
L’exécutif n’a toujours pas trouvé le financement du nucléaire après avoir dépensé 12 milliards pour une symbolique étatisation
Livret A à 3% dans une inflation élevée : comment équilibrer les intérêts des épargnants et du secteur du logement ?
La décision du gouvernement de maintenir le taux du livret A à 3%, même face à une inflation élevée, est une tentative délibérée d’équilibrer les intérêts des épargnants avec ceux du secteur du logement. Le livret A, principalement utilisé pour financer le logement social, est sous la gestion de la Caisse des dépôts et consignations.
Des fonds conséquents pour une utilisation judicieuse
En mai 2023, les dépôts pour les livrets A et LDDS se sont élevés à 542 milliards d’euros. Le gouvernement, confronté à des difficultés pour élaborer ses futurs budgets, envisage de mobiliser l’épargne du livret A pour de nouvelles missions. Plusieurs projets et propositions sont déjà en cours d’élaboration.
Des réflexions sur le financement du nucléaire
En février, il a été rapporté que le livret A pourrait être utilisé pour financer la relance du nucléaire. EDF, dont la dette est conséquente ,affirmé que la construction de six nouveaux réacteurs EPR aurait un coût minimum de 50 milliards d’euros. Le Livret A, avec sa capacité à mobiliser des fonds à long terme, a été considéré comme une solution de financement potentiellement idéale.
Cependant, ces réflexions n’ont pas abouti.
En juin, Olivia Grégoire, la ministre chargée des PME, interrogée par le sénateur Daniel Breuiller lors d’une séance de questions, est restée évasive sur le sujet. Elle a indiqué qu’il n’était pas possible d’évoquer des mesures qui n’avaient pas encore été décidées ou rendues publiques.
Néanmoins, elle a souligné l’abondance de liquidités disponibles dans le fonds d’épargne par rapport aux demandes de prêts à octroyer aux bailleurs sociaux. Elle a rappelé la responsabilité du gouvernement de veiller à ce que cet excès de liquidités soit utilisé au profit de la communauté, en finançant des projets d’intérêt public et en offrant une rémunération attractive aux épargnants. Ainsi, l’idée de faire appel au Livret A pour financer le renouveau du nucléaire reste à l’étude, malgré l’absence de décision concrète à ce jour.
Le Livret A : une source de financement pour le nucléaire?
Au début de l’année, il a été envisagé d’utiliser le Livret A comme un moyen de financement pour la relance du secteur nucléaire. EDF, qui croule sous la dette, a estimé que la construction de six nouveaux réacteurs EPR coûterait au moins 50 milliards d’euros. Le Livret A, en raison de sa capacité à mobiliser des fonds à très long terme, semblait être une solution de financement idéale. Cependant, cette idée n’a pas abouti et le sujet est toujours en cours de discussion.
Le Livret d’épargne avenir climat: une nouvelle proposition gouvernementale
Une autre proposition du gouvernement concerne la création d’un Livret d’épargne avenir climat. Destiné aux enfants, ce compte d’épargne, bloqué jusqu’à la majorité de l’enfant, a pour vocation d’investir dans les industries vertes. Le gouvernement a assuré que les intérêts générés ne seraient pas imposés et que le taux de rémunération serait supérieur à celui du Livret A. Cette nouvelle offre d’épargne soulève néanmoins des questions quant à son impact sur la collecte des livrets existants.
L’argent du Livret A au service de l’industrie de la défense ?
Plus récemment, l’idée de dédier une partie des fonds du Livret A à l’industrie de la défense a été évoquée. Cette proposition visait à soutenir les petites entreprises de la défense qui rencontrent des difficultés pour obtenir des prêts bancaires. Malgré le rejet initial de cette proposition, un compromis a été trouvé pour tester cette mesure sur une durée de deux ans, sans empiéter sur la partie du Livret A dédiée au financement du logement social.
ARTICLE
Nucléaire : les milliards d’euros du Livret A pourraient financer les nouveaux EPR
RETOUR SUR UN ARTICLE DU 09 Févr 2023, LA TRIBUNE
Face aux sommes colossales à mobiliser pour financer la construction de nouveaux réacteurs nucléaires, le gouvernement pourrait flécher une partie des centaines de milliards d’euros d’épargne déposés par les Français sur leur Livret A vers ces chantiers. Selon EDF, le coût de construction des six nouveaux EPR2 est estimé à 51,7 milliards d’euros. Géré par la Caisse des dépôts et les réseaux bancaires, le Livret A sert jusqu’à maintenant essentiellement à financer le logement social.
Selon EDF, le coût de construction des six nouveaux EPR2 est estimé à 51,7 milliards d’euros (hors coûts de financement), plus 4,6 milliards en cas de difficulté de mise en œuvre.
Les milliards du Livret A pour financer le nucléaire, c’est l’une des pistes étudiées par le gouvernement, « une des rares ressources qui permet de déployer des financements à très long terme, cela correspond assez bien au profil du nucléaire », observe une source au sein des pouvoirs publics dans Les Echos.
Contacté mercredi soir par l’AFP, le ministère de la Transition énergétique affirme que « les options de financement du nouveau nucléaire sont à l’étude, sans qu’aucune orientation n’ait été arbitrée à ce stade », ce que confirme le ministère de l’Economie.
Dans le cadre de la feuille de route dévoilée par Emmanuel Macron il y a un an, la France ambitionne de construire six réacteurs de nouvelle génération EPR2, avec une option pour huit supplémentaires. Selon EDF, le coût de construction des six nouveaux EPR2 est estimé à 51,7 milliards d’euros (hors coûts de financement), plus 4,6 milliards en cas de difficulté de mise en œuvre.
Quelque 55 millions de Français possèdent un Livret A pour une épargne totale de plus de 375 milliards d’euros à la fin de l’année 2022, selon les chiffres de la Caisse des dépôts et consignations (CDC). Plafonnés à 22.950 euros, ils n’étaient garnis qu’au quart de leur capacité à fin 2021, selon la Banque de France.
Et, en 2022, les épargnants français ont déposé 33,49 milliards d’euros de plus sur les Livrets A et les Livrets de développement durable et solidaire (LDDS) qu’ils n’en ont retirés, un niveau comparable à 2020 (35,21 milliards d’euros).
Le Livret A sert essentiellement à financer le logement social
Géré conjointement par la Caisse des dépôts et les réseaux bancaires, le Livret A sert essentiellement à financer le logement social. A l’occasion du relèvement du taux à 3% du Livret A, intervenu le 1er février, un niveau sans précédent depuis 2009, l’Union sociale pour l’habitat (USH), représentant les organismes HLM, saluait dans un communiqué une décision « équilibrée » tout comme la Fédération bancaire française (FBF), concernée au premier chef puisque les établissements bancaires distribuent les produits d’épargne réglementée.
Mais en passant de 0,5% à 3% en un an, les charges d’intérêts des organismes de logement social « se trouveront alourdies de 3,75 milliards d’euros en année pleine, impactant très lourdement leurs résultats d’exploitation et leur capacité à investir », commentait l’USH.
« Je suis convaincu que l’épargne populaire, du Livret A, du Livret de développement durable et solidaire, du Livret d’épargne populaire qui, au total, atteint 500 milliards d’euros aujourd’hui, peut davantage encore financer la transformation de notre appareil de production énergétique », a récemment affirmé devant le Parlement le patron de la CDC Eric Lombard, reconduit à son poste.
Contactée mercredi soir par l’AFP, la Caisse des dépôts a indiqué que « les choix sur le modèle économique et la structure de portage sont prévus pour 2023 et à la main des pouvoirs publics. »