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COVID : OÙ EN SONT LES TRAITEMENTS ?

ACTUALITE : UN ESPOIR DE TRAITEMENT PAR LE LABORATOIRE ASTRAZENECA

AstraZeneca travaille actuellement sur un traitement. Les premiers résultats sont encourageants. Le groupe pharmaceutique présente un produit qui réduit fortement les risques de formes graves. Il pourrait compléter le vaccin pour les personnes les plus fragiles.

Le principe d’un vaccin est de faire croire à l’organisme que le virus arrive et de lui faire produire des anticorps. Là, on injecte directement des anticorps prélevés sur des personnes qui ont été malades. Sous forme d’une ou de plusieurs injections, ce qui permet aux patients de se protéger. Si le virus arrive, il a déjà ses anticorps.

Les symptômes sont alors beaucoup moins graves. Les études portant sur plus de 5.000 personnes a montré un risque réduit de 77% d’avoir une forme grave de la Covid, selon le laboratoire. L’autre intérêt par rapport au vaccin est de fournir une immunité plus longue à des personnes très fragiles, pour lesquelles la vaccination n’est pas suffisamment efficace, comme des personnes qui ont reçu une transplantation, d’une greffe de moelle osseuse, ou des patients atteints de cancer. L’immunité serait 3 fois plus longue qu’avec le vaccin.

AstraZeneca compte confirmer ses essais prometteurs en fin d’année et a déjà déposé un dossier auprès des autorités américaines pour utiliser ce traitement en urgence l’an prochain.

AUTORISÉ DE FAÇON PRÉVENTIVE EN FRANCE, LE TRAITEMENT ANTI-COVID RONAPREVE A ÉTÉ APPROUVÉ PAR LE ROYAUME-UNI

Il s’agit d’un traitement à base d’anticorps artificiels destiné aux personnes les plus à risques. Au Royaume-Uni, comme en France, depuis le 9 août, il faut un pass sanitaire pour accéder à certains lieux publics. Les Britanniques s’intéressent également à un traitement préventif contre le Covid-19, le Ronapreve, un traitement à base d’anticorps artificiels pour les personnes les plus à risques. Il vient d’être autorisé.

Ce n’est pas un substitut au vaccin, précise l’Agence britannique du médicament, mais il sera prescrit en complément. Le traitement Ronapreve a été développé par la biotech américaine Regeneron, en partenariat avec le laboratoire Roche, pour prévenir les contaminations et réduire la probabilité d’être admis à l’hôpital. Administré par perfusion ou injection, il empêche la pénétration du virus dans les cellules.

« Le principal avantage de ce traitement est qu’il peut être administré après l’infection contrairement aux vaccins« , explique Mohammed Khaled, médecin dans un hôpital du NHS, le système de santé publique britannique. « Si nous avons des patients qui ont un risque élevé de mourir du Covid et qu’ils sont infectés, nous pouvons toujours les traiter avec ce médicament. Il est important d’élargir notre arsenal dans la lutte contre le Covid et d’avoir différentes options que nous pouvons utiliser à différents moments de la progression de la maladie. »

« Le principal inconvénient de ce médicament est son coût, mais je crois que sauver une vie compte plus que quelques milliers de livres », poursuit le médecin britannique. Le traitement coûte entre 1.000 et 2.000 livres britanniques. Le gouvernement n’a pas encore indiqué qui seront les bénéficiaires du Ronapreve mais, selon les experts, il devrait être réservé aux personnes les plus vulnérables. Le ministre de la Santé a précisé qu’il sera disponible dès que possible. 

En France, les personnes immunodéprimées, à risque élevé de développer une forme grave et chez qui les vaccins ne fonctionnent pas bien, pourront recevoir préventivement un traitement au Ronapreve, notamment si elles sont cas contact, comme l’a a annoncé vendredi 6 août la Haute autorité de santé (HAS). Ils bénéficieront d’une « autorisation d’accès précoce » à ce traitement « en prophylaxie pré-exposition ou post-exposition au Sars-CoV-2 », indique-t-elle dans un communiqué.

DES MEDICAMENTS COMPLÉMENTAIRES À LA VACCINATION ?

Si – jusqu’à présent – seuls la dexaméthasone, le tocilizumab et le sarilumab bénéficient d’une recommandation en bonne et due forme de la part de l’OMS, d’autres traitements contre le Covid-19 encore en phase de tests semblent prometteurs. Pablo Maillé fait un tour d’horizon de ces médicaments qui pourraient devenir « complémentaires » à la vaccination, dans l’article que l’un de nos lecteurs nous suggère après notre publication d’hier.

[Mise à jour du 9 août : une version précédente de cet article indiquait de façon imprécise que le tocilizumab cible « un antigène ». En réalité, il cible l’interleukine-6, une cytokine pro-inflammatoire. Merci à nos lecteurs pour leur vigilance.]

