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VERS UNE RÉVISION DES TRAITÉS EUROPÉENS ET UNE COMMUNAUTÉ POLITIQUE ÉLARGIE ?

DEUX INITIATIVES, L’UNE DU PARLEMENT EUROPÉEN, L’ AUTRE DU PRÉSIDENT FRANÇAIS

VOIR NOTRE PUBLICATION PRECEDENTE / LA FRANCE PEUT ELLE NE PAS RESPECTER DES RÈGLES DE L’UE ? https://metahodos.fr/2022/05/11/la-france-peut-elle-desobeir-aux-regles-europeennes/

Le Parlement européen propose une révision des traités, en particulier pour modifier le mode de decision et de vote. E Macron reprend l’idée et y ajoute celle de François Mitterrand d’une « communauté politique européenne » élargie.

C’est par Twitter que 13 des 27 pays font connaitre qu’ils s’opposent à la modification des traités, en évoquant des « tentatives inconsidérées et prématurées ».

Quant à la nouvelle structure, elle serait destinée à des pays aspirant à adhérer à l’Union européenne comme l’Ukraine ou l’ayant quittée, comme le Royaume-Uni.

« L’Union européenne, compte tenu de son niveau d’intégration et d’ambition, ne peut pas être à court terme le seul moyen de structurer le continent européen », a ajouté le président français, qui a alors proposé la création d’une « communauté politique européenne ». « Cette organisation européenne nouvelle permettrait aux nations européennes démocratiques adhérant à notre socle de valeurs de trouver un nouvel espace de coopération politique, de sécurité, de coopération », a déclaré M. Macron à l’occasion de la clôture de la conférence sur l’avenir de l’Europe.

Nous vous proposons une émission et un article.

1. Émission

Macron reprend une idée de Mitterrand pour relancer l’Europe

Mardi 10 mai 202 par Pierre Haski. France Inter

Podcast  Macron reprend une idée de Mitterrand pour relancer l’Europe

Le Président français a proposé la création d’une « Communauté politique européenne » destinée à accueillir les pays candidats à l’UE, comme l’Ukraine ou les États des Balkans occidentaux, un « sas » avant leur adhésion ; une idée évoquée en son temps par François Mitterrand.Emmanuel Macron, la Présidente du Parlement européen, et la Présidente de la Commission, hier à Strasbourg à la Conférence sur l’avenir de l’Europe. © AFP / Ludovic MARIN / POOL / AFP

Il y a parfois des idées qui viennent trop tôt, et ne trouvent pas leur place. Dans son discours devant le Parlement européen, hier, Emmanuel Macron a fait référence à l’une de ces idées, présentée voici trois décennies par l’un de ses illustres prédécesseurs, François Mitterrand.

Dans la foulée de la chute du mur de Berlin, François Mitterrand avait proposé la création d’une « Confédération européenne » ; celle-ci devait offrir une structure d’accueil aux pays d’Europe centrale et orientale à peine libérés. Elle permettait de ne pas élargir tout de suite la Communauté européenne d’alors.

Un Sommet avait été organisé à Prague, en juin 1991, mais avait échoué ; le projet avait été enterré. Emmanuel Macron l’a fait renaître, en proposant une « Communauté politique européenne », qui reprend la même idée : une structure d’accueil autour de l’Union européenne.

En 1991, la proposition française s’est heurtée à deux écueils, Nicolas. Le premier était le désir des nouvelles démocraties de l’Est d’adhérer au plus vite à l’OTAN, pour bénéficier de ses garanties de sécurité, alors que l’URSS était encore instable. La Confédération de Mitterrand n’offrait pas les mêmes garanties que l’alliance atlantique.

Le deuxième écueil était l’idée de Mitterrand d’inviter l’URSS dans cette Confédération, afin de l’ancrer à l’Europe. Mais c’était ignorer le ressentiment des Européens de l’Est vis-à-vis de leur ancien maître ; et surtout l’opposition frontale des États-Unis qui se voyaient, de fait, écartés de ce nouvel ensemble. J’ai suivi à l’époque le Sommet de Prague, et il était clair pour Mitterrand que la diplomatie américaine avait saboté son initiative en faisant miroiter aux pays ex-communistes une entrée rapide dans l’Otan.

Ces questions sont évidemment d’une actualité brûlante à l’heure de la guerre en Ukraine, que Vladimir Poutine a initialement justifiée par l’élargissement de l’Otan à l’Est ; avant de revenir, comme dans son discours d’hier, à des fondamentaux plus crus en déclarant que les troupes russes se battaient « chez elles » en Ukraine.

La proposition d’Emmanuel Macron aura-t-elle plus de chance ? Elle répond à un besoin criant : un certain nombre de pays européens sont aujourd’hui « orphelins », c’est-à-dire qu’ils n’appartiennent à aucune structure. C’est le cas de trois ex-Républiques soviétiques, l’Ukraine, la Géorgie et la Moldavie ; c’est aussi le cas de pays des Balkans occidentaux.

Tous sont candidats à l’adhésion à l’UE, certains ont même déjà amorcé leurs négociations. Mais sauf à tordre les critères, ils ne seront pas prêts avant des années, ce qui ne correspond plus aux exigences politiques du moment. La Communauté politique d’Emmanuel Macron a le mérite de leur offrir un cadre rapproché, avec des coopérations concrètes avec les « 27 » ; un « sas » sécurisé, en quelque sorte. L’avenir de cette idée dépendra beaucoup de l’issue de la guerre d’Ukraine, de la place réservée à la Russie, et de la capacité à trouver un consensus à « 27 » sur ces questions complexes.

