
Une application sensée renouer le dialogue entre le gouvernement et les citoyens
Le porte-parole du gouvernement, ministre du « renouveau démocratique », Olivier Véran a annoncé en septembre le lancement d’« Agora – Citoyen & Gouv ».
Olivier Véran lance son « TripAdvisor de la démocratie »… au lendemain d’un 49.3
Disponible dès maintenant, l’application vise à renouer le dialogue entre le gouvernement et les citoyens sur les grands sujets qui font débat.
« Olivier Véran lance son « TripAdvisor de la démocratie » au lendemain d’un 49.3 »
AVAIT TITRÉ LE HUFFPOST QUI POURSUIVAIT :
« Le porte-parole du gouvernement lance « Agora », une application visant à créer du lien entre le gouvernement et les citoyens.

« La Macronie renoue avec la « start-up nation ». Ce jeudi 28 septembre, le porte-parole du gouvernement Olivier Véran, également en charge du « renouveau démocratique », a annoncé le lancement d’une application baptisée « Agora ». Un outil numérique censé permettre à l’exécutif de mieux prendre en compte les préoccupations des citoyens.
« Auprès du Parisien, le ministre décrit cette plateforme comme « un TripAdvisor de la démocratie » sur laquelle il sera possible de consulter directement les utilisateurs, lesquels pourront également interroger le gouvernement. « Aidez-nous à construire les grandes décisions pour notre pays, interrogez-nous directement, votez pour les questions auxquelles les ministres répondront », a publié sur X (ex-Twitter) le porte-parole du gouvernement, invitant les Français à télécharger l’application…. »
NOUS VOUS PROPOSONS DEUX ARTICLES
1. « Agora » : nouveau gadget pseudo-(anti)démocratique gouvernemental
2. « UNE VÉRAN-NERIE »: LES OPPOSITIONS MOQUENT LE LANCEMENT DE L’APPLICATION « AGORA » DU GOUVERNEMENT
1. ARTICLE
« Agora » : nouveau gadget pseudo-(anti)démocratique gouvernemental
1 octobre 2023. Laurent Sailly. CONTREPOINTS
Le porte-parole du gouvernement, ministre du « renouveau démocratique », Olivier Véran a annoncé ce jeudi le lancement d’« Agora – Citoyen & Gouv ». Disponible dès maintenant, l’application vise à renouer le dialogue entre le gouvernement et les citoyens sur les grands sujets qui font débat.
Après les Grands débats, les Conventions citoyennes, le préférendum, les cahiers de doléances dans les mairies, ou encore un débat organisé hors enceinte parlementaire entre le président et les chefs de partis, le gouvernement sort un nouveau gadget pseudo-démocratique : l’application Agora, nouvelle attaque contre la démocratie représentative, au lendemain d’un échec lors des élections sénatoriales.
Le projet, présenté ce jeudi 28 septembre par Olivier Véran, se veut une pratique innovante pour rapprocher les citoyens de la politique, et lutter contre l’abstention. Celui-ci a indiqué vouloir faire d’Agora un « TripAdvisor de la démocratie » qui « transcende les clivages politiques ».
L’application propose deux fonctionnalités
Le recueil des avis des Français sur une thématique bien précise
Concrètement, depuis cette application, les Français pourront, pendant un mois, répondre à des questions ouvertes ou à choix multiples sur un thème déterminé.
Le gouvernement viendra ensuite interagir depuis cette application pour apporter des réponses.
Les trois premières seront consacrées aux transitions écologique et énergétique, ainsi qu’au renouveau démocratique. L’emploi, la santé, la sécurité ou l’école devraient suivre.
La possibilité de poser des questions au gouvernement
« C’est-à-dire que les Français peuvent poser des questions sur l’application » et « peuvent voter pour la ou les questions qui seront directement posées au ministre en charge, qui répondra dans l’application », a détaillé Olivier Véran sur France 2.
Chaque semaine, les ministres répondront à la question la plus populaire. Reste à savoir si cet outil de consultation sera vraiment utilisé, à la fois par les citoyens et les politiques.
Les réactions politiques
Elles ne se sont pas fait attendre.
« L’agora le matin. 49-3 le soir. La start-up nation, c’est l’AppStore plutôt que le Parlement », a réagi François Ruffin.
La députée écologiste Marie Pochon parle, elle, d’une « appli pour contourner le Parlement », et son collègue insoumis Hadrien Clouet s’est quant à lui directement adressé à Olivier Véran, non sans ironie : « Si vous cherchez l’adresse de l’Assemblée, c’est au 126 rue de l’Université (entrée du public), Paris. Là, vous trouverez 577 personnes, non pas à consulter dans une tambouille secrète sur Internet, mais à faire voter », a-t-il écrit sur X (ex-Twitter).
