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GESTION COMMUNAUTAIRE : LES VALEURS DE LA RÉPUBLIQUE ET DE LA LAÏCITÉ MALMENÉES – MAJ

LES « EN MÊME TEMPS » SE SUCCÈDENT ET ALIMENTENT L’INCOHÉRENCE

Jean-Pierre Sakoun, président d’Unité laïque, dénonce une gestion communautaire d’Emmanuel Macron, préoccupé par l’avis des représentants religieux, au détriment de la laïcité et du modèle républicain.

« M. Macron aurait discrètement reçu M. Belattar, condamné récemment pour menaces, mais sans doute considéré comme un porte-parole des « quartiers ». La politique laïque de la France aurait-elle à voir avec ce Monsieur, dont la principale légitimité réside dans son adoubement par Cyril Hanouna et TPMP ? » Lit – on dans l’article ci contre.

Yassine Belattar: « On ne va pas passer toute notre vie, nous les musulmans, avec des injonctions à venir [aux manifestations] et se taire »

Ou encore : « Antisémitisme/Islamophobie: « Nous sommes face-à-face et pas côte à côte » »

« Monsieur le président, il est temps de reconnaître l’échec patent de la tentative menée depuis 2017 de transformer la laïcité en carrefour des religions. » déclare l’auteur de l’article ci contre.

SelonLE POINT, le chef de l’État aurait soupesé sa participation aux marches contre l’antisémitisme en demandant notamment à deux conseiller de l’Élysée de recueillir l’avis de l’ancien membre du Conseil présidentiel des villes et proche du président.

« Sur des sujets précis, c’est bien de convoquer des gens qui ressentent le pouls de la société », a estimé Yassine Belattar, qui reconnaît qu’un échange a eu lieu. Il regrette cependant une « polémique » et s’agace de devoir « se justifier ».

« L’inquiétante confusion d’Emmanuel Macron sur Israël »

TITRE LE POINT Par Luc de Barochez 14/11/2023 QUI POURSUIT :

« À force de vouloir satisfaire des exigences contradictoires, la politique du président de la République au Proche-Orient est devenue illisible.

« Plus d’un mois après les pogroms perpétrés par les tueurs du Hamas en Israël, il est tragique qu’Emmanuel Macron n’ait toujours pas trouvé les mots justes pour parler à ses concitoyens des violences au Proche-Orient. À force de vouloir satisfaire les uns et les autres, de prôner en même temps le droit d’Israël à se défendre et la suspension des hostilités, la politique du président de la République est devenue indéchiffrable. Ce n’est pas comme cela, hélas, que les conséquences délétères des événements sur la cohésion de la communauté nationale pourront s’apaiser en France. »

« Guerre à Gaza : “On ne sait plus très bien à quel Macron on peut se fier” »

TITRE Courrier international 15 novembre 2023 QUI POURSUIT :

« D’abord la solidarité avec Israël, ensuite des mots durs sur l’action de l’armée à Gaza : avec ses positions changeantes sur la guerre entre Israël et le Hamas, le chef de l’État déconcerte les Français et ses partenaires occidentaux. Pourquoi cette précipitation permanente ? s’interroge la presse étrangère.

« Le président français, Emmanuel Macron, à la conférence internationale pour Gaza, à Paris, le 9 novembre. PHOTO LUDOVIC MARIN/AFP

« “La ligne politique d’Emmanuel Macron… mais quelle ligne au juste ?” À l’image de laSüddeutsche Zeitung en Allemagne, nombreux sont ceux qui se posent la question ces jours-ci.

« La France entière s’étonne de la diplomatie du président au Moyen-Orient. “Et le reste du monde s’étonne de concert. Car le plus loquace des dirigeants occidentaux est aussi le plus difficile à déchiffrer”, constate le quotidien de centre gauche.

