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MÉDIAS/RÉSEAUX SOCIAUX ET ENSEIGNANTS – DÉRIVES

1. ARTICLE

Sur Twitter, un groupe de profs se moque ouvertement d’élèves souffrant de troubles de l’apprentissage

Écrit par Julia Mothu|Le 02.05.2023 FRANCE INFO

Sur le réseau social à l’oiseau bleu, plusieurs enseignants opposés au principe de l’école inclusive prennent pour cible des enfants dyslexiques ou atteints de troubles cognitifs, pointe une enquête de Franceinfo. Le ministère de l’Éducation nationale a été saisi, mais n’a pour l’heure pas prononcé de sanction.

Des professeurs tournant en ridicule des élèves souffrant de troubles de l’apprentissage. C’est ce que dénonce Franceinfo dans une enquête parue ce vendredi 28 avril. Selon nos confrères, des signalements auraient été transmis au ministère de l’Éducation nationale concernant un groupe d’enseignants très actifs sur Twitter. Protégés par un pseudo et vraisemblablement opposés au principe de l’école inclusive (et notamment aux différents programmes de l’Éducation nationale visant à ouvrir les classes ordinaires aux élèves handicapés), ces derniers auraient rédigé des tweets hostiles et moqueurs à l’encontre d’enfants le plus souvent dyslexiques ou atteints de troubles cognitifs, quitte à s’en prendre à leurs parents.

« Aujourd’hui, projection de la dictée d’un élève dys. Que les parents se rassurent : j’avais précisé aux élèves normaux qu’ils pouvaient détourner le regard », peut-on lire sur une capture d’écran Twitter relayée par le média. « Je viens de finir mon étude sur les élèves TDAH. De manière très surprenante, 90 % de ces enfants ont des parents qui ont oublié de les éduquer« , montre une autre capture d’écran. Des messages épinglés par Géraldine Chavrier, juriste et maman d’une enfant diagnostiquée TDAH (trouble déficit de l’attention), qui a saisi le secrétariat d’État chargé des personnes handicapées à la fin du mois de février.

« Ce sont des messages sur le ton de l’humour, mais souvent tournés vers l’humiliation de l’enfant ou du parent. Je trouve ça légitime de débattre de l’école inclusive mais, là, ça va plus loin. C’est pourquoi j’ai fait un signalement. », explique-t-elle à Franceinfo.

Un enseignant du Calvados rappelé à l’ordre, mais pas sanctionné

Après être tombée « sur un nombre considérable de messages » du même type sur le réseau social à l’oiseau bleu, Géraldine Chavrier comprend que l’un des principaux auteurs de ces tweets serait un enseignant français d’un collège public du Calvados. Présent sur Twitter depuis 2012 sous pseudo, le professeur aurait commencé à s’en prendre aux élèves en difficulté et à leurs parents en 2018. L’un de ses tweets moqueurs a notamment été liké par plus de 500 personnes, comme le montre une capture d’écran. Mais ce cas est loin d’être isolé selon l’enquête de nos confrères, qui fait état d’un « petit noyau d’enseignants très politisés » sur Twitter qui « critiquent régulièrement ce qui se rapporte aux politiques inclusives et n’hésitent pas à dénigrer leurs contradicteurs ».

L’une de leur cible, un inspecteur de l’éducation nationale, aurait ainsi fait l’objet de cyberharcèlement de la part de plusieurs enseignants s’inscrivant dans cette mouvance. Ces derniers n’auraient pas hésité à le diffamer et à divulguer des informations privées sur lui sur le réseau social mais aussi à son employeur. L’homme aurait également reçu des lettres anonymes reprenant des tweets du groupe, dont trois à son domicile, le poussant à porter plainte.

Contacté par France Info, le ministère de l’Éducation nationale déclare avoir été saisi et avoir déclenché une inspection académique visant l’enseignant du Calavdaos, qui aurait débouché sur un « rappel formel » de ses obligations mais sans prononcer de sanction.

2. ARTICLE

Deux professeurs de philo suspendus trois mois pour leurs prises de position

L’un enseigne à Rouen, l’autre à Marseille. L’Éducation nationale a jugé que ces deux professeurs agrégés de philosophie perturbaient, par leurs prises de position sur les réseaux sociaux et leurs prises de paroles répétées, « le bon fonctionnement du service public ».

Ouest-France le 06/05/2023 à

Deux professeurs de philosophie ont été suspendus trois mois de leurs fonctions par l’Éducation nationale pour leurs prises de parole répétées sur les réseaux sociaux, ont fait savoir les intéressés, dont les propos perturbent « le bon fonctionnement du service public ».

Franklin Nyamsi, qui enseigne à Rouen, et René Chiche, près de Marseille, tous deux professeurs agrégés, sont suspendus depuis ce printemps.

René Chiche a été suspendu à partir de la mi-avril, selon un courrier des ressources humaines du ministère de l’Éducation, tweeté par le professeur. Connu dans le milieu enseignant pour ses propos virulents sur une école qu’il juge à la dérive, le professeur est également vice-président d’Action et Démocratie, un syndicat d’enseignants très minoritaire.

« Réputation du service public »

« Selon le ministre, mon expression publique et l’audience de mes propos portent atteinte à l’image et la réputation du service public de l’Éducation nationale », a-t-il écrit samedi sur Twitter (105 000 abonnés).

La commission paritaire réunie en conseil disciplinaire lui avait reproché, il y a quelques semaines, de mettre « en avant sa qualité de professeur dans ses prises de paroles publiques ». La commission avait considéré« que la fréquence de ces propos est de nature à impacter le bon fonctionnement du service public ».

Suivi par près de 160 000 personnes sur Twitter, Franklin Nyamsi, lui, estime avoir été sanctionné pour ses « critiques contre la politique africaine de la France » et évoque une « persécution politique », dans une publication fin avril.

Samedi encore, il a partagé un article du quotidien Paris Normandie relatant sa suspension sans versement de salaire, qu’il a contestée devant la justice. Le tribunal administratif de Rouen l’a débouté de sa demande jeudi.

La justice doit se prononcer dans un second temps sur le fond de l’affaire.

Des professeurs inquiets

Dans un communiqué publié vendredi, l’Association des professeurs de philosophie de l’enseignement public (Appep) écrit ne disposer que de « données fragmentaires » à propos de ces deux affaires, mais« suffisantes pour susciter l’inquiétude légitime des professeurs ».

Elle s’interroge sur « l’usage que pourront faire » les professeurs « de leur liberté d’expression sans risquer d’encourir une sanction administrative, y compris lorsqu’ils critiquent les politiques mises en œuvre par le gouvernement ».

Contacté, le ministère de l’Éducation nationale n’avait pas répondu samedi après-midi.

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