Voir notre publication d’hier relative aux vaccins :

DÉCRYPTAGE DE LA TECHNOLOGIE DES VACCINS À ARN. https://metahodos.fr/2021/08/20/decryptage-de-la-technologie-des-vaccins-a-arn/

Celle ci a généré un commentaire sur les réseaux sociaux: « Parce qu’il existe dans ce texte un passage sur l innocuité du vaccin qui me semble erroné. D après les chiffres, ce vaccin aurai tue plus de gens que la totalité des autres vaccins en 30 ans.. Si on peut mettre en doute ce passage, le reste du texte en est décrédibilisé, non ?« 

ARTICLE

COVID-19 : OÙ EN SONT LES TRAITEMENTS ?

Pablo Maillé- 6 août 2021 -Usbek & Rica

Dans les rangs des militants anti-vaccination, c’est l’un des arguments les plus récurrents : la recherche portant sur les vaccins aurait été privilégiée au détriment de la recherche portant sur les traitements et les médicaments permettant de « guérir » du Covid-19, même une fois infecté par le virus. Si de nombreux articles de presse ont déjà soigneusement déconstruit cette idée reçue, où en est-on exactement des traitements anti-Covid ? Quels sont les médicaments actuellement sur le marché, ceux en phase de tests et ceux jugés inefficaces ? Pour y voir plus clair, nous vous proposons un bref résumé de la situation.

Trois recommandations de la part de l’OMS

Il n’existe actuellement que trois médicaments recommandés par l’OMS (Organisation mondiale de la santé), car considérés comme suffisamment efficaces pour les patients hospitalisés :

  • la dexaméthasone, un corticostéroïde prescrit aux personnes hospitalisées ayant besoin d’assistance respiratoire ;
  • le tocilizumab, un anticorps monoclonal (ciblant l’interleukine-6, cytokine pro-inflammatoire) qui réduit non seulement le risque de mortalité mais également « le besoin de ventilation mécanique » dans les services de soins intensifs à l’hôpital ;
  • le sarilumab, un autre anticorps monoclonal fabriqué par Sanofi, habituellement prescrit contre la polyarthrite rhumatoïde.

Plusieurs traitements prometteurs en France

En France, comme l’indique le site du gouvernement, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a par ailleurs délivré une autorisation temporaire d’utilisation au bamlanivimab, un anticorps monoclonal du laboratoire américain Eli Lilly visant à traiter les patients adultes à risque élevé de développer une forme grave de Covid-19. Ce traitement permettrait de limiter les risques de survenue de formes graves chez les publics les plus fragiles (patients de plus de 80 ans ou immunodéprimés, en traitement par chimiothérapie ou ayant des problèmes pulmonaires, etc.). Depuis le 11 juin, cette solution peut également être proposée aux enfants de plus de 12 ans.

Autre espoir pour l’Hexagone : le XAV-19, un anticorps polyclonal (ciblant plusieurs antigènes sur le virus) en cours de développement du côté de la biotech Xenothera, basée à Nantes. Comme l’indique Le Télégramme, les résultats des essais de phase 2 sont attendus pour les prochaines semaines, tandis que ceux de phase 3 devraient l’être dans six à huit mois. Le gouvernement français en a précommandé 30 000 premières doses et si la Haute autorité de santé décidait d’accorder une autorisation d’accès précoce, le XAV-19 pourrait être proposé aux patients français à partir d’octobre 2021.

Depuis mars 2021, des chercheurs du CNRS, de l’Inserm, de l’université et du CHU de Lille s’associent également à la start-up Apteeus pour travailler au « repositionnement moléculaire » du clofoctol, une substance utilisée jusqu’au début des années 2000 dans le traitement des rhino-pharyngites mais qui serait ici « mise à jour » pour endiguer les effets du SARS-CoV-2. Après avoir fait ses preuves sur des modèles animaux, ce médicament a débuté mi-juin sa phase d’essais cliniques sur des adultes volontaires, dans les Hauts-de-France.

L’énigme ivermectine

Parfois présenté comme le « nouvel espoir » de la recherche après les échecs du remdesivir et de l’hydroxychloroquine, l’ivermectine fait de son côté l’objet de premiers résultats contrastés. Une étude de l’Institut Pasteur publiée le 12 juillet dernier montre ainsi que cet antiparasitaire intestinal pourrait avoir des effets positifs sur les symptômes du Covid-19, sans faire diminuer pour autant sa charge virale. D’après cette étude préliminaire, l’ivermectine permettrait notamment de diminuer l’inflammation au niveau des voies respiratoires et réduirait le risque de perte d’odorat.

Mais, dans l’attente de données complémentaires et alors que certains malades au Brésil ou en Indonésie se ruent déjà sur les pharmacies pour s’en procurer, l’OMS a formellement recommandé de n’administrer ce médicament que dans le cadre d’essais cliniques. Même discours du côté du fabricant, Merck, qui indique que la possibilité d’une « potentielle action thérapeutique contre le Covid-19 n’a aucune base scientifique » et met en garde contre des risques d’effets secondaires si le médicament n’est pas correctement administré.

