
INVISIBLE PARCE QUE STUDIEUX POUR NE PAS MANQUER SA DERNIÈRE PROMESSE ? ( « d’ici fin août » ) – ARTICLE 1
INDISPONIBLE POUR D’AUTRES MOTIFS ? ( pour une fois, silence total des autorisés qui parlent pour lui ) –
« VEXATION » ou « MÉPRIS » pour le sommet sur l’Amazonie ? – ARTICLE 2
1. ARTICLE
Emmanuel Macron réalisera-t-il son « initiative politique » d’ampleur à la rentrée ?
Par Radio Classique Publié le 10/08/2023
Le 5 août dernier, Emmanuel Macron a eu l’extrême audace d’annoncer une « initiative politique d’ampleur » dans Le Figaro Magazine.
Une entreprise risquée pour un président qui ne saurait rendre plus précis les contours de ce projet et tarde à dissiper le flou de la nouvelle impulsion qu’il souhaite donner à son second quinquennat.
Le président de la République tarde à préciser la date, les contours, le périmètre et les objectifs de de son « initiative » de rentrée. « Il y travaille », répond-on simplement dans son entourage lorsque la question est posée à ses conseillers. Est-ce une manière de gagner du temps en attendant que l’on passe d’une présentation de l’événement par la négative à une présentation tout court ?
Pour l’instant, Emmanuel Macron s’est en fait contenté d’expliquer dans Le Figaro Magazinece dont il ne voulait pas : « il ne s’agit pas de créer des coalitions » et il ne sera d’ailleurs pas question pour les participants « d’adhérer à tout », ajoutant enfin que le Rassemblement national et La France Insoumise ne seront pas invités. Bien que Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon représentent à eux deux presque 50 % des suffrages exprimés au premier tour de la dernière présidentielle, l’Élysée en décide autrement.
Emmanuel Macron exclut d’emblée le Rassemblement national et les Insoumis de son « initiative politique d’ampleur »
Le chef de l’État les exclut d’office de cette instance au nom de « l’arc républicain », théorisé par les macronistes, et convoqué à l’envi, quitte à faire fi de la réalité politique du pays. Pourtant, le fait de disqualifier « l’extrême droite » et « l’extrême gauche » à longueur de discours ne produit pas – du moins plus – les effets escomptés.
En effet, ces deux camps n’ont jamais été autant représentés à l’Assemblée : presque 90 députés pour les uns, quelque 75 pour les autres. Or, à l’inverse, jamais les partis traditionnels de gouvernement n’avaient été aussi fragilisés : moins de 5 % à la présidentielle pour la droite, à peine plus de 1 % pour la gauche.
Dépoussiérer les vieux grimoires de la politique française pour opérer un « renouveau démocratique », la recette audacieuse d’Emmanuel Macron
Emmanuel Macron, qui entend ou plutôt prétend porter haut le « renouveau démocratique » devrait peut-être commencer par refuser les vieilles recettes mitterrandiennes de l’ostracisation stérile, et renouer avec l’ADN qui a fait son succès : aller au contact et au combat, comme il avait pu le faire en somme lors du « grand débat ».
Il semblait d’ailleurs vouloir reproduire la situation avec son Conseil national de la refondation. Une instance lancée il y a environ un an, et sur laquelle il misait pour tenter d’innover une nouvelle fois. Pourtant, le « CNR », censé être très concret dans son approche des sujets, s’est finalement révélé trop abstrait, et a fini par faire « pschitt ».
Baisse des droits de succession : Emmanuel Macron tiendra-t-il sa promesse ?
D’où l’impérieuse nécessité d’accepter de regarder l’état du pays tel qu’il est, et non tel qu’Emmanuel Macron voudrait qu’il soit. Dans un contexte où le président est déjà privé de majorité absolue à l’Assemblée, et où la Constitution lui interdit de se représenter, le chef de l’État n’a pas vraiment le choix. Sinon, ses soutiens les plus pressés se mêleront à ses adversaires les plus farouches, pour tenter de précipiter la fin de règne d’un monarque qu’ils jugeront doublement impuissant.
