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« DÉFIANCE. RÉSIGNATION. COLÈRE. LE SIGNE D’UNE DEMOCRATIE DÉSORMAIS À RISQUE ». NORA HAMADI

« «MASCARADE», «PIÉTINEMENT DU PARLEMENT», «HUMILIATION», «DÉNI DE DÉMOCRATIE»… 

...Les qualificatifs des parlementaires sont particulièrement forts ce jeudi 1er avril dans les travées de l’Assemblée nationale et du Sénat. »

C’est ainsi que débute ‘article de Nora Hamadi qui vous est proposé en lecture.

Des parlementaires sont cités dans l’article, mais également: le philosophe Jean-Claude Monod, auteur de Qu’est-ce qu’un chef en démocratie?, le  professeur de droit Thomas Clay, le sociologue Roger Sue, auteur de Le spectre totalitaire, et spécialiste de la citoyenneté, Stéphane Beaudet, président de l’association des maires d’Île-de-France , Christian Salmon, écrivain et chercheur au Centre sur les arts et le langage , Thierry Mandon

Journaliste spécialiste des questions européennes, Nora Hamadi présente l’émission VoxPop d’Arte. Elle assure également la rédaction en chef de Fumigène Mag, littérature de rue, un magazine dédié à l’actualité vu des quartiers populaires et anime de nombreux ateliers d’éducation aux médias et à l’information. Nora Hamadi a notamment travaillé à Public Sénat, Itélé, le Mouv, le Parisien, et réalisé de nombreux reportages et documentaires. 

ARTICLE

Les critiques s’amplifient contre le manque de transparence d’Emmanuel Macron

Nora Hamadi  — 5 avril 2021 à 10h13 – SLATE

Le jupitérisme passe difficilement l’épreuve de la pandémie.

«Mascarade», «piétinement du Parlement», «humiliation», «déni de démocratie»… Les qualificatifs des parlementaires sont particulièrement forts ce jeudi 1er avril dans les travées de l’Assemblée nationale et du Sénat.

Au lendemain de l’allocution télévisée du président de la République, suivie par près de 32 millions de Français, comment légitimer que le débat parlementaire se tienne alors que les mesures sanitaires sont déjà annoncées par Emmanuel Macron? En toute logique, les oppositions désertent l’hémicycle et ne participeront pas au vote.

Plus de 26 millions de téléspectateurs (hors chaînes infos) hier à 20h devant l’allocution d’Emmanuel Macron :
TF1 : 12,64 millions (37,2% de PDA)
France 2 : 9,92 millions (29,2% de PDA)
M6 : 3,32 millions (9,8% de PDA)#Macron20h pic.twitter.com/LnOfoioFYb— Benjamin Rabier (@benjaminrabier) April 1, 2021

Un exercice solitaire du pouvoir

L’accusation de manque de transparence n’est pas nouvelle. Elle a commencé dès le début de la pandémie. Du Conseil scientifique au Conseil de défense sanitaire, la création d’instances en dehors des institutions prévues par la Ve République pour gérer la crise interroge. Les décisions sont entérinées en Conseil de défense, une instance dont les citoyens ne connaissent toujours pas la composition précise ni les principes qui guident la décision. Et à la clé, le président décide seul, parfois contre son Premier ministre et ses ministres, sans porter le débat devant le Parlement, qui entérine, depuis un an, les mesures a postériori. «C’est toujours merveilleux, tempête Clémentine Autain, députée LFI et candidate à la présidence de la région Île-de-France, le président s’exprime, et le lendemain, le Premier ministre vient devant la représentation nationale et demande un vote qui adopte les mesures. C’est un non-respect flagrant du Parlement!»

Une attaque qui n’est pas nouvelle à l’endroit d’Emmanuel Macron, accusé de fouler au pied la représentation nationale. «Cela avait déjà commencé avec sa volonté de réunir le Congrès à Versailles. Nous avions refusé!, poursuit Clémentine Autain. Déjà, dès le début de son mandat, c’était Jupiter décide tout et tout le monde obtempère. La crise sanitaire n’a fait que révéler cette dimension solitaire de l’exercice du pouvoir. On a par ailleurs débattu d’une loi sur le “séparatisme” durant des semaines… et pourtant, nous n’avons eu aucun débat sur la réponse à la crise, sur les vaccins, les brevets, sur l’état de l’hôpital public.»

