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ÉTÉ STUDIEUX AVEC METAHODOS : Les « regrets » (?) d’Oppenheimer, le père de la bombe

EMISSION

Les regrets de Robert Oppenheimer, le père de la bombe atomique

Par Yann Lagarde. Publié le mardi 3 mai 2022 RADIO FRANCE

Physicien encensé, déchu puis réhabilité, Robert Oppenheimer est le père de la bombe atomique. Voici l’histoire de l’homme qui a changé la face de la guerre, puis du monde.

“Hiroshima a été bien plus coûteux en vies et en souffrance inhumaine que ce que nous voulions pour arrêter la guerre. Mais c’est plus facile à dire, après coup…”  Voici les mots que prononcent Robert Oppenheimer au milieu des années 1960, dans une interview à la BBC et qui pourraient résumer l’ambivalence du créateur vis-à-vis de sa création.

Robert Oppenheimer naît en 1904 à New York dans une famille juive aisée.  À 11 ans, il est élu plus jeune membre de la Société minéralogique de New York.

Après être passé par Harvard, il travaille sur des sujets aussi divers que les rayons cosmiques, les trous noirs ou encore les étoiles à neutrons. 

En 1939, Albert Einstein alerte le président américain sur le risque que les nazis construisent une arme atomique, ce qui pousse le gouvernement américain à développer sa propre bombe. C’est le projet top secret “Manhattan”, qu’Oppenheimer est chargé de coordonner. 

Lui et ses es équipes travaillent sur la fission de l’uranium et du plutonium depuis un laboratoire de Los Alamos, au Nouveau-Mexique. Le 16 juillet 1945, la première bombe nucléaire  “Trinity” explose dans le désert d’Alamogordo, créant un nuage de 13 km de haut.
 

La pétition Szilárd

Plus de 70 scientifiques du projet Manhattan, dont Leó Szilárd, adressent une pétition au président Truman pour demander que la bombe ne soit pas larguée sur une cible au Japon, mais qu’elle serve uniquement d’avertissement.  

Oppenheimer ignore cette pétition et insiste pour que la bombe soit larguée sur une ville japonaise.  

Un mois plus tard, le 6 août 1945,  la bombe “Little Boy” est larguée sur Hiroshima, puis le 9 août “Fat man” tombe sur Nagasaki.  En tout, entre 103 000 et 220 000 victimes. Oppenheimer, justifie l’utilisation de ces bombe pour “abréger” le conflit avec le Japon et ainsi “épargner” la vie de centaines de milliers de soldats américains.  

Des dégâts humains et matériels bien au-delà des estimations

Pourtant, il est lui-même terrifié par l’ampleur des destructions causées par son invention. Quelques mois après la fin de la guerre, Oppenheimer démissionne de son poste. Lorsque l’URSS développe ses propres bombes atomiques à partir de 1949, il plaide pour un contrôle international de l’énergie nucléaire et une limitation de l’armement.  

Dans les années 1950, en plein maccarthysme, le scientifique est accusé de sympathies communistes. Son habilitation sécurité lui est retirée. En réalité, c’est parce qu’Oppenheimer s’oppose au développement de la bombe H, une bombe thermonucléaire, plus destructrice encore que la bombe d’Hiroshima.

Finalement réhabilité par Kennedy en 1963, Oppenheimer, qui était un gros fumeur, meurt à 62 ans d’un cancer de la gorge.

Le physicien ne regrettera jamais publiquement son invention, mais sa conscience en reste très marquée.

Au début des années 1960, lors d’une interview en France, Oppenheimer répond ainsi à la question d’un journaliste :
“On cite souvent un mot d’Einstein qui dit “si c’était à recommencer, je me ferais plombier… Et vous ?

-Je suis très content que les conditions de la vie humaine soient telles, qu’il ne soit jamais nécessaire de répondre à de telles questions.

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