Avec le soutien de la France à la révision des traités européens, qui se heurte déjà à des résistances, cette nouvelle proposition lance le grand chantier de l’avenir de l’Europe. Il y avait urgence, avec la guerre à nos portes. Et invoquer les mânes de François Mitterrand comme l’a fait hier Emmanuel Macron ne peut pas être négatif dans le contexte politique français…

2. ARTICLE

Macron lance l’idée d’une « communauté politique européenne » élargie

Par Challenges.fr le 09.05.2022 CHALLENGES

A peine réélu, le président de la République veut multiplier les initiatives sur le front européen. Pour tendre la main à l’Ukraine comme pour avancer vers une révision des traités de l’Union européenne.

Selon le président de la République, cette nouvelle structure serait destinée à des pays aspirant à adhérer à l’Union européenne comme l’Ukraine ou l’ayant quittée, comme le Royaume-Uni.

Emmanuel Macron a lancé lundi 9 mai au Parlement de Strasbourg et à Berlin l’idée d’une « communauté politique européenne » que pourraient rejoindre des pays aspirant à adhérer à l’Union européenne comme l’Ukraine ou l’ayant quittée, comme le Royaume-Uni.

Dans un discours prononcé à l’occasion de la clôture de la Convention sur l’avenir de l’Europe au Parlement européen, le président français, tout juste investi pour un second mandat de cinq ans, s’est prononcé pour une Union plus « indépendante », notamment sur le plan énergétique, et plus « efficace » dans son fonctionnement. Il s’est dit à cet égard en faveur du passage à la majorité qualifiée pour les questions relatives aux finances et à la politique étrangère.

Révision des traités

Il a aussi plaidé en faveur d’une « révision des traités » de l’UE via la convocation d’une convention dédiée. « C’est une proposition du Parlement européen et je l’approuve », a-t-il dit, suggérant que les Vingt-Sept en discutent à leur sommet de juin.

Cette idée a toutefois été rejetée par 13 des 27 pays de l’UE dans un message commun posté sur Twitter. « Nous ne sommes pas en faveur de tentatives inconsidérées et prématurées visant à lancer » une telle procédure, peut-on lire dans ce texte notamment signé par la Suède, la Pologne, la Roumanie et la Finlande.

Socle de valeurs

Le processus d’adhésion à l’UE étant long et complexe, Emmanuel Macron a mis sur la table l’idée d’une « communauté politique européenne » qui permettrait aux « nations européennes démocratiques adhérant à notre socle de valeurs de trouver un nouvel espace de coopération en matière de politique, de sécurité, d’énergie, de transports, d’investissements, d’infrastructures ou de circulation des personnes.

« La rejoindre ne préjugerait pas d’adhésion future à l’Union européenne forcément. Comme elle ne serait pas non plus fermée à ceux qui ont quitté cette dernière », a-t-il ajouté, faisant notamment référence au Royaume-Uni, qui a quitté l’Union à la suite d’un référendum.

La proposition pourrait être faite au président ukrainien Volodimir Zelensky, a-t-il dit lors d’une conférence de presse avec le chancelier allemand à Berlin, où il est arrivé en début de soirée pour un entretien et un dîner de travail.

L’Ukraine, « membre de coeur » de l’Union

« C’est une proposition très intéressante », a réagi Olaf Scholz, ajoutant toutefois que cette entité ne devait pas concerner les pays déjà engagés dans un processus d’adhésion à l’Union comme les Balkans occidentaux (Albanie, Macédoine du Nord, Serbie et Monténégro).

Alors que la France préside le Conseil européen jusqu’au 30 juin, Emmanuel Macron a redit à Strasbourg comme à Berlin le soutien des Vingt-Sept à l’Ukraine face à l’invasion de la Russie, dont le président Vladimir Poutine affirme que son armée y défend « la patrie ». « L’Ukraine, par son combat et son courage, est d’ores et déjà membre de coeur de notre Europe, de notre famille, de notre Union », a dit le président français au Parlement européen.

« Si nous lui accordions demain le statut de candidat, nous savons tous parfaitement que le processus leur permettant l’adhésion prendrait (…) sans doute plusieurs décennies », a-t-il expliqué pour appuyer son idée de « communauté politique ».

Deux visages du 9 mai

Organisée à l’occasion de la journée de l’Europe, la cérémonie au Parlement de Strasbourg a pris une couleur particulière en ces jours de commémoration de la victoire de 1945 contre l’Allemagne nazie, qui a donné lieu à un grand défilé militaire ce lundi matin sur la place Rouge à Moscou, où Vladimir Poutine s’est exprimé.

« Nous avons donné deux visages très différents du 9-Mai », a dit Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse aux côtés de Roberta Metsola, présidente du Parlement européen, et Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne.

« Il y avait d’un côté une volonté de démonstration de force, d’intimidation et un discours résolument guerrier, et il y avait ici de manière large, citoyenne, l’association de citoyens, de parlementaires nationaux et européens pour un projet et penser notre avenir », a-t-il poursuivi.

« Le projet européen est né de la guerre, il ne faut pas l’oublier, et de notre volonté de ne pas la répéter », a-t-il aussi souligné.

Avec Reuters

1 réponse »

  1. Bonjour Thierry,Il y a là anguille sous roche. Que veut dire la révision de traités et en faveur de qui ? Peut être faut il réellement sortir de l’Europe, dissoudre ses institutions et demander aux peuples ce qu’ils veulent faire. Ce sont eux les souverains.Bien amicalementJean-Marc

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