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ÉLECTRICITÉ : LE FIASCO. COMMENT FAIRE PASSER LES ANNONCES ? DOSSIER 4

Dans le prolongement de nos publications relatives au conseil de défense…

« MANQUE DE DÉBAT, OPACITÉ » : LE CONSEIL DE DÉFENSE CONTESTÉ – DOSSIER 3 https://metahodos.fr/2022/09/02/manque-de-debat-opacite-le-conseil-de-defense-conteste-dossier-3/

ATTEINTE À LA DÉMOCRATIE PAR ABUS DE CONSEIL DE DÉFENSE ? DOSSIER 2  https://metahodos.fr/2022/09/01/conseil-de-defense-2/

RETOUR DU SECRET DÉFENSE ET DE LA DRAMATURGIE : « SOBRIÉTÉ DÉMOCRATIQUE » ? DOSSIER 1  https://metahodos.fr/2022/08/31/conseil-de-defense/

… consacré à l’énergie nous vous proposons ci contre deux ( LA TRIBUNE et MARIANNE ) articles relatif au fiasco de la politique énergétique à la réécriture que tente d’en faire l’exécutif.

« Pourquoi le bouclier tarifaire devient intenable »

Titre Le Point qui poursuit :

« Le gouvernement veut faire passer une hausse des prix de l’énergie début 2023. Le maintien du bouclier tarifaire en l’état coûterait jusqu’à 50 milliards d’euros…

« Cette fois, c’est peut-être la véritable sortie du « quoi qu’il en coûte » que prépare le pouvoir. Emmanuel Macron et Élisabeth Borne s’apprêtent à décider de combien ils vont laisser le prix de l’électricité et du gaz augmenter à partir de début 2023, après avoir appliqué un bouclier tarifaire en 2022. Cette année, la hausse du prix de l’électricité, qui aurait dû augmenter de 35 %, a été limitée à 4 %. Quant au prix du gaz, il est bloqué depuis octobre 2021 alors qu’il aurait dû bondir de 47 % à juin 2022… »

« Électricité : l’heure des responsabilités »

Titre Valeurs Actuelles qui poursuit :

« En présentant la crise actuelle comme la résultante d’un choc purement externe, la macronie tend à s’épargner un douloureux exercice de recherche des responsabilités qui l’amènerait à s’acheter un miroir. Poutine n’est pas coupable de tout, affirme le président d’Oser la France et ancien député Julien Aubert.

« Dans une interview accordée aux Échos, le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, a préparé les esprits, jeudi 1er septembre. « Sans le bouclier tarifaire, a-t-il prévenu, l’augmentation des tarifs du gaz et de l’électricité serait d’au moins 100 % l’année prochaine…

« EDF : DES ACTIONNAIRES PORTENT PLAINTE POUR CONTESTER LA GESTION PAR L’ETAT »

Évoque BFM qui poursuit :

« L’association Energie en actions pointe un ensemble d’agissements qui ont conduit selon elle à miner les intérêts sociaux de l’entreprise. Dans son viseur notamment, l’Arhenh, un mécanisme qui contraint EDF à vendre à ses concurrents de l’électricité nucléaire à un prix inférieur à son coût de production.

« Une association d’actionnaires salariés d’EDF a déposé une plainte judiciaire contre X pour contester la gestion par l’Etat du groupe depuis son entrée en Bourse, a-t-on appris jeudi auprès de l’association Energie en actions.

« Dès la mi-juillet, Hervé Chefdeville, secrétaire général de l’association, avait annoncé son intention de porter plainte pour dénoncer les décisions de l’Etat et ses conséquences « spoliatrices » pour les actionnaires, à la veille de l’annonce du plan du gouvernement pour renationaliser le groupe à 100%. »

…/…

LIRE LES ARTICLES DE LA TRIBUNE ET DE MARIANNE

« Élisabeth Borne a demandé ce jeudi à EDF de tenir son calendrier de maintenance de réacteurs nucléaires pour éviter à la France de devoir redémarrer une centrale à charbon, face au risque de pénurie d’électricité cet hiver. Une vive réponse aux propos du PDG sortant, Jean-Bernard Lévy, qui a critiqué en début de semaine les gouvernements successifs sur le manque d’anticipation pour former du personnel compétent dans le secteur nucléaire. VOIR L’ARTICLE 1 DE LA TRIBUNE