« Agissez plutôt contre le séparatisme des riches »: @alexiscorbiere (FI) dénonce « l’agenda médiatique » de ce futur projet de loi qui « contourne les problèmes sociaux et sanitaires », et souligne que « les lois actuelles suffisent largement » #DirectAN #QAG pic.twitter.com/OQp8sMeh5A— Assemblée nationale (@AssembleeNat) October 6, 2020

Chez les oppositions, à droite comme à gauche, la demande d’une délibération véritable, symbole de la fin du mépris des parlementaires fait largement consensus. «Si nous avions eu un grand débat au Parlement, assure Christian Salmon, écrivain et chercheur au Centre sur les arts et le langage, nous aurions pu avancer et créer du consensus. Comme les Français étaient confinés, ils auraient largement suivi les débats. Mais pour Emmanuel Macron, “le débat, c’est moi”.» Une critique balayée par Gilles Boyer, député européen Renew: «Le débat démocratique existe. Tout le monde peut s’exprimer et ne s’en prive pas, sur les plateaux de télévision ou ailleurs. L’intensité du débat démocratique ne se mesure pas seulement au nombre de débats au Parlement, dans un exercice assez corseté qui ne permet pas toujours un véritable échange: le Premier ministre fait une déclaration, les présidents de groupe lui répondent. C’est très bien de le faire, et la vie parlementaire est essentielle dans une démocratie, mais la démocratie vit aussi en dehors.»

La compétence sur la santé est effectivement régalienne selon l’eurodéputé Renew et proche du président, Stéphane Séjourné: «On n’a jamais vu une crise sanitaire pareille depuis 100 ans, et tout remonte à l’État, donc au président. Avec la constitution du comité scientifique, il a tenté de garantir un consensus scientifique qui nous fasse appliquer les mesures, et leur acceptabilité sociale. Il y a aussi de nombreuses polémiques autour du Conseil de défense qui serait un ersatz de cabinet noir, mais en même temps, une telle instance est nécessaire pour faire participer à la prise de décision des gens qui ne sont pas au gouvernement.»

Les parlementaires ne sont pas les seuls à se dire exclus du processus décisionnel. Si les maires et les présidents de région ont largement participé à la mise en œuvre des mesures sanitaires, allant parfois jusqu’à pallier les lacunes de l’État central selon leurs propres dires, ils considèrent, malgré leurs revendications, qu’ils ne sont toujours pas écoutés.

«Même le Conseil scientifique râle désormais car ses avis ne sont pas publiés ou alors avec plusieurs semaines de retard.»

Sandra Régol, secrétaire nationale adjointe d’EELV

«Il y a des dispositifs de concertation depuis quelques mois, mais toujours au tout dernier moment, renchérit Stéphane Beaudet, maire sans étiquette d’Évry-Courcouronnes dans l’Essonne, et président de l’association des maires d’Île-de-France. Nous avons une réunion chaque jeudi à 14h30, avec le président du département, Anne Hidalgo, Valérie Pécresse et le préfet de région. Mais hormis faire un point sur la situation sanitaire, nous sommes en attente de ce qui va se dire dans la conférence de presse du gouvernement le jeudi soir!»

Illusion de concertation, sentiment de fait accompli et de manque d’anticipation chronique, certains responsables politiques ont l’impression de subir une désorganisation permanente au sommet de l’État, alimentée par les errements d’une administration incapable d’agilité dans la gestion contre la crise sanitaire. «Le président décide au dernier moment, ajoute Stéphane Beaudet. Certes, nous avons une responsabilité collective. Je comprends la difficulté à prendre des décisions dans de telles périodes, mais nous devons travailler en amont sur deux ou trois scénarios. On ne peut pas décider du jour au lendemain alors que nous connaissons les prévisions à trois semaines!» L’analyse est partagée par Sandra Régol, secrétaire nationale adjointe d’EELV: «Même le Conseil scientifique râle désormais car ses avis ne sont pas publiés ou alors avec plusieurs semaines de retard. Enfin, qui a été consulté depuis six mois? Les élus locaux? Régionaux? L’opposition parlementaire? Les partis? Nada. Comment peut-on prendre de bonnes décisions seul entouré de quelques personnes?»

