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DROGUE (8) – CÔTÉ CONSOMMATEURS : 18 millions de Français en ont consommé sur un an.

Les nouvelles routes de la drogue française témoignent d’une réelle évolution de la consommation

Orly est-il l’une des nouvelles portes d’entrée de la drogue en France et en Europe ? L’aéroport parisien propose plusieurs liaisons aériennes vers Cayenne, la capitale de la Guyane française, qui est une véritable zone de transit pour la cocaïne colombienne. La drogue y est acheminée grâce à des mules, ces personnes qui ingurgitent des ballons de poudre au risque de leur vie, et est ensuite écoulée dans les nombreux points de deals sur le territoire français. Ces nouvelles routes de la drogue témoignent d’une réelle évolution de la consommation.

Les Français sont parmi les plus gros fumeurs d’Europe

Les Français consomment davantage de drogues, notamment du cannabis, dont les Français sont parmi les plus gros fumeurs d’Europe. En conséquence de cette augmentation des usages, la relation au cannabis a fortement évolué et pour la première fois, une majorité des Français souhaiterait une évolution de la législation à ce sujet et de l’accompagnement aux addictions.

18 millions de Français ont consommé de la drogue en 2020

En 2020, 18 millions de personnes en ont consommé, soit une part de la population importante qui ne fait qu’augmenter depuis le début des années 1990, à l’inverse des fumeurs réguliers dont la proportion diminue depuis 2017.

En France, la consommation de cannabis représente 80% de la consommation de l’ensemble des drogues et concerne 3,9 millions de consommateurs, dont 1,2 million de consommateurs réguliers. A l’âge de 16 ans, les Français sont les premiers consommateurs de cannabis en Europe.

Ce sont les derniers chiffres de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT), 44,8 % des Français de 15-64 ans, soit 18 millions, ont déjà consommé au moins une fois du cannabis dans leur vie. En comparaison, ce pourcentage est bien moins élevé chez nos voisins : 38,4% au Danemark, 37,5% en Espagne, 32,7% en Italie, 29% au Royaume-Uni ou encore 28,2% en Allemagne. Aux Pays-Bas, où la substance est légale et en vente libre, il s’élève d’ailleurs seulement à 27,7%.

LES CHIFFRES DE LA CONSOMMATION FRANÇAISE

SOURCE DRIVECASE – Depuis ces dernières années, la consommation de drogue en France a considérablement augmentée. Le cannabis est en tête de liste avec 3,9 millions de consommateurs, dont 1,2 million de consommateurs fréquents. Près de 1/3 d’entre eux ont une consommation problématique et 10 % sont au stade de la dépendance. Cette addiction concerne principalement les jeunes, surtout les garçons (80 %).

Ayant un effet de mode, la cocaïne touche essentiellement une population jeune. En 2008, on a compté 3,3 % des jeunes de 17 ans qui ont expérimenté la cocaïne. Jusqu’à présent, on compte plus de 150 000 consommateurs de cocaïne à divers degrés.

Pour l’ecstasy et les nouvelles drogues de synthèse, elles sont de plus en plus courantes lors des soirées rave et dans les établissements de nuit. Quant à l’héroïne, sa consommation connaît une baisse, même si elle est expérimentée par de nombreux jeunes lors des événements festifs. Du côté de la polytoxicomanie, incluant l’alcool, le tabac et les médicaments, la consommation est de plus en plus courante.

220 000 personnes mis en cause, dont 179 000 de consommateurs

Environ 208 000 personnes ont été mises en cause en moyenne chaque année depuis 2016 pour usage et/ou trafic de stupéfiantspar les services de police et de gendarmerie, selon les chiffres publiés en novembre 2021 par le ministère de l’Intérieur.

En moyenne, 44 000 personnes ont été interpellées pour trafic, 179 000 pour consommation et 2 000 pour d’autres infractions. Dans ce total, 17 000 contrevenants ont été arrêtés pour trafic et usage, souligne dans un rapport le service statistique du ministère de l’Intérieur (SSMSI).

Entre 2016 et 2020, la consommation et la vente de drogue concernent près d’une interpellation sur cinq (18 %) par les forces de l’ordre, soit le troisième motif derrière les atteintes aux personnes (35 %) et aux biens sans violence ni menace (27 %).

