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ÉMEUTES (43) : LE PRÉSIDENT VA RÉUNIR DES MINISTRES POUR – 8 SEMAINES APRÈS – EN ÉTUDIER LES SUITES

Deux mois après les émeutes urbaines – en l’absence d’analyse et d’action – Emmanuel Macron organise une réunion qu’il a pris soin de médiatiser

Il réunira mardi 29 août – soit la veille du dévoilement de l’ « INITIATIVE POLITIQUE D’AMPLEUR » qui se concrétise également par une réunion – plusieurs ministres pour concrétiser les suites à donner et les réponses politiques à mettre en place.

Presque deux mois après les émeutes urbaines qui ont secoué le pays, Emmanuel Macron en tire un premier bilan dans Le Point : “J’ai parlé de décivilisation il y a quelques mois. C’est bien cela que nous avons vu. Il faut donc s’atteler à reciviliser”.

QUE RETENIR DES NOTES, DES NOTES ET DES NOTES… POUR ÉCLAIRER LES SITUATIONS ET INSPIRER L’ACTION ?

On remarquera que pour les deux réunions, celle du 29 août relative aux émeutes et celle du 30 relative à l’ Initiative politique majeure », les participants sont invités à produire des notes à l’intention du président. Assurément l’ été qualifié de « studieux » et les 100 jours n’auront-ils pas permis de préparer ces deux chantiers.

Des notes avaient – en amont – également été demandées aux ministres : extrait de POLITICO :

« Ça turbine. Cette “initiative”, il y a réfléchi pendant les vacances, entre une séance de corde à sauter et une autre de foil. Le président a aussi consulté ses troupes : plusieurs ministres ont ainsi confié à Playbook lui avoir fait passer des notes ou des idées pour la préparer. L’un d’entre eux, joint par votre infolettre hier soir, expliquait avoir plaidé en faveur d’un “agenda 2023-2024 plus que 2027”. Comprenez : pour ce membre du gouvernement, Emmanuel Macron ne pourra élargir son assise politique qu’en nouant un ou des accords avec des forces politiques autour de “quelques projets”, sans donner dans le débauchage. »

Le président devait s’inspirer de Rémy Brague philosophe !

On ne sait d’ailleurs rien des lectures particulières annoncées par le président pour son été studieux : celles des écrits de Rémy Brague philosophe, spécialiste des religions chrétienne, arabe et juive.

(Voir plus loin, à propos de Rémy Brague, l’extrait de POLITICO)

Le Monde écrivait à propos de l’ouvrage récent sur l’islam : « Si la grande érudition de l’auteur et sa connaissance des textes apportent richesse et complexité à ces propos, elles contribuent dans le même temps à les rendre obscurs pour les non-initiés. »

Et de poursuivre : « En dépit de la grande érudition de l’auteur et de la finesse de certains de ses propos, l’image de la religion musulmane qui en sort est d’un légalisme rigide, qui évolue peu dans le temps. Un islam bien morne, que de nombreux musulmans auraient du mal à reconnaître, et qui correspond en bonne partie à celui promu par des wahhabites et autres salafistes. Là encore, un ancrage historique plus fort aurait permis de remettre en perspective les luttes actuelles internes au sein de l’islam. »

Sur l’Islam et l’islamisme, le président erre dans les analyses et les actions possibles, et on peut douter de l’éclairage que le philosophe lui apporterait, si telle était toutefois sa véritable intention. Cette nouvelle proximité affichée portera t elle un fruit ? Rappelons nous la tentative sans lendemain – sinon beaucoup de communication – concernant Paul Ricoeur.

Notons par ailleurs que s’il est arrivé à cet intellectuel bien en vue de louer des déclarations présidentielles, celui ci avait écrit : «En parlant de séparatismes on refuse de nommer l’ennemi: l’islamisme»

Il ajoutait : « Employer le mot, c’est ramener l’inconnu au connu, le nouveau à l’ancien. Procédé très légitime, mais aussi tactique commode de simplification. »

(Il avait participé au grand débat avec les intellectuels de mars 2019)

La réunion du 30 doit permettre – selon les termes de l’invitation – « prendre des décisions dépassant les clivages » . Des décisions, et surtout des actions, seront elles effectivement prises avant la fin août conformément à l’engagement présidentiel ?

« Nous devons réduire significativement l’immigration »

En effet le chef d’Etat veut « réduire significativement l’immigration, à commencer par l’immigration illégale ». Il annonce que le gouvernement reprendra « à la rentrée » son projet de loi sur le sujet. Ce dernier a été plusieurs fois reporté depuis un an, sans exclure d’« enrichir le texte » au Parlement, où les majorités sont difficiles à obtenir pour le camp présidentiel.