2. ARTICLE
Macron accusé de « mépris » dans sa gestion du sommet brésilien sur l’Amazonie, les élus guyanais amers
le 09/08/2023. Huffpost. Par Anthony Berthelier
En l’absence du locataire de l’Élysée, le président de la collectivité territoriale de Guyane, Gabriel Serville, juge que sa « place aurait été tout indiquée auprès des chefs d’État en tant que voisin et représentant de la Guyane. »
Absent du sommet brésilien sur l’Amazonie, Macron (ici au Gabon en mars 2023) critiqué pour avoir snobé les élus guyanais
POLITIQUE – Absence remarquée. Emmanuel Macron est critiqué, en France, pour ne pas s’être rendu au sommet organisé par le Brésil sur l’Amazonie. Réunies à Bélem, au nord du pays, à partir de ce mardi 8 août, les nations d’Amérique du Sud abritant le poumon vert de la planète se penchent sur les moyens de le sauver. Sans le président de la République française, donc.
Invité personnellement par son homologue brésilien Lula, le locataire de l’Élysée n’a pas jugé bon de faire le déplacement, laissant Brigitte Collet, l’ambassadrice de France au Brésil, le représenter. Un poids diplomatique somme toute léger pour un événement majeur, qui plus est concernant une priorité affichée pour Emmanuel Macron.
Pire, selon plusieurs élus locaux, les représentants de la Guyane n’ont pas été mis au parfum de l’invitation officielle faite à la France, alors même que leur territoire est recouvert à 90 % par l’Amazonie. Plusieurs d’entre eux déplorent un manque d’attention, quand d’autres parlent même d’une attitude confinant au « mépris. »
Un « mépris destructeur », pour Mélenchon
Pour Jean-Victor Castor, par exemple, le député de la 1re circonscription de Guyane (membre du groupe communiste), « la parole de la France ne peut pas être crédible à l’international » dans ces conditions. « Le gouvernement prône une politique environnementale, mais ne s’intéresse pas à la situation de la Guyane », estime-t-il dans les colonnes de Libération.
Gabriel Serville, le président de la collectivité territoriale de Guyane, qui s’étonne, toujours auprès du quotidien, de « ne pas avoir été mis au courant par le ministère, ni associé à ce sommet », estime d’ailleurs qu’il aurait été tout indiqué, en l’absence d’officiels venus de Paris, de lui permettre de prendre place « auprès des chefs d’État, en tant que voisin et représentant de la Guyane. »
Une forme d’amertume relayée, dans la sphère politique, par la gauche et en particulier les Insoumis. « La France est absente du sommet ’forêt’ lancé par Lula et le Brésil. Pourtant Gabriel Serville, président de la collectivité Guyane française frontalière du Brésil, est fin connaisseur du dossier. Et les deux députés aussi », écrit par exemple Jean-Luc Mélenchon sur les réseaux sociaux, en évoquant un « mépris (…) destructeur pour la France. »
Le sénateur socialiste Rachid Témal juge, pour sa part, que l’absence du président de la République et, a minima, de la Première ministre à ce sommet est une « lourde faute politique qui abaisse notre pays sur la scène internationale. »
Des raisons diplomatiques ?
Comment expliquer, dès lors, l’attitude d’Emmanuel Macron, un chef d’État prompt à vanter son engagement climatique ? Son agenda officiel est vide, vacances à Brégançon obligent. Il n’est donc pas question d’événements qui se superposent. Pour défendre le choix du président de la République, l’Élysée précise dans les colonnes de Libération que « l’ambassade représente la France et par conséquent l’intégralité des territoires français, dont la Guyane fait partie. »
Restent, éventuellement, d’autres explications. Selon France Inter, cette absence serait liée, entre autres, à un autre sommet… Celui des « Brics » (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), qui doit se réunir à la fin août à Johannesburg. Le président de la République aurait voulu être invité, ce qui ne sera finalement pas le cas.
La radio publique explique également que la France est conviée au sommet sur la forêt amazonienne en tant qu’« État associé » et pas en tant qu’« État de l’Amazonie ». Un motif, à en croire le site, qui contribue à expliquer la décision du chef de l’État de ne pas se rendre au Brésil en personne, ni d’envoyer les élus de Guyane française à sa place.
Dans ce contexte, le président de la République s’est fendu d’un long message sur « X » (Twitter) ce mardi en fin de journée, pour saluer l’initiative de Lula et rappeler ses propres événements pour le climat, sans toutefois expliquer son absence à Belém. « Il est urgent de mettre un terme à la déforestation », écrit-il, en prônant un certain modèle, à savoir : « concilier préservation de la nature et développement économique en rémunérant les services que rendent les États forestiers et leurs populations au reste du monde. »
À Bélem, Lula espère un « tournant »dans la lutte contre le réchauffement climatique. L’un des principaux défis sera de trouver un plan d’action commun pour éradiquer la déforestation illégale. Les terres déboisées sont souvent transformées en pâturage pour le bétail, mais la destruction est également causée par des orpailleurs et des trafiquants de bois.