez.” […] Il a montré un homme tout nu en leur disant que c’est le prophète. […] Pourquoi cette haine ? […] Si vous voulez qu’on soit ensemble et qu’on dise stop, envoyez-moi un message. « .

1 réponse »

  1. La décapitation de Samuel Paty est un crime collectif

    ParValérie Toranian revue des deux mondes

    Après la décapitation de Samuel Paty par un islamiste, Emmanuel Macron a déclaré « ils ne passeront pas ». Monsieur le président, vous avez une guerre de retard. Ils sont passés. Depuis longtemps. La République devait être le socle qui protège, émancipe, instruit chaque citoyen, elle est devenue un navire à la dérive, incapable de fixer le cap. Ses enseignants sont exécutés, ses quartiers sont des territoires de non-droit, ses pompiers sont caillassés. Pire, au lieu de neutraliser ceux qui fendent sa coque pour la faire couler, la République leur offre asile, les tolère, les excuse, les couvre. Vous-même avez mis trois ans à aborder la question du séparatisme islamique. Trois ans qui s’ajoutent à plusieurs décennies de capitulation, résignation, lâcheté, aveuglement. Et aucun président, aucun gouvernement, ne peut s’absoudre de ses responsabilités.

    Un islam de conquête totalitaire est à l’assaut de notre monde. Il se propose de changer notre mode de vie, notre histoire, nos mœurs, nos libertés, de le faire par tous les moyens possibles, des plus légaux aux plus violents. Son agenda est mondial. En ce moment, Erdogan et l’Azerbaïdjan tentent d’éliminer les Arméniens de l’Artsakh, une des dernières poches chrétiennes en Orient, au nom du djihad. L’Europe continent de culture latine, grecque, judéo-chrétienne est l’autre terre de conquête. Surtout la France, berceau du rationalisme des Lumières et de la laïcité que l’islamisme ne saurait tolérer.

    « La décapitation de Samuel Paty est la preuve qu’entre les militants de l’islam politique, la radicalisation et le terrorisme, il existe une chaîne de continuité. C’est la chronique d’une mort annoncée. »

    Le post-modernisme de notre société biberonnée aux principes de la déconstruction, pétrie de culpabilité post-coloniale, a permis à cet islam totalitaire de se déployer comme jamais il n’aurait osé l’espérer, trouvant des alliés dans la culture et les médias gauchistes, jusque dans les quotidiens « de référence », et bien sûr l’intelligentsia décoloniale et racialiste qui développe un discours de guerre contre l’État, la République et ses valeurs.

    La décapitation de Samuel Paty est la preuve qu’entre les militants de l’islam politique, la radicalisation et le terrorisme, il existe une chaîne de continuité. C’est la chronique d’une mort annoncée. Elle débute avec la mobilisation de parents contre le professeur, l’instrumentalisation de l’incident par Abdelhakim Sefrioui, un islamiste radicalisé fiché S qui appelle à « stopper » le professeur « voyou » sur les réseaux sociaux en donnant ses coordonnées. Elle s’achève devant le corps mutilé de Samuel Paty quatre jours après que les services de renseignement ont envoyé une note faisant état de l’incident à leur hiérarchie. C’est tout un écosystème qui façonne, féconde, nourrit le geste d’un ultra-radicalisé. Abdoulakh Anzorov est tchétchène, il pratique un islam littéral. Pour lui, être musulman c’est appliquer à la lettre les préconisations du Coran envers les mécréants. Lorsqu’on attise les braises en déformant un incident, en mentant, en calomniant un enseignant « coupable » d’avoir délivré un cours sur la liberté d’expression, on ne fait rien d’autre que désigner à la meute une cible. Et on se lave les mains des conséquences.

    L’exécution de Samuel Paty est un crime collectif. Nombreux sont ceux qui ont du sang sur les mains.