« Est-ce qu’on est submergés par l’immigration ? Non »

« C’est faux de dire cela. Cela dit, la situation que nous connaissons n’est pas tenable et nous devons réduire significativement l’immigration, à commencer par l’immigration illégale. Nous avons une obligation de résultat », a déclaré le président de la République.

Peut on encore douter du renoncement du président à se forger une opinion et à en tirer une ligne de conduite sur ce sujet ?

« De l’intention à l’action, il existe toujours une marge importante chez le président. Doit-on mettre cela sur le compte de la difficulté qu’il aurait à trouver une majorité? La question ne se poserait pas si Emmanuel Macron savait ce qu’il voulait. Avec un texte aux objectifs précis, resserrant les conditions du droit d’asile, des aides sociales, du droit du sol et du soutien aux… » écrit Yves Thréard.

« MACRON SOUFFLE LE CHAUD ET LE FROID »

TITRE POLITICO – 3 août – QUI POURSUIT :

UN 49.3 SUR LA LOI IMMIGRATION. Après les retraites, rebelote ? Emmanuel Macron n’exclut pas de recourir au 49.3 pour faire passer le projet de loi porté par Gérald Darmanin, annonce-t-il à nos confrères du Figaro Magazinedans le grand papier que nous vous notifiions plus haut. “J’utiliserai ce que la Constitution me permet de faire”, justifie-t-il au Figaro Magazine

C’est la première fois que le chef de l’Etat brandit aussi clairement cette menace, après avoir chargé à plusieurs reprises son gouvernement de trouver une majorité pour faire passer le texte — ce qu’il n’a jamais réussi à faire en un an. Qu’importe si Elisabeth Borne considérait récemment que ce n’était “pas la bonne méthode”, Emmanuel Macron se montre déterminé à avancer coûte que coûte, refusant d’“être bousculé par des majorités de fortune ou des blocages”.

Dans vos rêves. Dans son viseur, les parlementaires LR. Ils menacent de faire capoter l’adoption du texte si le gouvernement n’abandonne pas son idée de régulariser les travailleurs sans-papiers des métiers en tension et si leurs propositions ne sont pas retenues. Emmanuel Macron met fin au suspense : pas question de reprendre une partie des mesures des LR “qui nous [feraient] sortir de l’Europe”. 

Rappelons que les Républicains veulent modifier la Constitution pour “déroger à la primauté des traités et du droit européen” afin de mieux lutter contre l’immigration. 

RÉACTIONS. Déplorant le “peu d’allant” du président pour leurs propositions (c’est une façon de le dire), un cadre du groupe LR fustigeait auprès de votre infolettre hier la menace du chef de l’Etat d’en passer par un 49.3. “Les LR seront unis pour rejeter cette méthode”, nous écrivait-il, rappelant que son groupe n’exclut pas de voter une motion de censure sur un “sujet aussi important”.

Épatant. En revanche, Sacha Houlié, contacté hier par Playbook, applaudissait des deux mains la volonté présidentielle de recourir au 49.3 en cas de besoin. “Cela veut dire que le chef de l’Etat ne négociera rien sur nos ambitions sur la régularisation des travailleurs et l’expulsion des délinquants” se réjouissait le président Renaissance de la commission des Lois. Pour Houlié, c’est même “une véritable garantie” que les deux volets du texte soient maintenus. 

APPEL AUX BONNES VOLONTÉS. Menacer de faire usage du 49.3 n’empêche pas de tendre la main aux oppositions. Et pourquoi pas, en même temps ? Toujours dans cet entretien au Figaro Magazine, Emmanuel Macron annonce en effet vouloir “prendre à la fin du mois d’août une initiative politique d’ampleur”.

Citation complète : le chef de l’Etat dit qu’il souhaite “essayer de réunir autour d’un projet clair et simple tous ceux qui veulent s’y retrouver, sans leur demander d’adhérer à tout”. 

Annonce plutôt vague qu’un conseiller de l’Elysée nous décryptait fort heureusement juste après la publication de l’article : Emmanuel Macron veut proposer “aux forces politiques de l’arc républicain une série de rencontres pour déterminer des projets sur lesquels cheminer ensemble”. Sur quels thèmes ? Toujours les mêmes : “l’écologie, les services publics, le travail, l’ordre, le progrès, l’immigration”. 

En partage. Faut-il y voir une nouvelle tentative d’”élargir la majorité” — un échec depuis un an, on vous l’écrivait plus haut ? Pas du tout. L’objectif n’est pas de “créer des coalitions”, clarifie Emmanuel Macron, ni de faire entrer des parlementaires dans la majorité, mais de “partager des objectifs et des moyens sur la base d’un cap clair”, précise son entourage. 

