
« Emmanuel Macron confronté à la dégradation de l’image de la France »
TITRE LE FIGARO QUI POURSUIT (Par François-Xavier Bourmaud ) :
« Trois mois après le report de la visite d’État de Charles III en France, le chef de l’État renonce à son voyage en Allemagne.
« Les émeutes perdurent, l’image de la France se dégrade. Pour la deuxième fois en trois mois, le président de la République a dû reporter un rendez-vous diplomatique majeur. Fin mars dernier, il demandait à Charles III de renoncer à sa visite d’État de trois jours alors que le pays s’embrasait sur fond de réforme des retraites. Cette fois, c’est Emmanuel Macron qui renonce.
« Samedi, l’Élysée a annoncé le report de la visite d’État de trois jours qu’il devait effectuer de lundi à mercredi pour sceller l’amitié franco-allemande, alors que le couple connaît quelques ratés depuis qu’Olaf Scholz a succédé à Angela Merkel en 2021. «Compte tenu de la situation intérieure, le président de la République a indiqué qu’il souhaitait pouvoir rester en France ces prochains jours», a indiqué l’Élysée samedi. La veille, le chef de l’État avait déjà écourté son séjour à Bruxelles pour un sommet européen sur l’Ukraine, renonçant à la traditionnelle conférence de presse de conclusion. »
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ARTICLE
Entre «soif de justice» et «anarchie», la révolte des banlieues vue par la presse étrangère
Repéré par Mathieu te Morsche — 30 juin 2023 SLATE … sur BBC, Politico Europe, The Guardian, The Spectator, Le Temps
Certains médias pointent des similitudes avec les événements de 2005.
Depuis la mort de Nahel ce mardi 27 juin à Nanterre, tué par un policier, la France s’embrase. Les médias étrangers ne manquent pas de porter un œil attentif à ce qui se passe dans l’Hexagone. Dans la nuit du jeudi 29 au 30 juin, 667 personnes ont été arrêtées, comme le rapporte la BBC, qui met en exergue les violences qui ont eu lieu.
«À Paris, des magasins sont saccagés et des voitures sont brûlées, malgré la forte présence de la police», souligne le média britannique, qui recueille le témoignage d’une propriétaire d’un tabac détérioré pendant la nuit. La BBC se demande même si l’état d’urgence doit être instauré, mais rappelle également qu’il s’agit d’un pari risqué. En 2005, lors des émeutes ayant suivi la mort de Zyed et Bouna, Jacques Chirac avait déclaré l’état d’urgence.
«L’agitation violente qui s’est répandue en France […] a fait resurgir le spectre des émeutes qui ont secoué les banlieues françaises pendant des semaines en 2005, note le média Politico Europe. Il y a des ressemblances troublantes entre les troubles actuels et les événements qui ont secoué la France il y a près de vingt ans.» Aussi bien la mort de Nahel que celle de Zyed et Bouna a suscité chez de nombreuses personnes un «sentiment d’injustice».null
«Il y a tellement de colère»
Du côté du Guardian, on s’intéresse au mécontentement des manifestants. «Il y a tellement de colère, témoigne Chakir, un jeune de 21 ans qui est resté débout jusqu’à 5h du matin dans une cité de Roubaix. Les policiers sont censés nous protéger. Mais on a le sentiment que plus rien ne nous protège. Je crains que les affrontements se poursuivent. La violence engendre d’autres violences.»
Le journal britannique de centre-gauche donne également la parole à des habitants des quartiers populaires qui déplorent ces violences. «La mort de cet adolescent a mis le feu aux poudres. […] Les jeunes se sentent discriminés et ignorés. […] Mais il y doit y avoir une autre manière d’exprimer cela. En tant qu’habitants de cette cité, nous sommes impuissants quand nous voyons nos voitures brûler. C’est nous qui sommes touchés», témoigne Kendra, 40 ans, résidant à Nanterre, devant la carcasse du véhicule de son père.
«La France risque de sombrer dans l’anarchie», titre de son côté le média britannique conservateur The Spectator. «Des parties [du pays] représentent désormais des endroits dangereux pour la police mais aussi pour les journalistes», estime le journal. Le média de droite juge également que les affrontements tombent au «pire moment», car avec les vacances scolaires qui commencent, des milliers de jeunes ont «du temps à perdre et de la colère dans leurs cœurs». «La France a désespérément besoin d’un leadership fort», plaide le Spectator.
«Un problème systémique»
«Tirs mortels en France: un problème systémique», se désolent nos voisins suisses du journal Le Temps avec une interview de Sebastian Roché, directeur de recherche au CNRS à Sciences Po Grenoble. «La loi de 2017 [qui ouvre plus de possibilités aux policiers d’utiliser leurs armes, ndlr] augmente le nombre de personnes tuées par la police sans bénéfice pour la sécurité de la population», juge l’expert. Pour sa une de ce vendredi 30 juin, Le Temps axe sur la colère des manifestants: «Les banlieues françaises brûlent de rage».https://d-12729108863433137459.ampproject.net/2306202201000/frame.html
En Belgique, où des heurts ont également éclaté, le journal La Libre titre sur la «soif de revanche et de justice» dans de «nombreuses villes françaises», tandis que Le Soir parle d’une «probable bavure policière» qui met «la France sur un brasier» et noteque même «la célérité de l’enquête n’a pas calmé les esprits».