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Écriture inclusive : la laisser se développer depuis 6 ans, s’en offusquer soudainement. Le Président promet, le Sénat vote.

Macron comme Mélenchon sont apparus – lors de l’élection présidentielle – comme des soutiens de l’écriture inclusive. Mais pas trop ? Une des formes du en même temps.

Difficile de placer Macron sur l’échelle de sympathie ou d’antipathie à l’écriture inclusive. Le président, cherchant à renouveler son mandat, a développé une tendance orale inclusive.

Il ponctue ainsi ses discours de double flexion, utilisant des termes tels que « toutes et tous ». Ce soutien, toutefois, ne semble pas se retrouver dans des actions concrètes : le en même temps et l’action qui en devient de ce fait impossible.

Il laisse toutefois – durant le premier mandat et jusqu’à la révélation de Villers Coterrets – l’écriture inclusive se développer par des ministres, tout en laissant d’autres membres du gouvernement la freiner.

Les ministres PENICAUD et SHIAPPA ont soutenu l’écriture inclusive

L’administration a développé l’intégration de l’écriture inclusive dans nombre de procédures et documents. Même si – en même temps- c’’est sous son premier ministre, Edouard Philippe, qu’un texte au Journal officiel impose de ne pas écrire en inclusif. … Et que les ministres PENICAUD et SHIAPPA ont agi à l’opposé… fidèles à la ligne présidentielle qui promeut en toutes circonstances le en même temps.

Faisant référence à l’initiative de professeurs de promouvoir l’écriture inclusive, Marlène Schiappa avait jugé la démarche « problématique » mais a – en même temps – et malgré tout salué le débat à ce sujet.

« Honnêtement, je pense que c’est assez problématique » car « on ne peut pas décider de son propre chef ce qu’on va enseigner ou pas, quelle qu’en soit la raison », a-t-elle déclaré sur France Culture. « Mais je pense que si le débat doit être porté par des grammairiens et des grammairiennes, il peut l’être évidemment », a-t-elle ajouté.

NE PAS IMPOSER… NI INTERDIRE …

« Je suis favorable à féminiser le langage, à ne pas invisibiliser les femmes dans le langage. Mais je ne suis pas pour l’obligation d’enseigner l’écriture inclusive à l’école », précise Mme SHIAPPA.

2017 : publication d’un manuel scolaire en écriture inclusive.

( Manuel de CE2, le livre Magellan et Galilée. Questionner le monde, publié en mars )

L’éditeur déclare avoir suivi les conclusions d’un document du Haut conseil à l’égalité entre hommes et femmes. Son guide« Pour une communication publique sans stéréotype de explique que des « représentations auxquelles les citoyen.ne.s sont constamment exposé.e.s renforcent les stéréotypes de sexe et les inégalités entre les femmes et les hommes ». Le Haut conseil, une instance placée auprès du Premier ministre, estime ainsi que « pour renverser cette tendance, l’Etat et les collectivités territoriales se doivent d’être exemplaires ».

Fin septembre, l’institution ne manque pas de féliciter sur Twitter les éditions Hatier, « qui donnent l’exemple pour une écriture inclusive » avec la publication de ce manuel scolaire.

16 octobre 2017 : SCHIAPPA ( ET PENICAUD ) PROMEUT L’ÉCRITURE INCLUSIVE DANS LES PME …

Lit on sur BFM.

Les ministères du Travail et de l’Egalité entre les femmes et les hommes ont présenté un guide à l’intention des PME et TPE dans lequel ils recommandent d’avoir recours à l’écriture inclusive.

« Lever les freins liés aux stéréotypes », « favoriser le développement d’actions en faveur de l’égalité professionnelle ». Tels étaient les objectifs affichés par la ministre du Travail Muriel Pénicaud et la secrétaire d’État en charge de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa …

Parmi les mesures préconisées: l’utilisation de l’écriture inclusive. Celle-ci consiste à assurer une égalité de représentation entre les deux sexes dans la langue française en accordant les métiers, les titres et les fonctions avec le genre féminin (« Madame la députée ») ou d’utiliser le masculin et le féminin pour s’adresser aux deux genres (« Celles et ceux »).

… La présidence qui se dit prête à ouvrir le débat, mais qui ne souhaite pas l’encourager. Ce n’est pas du « ressort du gouvernement », affirme-t-on.