Nouvel essai. Sous une forme différente, Emmanuel Macron tend donc encore une fois la main aux oppositions, comme il aime à le faire régulièrement depuis la perte de sa majorité absolue. Il avait déjà tenté en octobre quand il avait proposé “une alliance” aux groupes LR et Liot. Ou encore en mai dernier quand il avait fait des appels du pied aux socialistes et aux écologistes. Des tentatives restées vaines jusqu’ici. 

BRAGUE À PART. Vous voulez vous faire bien voir du chef de l’Etat à son retour de vacances ? Courez vous procurer un livre du philosophe Rémi Brague. Emmanuel Macron a prévu de lire ses écrits au fort de Brégançon, confie-t-il au Fig Mag.

VOIR NOTRE PUBLICATION RÉCENTE :

QUARTIERS / ÉMEUTES (41) – SARKOZY SE DÉSOLIDARISE DU PRÉSIDENT SORTANT : « LIEN DÉLINQUANCE /IMMIGRATION, NÉCESSITÉ DE L’AUTORITÉ, BILAN DÉSASTREUX POUR LA DÉMOCRATIE » – MAJ – https://metahodos.fr/2023/08/17/quartiers-emeutes-33-sarkozy-se-demarque-du-president-sortant/

Le président estime qu’il faut « s’atteler à reciviliser » après les émeutes

Il avait appelé, au moment de partir en vacances, à « l’ordre, l’ordre, l’ordre ». Deux mois après le déclenchement des émeutes après la mort du jeune Nahel, Emmanuel Macron estime désormais qu’il faut « s’atteler à reciviliser ». Un écho à un phénomène de « décivilisation » qu’il avait évoqué « il y a quelques mois » lors d’un Conseil des ministres. « C’est bien cela que nous avons vu » à l’occasion des émeutes, appuie le chef de l’État. 

VOIR NOTRE PUBLICATION RÉCENTE:

RETOUR SUR DÉCIVILISATION (11) ET RESPONSABILITÉS PUBLIQUES : « OU SONT LES BARBARES ? » https://metahodos.fr/2023/08/21/retour-sur-decivilisation-ou-sont-les-barbares-2/

ARTICLE

Émeutes urbaines : Emmanuel Macron va réunir plusieurs ministres pour travailler sur les suites à donner

Article rédigé par France Info, Agathe Lambret, Hadrien Bect 23/08/2023

Selon les informations de franceinfo, chaque participant devra arriver avec une feuille de route, des propositions que le président de la République sera amené à trancher

Deux mois après les émeutes urbaines qui ont secoué le pays, Emmanuel Macron réunira mardi 29 août plusieurs ministres pour concrétiser les suites à donner et les réponses politiques à mettre en place, selon les informations de franceinfo mercredi 23 août.

>> Politique : pour sa rentrée, Elisabeth Borne a l’ambition de devenir cheffe de la majorité

Cette réunion de travail autour du chef de l’Etat rassemblera notamment la Première ministre, Élisabeth Borne, ainsi que l’ensemble des ministres concernés par les émeutes de la fin du mois de juin, tels que le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, celui de l’Éducation nationale Gabriel Attal ou encore la secrétaire d’État à la Ville, Sabrina Agresti-Roubache.

Selon les informations de franceinfo, chaque participant devra arriver avec une feuille de route, des propositions que le président de la République sera amené à trancher. Jusqu’ici, Emmanuel Macron s’était contenté de dresser des constats, évoquant un « dérèglement de nos sociétés », un besoin de « remettre » de l’« autorité démocratique », de l’« autorité à l’école » et de l’« autorité parentale ».

« Il faudra peut-être assumer qu’il n’y aura pas de réponse magique »

« Le sujet l’a beaucoup travaillé, mais il a du mal à s’en saisir », confie à franceinfo un des interlocuteurs du président, qui a beaucoup consulté sur les suites à donner à ces émeutes urbaines durant tout l’été. « L’autorité n’est pas un sujet qui l’intéresse, mais il doit l’incarner », juge un conseiller. Quoi qu’il en soit, le chef de l’Etat avait très vite fait savoir, peu après les émeutes, qu’il n’y aurait pas de nouveau plan banlieue. « Il n’a pas changé d’avis, il faut de l’ordre et de l’efficacité », assure un ministre.

Le 2 août dernier, dans une interview au Figaro Magazine, il avait tempéré son propos et tenté de maintenir une forme d’« en même temps » : « On doit accompagner ces familles – donner beaucoup plus de moyens, mieux les préparer -, et en même temps les responsabiliser », avait déclaré le président de la République, qui veut désormais formuler des premières réponses dès la rentrée. Parmi les chantiers prioritaires, l’école, les réseaux sociaux et la responsabilité des parents. Un ministre le reconnaît toutefois : « Il faudra peut-être assumer qu’il n’y aura pas de réponse magique ».

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