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MISE À JOUR – DES EXPERTS VONT REMETTRE UN RAPPORT SUR L’IA AU GOUVERNEMENT D’ICI 6 MOIS – PROGRESSISTES CONTRE POPULISTES

MISE À JOUR 10 10 2023

« Avec l’intelligence artificielle, le camp Macron veut rejouer le clivage entre populistes et progressistes »

TITRE LE MONDE / Claire Gatinois QUI POURSUIT :

Alors que le gouvernement a lancé un comité interministériel pour adapter la « stratégie nationale » de la France, les fidèles du chef de l’Etat présentent cette technologie comme une opportunité. Et en font un sujet de clivage avec l’extrême droite.

Philippe Aghion a bien en tête 2001 : l’odyssée de l’espace, le film de Stanley Kubrick, et ce moment où l’ordinateur Hal 9000 prend le contrôle du vaisseau spatial. Mais en cette rentrée 2023, l’économiste verse peu dans la science-fiction. Depuis le 19 septembre, il copréside le comité d’experts sur l’intelligence artificielle (IA), lancé par la première ministre, Elisabeth Borne, dont la mission est de présenter d’ici à six mois « des propositions concrètes » pour adapter la « stratégie nationale » de la France.

Alors que ce comité interministériel est chargé d’explorer les effets potentiels de cette nouvelle technologie, aussi fascinante qu’effrayante, sur l’emploi, les inégalités et le bonheur au travail, le professeur au Collège de France aborde son sujet avec un « optimisme churchillien », dit-il.

Conscient des dangers de l’IA, l’ancien professeur à Harvard imagine, en six mois, montrer surtout l’étendue des bienfaits de cette technologie et réduire son potentiel anxiogène. « On a moins peur de quelque chose quand on le connaît mieux », explique-t-il au Monde, assurant n’avoir pas entendu Jordan Bardella s’exprimer sur le sujet au printemps.

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ARTICLE

Matignon nomme un comité d’experts sur l’intelligence artificielle

Par Chloé Woitier LE FIGARO

Composé d’une quinzaine de personnalités, dont des chercheurs renommés en IA, il devra remettre sous 6 mois ses recommandations pour aiguiller les politiques du gouvernement.

«Il y a trente ans, nous avons laissé passer la révolution numérique parce que nous nous sommes focalisés sur la régulation en négligeant la conquête technologique. Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser passer cette deuxième chance. Nous devons impérativement maîtriser les technologies de l’intelligence artificielle pour éviter de subir la norme des autres puissances», a martelé mardi le ministre de l’Économie Bruno Le Maire à l’ouverture du premier comité interministériel dédié à l’IA.

Patronné par la première ministre Elisabeth Borne, l’évènement a aussi réuni les ministres du Travail, de la Culture, de la Recherche, de la Fonction Publique ou du Numérique, soit les secteurs les plus touchés par cette nouvelle révolution technologique.

La France a lancé dès 2018 son premier plan stratégique sur l’intelligence artificielle. Une seconde étape a été annoncée en juin dernier par Emmanuel Macron, avec notamment une enveloppe de 500 millions d’euros afin de placer au moins trois formations françaises dans le top mondial des meilleures universités dans le champ de l’IA, et de doubler le nombre d’ingénieurs et de chercheurs de haut niveau issus de leurs rangs.

Yann Le Cun et Luc Julia parmi les experts

Mais le gouvernement entend aller plus loin avec l’arrivée entre les mains du public et des entreprises de l’intelligence artificielle générative, qui pose son lot de promesses mais aussi de risques. Et pour le guider dans ses politiques, Matignon vient de nommer ce mardi un comité d’experts de haut rang sur l’IA.

Présidé par l’économiste Philippe Aghion et Anne Bouverot, présidente du conseil d’administration de l’Ecole Normale Supérieure, ce comité regroupe quelques uns des chercheurs français en IA les plus renommés. Yann Le Cun, l’un des «pères» de l’apprentissage profond (deep learning) et actuel chef de la recherche en IA chez le groupe américain Meta est dans la liste des 15 experts, tout comme Luc Julia (directeur scientifique de Renault et co-concepteur de l’assistant vocal Siri d’Apple) et Joëlle Barral, directrice de la recherche en IA chez Google Deepmind.

C’est de cette entreprise que provient un autre membre, Arthur Mensch, qui vient de lancer la start-up Mistral AI. L’ancien secrétaire d’Etat au numérique Cédric O est également nommé, tout comme le directeur général de Dassault Systèmes Bernard Charlès*, ou Isabelle Ryl, directrice du Paris Artificial Intelligence Institute de l’Inria.

Une mission parallèle sur la Culture

La feuille de route de ce comité, piloté par Bercy, est large. Et il n’aura que six mois pour remettre ses recommandations au gouvernement, avec un rapport intermédiaire attendu pour novembre. «Nous analyserons l’impact de l’intelligence artificielle sur notre économie, l’emploi, la croissance, la lutte contre les inégalités», a commenté Philippe Aghion. «Par ailleurs, nous nous pencherons sur la politique industrielle de l’intelligence artificielle, et comment combler le déficit par rapport aux investissements américains et chinois.» Des recommandations en matière d’éthique et de régulation sont aussi attendues.

En parallèle, une mission sur l’impact de l’IA dans le secteur de la culture, avec des questions cruciales telles que la protection des droits d’auteur et les impacts de ces technologies sur les métiers de la création, a été lancée par le ministère de la Culture. «Nous n’excluons pas d’autres déclinaisons pour creuser des problématiques dans les secteurs de l’éducation ou de la santé», ajoute-t-on à Matignon.

Ce comité a-t-il vocation à s’installer dans le temps ? Le gouvernement n’en dit mot. Matignon souligne néanmoins la nécessité d’une réflexion nationale afin que la France ait des positions claires et lisibles sur les enjeux, multiples, de l’IA auprès de l’Union européenne, des autres puissances étrangères, et des institutions internationales.

*Dassault Systèmes est une filiale du Groupe Dassault, propriétaire du Figaro


La liste des experts du comité sur l’intelligence artificielle :

Co-présidents: Philippe Aghion, économiste spécialiste de l’innovation et Anne Bouverot, présidente du conseil d’administration de l’ENS

Gilles Babinet, Président du Conseil national du numérique

Joëlle Barral, directrice scientifique chez Google

Alexandra Bensamoun, personnalité qualifiée au Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique (CSPLA)

Nozha Boujemaa, membre du groupement d’experts de haut niveau sur l’IA auprès de la commission européenne

Bernard Charlès, DG de Dassault Systèmes

Luc Julia, expert en intelligence artificielle générative

Yann Le Cun, VP et Chief AI Scientist chez Meta, expert de l’IA générative

Arthur Mensch, fondateur de Mistral

Cédric O, consultant, ancien Secrétaire d’Etat au Numérique

Isabelle Ryl, directrice du Paris Artificial Intelligence Research Institute (PRAIRIE, INRIA)

Franca Salis-Madinier, Secrétaire nationale de la CFDT Cadres en charge de l’Europe, du numérique, de l’intelligence artificielle et de la protection des lanceurs d’alerte.

Martin Tisné, cofondateur de l’OGP

Gaël Varoquaux, chercheur en informatique

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