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«L’ÉTAT EN FAILLITES MULTIPLES» ? LE SANITAIRE. Point de vue

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Omicron : foncer dans le mur et accélérer toutes sirènes hurlantes

Patrick de Casanove Contrepoints 28 décembre 2021

Une étude britannique dédramatise la dangerosité du variant Omicron. Pourtant, en Europe, la panique prend à nouveau de l’ampleur.

Dans cette première partie d’une série de trois articles, nous allons rappeler les faits.

Une épidémie peu grave

Dans le contexte d’affolement que nous vivons il est indispensable de le rappeler.

Quand est apparu SARS-coV2, nouveau virus qui a donné la Covid-19, l’inquiétude était très forte. L’épidémie s’est vite révélée moins grave qu’on ne le craignait. Depuis, les épidémies suivantes dues à des variants différents ont été de moins en moins graves. L’épidémie à Omicron est moins grave que celle au variant indien, elle-même moins grave que l’épidémie au variant anglais etc. Les virus se propagent de plus en plus vite, mais sont de moins en moins mortels. On arrive à des taux de mortalité d’environ 0,15 %.

Pour Bastiat, il y a « ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas ». Aujourd’hui la majorité de la population s’arrête à ce qu’on voit ou plutôt à ce que l’autorité centrale veut lui faire croire. Par exemple, que les épidémies covid sont des drames planétaires alors qu’elles le sont pour les pays occidentaux.

La mortalité différente entre les pays ne peut s’expliquer que par une différence de prise en charge. Les pays à population très âgée, comme le Japon, bien prises en charge, ont peu de décès. Les pays mal pris en charge avec une population jeune, comme le Brésil, ont davantage de décès. On peut aussi comparer la Corée du Sud avec la France, l’Italie, l’Espagne, pays à population équivalente. On peut comparer simplement des villes, New-York avec Hong Kong.

Aujourd’hui encore les cartes épidémiques concordent, quelles que soient les sources. Elles montrent toujours la prédominance épidémique dans les pays occidentaux qui sont les plus vaccinés.

Ce taux de vaccination est supérieur à ce qui nous était présenté comme un taux nécessaire pour atteindre l’immunité collective pour venir à bout des covid. Les faits invalident totalement la propagande du gouvernement et ses affidés, qui prétendent que le vaccin est le seul moyen de venir à bout de l’épidémie (carte consultée le 22 décembre).

Comme il y a quelques jours, la dite vague ne concerne que des tests positifs, pas des malades, pas des décès. Ainsi en France selon cette source. https://coronavirus.jhu.edu/region/france (consultée le 22 décembre), on constate :

  • le 22 décembre :  72 882 tests positifs et 229 décès, à rapprocher des 1438 décès survenus le 15 avril 2020 (0,31 %).
  • le 23 décembre : 91 640 tests positifs et 179 décès.

Omicron : un changement de références flagrant

Pour continuer à effrayer les Français le gouvernement a changé les références.

Il ne parle plus de décès. Pendant l’épidémie de mars 2020, il nous bassinait chaque soir avec les décès. La référence aux décès est peu à peu passée à la trappe au fur et à mesure que la mortalité des variants baissait. Il a ensuite mis l’accent sur la submersion des services de réanimation. Puis il s’est rabattu sur le nombre de cas qui ne sont en vérité pas des malades mais des personnes testées positives.

C’est encore plus flagrant avec l’épidémie due à Omicron. Il n’y a que peu de malades, très peu de décès et beaucoup de tests positifs. Il existe une décorrélation complète entre les tests positifs, les malades et les morts. Une étude britannique dédramatise la dangerosité du variant Omicron.

C’est une bonne nouvelle qui corrobore les statistiques et constatations empiriques.

Tout cela signifie que si l’on ne pratiquait pas des tests en veux-tu en voilà, sans réel but médical, l’épidémie ne serait pas visible.

Si l’État avait gardé le nombre de décès comme référentiel, il ne pourrait plus effrayer la population. Le gouvernement n’est pas dans le rationnel. Il est dans son monde, irrationnel. Il gère par l’émotionnel. La peur est son outil. Malheureusement, les arguments rationnels n’ont que peu d’effet sur l’émotionnel. Nous le constatons chaque jour.