« La semaine dernière était un cas d’école en la matière, note en Suisse la Tribune de Genève. À la conférence internationale pour Gaza organisée en toute hâte, le président français a demandé “une pause humanitaire très rapide” et parlé d’“œuvrer à un cessez-le-feu”. Deux jours plus tard, dans une interview accordée à la BBC, il a … «

« «L’ambiance est délétère, à tous les niveaux» : à l’Élysée, la guerre interne sur Israël fait rage »

TOTRE EUROPE 1 SUI POURSUIT :

« Y aurait-il une guerre de clans au palais de l’Élysée, parmi les conseillers d’Emmanuel Macron ? Le chef de l’État serait tenté par un renouvellement conséquent, alors que ses prises de position sur le conflit Israël-Hamas ne font pas l’unanimité en interne.

« Que se passe-t-il à l’Élysée ? Si les zigzags d’Emmanuel Macron sur le conflit Israël-Hamas font les gros titres dans la presse, en coulisses, l’ambiance au palais pose question. Un article publié dans le journal Le Monde ce week-end a révélé une guerre de clans parmi les conseillers du chef de l’État. Dans son entourage, tout a l’air de virer au règlement de compte. De l’aveu d’un proche conseiller du président à Europe 1, « l’ambiance est délétère, à tous les niveaux ». »

…/..

ISRAËL / HAMAS : LA DIPLOMATIE « PERDUE » ET L’ « AMBIVALENTE » ACTION CONTRE L’ANTISÉMITISME – 15 POSTURES ET 7 EN ^M TEMPS – MAJ 15 11 23

TITRAIT METAHODOS RÉCEMMENT https://metahodos.fr/2023/11/15/israel-hamas-la-diplomatie-perdue-et-l-ambivalente-action-contre-lantisemitisme-15-postures-et-7-en-m-temps-maj-15-11-23/

ARTICLE

« Les religions ne garantiront jamais la paix civile »

Jean-Pierre Sakoun. 17/11/2023 MARIANNE

Depuis le 8 novembre dernier, le président de la République a entamé l’une de ces séquences contradictoires dont il a le secret, particulièrement en matière de la laïcité.

Ce jour-là, il a été reçu au Grand Orient de France par le grand maître Guillaume Trichard. Visite était d’autant plus notable que M. Macron n’est que le troisième président de la République à se rendre rue Cadet, après Émile Loubet et François Hollande. Dans son discours, le président a « coché toutes les cases », reconnaissant l’apport des Maçons à la République et a même manifesté une certaine appétence – nouvelle certes – pour la laïcité.

CURIEUX « EN MÊME TEMPS »

Le dimanche 12 novembre, M. Macron dénonçait l’explosion du nombre d’actes antisémites en France depuis le massacre terroriste du Hamas du 7 octobre 2023 et la riposte d’Israël. « En même temps » il annonçait, suscitant une incompréhension totale, qu’il ne participerait pas à la manifestation appelée par les présidents des Assemblées, contre l’antisémitisme et pour la République. Comme s’il lui fallait, au mépris de toute cohérence et au détriment de l’unité nationale, donner des gages… Des gages à qui ? Aux musulmans qui seraient donc ontologiquement antisémites ? Aux islamistes ? Aux islamogauchistes ? Aux quartiers menaçant de se soulever s’il marchait contre l’antisémitisme ? Comment devons-nous interpréter cette absence et d’ailleurs celle des représentants du culte et des associations musulmans dans le cortège ?

« Une manière de contourner encore une fois la nécessaire fermeté qu’exige la République. »

Il indiquait que « [s]on rôle |était]t plutôt de bâtir l’unité du pays » et ajoutait que « protéger les Français de confession juive, ce n’est pas mettre au pilori les Français de confession musulmane ». Marcher contre l’antisémitisme aurait donc été une manifestation contre les Français de confession musulmane ? Cette appréciation de la marche démontrerait-elle que pour le président de la République, l’universalisme et la laïcité ont déjà cédé le pas à un communautarisme face auquel son rôle consisterait à empêcher que la « communauté musulmane », au nom de son antisémitisme ontologique supposé, ne prenne ombrage de sa présence en tête du cortège ?

« En même temps », M. Macron aurait discrètement reçu M. Belattar, condamné récemment pour menaces, mais sans doute considéré comme un porte-parole des « quartiers ». La politique laïque de la France aurait-elle à voir avec ce Monsieur, dont la principale légitimité réside dans son adoubement par Cyril Hanouna et TPMP ?