Cette demande de concertation et ces polémiques incessantes restent une contradiction et un paradoxe français, selon Stéphane Séjourné. «Nous voulons de la transparence et de la codécision, mais pas des responsabilités, argue-t-il. Vous pouvez consulter le plus possible, mais c’est bien celui qui est responsable qui prendra la décision. Et à la fin, celui qui ne l’est pas dira que c’est un mauvais choix, surtout quand vous devez agir avec, en filigrane, un calendrier politique et des échéances électorales.»

Du confinement de la démocratie

Une des questions centrales reste la mise en débat et la publicité de tous les facteurs de la prise de décision par l’exécutif. Malgré les points presse hebdomadaires, il demeure une impression tenace d’une certaine opacité, qui nourrit la défiance, voire le complotisme. «Ce qui est étonnant, c’est cet état d’urgence sanitaire qui dure, qui est perpétuellement reconduit. Cela n’a plus de sens, analyse le philosophe Jean-Claude Monod, auteur de Qu’est-ce qu’un chef en démocratie?. Le Parlement est réduit à un rôle ornemental, le conseil d’État joue son rôle en mode mineur. Cette installation dans l’état d’urgence permanent est assez malsain. L’état démocratique du régime est évanescent.»

L’exercice solitaire du pouvoir est-il un pis-aller pour gérer une crise sans précédent? Pourtant, si certains de nos voisins européens ont également fait le choix de ce cadre juridique d’exception, à l’instar de l’Italie, ou de l’Espagne, la concertation reste de mise, au regard de leur fonctionnement institutionnel fortement décentralisé. Outre-Rhin, la chancelière Merkel a dû construire de pénibles consensus avec les seize présidents de Länder, parfois au prix de réunions interminables. De fait, les institutions hexagonales, malgré la déconcentration et la décentralisation, ne sont pas favorables à ces méthodes.

«Cette installation dans l’état d’urgence permanent est assez malsain. L’état démocratique du régime est évanescent.»

Jean-Claude Monod, philosophe

«Le président de la République concentre tous les pouvoirs car la Constitution de la Ve République le permet. Il n’y a pas de dérive césariste, pointe l’avocat et professeur de droit Thomas Clay. Mais à l’aune de cette crise, on constate que, une fois de plus, le Parlement ne sert à rien dans la Ve République. Cela n’a rien de nouveau. Contrôle de l’action gouvernementale, enquête, vote négatif, interrogation… Tous les pouvoirs sont prévus dans la Constitution, mais le Parlement ne les utilise pas. Personne ne le force à voter comme il le fait. C’est son choix de se soumettre ainsi.»

Un Parlement vassalisé, des oppositions inaudibles et des débats, qui, à défaut de se tenir au sein de la représentation nationale, prennent place ailleurs, des plateaux de télévision aux réseaux sociaux, le scénario de la délégitimation institutionnelle est en cours, et la conversation démocratique caduque. Alors que les soignants, de colonnes de journaux, en tribunes, en débats télévisés ou radiophoniques, répètent inlassablement que les projections sont épouvantables et qu’il vaut mieux un confinement préventif court qu’une catastrophe annoncée, le choix de ne pas confiner les Français le 29 janvier dernier demeure le symbole de la prise de décision solitaire et contre tous du chef de l’État. Un «pari» risqué, invalidé par l’annonce, de guerre lasse, d’un troisième confinement le 31 mars, sur tout le territoire national. «La stratégie n’est pas toujours lisible, relève Stéphane Beaudet. C’était un pari audacieux de ne pas profiter des vacances de février pour confiner complètement. C’était un pari osé, et qui a échoué.»

