Aller au contenu principal

Émeutes (25) : « Disponibilité rageuse », « Désœuvrement » – Responsabiliser les jeunes ?

Émeutes : comment responsabiliser la jeunesse ?

Resserrer les liens entre police et population, et entre citoyens

Dans L’Opinion, Monique Canto-Sperber appelle à resserrer les liens entre police et population, entre citoyens, et à répondre au désœuvrement de la jeunesse par l’éducation et la responsabilité.

Répondre à la « disponibilité rageuse » et à son « désœuvrement »

Dans sa chronique pour L’Opinion, la présidente Monique Canto-Sperber analyse les ressorts des récentes émeutes et appelle à une responsabilisation de la jeunesse pour répondre à sa « disponibilité rageuse » et à son « désœuvrement ».

ARTICLE

Émeutes : comment responsabiliser la jeunesse ?

Pour Monique, bien que ce ne soit pas la première fois que la France connaît un « embrasement », les récentes émeutes à la suite de la mort de Nahel sont différentes de celles qui les ont précédées.

La réponse « rapide et maximale » de la justice d’abord (le policier a immédiatement été placé en garde à vue puis en détention), et la volonté de transparence, souvent rares dans les cas de bavure policière, n’a absolument pas calmé les émeutiers et « dès la deuxième nuit d’émeutes, la déconnexion entre la tragédie initiale et l’embrasement était avéré. »

« Le trait le plus distinctif de ces nuits d’émeutes est la dilution rapide du message politique dans la dynamique du saccage. Rien de commun avec l’affirmation identitaire et la demande de reconnaissance de 2005 ou avec les revendications Black Lives Matter des manifestations de 2019. »

Par ailleurs, les émeutes ont touché des villes d’habitude paisibles et épargnées de ce type d’évènements tout en visant les infrastructures qui facilitent la vie des habitants de ces quartiers.

Enfin, pour Monique, « le trait le plus distinctif de ces nuits d’émeutes est la dilution rapide du message politique dans la dynamique du saccage. » Contrairement aux émeutes de 2005 ou celles de 2019 se réclamant de Black Lives Matter souhaitant davantage de justice ou une réforme de la police, les évènements ayant suivi la mort de Nahel n’ont été que le prétexte à la destruction et au vol.

« La conviction de vivre dans une condition où l’on connaît l’humiliation et les discriminations ne peut valoir comme une explication forfaitaire au vandalisme. Invoquer l’injustice subie ne rend pas juste la vengeance, et on n’a pas demandé aux victimes des violences de donner leur avis sur cette nouvelle source de droit. »

Pour Monique, les discriminations et injustices subies ne justifient pas la violence et les destructions, qui font d’autres victimes innocentes. Selon elle, cette série d’évènements nous apprend d’abord qu’il faut reconnaitre les bavures, même si dans ce cas précis sa reconnaissance n’a pas eu l’effet de calme escompté. Notre présidente invite de façon plus générale à recréer du lien d’une part entre la police et la population et d’autre part entre citoyens : elle suggère d’encourager « la participation politique au sein de son groupe d’immeubles, de son quartier, de sa commune, c’est une première forme, solide, d’expérience de citoyenneté ».

Monique propose enfin et surtout de répondre au « désœuvrement » par la responsabilisation des jeunes, en passant notamment par l’école : « cesser de les infantiliser et de les humilier, mais montrer qu’on a confiance en eux en leur donnant des ressources garanties qui, même modestes, leur permettent de se former et de se projeter dans une activité, et pour qui la première fois de leur vie leur donnerait le minimum de moyens leur permettant d’être responsables d’eux-mêmes ».

« Face à un réservoir de disponibilité rageuse et de désœuvrement, où l’on tend à perdre tout sens de sa responsabilité sociale, surtout à l’époque des réseaux sociaux qui tribalisent les engagements, ne devient-ils pas urgent de proposer à ces jeunes gens les moyens d’être responsables de leur vie, avec une école engagée? »

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.