Selon la cheffe du gouvernement, Emmanuel Macron n’aurait rien à voir avec la dégradation de la filière électro-nucléaire. Une réécriture complète des orientations récentes de la politique énergétique française, alors qu’une cruelle ironie de l’Histoire place le pays dans une situation comparable à celle qui avait conduit à l’extension de son parc nucléaire. VOIR L’ARTICLE 2 DE MARIANNE

ARTICLE 1

Elisabeth Borne presse EDF de redémarrer à temps les réacteurs nucléaires à l’arrêt

latribune.fr 01 Sept 2022,

La contre-attaque n’a pas tardé. Après les propos tenus par Jean-Bernard Lévy, encore président d’EDF, lors des rencontres du Medef, sur la frilosité des derniers gouvernements à trancher sur la stratégie à suivre pour notre politique nucléaire, Elisabeth Borne a tapé du poing sur la table, au micro de France Inter, ce matin. « Je compte vraiment sur EDF pour assurer son programme de redémarrage dans les prochaines semaines, dans les prochains mois, et ça nous éviterait de devoir redémarrer une centrale à charbon. »

Aujourd’hui, seuls 24 des 56 réacteurs du parc nucléaire d’EDF sont actuellement en service, les autres étant à l’arrêt pour des opérations de maintenance programmées ou suite à des problèmes de corrosion qui n’étaient pas prévus.

Jean-Bernard Lévy avait fustigé, devant les patrons réunis lors de la Rencontre du Medef et devant la ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher, le manque d’anticipation du gouvernement pour former du personnel compétent dans le secteur nucléaire.

« Assurer les opérations de maintenance nécessaires et recruter »

Pour la cheffe du gouvernement, les responsabilités sont plutôt à trouver du côté de la direction d’EDF : « On n’a pas dévié, depuis 2017 on demande à EDF de mettre en œuvre son programme de maintenance lourde, de recruter des compétences. Ce n’est pas parce qu’on a fermé deux réacteurs, à Fessenheim, suite aux décisions prises sous le quinquennat de M. Hollande, qu’on n’a pas assuré EDF qu’il faudrait continuer à produire de l’énergie nucléaire. »

Et d’insister : « Entretemps, on a acté qu’on allait construire des nouveaux réacteurs, mais sur le parc existant, c’est très clair, il n’y a jamais eu aucune ambiguïté. Évidemment, il faut prolonger ce parc, il faut assurer les opérations de maintenance nécessaires et recruter ».

Le recrutement du président d’EDF « en cours de finalisation ».

Celui du nouveau patron d’EDF est d’ailleurs toujours « en cours de finalisation », a indiqué la cheffe du gouvernement, sans donner de date. Un changement de tête qui intervient au moment où l’État a engagé la renationalisation à 100% du groupe.

Lire aussiEDF : comme on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre, difficile d’attirer un PDG avec 450.000 euros

 Il va falloir trouver un responsable capable d’apaiser les relations entre l’entreprise et l’Etat. Le 9 août dernier, EDF déposait un recours contentieux auprès du conseil d’Etat pour réclamer à son actionnaire 8.34 milliards d’euros. L’opérateur demande des compensations en contrepartie de l’application du « bouclier tarifaire ». En contenant la hausse des tarifs réglementés de l’électricité à 4% jusqu’à la fin de l’année 2022, le gouvernement a, en effet, contraint EDF à augmenter de 20% le quota annuel d’électricité vendu à prix réduit à ses concurrents, à 120 TWh (contre 100 TWh auparavant). Cette vente se fait dans le cadre du mécanisme baptisé « Accès régulé à l’électricité nucléaire historique » (Arenh), régulièrement dénoncé par EDF.