De semaine décisive en semaine décisive, la gestion des clusters dans les établissements scolaires, le manque de visibilité et la confusion dans les protocoles successifs, les polémiques autour des commerces essentiels ou non, le raté des nouvelles attestations kafkaïennes, tout comme les rumeurs d’allocution présidentielle imminente ont encore nourri le sentiment de lassitude et de résignation et, pour certains, la colère. La crise sanitaire et la communication semblent, plus que jamais, être gérées à bride courte, par un président de la République qui reste ainsi au centre des débats, et demeure le maître du storytelling.

«L’État n’est plus qu’une start-up, fustige Christian Salmon. Le président de la République est à la tête d’un État sans moyen pour gérer cette pandémie, donc il gère la communication. Ce pari de janvier n’est pas une erreur malencontreuse. Vous soumettez toute l’opinion. Vous êtes comme au casino, et vous attendez de savoir si la boule s’arrête sur le rouge ou le noir. C’est une démarche très trumpienne d’être soumis à cet agenda au jour le jour et une véritable angoisse pour les Français. Gérer, ce n’est plus prévoir mais c’est diriger les perceptions, et ainsi, Emmanuel Macron reste au centre du jeu. Il n’est plus le “maître des horloges”, mais bien le maître du chronomètre.»

Emmanuel Macron, monarque maître du temps

Les prémices du divorce s’annonçaient pourtant déjà bien avant la crise sanitaire. Dès les premières semaines de son mandat, le président de la République est accusé de jouer au monarque républicain, de ne guère consulter, de mépriser les corps intermédiaires, de tenter une mise au pas de l’armée et de l’administration… L’autoproclamé «maître des horloges», refuse le leg du président normal François Hollande, se construit en opposition et incarne une présidence de type gaullienne. Une posture héritée du fonctionnement de la Ve République. Le premier des corps intermédiaires réduit à néant reste le Premier ministre, affaiblit au rang de simple collaborateur. Une vision des institutions déjà soutenue par Nicolas Sarkozy, qui avait affublé François Fillon de ce qualificatif.

Un continuum de nos pratiques institutionnelles selon Thomas Clay, mais qu’Emmanuel Macron a entériné de manière encore plus ferme: «Le point significatif, c’est le remplacement d’Édouard Philippe, un Premier ministre politique, par Jean Castex, un Premier ministre techno qui a achevé la disparition de la fonction. Il devient littéralement le gestionnaire de la crise et l’exécutant des décisions prises au-dessus de lui, et qui parfois le dépassent. Au fond, on assiste à la mise en application de la disparition du Premier ministre.»

Depuis la mise en œuvre du quinquennat, l’inversion du calendrier, portant les élections législatives à la suite de la présidentielle, et l’effacement du Premier ministre, la présidentialisation du régime sous les institutions de la Ve République est en marche. Une incarnation forte et une désignation au suffrage universel direct qui légitime une forme de face à face entre le président et les Français, à l’instar des «gilets jaunes», qui, des semaines durant, ont installé un dialogue franc entre les manifestants sur les ronds-points ou dans les rues dans les grandes villes françaises, et le président de la République Emmanuel Macron.

«Il y a une contradiction majeure avec une autorité surplombante et une société qui cherche par tous les moyens à se faire entendre.»

Roger Sue, sociologue

Pourtant, la concentration et la verticalité du pouvoir sont plus que jamais interrogées et remises en cause par les citoyens. Depuis une quinzaine d’années, la demande de co-construction, de concertation, de démocratie participative et de transparence de la décision publique est réelle et se met peu à peu en place localement. Cet engagement dans la cité, s’il n’est pas encore majoritaire, démontre que la désaffiliation est plus à chercher du côté de LA politique, que DU politique. «On se trompe totalement quand on pense qu’il y a une forme de désengagement civique, affirme le sociologue Roger Sue, auteur de Le spectre totalitaire, et spécialiste de la citoyenneté. Cette société civile est beaucoup plus politique qu’on ne le pense et notamment dans la recherche de forme participative. Il y a évidemment une contradiction majeure avec une autorité surplombante et une société qui cherche par tous les moyens à se faire entendre tant que on ne l’entend pas. Plus il y a d’horizontalité dans les pratiques citoyennes, plus il y a de la verticalité dans les pratiques politiques. On arrive alors à des formes de protestation, contestations, rejet, du politique qui renvoie, en miroir, à ses pratiques verticales et autoritaires.»