Au Japon, des essais sont en cours pour tester l’efficacité d’un nouveau traitement antiviral prenant la forme d’une simple pilule orale quotidienne

L’UE mise sur le sotrovimab

Après avoir identifié plusieurs traitements prometteurs, la Commission européenne a quant à elle annoncé, fin juillet, avoir signé un contrat avec le labo GSK pour la fourniture de 220 000 traitements à anticorps monoclonaux sotrovimab. Ce dernier peut être utilisé pour soigner des patients présentant des symptômes légers du Covid-19 mais « exposés à un risque élevé de développer une forme grave de la maladie ».

Des études en cours suggèrent en effet que l’administration précoce de ce traitement peut réduire le risque de développer des formes plus graves qui nécessitent une hospitalisation ou le placement en soins intensifs. Chaque État membre de l’UE peut donc d’ores et déjà se procurer du sotrovimab selon ses besoins, à condition d’avoir reçu une autorisation d’utilisation d’urgence, soit au niveau étatique soit au niveau de l’Agence européenne des médicaments.

Au Japon, cocktail d’anticorps et pilule orale

Au Japon, enfin, le groupe pharmaceutique suisse Roche a reçu, le 20 juillet dernier, une autorisation d’homologation d’un cocktail d’anticorps développé avec le laboratoire américain Regeneron, pour les formes légère à modérée de Covid-19. Connu sous le nom de REGEN-COV aux Etats-Unis mais appelé Ronapreve dans d’autres pays, ce traitement qui associe les médicaments casirivimab et imdevimab a obtenu l’autorisation du ministère japonais de la santé sur la base d’études de phase 3 qui ont démontré que la combinaison médicamenteuse réduit de 70 % les hospitalisations et décès.

C’est d’ailleurs également au Japon que des essais sont en cours pour tester l’efficacité d’un nouveau traitement antiviral prenant la forme d’une simple pilule orale quotidienne. Les laboratoires Pfizer, Shionogi et Ridgeback Biotherapeutics LP sont, pour l’heure, les trois principaux acteurs de ce nouveau remède, qui pourrait permettre de « neutraliser le virus » en seulement quelques jours. Contrairement aux vaccins, cette pilule n’aurait pas une visée préventive mais serait prescrite aux personnes déjà infectées par le virus. Rien ne permet cependant d’affirmer que les recherches en la matière seront concluantes, puisque le traitement est toujours en phase d’essais cliniques. 

Des médicaments « complémentaires » de la vaccination

Comme le rappelle un excellent article du magazine Challenges, tous ces traitements – aussi différents soient-ils entre eux – demeurent cruciaux pour lutter contre l’épidémie, y compris à l’heure où la campagne vaccinale progresse. Car si la course au traitement « n’est pas en compétition avec celle des vaccins », elle lui est bel et bien « complémentaire ». « La recherche d’un traitement vise à apporter une réponse qui peut compléter à plus court terme l’arsenal technologique de lutte contre le virus », insiste ainsi Bruno Versaevel, chercheur en économie industrielle et spécialisé dans les enjeux de la recherche et développement en industrie pharmaceutique.« Les personnes immunodéprimées, ou celles et ceux qui refusent encore de se faire vacciner, il faudra bien les soigner »Le chercheur au Centre d’infection et d’immunité de Lille1 (CIIL) Jean Dubuisson

Selon le journal du CNRS, l’apparition de nouveaux variants pourrait en outre « mettre à l’épreuve le bouclier vaccinal ». Sans compter certaines catégories de la population, notamment les personnes immunodéprimées qui « ne sont pas réellement protégées par les vaccins », ou celles et ceux qui refusent encore de se faire vacciner. D’où cette évidente conclusion, énoncée par le chercheur au Centre d’infection et d’immunité de Lille1 (CIIL) Jean Dubuisson : « Ces personnes, il faudra bien les soigner. »

Le journal suisse Le Temps rappelle toutefois que ces traitements restent particulièrement onéreux, ce qui ne risque pas de faciliter leur accès. D’après un document des hôpitaux universitaires de Genève que le média s’est procuré, 400 milligrammes de tocilizumab, soit une dose pour une personne pesant 50 kilos, coûtent environ… 823 euros. Pour le sarilumab, 150 milligrammes reviennent à 800 euros, alors que 400 milligrammes par patient sont nécessaires. Pour rappel, le prix d’achat européen de la dose de vaccin Pfizer est quant à lui estimé à 19,5 euros, et 21,5 euros pour Moderna.

[Mise à jour du 9 août : une version précédente de cet article indiquait de façon imprécise que le tocilizumab cible « un antigène ». En réalité, il cible l’interleukine-6, une cytokine pro-inflammatoire. Merci à nos lecteurs pour leur vigilance.]

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