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D’ÉLECTIONS EN ÉLECTIONS, LA DÉMOCRATIE À LA PEINE

BILLET

« DES ÉLECTIONS FRANÇAISES »

TEXTE DE MICHELINE FORNACIARI CONTRIBUTRICE DE METAHODOS

Au lendemain de chaque élection française, des spécialistes sont là pour tenter d’analyser le « pourquoi » de l’absentéisme…Force est de constater la constante augmentation de ce dernier.

Si on aborde le sujet  entre citoyens lambda (en dehors des micro-trottoirs, des sphères politiques ou médiatiques, ou encore des instituts de sondage) il en ressort qu’une grande partie d’entre eux – qu’ils soient en périurbain ou pas- n’ont plus confiance en les politiques. Les expressions négatives du pouvoir telles que « politicaille, politicard, politicien », sont même exprimées par un grand nombre des personnes qui vont voter.

L’abstention est une expression évidente du désintéressement pour la chose publique.

Elle exprime aussi les rapports distants avec les politiques.

Si l’expression négative du pouvoir est ainsi affirmée, la question est « pourquoi » ? Je ne prétends  pas remplacer les spécialistes en matière de politique. Je pense, en ce qui me concerne, qu’il faut cesser de prendre les Français pour des ignares qui ne veulent pas voter, ou qui ne savent pas voter…

Il y a quelques siècles Montesqieu, dans « l’Esprit des Lois », écrivait « lorsque la vertu cesse, l’ambition entre dans les cœurs qui peuvent la recevoir et l’avarice entre tous ».

Les politiques ont un devoir vis-à-vis de tous les citoyens

Le suffrage universel permet à tous les citoyens français, en âge de voter, de le faire. De ce fait , les politiques ont un devoir vis-à-vis de tous les citoyens. A savoir une obligation de résultats et d’exemplarité pendant leur mandat. Et non de masquer leurs incompétences par de grands discours destinés à nous faire « prendre des vessies pour des lanternes ».

L’activité politique, qui devient un métier voire une carrière, génère le dégoût chez plusieurs de nos concitoyens, ces derniers considérant que les projets pour la cité présentés lors de la campagne ou que les actions menées pendant les mandats laissent place au souci personnel de conserver son mandat électoral. De plus cette frénésie à vouloir conserver son mandat ne permet plus le renouvellement de la classe politique. Enfin celles et ceux qui s’accrochent à leur fauteuil d’élu perdent les réalité du terrain…

Le désir personnel de se maintenir en place ou d’avancer dans son parti fait perdre le véritable sens de la valeur démocratique.

Des lois sont créées  ainsi que…des lois contraires. Ce qui rend difficile, voir impossible, le travail des gens de terrain, Quant à l’image de chaque femme ou homme politique, elle est maintenant dans les mains d’experts en communication. Ce qui sous entendrait que le partage des convictions est devenu plus que superficiel car il s’agit de présenter mieux que son adversaire.

Les campagnes électorales sont devenues des spectacles, les candidats sont devenus des acteurs à temps plein avec une présentation de leurs projets qui ne prévalent pas obligatoirement les conséquences à long terme de leurs promesses électorales…

Immédiateté, partialité de l’image sont aussi des facteurs de l’absentéisme : les citoyens, gavés en permanence par les programmes électoraux, zappent les présentations ou s’abstiennent d’aller voter.

Les politiques ne sont donc pas les seuls responsables .

Les citoyens, dont je fais partie, ont aussi leur part de responsabilité. Devenus des consommateurs, nous voulons tout de l’État. Et nombre d’entre nous, voulons que nos droits soient reconnus, mais parfois nous sommes moins pressés d’accomplir nos devoirs.

Il manque aussi, dans nos politiques, une vision à long terme qu’elle soit nationale, européenne ou mondiale.

Le Covid a fait apparaître cette anomalie permanente. Et il semblerait que l’après pandémie n’ait pas arrêté la déficience des idéaux, la déficience des principes et des valeurs de la démocratie. Or cette déficience amène à un relâchement du lien social et de la solidarité.

L’absentéisme et le vote blanc sont, non seulement d’importants messages lancés à la classe politique, mais aussi des choix d’électeurs français.

Enfin n’oublions pas que notre démocratie s’est construite au fil des années. C’est un bien qu’il faut protéger.

Sa complexité est telle qu’il est nécessaire d’avoir médiatiquement, politiquement, « citoyennement » une pluralité d’approches et de regards qui ne la maltraitent pas. Elle est un construit social précieux et fragile érigé sur plusieurs décennies. Nos Aînés et nos Aînées se sont battus pour avoir le droit de voter. Participer à la vie politique en votant est une liberté qui n’existe pas dans tous les pays…

 

Micheline FORNACIARI

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