    – Ceux qui ont méprisé les lanceurs d’alerte sur l’état de l’enseignement scolaire. On ne peut plus enseigner librement la Shoah, la liberté d’expression, la colonisation, l’éducation sexuelle, la condition des femmes. Même Madame Bovary pose problème ! Des élèves trouvent naturel que le blasphème soit inscrit dans la loi. Sans parler des problèmes de hallal à la cantine, de refus de participer à certains cours, à la piscine pour les filles, etc. Le rapport Obin qui faisait l’état des lieux, lui valut d’être taxé d’islamophobe. Le rapport fut enterré par François Fillon. Georges Bensoussan auteur des Territoires perdus de la République en 2002, fut accusé d’extrémisme, de racisme, et boycotté par les médias. Les ouvrages de Bernard Rougier, Hugo Micheron, et le courageux François Pupponi, ex-maire de Sarcelles, n’ont cessé de souligner le dangereux basculement de notre société. Pourquoi avoir attendu qu’un fou d’Allah fende en deux le corps d’un professeur pour qu’enfin on ouvre les yeux ?

    – L’institution scolaire qui a encouragé les professeurs (pour « ne pas faire le jeu de l’extrême droite » ?) à ne pas faire de vagues. Pire, à capituler. Michaël Prazan, cinéaste et ancien enseignant, raconte : « On a servi aux élèves – à l’initiative de nos pédagogues – ce qu’on croyait qu’ils réclamaient : clouer au pilori l’Occident coupable, la domination de l’homme blanc. Nous en avons fait des “indigènes de la République”. Il n’y a qu’à consulter les ouvrages d’histoire et d’éducation civique – particulièrement dans les classes pro et techno – pour s’en rendre compte. » Jean-Michel Blanquer se bat contre ces dérives. Il a promis de le faire encore plus. Mais comment combattre les membres du corps enseignant qui sont idéologiquement convaincus de la nécessité de ne pas faire de vagues ? Ou bien qui se sont accommodés de tous ces arrangements avec l’islamisme et ne les signalent même plus ?

    – Les syndicats qui n’ont cessé pour la plupart de demander à leurs enseignants de ne pas faire de vagues et qui, ce weekend encore, étaient incapables de nommer le danger.

    – Tous ceux qui ont légitimé la haine anti-Charlie. Ces médias qui offraient leurs colonnes aux tribunes des pseudo sociologues et universitaires défendant le relativisme culturel, faisant la révérence envers l’islam jamais coupable. Tant pis pour les homosexuels, les apostats et toutes celles qui sont pourchassées dans le monde, parce qu’elles refusent de porter un voile. Edwy Plenel expliquant que Charlie était en guerre contre les musulmans : exactement ce que veulent entendre les islamistes pour liquider les journalistes. Rokhaya Diallo, icône indigéniste néo-féministe, portant plainte contre Charlie, hebdomadaire raciste, selon elle. L’UNEF, qui fut un grand syndicat de gauche et féministe, représenté par une femme voilée prônant la soumission au patriarcat musulman. SOS-Racisme, qui a transformé son combat antiraciste en combat contre l’islamophobie.

    « Ces souffleurs de braise ne cessent de présenter aux musulmans un discours victimaire qui fait d’eux les cibles d’une islamophobie d’État. En voir certains place de la République manifester « contre la haine » et allumer des bougies en l’honneur de Samuel Paty est proprement écœurant. »

    Ces souffleurs de braise ne cessent de présenter aux musulmans un discours victimaire qui fait d’eux les cibles d’une islamophobie d’État. En voir certains place de la République manifester « contre la haine » et allumer des bougies en l’honneur de Samuel Paty est proprement écœurant. Ainsi Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise qui avaient bruyamment appelé à la manifestation du 10 novembre 2019 contre l’islamophobie, cautionnant ainsi que l’islamophobie, c’est-à-dire la critique de l’islam, était un crime raciste. Cette victoire est celle du CCIF qui a réussi à imposer cette nouvelle sémantique victimaire désormais banalisée. Et même si Gérald Darmanin réussit à dissoudre l’association (elle crie à la victimisation et va tout faire pour invalider la décision auprès de la justice), le mal est là. Une journée d’hommage national n’y changera rien. Il faut poursuivre en justice, interdire (enfin) les mosquées salafistes et toutes les associations islamistes, et se poser la question très sensible, du droit d’asile et du contrôle de l’immigration. Pourquoi encore tant de fichés S étrangers sont-ils toujours en France ?

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