Le gouvernement ne parle plus de « lits de réanimation » occupés, mais de lits de « soins critiques ». Il y a plus de 19 000 lits de soins critiques en France. Environ 3000 sont occupés par des patients covid positifs. Si la France ne peut pas les prendre en soins, c’est que le système de santé est au bout du rouleau. Cela témoigne que nous ne sommes plus un pays prospère et économiquement performant, parce que ce sont la prospérité et le dynamisme économique d’un pays qui font la qualité de son système de santé. Les soins sont alors abondants, disponibles et accessibles. En France il y a pénurie de soins, tous ne sont pas disponibles, même prétendument gratuits, ils ne sont pas accessibles.

Un système de santé épuisé

C’est le fond du problème.

Rien n’a été fait depuis deux ans pour donner des marges de manœuvre à notre système de santé, en particulier à nos hôpitaux. Bien au contraire. Cela fait des années que les gouvernements ferment des lits et ces fermetures ont continué pendant l’épidémie. Des milliers de lits ont été supprimés, des lits médicaux, de réanimation, des maternités, des services de psychiatrie etc.

Le problème n’est pas la covid, mais que nos services hospitaliers sont à genoux depuis des années. Le problème est que demander à des politiciens, qui depuis des années ont organisé et géré la pénurie au nom d’économies, de passer à un système d’abondance de soins avec des marges de manœuvre en cas de coups durs, est mission impossible. Il n’est pas rationnel de demander à des gens qui ont plongé le pays dans la ruine de l’en sortir.

Ce n’est pas une question d’argent.

La consommation de soins et de biens médicaux (CSBM) s’élève à 209,2 milliards d’euros en 2020. C’est une question de mal investissement. Ces fonds sont gérés par injonctions politiques sans informations fiables, à savoir le prix. C’est la conséquence directe du choix fait à la Libération d’organiser la Sécurité sociale à partir des ordonnances de 1945. Ce faisant, la totalité du soin échappait à la responsabilité individuelle, à la prévoyance, pour ne devenir qu’un instrument politique de soumission des populations. La monopolisation publique des recettes et des dépenses par l’État en faisait un outil politique à son service. Cela a fourni le prétexte à l’État pour se mêler de la vie privée des gens.

L’absence de marge de manœuvre, de marge de sécurité est dramatique. Un système dont le fonctionnement de base est de faire avec ou plutôt de faire sans n’est absolument pas en état, n’est en aucun cas formaté, pour faire face à un aléas qui nécessite un surcroît de moyens, une épidémie par exemple puisqu’il ne fait face que péniblement à une activité de routine. Or si l’État doit avoir un rôle, ce n’est pas de se mêler de tout et surtout de ce qui ne le regarde pas, car il ne fait que créer ou aggraver le mal investissement, la pénurie de base. Il doit être l’« assureur en dernier recours », c’est-à-dire le garant de la sécurité du pays. Il doit lui donner les marges pour affronter victorieusement l’improbable. L’improbable doit être prévu. Non pas spécifiquement, mais en termes de moyens polyvalents.

La covid est un révélateur

En réalité la covid n’est qu’un révélateur de la faillite du système français, baptisé modèle social français, tel qu’il est né après la Deuxième Guerre mondiale.

Faillite du pilier de la démocratie qui est la séparation des pouvoirs. L’exécutif contrôle tout. Tout dépend de l’autorité centrale qui n’a aucun contre-pouvoir.

Faillite de l’exécutif qui porte la principale responsabilité du désastre. Macron décide seul, au sein du secret d’un Conseil de défense, selon un seul paramètre, la covid.

Faillite du législatif dont l’avis est purement formel, parce que la décision est acquise.

Faillite du judiciaire qui ne rend plus la justice, mais qui applique une loi pervertie. La loi est pervertie quand elle organise la « spoliation légale » qui est l’atteinte légale aux droits naturels, (liberté, propriété, personnalité), au lieu de les protéger.

Faillite des organes de contrôle, Conseil constitutionnel, Conseil d’État, soi-disant garants des institutions démocratiques. Ils ne se prononcent plus sur des principes, mais sur des prétendus équilibres entre le viol de ces principes et une dite gravité de la situation qui justifierait ce viol. Le tout pour complaire à l’autorité centrale et avaler ses couleuvres quand cette dernière s’assoie sur leurs avis complaisants.

Faillite du système de protection sociale, en particulier du système de santé, de la de premier recours comme de l’hôpital.

Bref c’est une faillite de l’État, ce qui est un pléonasme pour un libéral.

Ce constat peut être fait pour la plupart des pays occidentaux. En allant au bout du raisonnement, il est possible de parler de faillite de la civilisation occidentale.

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