Dans ce guide, le ministère du Travail recommande aux employeurs d’utiliser l’écriture inclusive pour lutter contre les inégalités entre les hommes et les femmes. De quoi s’agit-il ? Il s’agit d’utiliser en même temps le féminin et le masculin lorsqu’on s’adresse à une population composée d’hommes et de femmes, ou supposée l’être. Ce qui donne à l’écrit : « les salarié.e.s« , « les agent.e.s« , « les client.e.s« , « les agriculteur.trice.s« . Pour que chacun puisse, dit-on, se sentir concerné (et on écrira ici « concerné.e« ). Ubuesque.

1. ARTICLE

Ecriture inclusive. Cher·e·s lecteur·rice·s, déterminé·e·s à écrire différemment ?

LE CAFÉ DU FLE

Sujet qui suscite depuis quelques mois la controverse, l’écriture inclusive serait une lutte contre les stéréotypes sexistes pour certain·e·s et une déformation de la langue française pour d’autres.

Qu’est-ce que l’écriture inclusive ?

L’écriture dite inclusive est une forme d’écriture neutrenon sexiste qui a pour objectif premier d’établir la parité femme/homme dans la langue française.
Selon l’agence Mots-Clés, l’écriture inclusive « désigne l’ensemble des attentions graphiques et syntaxiques permettant d’assurer une égalité des représentations entre les femmes et les hommes. »
L’agence a ainsi mis en ligne son manuel d’écriture inclusive pour accompagner toute personne désirant adopter une rédaction plus épicène, égalitaire et de ce fait rendre les femmes plus visibles dans la langue française. Dans son manuel, trois conventions d’écriture ont été formalisées, à savoir :

  1. Accorder en genre les noms de fonctions, grades, métiers et titres
    Exemples : « professeure », « présidente », « agente », « écrivaine », etc.
  2. User du féminin et du masculin par la double flexion, l’épicène ou le point milieu (médian)
    Exemples : « elles et ils partent », « les élèves », « les délégué·e·s de la classe », etc.
  3. Ne plus employer les antonomases du nom commun « femme » et « homme »
    Exemple : « droits humains » plutôt que « droits de l’Homme »

Pour aller un peu plus loin dans cette technique d’écriture, il conviendra d’appliquer également la règle de proximité qui permet d’effacer la règle de grammaire selon laquelle, au pluriel, « le masculin l’emporte sur le féminin ». Ainsi, il sera possible d’écrire et de lire « Les lecteurs et les lectrices sont contentes. ». Une autre variante, celle de l’accord de majorité. S’il y a plus de membres de sexe féminin, il sera permis d’accorder de la manière suivante : « Tes filles et ton garçon sont belles. »

Français·e·s divisé·e·s

Selon l’Académie française, qui qualifie l’écriture inclusive de « péril mortel », ces nouvelles marques orthographiques et syntaxiques amènent la langue française vers un apprentissage plus complexe, brouillé à la limite de l’illisibilité.

Un premier manuel scolaire a été publié entièrement en écriture inclusive par la maison d’édition Hatier. Cette dernière a indiqué en page de garde avoir voulu suivre les recommandations du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE).
En effet dans un guide publié en 2015, le HCE a souligné que « Les représentations auxquelles les citoyen·ne·s sont constamment exposé·e·s renforcent les stéréotypes de sexe et les inégalités entre les femmes et les hommes. » Le HCE invite les organismes publics à favoriser, entre autres, la féminisation des mots ou encore l’usage de la double flexion.

Quelque trois cents professeur·e·s ont signé une tribune sur le site Slate pour refuser de continuer d’enseigner la règle de grammaire « le masculin emporte sur le féminin » et encouragent les autres professionnel·le·s comme les journalistes, les écrivain·e·s, les enseignant·e·s… à donner pareillement l’exemple. En revanche, d’autres professeur·e·s et académicien·ne·s sont contre cette initiative qu’ils jugent porteuse de polémiques inutiles et qui engendre une complexité de la langue qui n’est pas nécessaire.
De ce fait, il nous viendrait à l’esprit la question suivante : ne serait-ce pas une difficulté supplémentaire pour les personnes dyslexiques ou encore aveugles d’avoir à lire l’écriture inclusive ?

Source : http://www.ecriture-inclusive.fr/

Par Eric Genier.

2. ARTICLE

Écriture inclusive: Emmanuel Macron s’en inquiète, le Sénat vote pour l’interdire

Le Sénat a voté, le lundi 30 octobre, pour une interdiction très large de l’écriture inclusive au terme d’un débat animé.

