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L’ÉCONOMIE DU MONDE D’APRÈS : 3.UNE RÉVOLUTION?

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L’ECONOMIE D’APRES COVID SERA-T-ELLE BOULEVERSEE ?

Fatima Stohlenber nous propose des articles évoquant l’après covid sur le plan économique, inflation, dette…

Déjà publié le 27 04 21 : L’ÉCONOMIE DU MONDE D’APRÈS : 1. L’INFLATION https://metahodos.fr/2021/04/27/leconomie-du-monde-dapres-1-linflation/

Et L’ÉCONOMIE DU MONDE D’APRÈS : 2. LA DETTE https://metahodos.fr/2021/04/29/leconomie-du-monde-dapres-2-la-dette/

Le présent article « Après le Covid, la France face à sa révolution économique » de Gabriel Gaspard, ancien chef d’entreprise, docteur en informatique des organisations et spécialiste en économie financière, considère que, sans alourdir l’endettement extérieur, il est possible de sortir la France du marasme économique.

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article

« Après le Covid, la France face à sa révolution économique »

Par Gabriel Gaspard – Marianne – Publié le 20/04/2021

L’heure de vérité pour la France arrive. Les États-Unis vont investir 1 900 milliards de dollars sur huit ans – en créant de l’inflation même provisoire – dans les infrastructures : les transports, l’industrie ou encore les réseaux internet pour améliorer la compétitivité du pays. Pour financer cette mesure, l’impôt sur les sociétés passera de 21 % à 28 % et ceux dont les salaires annuels dépassent les 400 000 dollars paieront sur leurs revenus. « Cela permettra de créer l’économie la plus résistante, la plus forte et la plus innovante du monde. »

La France risque de se faire distancer dans l’après-Covid-19. Comme les États-Unis, le Japon avait déjà validé un nouveau plan de 600 milliards d’euros, soit l’équivalent de 13,2 % de son PIB. « Nous avons compilé ces mesures pour restaurer l’économie tout en ouvrant la voie à une croissance plus axée sur les technologies vertes et numériques » a signalé le Premier ministre japonais, Yoshihide Suga. Pour le Japon, la dette est détenue pour plus de 83 % par les Japonais et par 7 % par des étrangers, contrairement à la France où la dette extérieure est détenue à plus de 50 % par des investisseurs non-résidents.

BESOIN D’INVESTISSEMENTS

La croissance ne peut pas tout sans investissement. Sur le site collectivites-locales.gouv.fr on peut lire : « Afin de redresser rapidement et durablement l’économie française, un plan de relance exceptionnel de 100 milliards d’euros est déployé par le gouvernement autour de trois volets principaux : l’écologie, la compétitivité et la cohésion ». Et le Premier ministre explique : « Il s’agit en totalité de crédits nouveaux, mais seuls 80 milliards s’imputeront directement sur le budget de l’État ».

Pour liquider cette dette créée par la crise du Covid-19, le ministre de l’Économie et des Finances propose un remboursement sur vingt ans et ajoute : « Ça se fera par un seul moyen : la croissance ». Un pari risqué car le spécialiste des finances publiques François Ecalle explique très clairement qu’il sera très compliqué de redresser les comptes malgré une croissance moyenne annuelle possible à 1,4 %, même si les taux restent bas.

UNE CRISE PIRE QU’EN 2008

La crise du Covid-19 sera pire que celle de 2008, d’après le Fonds monétaire international (FMI). La crise financière de 2008 a coûté en dix ans approximativement 1 541 milliards d’euros à la France en termes de produit intérieur brut (PIB) selon les calculs d’Eric Dor, directeur des études économiques à IESEG School of Management. La dette de la France a augmenté de 1 000 milliards d’euros entre 2007 et 2017. Pour la même période, le total de remboursement d’intérêts des dettes, à lui seul, s’est élevé à 500 milliards d’euros.« Il ne suffit pas d’une fiscalité nulle sur de petites donations pour créer la croissance. »

Une autre chance à ne pas rater. Avec le plan d’emprunt européen de 750 milliards d’euros (40 milliards d’euros pour la France), suspendu par la cour constitutionnelle allemande, la France doit aller plus loin et élaborer un plan d’investissement républicain avec un fonds citoyen pour financer un pacte vert (le tiers du fonds), un pacte pour la santé la dépendance et la solidarité, un pacte pour la ruralité, et pour investir dans des activités durables et accélérer la transformation numérique. En 2020, la commande publique (investissements mais aussi achats de service d’ingénierie et fournitures) a connu une baisse sévère de 18 %, plus forte que les retournements les plus sévères depuis 1950.

PUISER DANS L’ÉPARGNE

Que faire de l’épargne des Français ? L’ensemble de l’argent épargné par les Français avoisine les 6 000 milliards d’euros. Cette somme, loin d’être négligeable, est mal utilisée. La hausse de l’épargne des ménages est bien supérieure aux taux de la croissance économique et de l’inflation en 2019. En moyenne, les Français parviennent à épargner un peu moins de 15 % de leur revenu. Il y aura en 2020 et 2021, à cause de la pandémie, une épargne forcée des ménages de 200 milliards d’euros. Il ne suffit pas d’une fiscalité nulle sur de petites donations pour créer la croissance. Il est très souhaitable de drainer tous les ans entre 6 % et 10 % de l’épargne des ménages pour les affecter à une croissance révolutionnaire et innovante.

Comment stopper la spirale de l’échec ? Les économies des ménages doivent être utilisées dans un cadre réglementé. Le contexte figé et un environnement contraint tant sur le plan politique, économique et financier sont aujourd’hui favorables. Les fonds seront gérés par des établissements de crédit publics paritaires et spécialisés. Ce mécanisme de financement permet de rémunérer au taux de l’inflation les placements à la réalisation d’objectifs économiques et sociaux dans un cadre plus résilient.

RETROUVER LE CHEMIN DE L’EMPLOI

Pas de recours à l’endettement pour l’État : ces investissements citoyens, comme tout investissement public, auront un très fort effet d’élan sur l’économie. L’OFCE dans son étude investissement public, « Capital public et croissance », coordonnée par Xavier Ragot et Francesco Saraceno, explique : « La hausse du PIB par euro public dépensé est appelée multiplicateur budgétaire. Les études trouvent des multiplicateurs des dépenses publiques sur le PIB de 0,8 avec une grande variabilité des résultats. En période de crise et, en particulier lorsque la politique monétaire atteint la borne zéro des taux d’intérêt, alors le multiplicateur augmente et atteint des valeurs plus élevées comprises entre 1,3 et 2,5… Notons enfin que dans une économie comme la France, caractérisée par une pression fiscale proche de 50 %, un multiplicateur supérieur à 2 signifie que la mesure est quasi-autofinancée. Dans une telle configuration, la politique de relance doit être impérativement adoptée. »« Un investissement public de 10 % du PIB par an en France permettrait la création d’un minimum de 3 millions d’emplois. »

Comment peut-on retrouver le chemin de l’emploi ? Un milliard d’euros investi par an créerait entre 8 000 et 20 000 emplois (12 000 emplois pour le bâtiment). Lorsque les États-Unis ont investi 90 milliards d’euros dans l’énergie propre dans le cadre de la loi de 2009 sur le redressement, ils ont créé par an 900 000 emplois à plein temps dans ce secteur entre 2009 et 2015. Par exemple, un investissement public de 10 % du PIB par an en France, soit environ 250 milliards d’euros, permettrait la création d’un minimum de 3 millions d’emplois et l’État récupère en recette 125 milliards d’euros.

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