«Je ne crois pas que ce soit lié aux institutions de la Ve, réfute Gilles Boyer. C’est surtout une dégradation du débat public que l’on retrouve dans beaucoup de démocraties occidentales et qui appelle à une réflexion collective du monde politico-médiatique. Il faut renouer avec la nuance, la modération, la complexité et garder de la marge intellectuelle pour écouter ou démentir les arguments de l’autre. Ce sera difficile. Par ailleurs, je ne suis pas certain que le besoin de co-construction sera suffisant. Il y aura toujours quelqu’un pour dire “on ne m’a pas consulté!”. Tous les maires, tous les syndics de copropriété le savent. On trouvera toujours des gens mécontents sur l’état du dialogue.»

De la fatigue démocratique

Du grand débat qui a suivi la crise des «gilets jaunes» à la Convention citoyenne, face à cette fatigue démocratique, les tentations d’instances participatives sont légion, mais restent encore aujourd’hui souvent trahies par le politique. La majorité des mesures des participants à la Convention citoyenne pour le climat n’ont pas été intégrées dans le projet de loi climat actuellement en discussion à l’Assemblée nationale.

Quant aux cahiers de doléances des grands débats, ils n’ont toujours pas été publiés. Dès lors, comment analyser cette demande criante de codécision de la part des citoyens dans une Ve République verticale et malgré tout centralisée? «Selon l’OCDE, la France a, en une génération, multiplié par plus de deux le taux de ses diplômés, rappelait l’ancien secrétaire d’État à l’Enseignement supérieur Thierry Mandon, dans une interview au JDD. C’est inédit dans le monde. En vingt-cinq ans, on est passé de 20% de diplômés du supérieur à 44%… Les Français d’aujourd’hui sont plus cultivés, plus éduqués, ont davantage d’esprit critique. Or ces aspirations à participer et à être écoutés ne sont pas prises en compte. On gouverne et on parle encore aux citoyens comme il y a cinquante ans, alors qu’ils sont surinformés et maîtrisent même leur propre accès à l’information.»

Les Français seraient plus éduqués, plus informés et moins prompts à se laisser dicter une conduite si les politiques mises en œuvre ne sont pas étayées et expliquées. Un constat qui interroge la maturité politique de nos institutions et de l’exercice du pouvoir face à une population sensiblement prête à tenter une autre aventure. Sur le terrain local, ces instances fleurissent et les maires doivent faire avec ces espaces de concertations et de codécisions depuis des années déjà, mais sur le plan national, les attentes grondent.

«Face à cette gestion de crise, la population est résignée, elle a dépassé la colère. On est à un point de rupture.»

Stéphane Beaudet, président de l’association des maires d’Île-de-France

«La question de savoir ce qu’on pense est posée à tous les niveaux: dans nos engagements associatifs, dans nos consommations, nous notons tous. La dimension de consultation est présente partout et face à cela, il faut bien entendu que l’État se dépoussière», analyse Stéphane Séjourné. Pour certains, ce dépoussiérage ne pourra être efficient qu’à la condition de balayer la VRépublique et d’inventer un nouveau système institutionnel.

En attendant cette réflexion collective et la fin, peut-être, d’une verticalité mortifère, nous continuons, dans cette pandémie inédite, à irrémédiablement nous comparer et à constater les écarts considérables dans les pratiques politiques avec certains de nos voisins européens, dont le premier d’entre eux, l’Allemagne. «Il y a une différence notable dans l’exercice du pouvoir dans la crise sanitaire entre Emmanuel Macron et Angela Merkel par exemple, rappelle Sandra Regol. Elle a présenté ses excuses à ses concitoyens. Cela va de soi pour la chancelière: quand on fait une erreur dans une pandémie, ce sont les citoyens qui paient les pots cassés. Donc elle s’excuse. Nous, on a Jupiter qui a raison sur tout et qui refuse tout mea culpa.» «Face à cette gestion de crise, la population est résignée, elle a dépassé la colère, prévient Stéphane Beaudet. On est à un point de rupture.»

Défiance. Résignation. Colère. Le signe d’une démocratie désormais à risque, à un an de l’élection présidentielle.

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