
LAMPEDUSA ET IMMIGRATION – CONFUSION ET DOUBLE LANGAGE – En même temps : « prendre sa part » et « renvoyer chez eux »
A titré METAHODOS dans un article mis a jour en fonction de événements et déclarations.
EXTRAIT :
LU DANS 20 MINUTES : ACCUEILLIR 150 A 200 PERSONNES À MENTON
« Les arrivées massives sur l’île de Lampedusa, ces derniers jours, font désormais envisager à la préfecture des Alpes-Maritimes la création d’un centre « temporaire » pour accueillir entre 150 et 200 personnes par jour à Menton.
Selon BFMTV, un site va être réquisitionné. Il sera confié à la Protection civile, qui confirme avoir visité un terrain ce lundi matin à la demande des services de l’Etat. Mais rien n’est encore acté, selon les services de l’Etat. « On anticipe, mais rien n’est décidé », précise ainsi une porte-parole, contactée par 20 Minutes. Sur Twitter, la préfecture dément « tout projet de création d’un camp de migrants » mais assure qu’il est « prévu d’augmenter temporairement les capacités d’accueil […] pour les étrangers en situation irrégulière interpellés avant leur remise aux autorités italiennes ». »
Alors que Gérald Darmanin a annoncé que «la France n’accueillera pas de migrants qui viennent de Lampedusa».
LIRE SUR FRANCE INFO 20 09 23 :
« La surveillance de la frontière italienne a été renforcée mais il est difficile de rendre un pays hermétique.
« Pour certains exilés arrivés en Italie, atteindre la France est l’ultime étape d’un long voyage. Ils parcourent des kilomètres, souvent la nuit, pour éviter la police. Près de la frontière, un refuge italien est le seul point de repos.
« Chaque jour, 150 personnes arrivent ici. Le départ se fait depuis le village italien de Claviers. C’est la troisième tentative pour un groupe de Guinéens.
« Quelque 260 ont été raccompagnés la semaine dernière en Italie. Mais la police aux frontières ne parvient pas à intercepter le groupe, qui arrive à Briançon(Hautes-Alpes) après six heures de marche. Chaque jour, une cinquantaine de personnes dans cette ville, mais un refuge a dû fermer ses portes.
« On a eu 2 000 arrivées au mois d’août.
« Normalement, c’est le nombre d’arrivées pour six mois« , remarque Jean Gaboriau, administrateur de l’association Refuges solidaires à Briançon (Hautes-Alpes). Beaucoup d’exilés vont désormais demander l’asile. « Je vais à Lyon [Rhône], et après je suis prêt à travailler n’importe où », confie un jeune homme. »
ARTICLE
Crise migratoire à la frontière franco-italienne : un hôtel réquisitionné à Menton pour accueillir des mineurs isolés
Par Nicolas Daguin LE FIGARO 20 09 23
Pour l’heure, l’arrêté de réquisition n’a pas été utilisé et ne le sera, selon le préfet, «qu’en cas de besoin effectif». Le gérant de l’hôtel évoque une situation inédite et estime avoir «une épée de Damoclès au-dessus de la tête».
Depuis plusieurs mois, tous les projecteurs médiatiques et politiques se braquent régulièrement sur la situation incontrôlable voire incontrôlée à Menton, dans les Alpes-Maritimes, au rythme des vagues migratoires successives et des visites officielles, telle celle du ministre de l’Intérieur le 12 septembre. Face à l’afflux de migrants sur l’île italienne de Lampedusa, où quelque 11.500 individus ont débarqué la semaine dernière, les autorités françaises redoutent et se préparent à l’arrivée massive d’un certain nombre d’entre eux.
Si du côté de Beauvau il n’est pas question d’«accueillir» ces personnes, la préfecture des Alpes-Maritimes a bien réfléchi en début de semaine à la création d’un espace supplémentaire à Menton pour mettre à l’abri les migrants de manière temporaire, le temps que leur situation soit étudiée. Une «anticipation»afin de contenir une éventuelle explosion des arrivées irrégulières sur le territoire français. «Il faut plus d’espace pour les garder avant de les renvoyer en Italie», expliquait au Figaro lundi le cabinet du ministère de l’Intérieur. «L’idée n’est pas de les accueillir, mais bien de les renvoyer», insistait-on encore.
Des propos qui n’ont pas achevé de convaincre certaines personnalités politiques locales, dont la députée (RN) de la 4e circonscription des Alpes-Maritimes, Alexandra Masson. «La mise en place d’une nouvelle zone d’attente sur le port de Garavan par la Police des Frontières n’est pas […] concevable: les migrants doivent rester au poste frontière de Saint-Louis! Il n’est ni possible, ni envisageable que Menton devienne un nouveau Calais ou un nouveau Sangatte», s’est agacée la parlementaire par voie de communiqué lundi soir.