Au Rassemblement national, l’application a aussi suscité la moquerie. « Le gouvernement des numéros verts passe maintenant aux applications. »
« Sinon, il y a un truc qui marchait et était plutôt bien respecté avant 2005 : le référendum ! », a ironisé le député Thomas Ménagé.
Emmanuel Macron et ses ministres ne savent plus quoi inventer pour relancer le quinquennat et masquer leur incapacité à faire face aux vrais problèmes de notre société : inflation, crise du logement, insécurité publique, précarité, crise migratoire, dette publique, séparatisme islamique, éducation, harcèlement…
À cette liste non exhaustive s’ajoute la place de la France en Europe et dans le monde : guerre en Ukraine, Françafrique, déficit chronique de la balance du commerce extérieur, influence de la France au Moyen-Orient ou dans le Pacifique…
Évidemment, le président de la République n’est pas le seul à l’origine du déclin français mais, depuis six ans, la situation n’a fait que se détériorer.
Ce nouveau gadget fragilise notre démocratie et la met en danger. L’examen de la réforme des retraites a montré combien le Parlement avait un rôle secondaire. La stabilité de notre vie politique, instaurée par la Constitution de la Cinquième République, est remis en cause. L’opposition se joue désormais dans la rue.
2. ARTICLE
« UNE VÉRAN-NERIE »: LES OPPOSITIONS MOQUENT LE LANCEMENT DE L’APPLICATION « AGORA » DU GOUVERNEMENT
Le 28/09/2023 BFM
Ministre délégué chargé du Renouveau démocratique, Olivier Véran a annoncé le lancement de cette application pour « consulter » les Français sur les « sujets » qui les « concernent ».
Les oppositions n’ont pas tardé avant de saisir la balle au bond. Peu après qu’Olivier Véran, porte-parole du gouvernement et ministre délégué chargé du Renouveau démocratique, a annoncé ce jeudi matin le lancement de l’application Agora pour « consulter » les Français, des élus de gauche et d’extrême droite ont tancé l’exécutif sur le timing de cette initiative.
Celle-ci intervient quelques heures seulement après que la Première ministre, Élisabeth Borne, a utilisé le 49.3 sur le projet de loi de programmation des finances publiques, adoptant ainsi le texte sans vote des députés.
« Bidon »
« Voilà ce qu’est une Veran-nerie », a taclé le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure sur X (ex-Twitter), quand son collègue insoumis François Ruffin a écrit sur le même ton: « L’agora le matin. 49.3 le soir. La start-up nation, c’est l’AppStore plutôt que le Parlement ».
Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise, a quant à lui interrogé avec humour: « Il y aura des 49.3 si les citoyens ne sont pas d’accord avec vous? »https://d-9817290544134570306.ampproject.net/2310061803000/frame.html
Refrain similaire au Rassemblement national où le député Philippe Schreck a dénoncé une « provocation du méprisant porte-parole du gouvernement », tout en s’en prenant à son « application bidon ». Également député du parti à la flamme, Thomas Ménagé a profité de la séquence pour mettre sur la table l’une des marottes de sa formation: le référendum. « Pensez-y monsieur le ministre », a enjoint le parlementaire RN, conseillant au passage de le privilégier aux « numéros verts » et aux « applications ».
« Où cliquer pour supprimer le 49.3? »
Agora présente deux fonctionnalités principales. La première consiste à mettre en place des consultations numériques: les utilisateurs peuvent répondre à plusieurs questions sur un sujet précis. Selon l’AFP, les trois première thématiques seront consacrées aux transitions écologique et énergétique, ainsi qu’au renouveau démocratique.
Seconde fonctionnalité: les questions au gouvernement citoyennes. Les utilisateurs peuvent interroger les ministres sur la thématique de leur choix. Ensuite, la question la plus plébiscitée de la semaine sur l’application sera évoquée en Conseil des ministres par Olivier Véran qui y répondra lors du compte-rendu de celui-ci.https://d-9817290544134570306.ampproject.net/2310061803000/frame.html
SUR LE MÊME SUJET
La députée insoumise Raquel Garrido voit un « biais » dans cette fonction: cela « permet que de poser des questions et non d’exprimer sa volonté ». Or, « la République ce ne sont pas des gouvernants qui commandent aux citoyens, mais des citoyens qui commandent aux gouvernants », avance-t-elle, avant de questionner: « Où cliquer pour supprimer le 49.3? »