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LE METAVERS (6) : MONDE PARALLELE OU ILLUSION D’OPTIQUE ?

Plutôt que de nous sortir du monde,

le métavers fait du numérique une matière invasive, qui infiltre le réel de ses apparitions. La rupture est ailleurs. … Ces médiations entre l’utilisateur et le royaume numérique disparaissent. Vous ne percevez pas, ou presque pas, le casque qui vous en ouvre la porte. L’article de Pholo Mag nous éclaire.

Voir les 5 publications de Metahodos :

METAVERS (Partie 5) : LIRE G.Halpern, E.Favier-Baron, S.Woillet, A.Boulard et D.Chambers https://metahodos.fr/2021/12/22/metavers-lire-gabrielle-halpern-eugene-favier-baron-simon-woillet-audrey-boulard-et-david-chambers/

TOUS NOS ÉCHANGES DANS LE METAVERS D’ICI QUELQUES ANNÉES ? (4) https://metahodos.fr/2021/12/18/metavers/

LE METAVERS POUR EVINCER PETIT A PETIT FACEBOOK ? (3) https://metahodos.fr/2021/12/08/le-metavers-pour-evincer-petit-a-petit-facebook/

METAVERS/FACEBOOK : PROMESSE ET DIVERSION ? (2) https://metahodos.fr/2021/12/07/metavers-facebook/

DOSSIER DE THE CONVERSATION. FACEBOOOK – LE METAVERS, AVENIR D’INTERNET OU PRISON NUMERIQUE. (1) https://metahodos.fr/2021/12/05/dossier-de-the-conversation-facebook-le-metavers-avenir-dinternet-ou-prison-numerique/

Article

Le métavers : monde parallèle ou illusion d’optique ?

Nicolas Gastineau publié le 26 novembre 2021 Philosophie Magazine

La course au métavers a commencé. Les plus puissants acteurs du numérique, dirigeants de Microsoft, de Facebook ou de l’industrie des jeux vidéo, jurent en tout cas qu’il s’agit du futur de l’Internet. Un espace numérique en trois dimensions, accessible par des technologies immersives, dans lequel chaque utilisateur peut retrouver toutes les fonctions de tous les sites Internet, en un seul non-lieu virtuel. Que vaut cette promesse ?

Imaginez-vous marchant dans une rue désespérément vide. Vous équipez votre matériel, et soudain, comme un bateau fantôme dans une mer de brume, surgissent des milliers d’âmes réunies pour un grand concert bariolé. Vous pouvez interagir avec elles, danser dans le public (sans masque), prendre part à la fête. Autre cas de figure : vous êtes dans votre chambre, et, la minute d’après, votre équipe de travail est réunie au complet dans une salle de réunion en trois dimensions…

Bref, vous êtes dans le métavers,« un Internet incarné où vous êtes dans l’expérience, pas juste en train de la regarder »,rêve éveillé Mark Zuckerberg lors de sa conférence Facebook Connect. Au même moment, d’autres puissants barons des nouvelles technologies, Tim Sweeney du géant des jeux vidéo Epic Games (Fortnite) ou Satya Nadella pour Microsoft, s’enflamment au sujet de leurs propres métavers concurrents. C’est l’avenir du numérique, scandent-ils en tout cas – rare unisson, pour qui connaît les rivalités de la Silicon Valley. 

Se libérer du poids du monde

En voici le principe : en s’équipant d’un matériel de réalité augmentée ou virtuelle (AR/VR), on pourrait incarner notre propre avatar personnalisable dans une dimension numérique qui se superposerait à notre bon vieux monde poussiéreux pour le colorer d’éléments plus interactifs.

Ces possibilités, nous disent la main sur le cœur les hommes les plus riches du monde, sont à peu près illimitées : passer du temps avec ses proches, sortir au cinéma, jouer à un jeu de société, travailler… C’est que le métavers, pour mériter son préfixe méta, entend couvrir tout le spectre des relations sociales : un peu comme le fait l’application Wechat en Chine, ailleurs justement nommé « un métavers 2D », soit un couteau suisse qui accomplit une multitude de fonctions sociales (professionnelle, privée, loisir, paiement, etc.). 

“Cette ‘matérialité environnante’, omniprésente, que Jean-Paul Sartre décrivait avec désespoir au début de la Critique de la raison dialectique(1960), le métavers promet de nous en délivrer”

Mais avec le métavers 3D, les géants du numérique se proposent d’exaucer la vieille promesse que le 2D n’a pas encore tenue : abolir la résistance du monde. Dans notre chambre, même lorsqu’on est absorbé par son ordinateur, l’existence est lourde, la gravité tenace, la matière toujours inerte et insensée, le mouvement contraint par la friction de l’air.

Cette « matérialité environnante », omniprésente, que Jean-Paul Sartre décrivait avec désespoir au début de la Critique de la raison dialectique (1960),« négation inerte et démoniaque » qui fait de l’histoire humaine « une lutte acharnée contre la rareté », le métavers promet de nous en délivrer. Il nous vend un environnement liquide, modulable, safe space en apesanteur, agençable selon nos désirs et nos pulsions,..

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