Lire aussiÉlectricité : pourquoi l’appel des fournisseurs alternatifs à rejoindre EDF risque d’aggraver la crise

Une perte de 5,3 milliards d’euros au premier semestre

C’est d’ailleurs l’une des causes des mauvais résultats affichés par l’électricien français au premier semestre qui a subi une perte historique de 5,3 milliards d’euros. « Y a-t-il déjà eu dans l’histoire d’EDF un semestre dont les chiffres étaient aussi négatifs ? J’en doute beaucoup » , reconnaissait Jean-Bernard Lévy lors de la présentation des résultats. Parmi les facteurs avancés : « L‘effet du bouclier tarifaire mis en place en France pour 2022 » mais aussi « les difficultés rencontrées en matière de production nucléaire en France et dans une moindre mesure hydroélectrique ».

Lire aussiLa débâcle des fournisseurs d’énergie met en lumière la défaillance de l’ouverture à la concurrence

 Plainte de certains actionnaires contre l’Etat

Une association d’actionnaires salariés d’EDF a déposé une plainte judiciaire contre X pour contester la gestion par l’Etat du groupe depuis son entrée en Bourse, a-t-on appris jeudi auprès de l’association Energie en actions. Cette plainte de 59 pages, qui comprend 112 pièces, a donc été déposée mercredi au secrétariat de la procureure de la république auprès du tribunal judiciaire de Paris, selon un récépissé dont l’AFP a pris connaissance. Parmi les principaux griefs, la vente, à prix inférieur aux coûts de production, à la concurrence, d’une partie de la production d’électricité nucléaire du groupe, selon le mécanisme dit de l’Arenh (Accès régulé à l’électricité nucléaire historique), mis en place en 2010 pour éviter des poursuites de la Commission européenne, dans le cadre de la loi Nome, réformant le marché de l’électricité en France.

ARTICLE 2

« Jamais aucune ambiguïté » sur la prolongation du parc nucléaire ? Elisabeth Borne victime d’amnésie

Mémoire courte

Par Louis Nadau Marianne Publié le 01/09/2022

En neurologie, on parle de mémoire immédiate et de mémoire à long terme. Lorsqu’il s’agit de l’énergie nucléaire, il semble hélas que le gouvernement soit dépourvu de l’une comme de l’autre. Ainsi, tandis que la France se trouve, par une facétie de l’histoire, dans une situation de précarité énergétique comparable à celle qui avait conduit à l’extension massive du parc nucléaire français après le premier choc pétrolier de 1974, la Première ministre, Elisabeth Borne, a montré ce jeudi 1er septembre, sur France Inter, les symptômes d’une inquiétante amnésie sur ce dossier. À l’entendre, Emmanuel Macron, qui n’aurait jamais entretenu « aucune ambiguïté », n’a rien à voir avec la dégradation de la filière. La bonne blague !

Pour rappel, EDF mène actuellement une course contre-la-montre pour remettre en marche les 32 réacteurs (sur un total de 56) arrêtés cet été – pour partie en raison du remplacement de la tuyauterie du circuit de refroidissement de secours de certains réacteurs, qui présentait une corrosion anormale – avant l’hiver et son pic de consommation. Lundi, le PDG du groupe public, Jean-Bernard Lévy, tentait de provoquer un électrochoc lors d’une table ronde du Medef, à laquelle assistait la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher.

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« On a beaucoup de chantiers à gérer en parallèle, et donc d’une certaine manière on manque de bras. On n’a pas assez d’équipes formées, expliquait-il. On sait notamment qu’un soudeur, un tuyauteur, il faut deux ou trois ans pour le former. Et pourquoi on n’a pas assez d’équipes formées ? Eh ben parce qu’on nous a dit : ‘Votre parc nucléaire, il va décliner, préparez-vous à fermer des centrales.’ (…) On nous a dit, et ce sont d’ailleurs les textes encore en vigueur au moment où l’on se parle : ‘Préparez-vous à fermer les douze suivantes.’ Évidemment, on n’a pas embauché des gens pour en construire douze, on a embauché des gens pour en fermer douze. »

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La cheffe du gouvernement a répondu à ces critiques ce jeudi. « Ce n’est pas parce qu’on a fermé deux réacteurs (à Fessenheim, NDLR) suite aux décisions prises sous le quinquennat de monsieur Hollande, qu’on n’a pas assuré EDF qu’il faudrait continuer à produire de l’énergie nucléaire, assure-t-elle. Entretemps, on a acté qu’on allait construire des nouveaux réacteurs, mais sur le parc existant, c’est très clair, il n’y a jamais eu aucune ambiguïté. Évidemment, il faut prolonger ce parc, il faut assurer les opérations de maintenance nécessaires et recruter. »