CES DONNÉES SONT CELLES DE L’INTERIEUR EN 2020 – L’INSEE AVAIT CHIFFRÉ LE TRAFIC EN 2018 – PLUS RIEN DEPUIS 4 ANS

Pour répondre au besoin d’harmonisation entre les statistiques des différents pays, l’Insee s’est résolu en 2018 à prendre en compte le trafic de drogue dans le calcul du Produit intérieur brut (PIB). Dans les comptes nationaux, cette activité pèse 2,7 milliards d’euros, ce qui « correspond au total de la consommation de drogue (3,1 milliards d’euros) minoré des importations (0,4 milliard) ».

Pas d’actualisation depuis 4 ans. Pourquoi ?

MESSAGE D’UN LECTEUR DE NOTRE PRÉCÉDENTE PUBLICATION (7)

« Le constat est implacable. Mais pas un mot sur les causes (la France est le pays du mal-être avec 17,7% d’utilisateurs réguliers de psychotropes légaux), ni sur les responsabilités, notamment politiques, avec une prohibition qui n’aura contribué qu’à rendre ce « commerce » de plus en plus attractif et juteux. Sans oublier, règles du marché et marketing obligent, une diversification de l’offre et des produits de plus en plus concentrés en principe actifs (entre 15 et 30% de THC contre 3 dans les années 80 pour le cannabis) qui aujourd’hui débouche sur un grave problème de santé publique. »

PUBLICATIONS PRÉCÉDENTES :

DROGUE (1) : TANT QUE LA DEMANDE CONTINUE D’EXPLOSER https://metahodos.fr/2023/08/31/drogues-malgre-le-desastre-la-necessite-de-prendre-du-recul/

DROGUE (2) : UNE VÉRITABLE EXPLOSION https://metahodos.fr/2023/09/04/drogues-on-na-jamais-vu-des-produits-aussi-forts-aussi-concentres-et-aussi-accessibles/

TRAFICS DE DROGUE (3) ET LIENS SOCIAUX DANS LES QUARTIERS : DE LA MUTUALISATION À LA PROFESSIONNALISATION https://metahodos.fr/2023/09/07/drogue-et-sociabilites-quotidiennes-dans-les-quartiers/

DROGUE (4) : DES QUARTIERS AUX CARTELShttps://metahodos.fr/2023/09/08/drogues-trafics-des-quartiers-aux-cartels/

MICROTRAFICS DE DROGUE (5) DANS LES QUARTIERS. https://metahodos.fr/2023/09/10/lemprise-des-microtrafics-de-drogues-sur-les-quartiers-populaires/

LE TRAFIC DE DROGUE (6) : DANS LES VILLES MOYENNES ET LES TERRITOIRES RURAUX ÉGALEMENT. https://metahodos.fr/2023/09/13/le-trafic-de-drogue-en-cinq-chiffres-stupefiants/

DROGUE (7) – DANS LES VILLES DE Grenoble, Besançon, Brest, Angers, Libourne, Soissons, Rennes, Avignon, Nîmes, Valence, Vannes, Annecy, Cavaillon, Clermont-Ferrand, Aurillac, Quimper, Le Creusot, Quimperlé, Troyes, Briançon, Alençon, Toulouse, Nice … ou Canteleu …. https://metahodos.fr/2023/09/15/besancon-angers-libourne-les-nouvelles-cites-de-la-drogue/

ARTICLE

Drogue : cannabis, cocaïne… 5 chiffres sur le trafic de stupéfiants en 2023

Mathieu Castagnet le 11/05/2023 LA CROIX

La France compte 5 millions d’utilisateurs réguliers du cannabis et 600 000 pour la cocaïne, la drogue « dure » la plus consommée, loin devant l’héroïne. En 2022, plus de 150 tonnes de produits stupéfiants ont été saisies. Tour d’horizon du trafic de drogue qui pèse près de trois milliards d’euros par an.

Le trafic de la drogue représente un marché de près de 3 milliards d’euros en France. Près de 5 millions de personnes consommeraient du cannabis régulièrement, dont 850 000 de façon quotidienne.

