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MICROTRAFICS DE DROGUE (5) DANS LES QUARTIERS

PUBLICATIONS PRÉCÉDENTES :

DROGUE (1) : TANT QUE LA DEMANDE CONTINUE D’EXPLOSER https://metahodos.fr/2023/08/31/drogues-malgre-le-desastre-la-necessite-de-prendre-du-recul/

DROGUE (2) : UNE VÉRITABLE EXPLOSION https://metahodos.fr/2023/09/04/drogues-on-na-jamais-vu-des-produits-aussi-forts-aussi-concentres-et-aussi-accessibles/

TRAFICS DE DROGUE (3) ET LIENS SOCIAUX DANS LES QUARTIERS : DE LA MUTUALISATION À LA PROFESSIONNALISATION https://metahodos.fr/2023/09/07/drogue-et-sociabilites-quotidiennes-dans-les-quartiers/

DROGUE (4) : DES QUARTIERS AUX CARTELS https://metahodos.fr/2023/09/08/drogues-trafics-des-quartiers-aux-cartels/

EXTRAIT

L’emprise des microtrafics de drogues sur les quartiers populaires

Pascale Jamoulle – Je n’existais plus (2021), pages 225 à 271 CAIRN

Les systèmes d’emprise sont situés ; ils prennent corps à la croisée d’un espace social et d’une histoire personnelle. L’emprise des réseaux du microtrafic de drogues sur les quartiers populaires éclaire tout particulièrement cet effet de lieu. Car les trafics ne tombent pas du ciel, comme un fléau s’abattant sur des quartiers tranquilles ; ils prospèrent dans des lieux que réseaux de revente et circuits de consommation peuvent noyauter. Dans les quartiers ségrégués qui concentrent les populations les plus discriminées, le trafic s’imbrique dans l’espace social local.

Pour comprendre l’emprise des trafics sur une « communauté habitante », je partirai d’un lieu miroir, que j’appellerai d’ailleurs la « cité du Miroir », un grand ensemble d’habitations dans les quartiers nord de Marseille. Un « collectif d’habitants à l’épreuve des réseaux du trafic », constitué essentiellement d’habitants de la cité, m’invite régulièrement, depuis une dizaine d’années. Il y a longtemps que ses membres ont cessé de rêver à l’éradication des réseaux, mais ils veulent gagner du terrain, résister aux trafics en renforçant les instances socialisatrices (familles, écoles, centre social…) et aider les jeunes à s’en sortir. Ils visent une cohabitation sociospatiale plausible et régulée avec les réseaux, qui en réduit les risques.

Au Miroir, je bénéficie de l’hospitalité et de l’expérience de Mounia, une des fondatrices du collectif. Depuis plusieurs années, elle m’initie aux réalités et aux codes sociaux du Miroir ; elle m’accompagne dans mes pérégrinations ethnographiques et me met en contact avec des familles touchées par l’emprise du trafic…

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