« CONCRÈTEMENT, 14 RÉACTEURS DE 900 MÉGAWATTS SERONT ARRÊTÉS »

Il n’y avait effectivement aucune ambiguïté dans les propos d’Emmanuel Macron sur le nucléaire, mais pas dans le sens avancé aujourd’hui par Elisabeth Borne, qui réécrit complètement l’histoire récente de la politique énergétique française. En février 2017, le futur président de la République dessinait une trajectoire dans la continuité de celle initiée par son prédécesseur, François Hollande : « On a un problème de dépendance parce que ce n’est pas bon d’avoir 75 % de notre énergie électrique qui dépend du nucléaire », déclarait-il à WWF.

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Devenu chef de l’État, c’est bien une politique de réduction du parc nucléaire – et non uniquement de la part de l’atome dans le mix énergétique français – qu’a d’abord conduit Emmanuel Macron. « Je n’ai pas été élu, pour ma part, sur un programme de sortie du nucléaire, mais sur une réduction à 50 % de la part du nucléaire dans notre mix électrique, et je tiendrai cet engagement, promettait-il le 27 novembre 2018. Concrètement, 14 réacteurs de 900 mégawatts seront arrêtés d’ici à 2035. Ce mouvement commencera à l’été 2020 avec l’arrêt définitif des deux réacteurs de Fessenheim. Il restera alors à organiser la fermeture de 12 réacteurs entre 2025 et 2035 : quatre à six réacteurs d’ici 2030, le reste entre 2030 et 2035. »

Le changement de cap, certes radical, n’interviendra qu’en décembre 2020 avec le discours du Creusot, lors duquel Emmanuel Macron déclarera que « l’avenir énergétique et écologique de la France passe par le nucléaire ». La mue nucléophile est complète en février 2022 avec l’annonce de la construction de six nouveaux réacteurs EPR2 et de la prolongation au-delà de cinquante ans des réacteurs qui seront autorisés à le faire. « Pour augmenter la production électrique, il nous faut, à côté des énergies renouvelables, reprendre le fil de la grande aventure du nucléaire civil en France », déclare alors le président de la République.

BACK IN 74 ?

Voilà pour le « court terme » politique du dernier quinquennat. Sur le temps long, le constat n’est pas beaucoup plus reluisant. Si Emmanuel Macron adopte volontiers un ton épique en parlant « de la grande aventure du nucléaire civil », il semble néanmoins que les errements des derniers chefs de l’exécutif condamnent l’odyssée à tourner en rond. La France est-elle revenue en mars 1974, lorsque le Premier ministre Pierre Messmer annonçait un plan de construction qui aboutira à la mise en service de 28 réacteurs nucléaires en dix ans – dont certains en à peine cinq ans ?

Bien sûr, les centrales ont été construites. Mais la filière nucléaire, industrie du temps long s’il en est, s’est bien dégradée, en raison de son manque d’attractivité – pourquoi se lancer dans une carrière si c’est un cul-de-sac ? – et des pertes de compétence (soit que les spécialistes deviennent une denrée rare, soit que le lien de transmission entre générations d’ingénieurs et de techniciens se rompe). De sorte que, si le point de départ n’est pas le même, il faudra bien « recommencer » ce travail.

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Mais c’est surtout à l’échelon politique que s’impose une cruelle impression de déjà-vu. Il suffit pour cela de réécouter l’interview de Pierre Messmer sur l’ORTF en mars 1974. Suivant les prix du pétrole, le prix des autres énergies (gaz et charbon) avait augmenté de 14,5 % l’année précédente. « Il est vrai que la France n’a pas été très favorisée par la nature en matière de ressources énergétiques, expliquait alors le Premier ministre de Georges Pompidou. Nous n’avons presque pas de pétrole sur notre territoire, nous avons beaucoup moins de charbon que l’Angleterre ou l’Allemagne, et nous avons beaucoup moins de gaz que la Hollande. (…) Notre grande chance, c’est l’énergie électrique d’origine nucléaire, parce que nous avons une bonne expérience dans tout cela. »

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