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POINTS DE VUE – L’EXTENSION DU PASS SANITAIRE, UNE SERVITUDE VOLONTAIRE ?

CONSENTEMENT LIBRE ET ÉCLAIRÉ

« La politique sanitaire porte atteinte à nos libertés, et viole notamment le consentement libre et éclairé à tout traitement médical », c’est le point de vue de Pierre Farge et Bilal Bentahar dont nous proposons l‘Article 1.

LA SOUMISSION A-T-ELLE FORCE DE LOI ?

Par ailleurs, pour Adnan Valibhay « la France ne peut plus se targuer d’être le pays de la liberté et encore moins d’être la nation des droits de l’Homme lorsqu’à l’unisson la population et le pouvoir politique donnent à la soumission force de loi ». Nous vous proposons son artcle récent – Article 2

ARTICLE 1

LIBERTÉ ET ÉGALITÉ, MAIS UNIQUEMENT SI VOUS ÊTES VACCINÉS

Par Pierre Farge et Bilal Bentahar. CONTREPOINTS 18 JUILLET 2021

Alors que le variant Delta menace de plonger la France dans une quatrième vague, Emmanuel Macron a annoncé lundi la mise en place de nouvelles restrictions sanitaires constituant une énième atteinte à nos libertés publiques. L’avis de Pierre Farge, avocat, sur l’hypocrisie de ces mesures. 

 
Un peuple prêt à sacrifier sa liberté pour sa sécurité n’est digne ni de l’un ni de l’autre, et finit par perdre les deux.

Le mot de Benjamin Franklin retrouve son actualité dans les récentes mesures imposées par le gouvernement pour se faire vacciner.

Depuis le début de la crise, le président de la République et une partie de l’exécutif ont affirmé à tour de rôle que la vaccination demeurerait toujours un choix.

Les dernières mesures annoncées traduisent finalement une injonction à la vaccination, sans pour autant rendre juridiquement obligatoire le vaccin.

LA PRESSION SOCIALE ET ÉCONOMIQUE COMME OUTIL DE PERSUASION

Ce que l’on nomme donc le pass sanitaire consiste en la présentation d’une attestation de vaccination contre le Covid-19 ou celle d’un test PCR négatif de moins de 48 heures, et d’ailleurs bientôt payant, discriminant ainsi un peu plus les faibles revenus.

Autrement dit, le refus de vaccination se paie soit par un sacrifice de sa vie sociale, dès lors que l’on ne peut plus accéder aux déplacements et lieux de réunion les plus élémentaires ; soit par un sacrifice de son porte-monnaie dès lors qu’il n’y a pas d’autre choix que d’assumer les frais d’un test PCR pour la moindre velléité de voyage ou de réunion.

La pression sociale et financière est ainsi si forte qu’il sera pratiquement inconcevable de renoncer au vaccin.

Cette politique sanitaire porte donc nécessairement atteinte à nos libertés, et notamment du consentement libre et éclairé à tout traitement médical conformément aux articles L.1111-4 du Code de la Santé Publique et 16-3 du Code civil.

C’est si vrai que les sanctions prévues faute de souscrire au vaccin le confirment, tant dans l’interdiction de moyens de déplacement que de lieux de réunion comme par exemple les restaurants.

VERS UNE DANGEREUSE RESTRICTION DE NOS LIBERTÉS

Si l’ensemble de ces mesures ne deviendra effectif que par voie parlementaire, celle-ci ne garantit pas pour autant le respect de l’État de droit, et des principes de la République, notamment inscrits à l’article 6 de la Déclaration de droits de l’Homme de 1789. Autant d’éléments témoignent de mesures peut-être disproportionnées à l’enrayement d’une épidémie, et en tout cas hypocrites, et donc politiquement risqués à la veille d’une élection présidentielle.

Le texte qui doit être discuté en conseil des ministres le 19 juillet, avant d’être examiné par l’Assemblée nationale le 21 et par le Sénat les 22 et 23 juillet, a de fortes chances d’aboutir, majorité et dernier mot de la chambre basse en matière législative obligent. Un état de fait qui donnera une nouvelle fois tout son rôle au Conseil constitutionnel, qui sera certainement saisi.

Liberté et égalité, mais uniquement si vous êtes vaccinés.

ARTICLE 2

L’EXTENSION DU PASS SANITAIRE OU LE CHOIX DE LA SERVITUDE VOLONTAIRE

Par Adnan Valibhay. CONTREPOINTS

La France ne peut plus se targuer d’être le pays de la liberté et encore moins d’être la nation des droits de l’Homme lorsqu’à l’unisson la population et le pouvoir politique donnent à la soumission force de loi.

Entêtés et brutaux, téméraires lutteurs ;
Qui mettiez votre foi en vos muscles ;
Vous que j’ai avertis, vous que j’aurais sauvés ;
Si ma sagesse eût triomphé de votre aveuglement ;
Titans, mes frères, où êtes-vous ?
Malheureux obstinés, qui méprisiez la feinte ;
Et jugiez la prudence, indigne de vos cœurs ;
Vous vouliez escalader l’Olympe ;
Vous voilà tombés dans l’Hadès !