Même si le trafic de drogue figure officiellement dans les chiffres du Produit intérieur brut, l’activité demeure évidemment illégale, opaque, discrète. Pourtant, de nombreuses études ou évaluations permettent de mieux cerner le poids des drogues en France.

► Un marché à 2,7 milliards d’euros

Pour répondre au besoin d’harmonisation entre les statistiques des différents pays, l’Insee s’est résolu en 2018 à prendre en compte le trafic de drogue dans le calcul du Produit intérieur brut (PIB). Dans les comptes nationaux, cette activité pèse 2,7 milliards d’euros, ce qui « correspond au total de la consommation de drogue (3,1 milliards d’euros) minoré des importations (0,4 milliard) ».

Drogue : enquête sur les enfants dealers, petites mains du trafic

Pour aboutir à ce chiffre, qui n’a plus été révisé depuis 4 ans, l’Insee a appliqué la même rigueur que pour les autres secteurs. Elle a donc estimé le montant de transactions sur les différentes drogues, mais aussi pris en compte « les heures travaillées par les trafiquants » soit « un peu plus de 30 millions d’heures » par an.

► 5 millions d’usagers du cannabis

La France compte 5 millions d’usagers du cannabis, c’est-à-dire de personnes ayant consommé le produit au moins une fois dans l’année, selon le rapport 2022 de l’Observatoire français des drogues et tendances addictives (OFDT). Parmi eux, environ 1,3 million sont des consommateurs réguliers (plus de dix fois par mois) et 850 000 sont même des utilisateurs quotidiens.

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Parmi les drogues illégales, la cocaïne arrive en seconde position. Environ 600 000 personnes consommeraient de la « coke » au moins une fois dans l’année. Les drogues de synthèses, comme la MDMA ou l’ecstasy compteraient environ 400 000 usagers dans l’année.

► 150 000 amendes pour les consommateurs

La simple consommation de drogue reste un délit en France. Mais, depuis 2019, celui-ci peut faire l’objet d’une amende délictuelle forfaitaire (ADF) de 200 € plutôt que d’une poursuite devant le tribunal. Une procédure en plein essor.

Selon le dernier bilan de l’Office antistupéfiant de la police, présenté le 1er mars 2023, 143 447 amendes forfaitaires pour usage de stupéfiant ont été dressées en 2022 par les forces de l’ordre. Une augmentation de plus de 30 % par rapport à l’année précédente. Les départements où les AFD ont été les plus nombreuses en 2022 sont les Bouches-du-Rhône, Paris, la Seine-Saint-Denis, le Rhône et le Nord.

► Plus de 150 tonnes saisies

En 2022, les gendarmes, policiers et douaniers ont saisi plus de tonnes de produits stupéfiants. L’essentiel des prises concerne évidemment le cannabis. En 2022, pour la première fois, les saisies ont dépassé le seuil des 125 tonnes pour atteindre 128,6 tonnes. Les forces de l’ordre ont trouvé deux fois plus de résine de cannabis (plus de 87 tonnes au total) que d’herbe (41 tonnes).

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En ce qui concerne les autres drogues, les saisies ont également augmenté l’année dernière. C’est le cas pour la cocaïne (27,7 tonnes en 2022) comme pour l’héroïne (1,4 tonne). Les prises en matière de drogues de synthèses sont également en forte hausse avec 273 kg d’amphétamines et méthamphétamines et plus de 1,5 million de comprimés d’ecstasy et de MDMA.

► 8 € pour un gramme de cannabis, 65 € pour la cocaïne

La résine de cannabis se négocie à la vente à environ 8 € le gramme et l’herbe à 10 € le gramme, selon les chiffres de l’OFDT et ceux du ministère de l’intérieur. Des prix qui n’auraient pas connu d’inflation entre 2021 et 2022.

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La cocaïne est beaucoup plus chère, avec un prix de 65 € le gramme. Un gramme d’héroïne se négocie autour de 30 € et un comprimé d’ecstasy 10 €. Un gramme de méthamphétamine se négocie en moyenne à 28 € contre 10 € pour l’amphétamine.

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