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50 places dans un Ibis Budget à Menton
S’il n’est donc pas question pour Gérald Darmanin d’accueillir les migrants sur le territoire national, certains d’entre eux doivent légalement l’être. Il s’agit des mineurs isolés ou mineurs non accompagnés (MNA), dont la prise en charge obligatoire relève de la compétence légale et de la responsabilité du conseil départemental. À cette fin et au regard de la situation actuelle, le préfet Bernard Gonzalez a pris un arrêté il y a quelques jours en vue de la réquisition d’un hôtel à Menton. Une mesure qui doit, selon la préfecture, permettre «d’étoffer le dispositif de prise en charge du conseil départemental de 50 à 100 places, afin d’éviter une éventuelle saturation et permettre une meilleure prise en charge des mineurs.»
Pour l’heure, l’arrêté en question n’a pas été utilisé et ne le sera, toujours selon le représentant de l’État, «qu’en cas de besoin effectif». La direction de l’hôtel Ibis Budget a quant à elle été informée de cette réquisition vendredi 15 septembre, au surlendemain du débarquement à Lampedusa. Coïncidence? La préfecture soutient en tout cas que la réquisition n’a pas de lien avec cette arrivée massive sur l’île italienne mais qu’elle résulte «d’un besoin antérieur du conseil départemental». Et de préciser qu’à ce stade, il n’y a pas d’autre établissement réquisitionné dans le département.
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«Une épée de Damoclès au dessus de la tête»
Matthieu, le gérant de l’Ibis Budget mentonnais, décrit une situation inédite. «C’est la première fois que l’on voit ça», commente-t-il au Figaro. Il confirme bien l’avis de réquisition de la préfecture et estime aujourd’hui avoir «une épée de Damoclès au-dessus de la tête». Il s’attend du jour au lendemain à voir débarquer une cinquantaine de mineurs isolés alors que son hôtel ne peut pas accueillir plus de 64 personnes. Cela va nécessairement lui demander de revoir son organisation. Et puis l’Ibis n’est pas ouvert 24h/24 et le personnel est incapable de gérer la surveillance des mineurs.
Je rejette catégoriquement l’idée d’installer des migrants dans un hôtel, dans un parking ou dans un stade à Menton!Alexandra Masson, député de la 4e circonscription des Alpes-Maritimes
Matthieu, qui s’inquiète de devoir annuler de nombreuses réservations, certifie par ailleurs que deux clients ont d’ores et déjà annulé leur venue, semble-t-il effrayé par la menace d’une réquisition de l’hôtel. «L’ensemble des éventuelles charges induites seront assumées par le conseil départemental des Alpes-Maritimes», rassure la préfecture. Autrement dit, 50 nuits à 89 euros multipliés par un nombre de jours à ce stade inconnu. «En tant que député de ma circonscription des Alpes-Maritimes, je rejette catégoriquement l’idée d’installer des migrants dans un hôtel, dans un parking ou dans un stade à Menton!», s’est encore agacée Alexandra Masson.
Dans un courrier envoyé mercredi au président de la République, Emmanuel Macron, le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes appelle l’État à «assumer ses compétences régaliennes» pour l’accueil et l’orientation des MNA à la frontière franco-italienne «avec les moyens financiers, logistiques et humains à la hauteur de cette situation exceptionnelle». Contrairement à la préfecture, Charles-Ange Ginésy lie directement l’explosion migratoire à l’entrée du territoire national avec «le déferlement en cours sur l’île de Lampedusa».
D’un ton alarmiste, ce dernier présage «des répercussions lourdes à la frontière dans quelques jours» et dit refuser que le Département ne devienne «la victime collatérale d’une frontière passoire qui embolise les personnels en charge de l’enfance». Le président somme encore l’État de faire preuve de solidarité financière alors que la prise en charge des MNA aurait coûté près de 28 millions d’euros en 2023 au contribuable maralpin. «Une charge inadmissible», grogne-t-il.
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+105% de mineurs à la frontière cette année
Depuis le début de l’année, le flux des mineurs non accompagnés à la frontière franco-italienne a nettement augmenté: 105% de plus depuis le 1er janvier 2023 par rapport à la même période en 2022. Lorsqu’une personne se présente comme mineure et privée de la protection de sa famille, le service de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) a la responsabilité de mettre en place un accueil provisoire d’urgence, dans l’attente de l’évaluation de la minorité de l’individu et de sa situation d’isolement.
Dans un délai de cinq jours, le président du conseil départemental saisit le procureur de la République. Si la personne a été évaluée comme mineure et privée temporairement ou définitivement de la protection de sa famille, le procureur prend une ordonnance provisoire de placement permettant au mineur isolé de bénéficier de la protection et de la prise en charge pérenne associées à ce statut. En cas d’une évaluation de majorité par les services du conseil départemental, une procédure classique concernant un étranger majeur en situation irrégulière reprend.
Malgré l’augmentation par les services du conseil départemental de leurs capacités de prise en charge au cours des dernières années, le dispositif est régulièrement saturé. Cette situation a fait, depuis le début de l’année 2023, l’objet d’échanges réguliers entre le président du conseil départemental et le préfet des Alpes-Maritimes, qui a déjà réquisitionné temporairement des établissements à la demande du président. En l’occurrence, un appart hôtel durant un mois à Antibesen février dernier, puis un gymnasedurant 10 jours à Menton en avril.