(Eschyle, Prométhée Porteur du Feu)

Le 12 mai dernier, lorsque l’Assemblée Nationale a adopté le pass sanitaire, nombreuses ont été les levées de boucliers face à ce qui ne laissait présager rien de moins qu’une discrimination entre les citoyens selon qu’ils aient été vaccinés ou non. Telle Cassandre lors de la Guerre de Troie, ces différentes voix n’ont pas été écoutées, elles ont même été massivement ignorées.

Le 12 juillet, le président de la République a annoncé toute une série de mesures qui prendront effet progressivement pour contraindre les Français à la vaccination. À compter du mois d’août, le pass sanitaire sera obligatoire non seulement pour les clients mais aussi pour les salariés dans les cafés, bars, restaurants, train, avion pour les longues distances, centre commerciaux, maisons de retraite et établissements socio-médicaux.

Concrètement, les non-vaccinés n’auront plus accès à la même vie sociale que leurs semblables vaccinés. La langue de Molière comporte un terme décrivant avec exactitude de tels procédés : le chantage.

DES CONTRÔLES ET DES SANCTIONS

Plus grave encore, à partir du 15 septembre, des contrôles seront opérés et des sanctions seront prises pour les soignants non-vaccinés. De nouveaux vaccins seront donc imposés sans aucune autre forme de procès au personnel soignant.

Lointaine est l’époque où ces derniers étaient loués et ovationnés par l’ensemble des Français. Ils sont désormais comme tout un chacun soumis à ce qui n’est rien de moins qu’un autoritarisme sanitaire.

Le plus regrettable n’est pas tant ces mesures liberticides que leur acceptation docile par la population qui a immédiatement après ces annonces pris rendez-vous pour aller se faire vacciner.

Les Français acceptent ainsi de renoncer au premier bien commun, la liberté, pour espérer échapper aux confinements et couvre-feux dont il faut rappeler qu’ils sont eux aussi mis en place par ce même pouvoir exécutif qui aujourd’hui présente cyniquement cette extension du pass sanitaire comme un moindre mal pour retrouver une vie normale.

HYSTÉRIE SANITAIRE

Étienne de La Boétie écrit à l’âge de 16 ans dans son fameux Discours de la servitude volontaire qu’il y a en l’homme une préférence pour la servitude volontaire, parce que la servitude est confortable et qu’elle rend irresponsable. C’est exactement de cela dont il est question avec cette hystérie sanitaire d’autant plus injustifiée que les personnes à risques ont dans leur immense majorité été vaccinées.

Plutôt que de prendre le risque de tomber malade, plutôt que de potentiellement risquer leur vie, quoique les cas graves et mortels sont immensément rares, les Français acceptent gentiment qu’on leur impose de distinguer leurs semblables.

Dans un passage bien connu d’Ainsi parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche a savamment su prophétiser ce renoncement à la vie :

« Amour ? Création ? Désir ? Étoile ? Qu’est cela ? – Ainsi demande le dernier homme et il cligne de l’œil. La Terre sera alors devenue plus petite, et sur elle sautillera le dernier homme, qui rapetisse tout. Sa race est indestructible comme celle du puceron ; le dernier homme vit le plus longtemps. Nous avons inventé le bonheur, disent les derniers hommes, et ils clignent de l’œil. »

C’est bien la crainte et la lâcheté qui caractérisent ce besoin maladif de conservation de soi lequel préside à une telle servilité d’autant moins justifiable que la réalité de l’épidémie en France est bien moins dramatique que ce qui est pourtant sans cesse suggéré urbi et orbi.

Alors qu’elle a toujours regardé vers l’Ouest, c’est la Chine, où l’apartheid vaccinal est la norme, qui lui sert de modèle. La France ne peut plus se targuer d’être le pays de la liberté et encore moins d’être la nation des droits de l’Homme lorsqu’à l’unisson la population et le pouvoir politique donnent à la soumission force de loi. La Boétie conclut son discours ainsi

Soyez donc résolus à ne plus servir et vous serez libres

Mais les Français le veulent-ils encore ?

2 réponses »

  1. Rebonjour, Thierry,Voici un article qui me semble particulièrement juste au sens propre du terme.Rien à rajouter.Bien amicalementJean-Marc

    J'aime

  2. Très pertinent ce point de vue de Pierre Farge et Bilal Bentahar 😉
    Ci-dessous, un sujet de méditation que je me permets de proposer respectueusement à mes concitoyens.
    Georges Bernanos écrivait en janvier 1945 : « Tout est bon pour vivre tranquille. Tout est bon, même la servitude, si elle dispense de tout effort, et d’abord du plus douloureux, celui de choisir entre le Vrai et le Faux, le Bien et le Mal. Hélas ! À quoi bon détruire les dictateurs, si on continue, sous prétexte de discipline sociale et pour faciliter la tâche des gouvernements, à former des êtres faits pour vivre en troupeaux ?… Ce ne sont pas les dictateurs qui font les dictatures, ce sont les troupeaux. »
    No comment ! 😱
    @Anne Brunet

    J'aime

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