Publié le 31/10/2023 NICE MATIN

Les sénateurs ont adopté à 221 voix contre 82 une proposition de loi de la droite visant à « protéger » le français « des dérives de l’écriture dite inclusive ». Crédit Photo d’illustration AFP

« Idéologie mortifère » ou « chemin vers l’égalité »? Le Sénat a voté lundi pour une interdiction très large de l’écriture inclusive après des discussions animées, encouragé par Emmanuel Macron, qui a dit craindre de voir la langue française « céder aux airs du temps ».

Au jour de l’inauguration par le président de la République de la Cité internationale de la langue française dans le château restauré de Villers-Cotterêts, le hasard du calendrier a donné un certain écho aux travaux de la chambre haute.

Les sénateurs ont adopté à 221 voix contre 82 une proposition de loi de la droite visant à « protéger » le français « des dérives de l’écriture dite inclusive ».

Son périmètre est grand: elle prévoit en effet de bannir cette pratique « dans tous les cas où le législateur (et éventuellement le pouvoir réglementaire) exige un document en français« , comme les modes d’emploi, les contrats de travail, les règlements intérieurs d’entreprise.

Sont également visés les actes juridiques, qui seraient alors considérés comme irrecevables ou nuls si le texte venait à devenir loi, ce que rien n’assure actuellement car son inscription à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale est loin d’être garantie.

Offensive peu masquée du chef de l’Etat

Dans l’Aisne, Emmanuel Macron avait donné le ton à la mi-journée, défendant « les fondements »de la langue, « les socles de sa grammaire, la force de sa syntaxe » et invitant à « ne pas céder aux airs du temps ».

« Dans cette langue, le masculin fait le neutre, on n’a pas besoin d’ajouter des points au milieu des mots, ou des tirets, ou des choses pour la rendre lisible », avait ajouté le chef de l’Etat dans une offensive peu masquée envers le fameux « point médian » – comme dans « sénat.rice.s » -, l’un des pans de l’écriture inclusive.

Le texte de la sénatrice Les Républicains Pascale Gruny s’y attaque frontalement mais il va plus loin: il interdit aussi les « mots grammaticaux » constituant des néologismes tels que « iel« , une contraction de « il » et « elle », ou « celleux« , contraction de « celles » et « ceux ».

« L’écriture inclusive affaiblit la langue française en la rendant illisible, imprononçable et impossible à enseigner », a attaqué Mme Gruny, son collègue Etienne Blanc dénonçant lui une « idéologie mortifère« .

Les bancs écologiste et socialiste ont répondu par de l’indignation: « La droite sénatoriale nous inflige ses lubies rétrogrades et réactionnaires« , s’est offusqué le sénateur socialiste Yan Chantrel. « Vouloir figer la langue française, c’est la faire mourir ».

« Quand on parle de l’écriture inclusive, on parle du chemin vers l’égalité femmes-hommes« , a plaidé l’écologiste Mathilde Ollivier.

Mesures « excessives »

L’écriture « dite inclusive » désigne selon le texte du Sénat « les pratiques rédactionnelles et typographiques visant à substituer à l’emploi du masculin, lorsqu’il est utilisé dans un sens générique, une graphie faisant ressortir l’existence d’une forme féminine ».

Peu convaincue, la ministre de la Culture Rima Abdul-Malak a jugé quelques mesures « excessives » sur l’extension aux contrats privés, et estimé que le « rôle » de l’Etat et du législateur n’était « pas d’être une police de la langue mais de garantir l’égalité devant la langue ».

Tout en prenant soin de s’adresser à « Madame le sénateur Gruny », elle a rendu un « avis de sagesse » sur le texte du Sénat, ni favorable ni défavorable, rappelant que deux circulaires encadrent déjà cette pratique dans les textes publiés au Journal officiel (circulaire d’Edouard Philippe en 2017) et dans l’enseignement (circulaire de Jean-Michel Blanquer en 2021).

Les débats ont révélé plusieurs désaccords. La droite assure par exemple qu’il resterait possible d’utiliser la « double flexion » qui vise à décliner le pendant féminin d’un mot, comme « les sénateurs et les sénatrices » au lieu de « les sénateurs ».

Ce que la gauche réfute. M. Chantrel a lui estimé que la rédaction actuelle du texte rendrait caduques toutes les pièces d’identité éditées sous l’ancien format, où figure la mention « né(e) le »pour la date de naissance. Ce que la droite a nié. Irréconciliables…

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