PRÉOCCUPATION POUR LES CULTES

Le président tente de défendre cette politique qui n’est au mieux qu’une manière de contourner encore une fois la nécessaire fermeté qu’exige la République pour préserver la paix civile et l’unité citoyenne, en espérant secrètement que ses coups de barre donneront à chacun le sentiment qu’il suit le bon cap. Mais cet édifice a fini par se fracasser le 13 novembre sur l’écueil des représentants des cultes, reçus dans un bel élan œcuménique à l’Élysée.

« Sa seule préoccupation semblant être la coexistence pacifique des croyants. »

M. Macron est coutumier du fait. Il confond sciemment, au moins depuis la conférence des Bernardins en 2018, laïcité et coexistence des religions. Déjà, lors des confinements de la COVID, il avait réuni en audioconférence les représentants des six cultes les plus pratiqués en France, les présidents des grandes obédiences maçonniques et un représentant de la laïcité, qui aurait été en quelque sorte la religion des athées… J’étais ce représentant et j’avais rappelé qu’il aurait mieux valu se tourner vers… la représentation nationale, c’est-à-dire les élus de tous les Français, seuls légitimes à porter leur voix en commun.

Or, dans la crise antilaïque et antisémite que nous traversons le président a récidivé. Sa seule préoccupation semblant être la coexistence pacifique des croyants, il a donc reçu les cultes. Le Grand rabbin de France Haïm Korsia et Elie Korchia, président du consistoire central israélite de France, le président de la confédération des évêques de France Éric de Moulins-Beaufort, le recteur de la grande mosquée de Paris Chems-Eddine Hafiz, Mohammed Moussaoui, président de l’union des mosquées de France, Sadek Beloucif, membre du forum de l’islam de France. Et pour faire bonne mesure une pincée d’orthodoxes, avec Dimitrios Ploumis, un saupoudrage de bouddhistes avec Antony Boussemart, un zeste de protestants, avec Christian Krieger. Bref, tout le monde était là… sauf peut-être la majorité des Français, athées, agnostiques ou indifférents, qui n’ont manifestement pas leur mot à dire en matière de paix civile…

REMPLACEMENT DE LA LAÏCITÉ

Hélas, ce rassemblement œcuménique a explosé en vol. Les représentants de l’islam ont fait preuve d’une très mauvaise volonté. Le grand rabbin de France, excédé par les dérapages des imams, a rompu avec la grande mosquée. Les catholiques et les protestants ont couru des uns aux autres en messieurs-bons-offices. On a ainsi vu apparaître en pleine lumière les limites de la coexistence des cultes et de la vision religieuse de la société. C’est exactement pour éviter cela que la laïcité a été conçue !

« Cette mesure a de fait contribué à transformer les élèves. »

On aurait pu espérer que le président aurait enfin admis l’inanité et même la nocivité de ce remplacement de la laïcité par l’amour des religieux entre eux, amour manifestement contrarié… Qu’il se serait tourné vers les représentants de la Nation pour évaluer la situation et résoudre les problèmes en termes politiques, partageables par tous les Français et non par des minorités de croyants incapables de faire autre chose que ce à quoi l’on s’attendait de leur part.

Il semble que ce ne soit pas le cas. De ce décourageant vaudeville ne ressort que la demande du président d’un « effort pédagogique auprès des jeunes », dont certains, comme le recteur de la mosquée de Paris rêvent déjà qu’ils pourront l’accomplir au sein même de l’école de la République, foulant aux pieds la laïcité scolaire !

CATASTROPHE À L’ÉCOLE

C’est un des porte-parole de Renaissance qui en parle le mieux, au micro de LCP. Et l’on peut imaginer qu’il ne le fait pas de sa propre initiative. Ce député ne trouve rien de mieux à dire devant l’échec des politiques interreligieuses, dont le naufrage de la conférence de l’Élysée du 13 novembre est un exemple éclatant, que la solution à tous nos problèmes, c’est d’introduire encore plus de religion dans l’école de la République !

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Faisant fi de la catastrophe que représente l’enseignement du fait religieux dans l’école depuis le début des années 2000, aveugle aux troubles qu’a engendrés cette mesure, il affirme qu’il faut que l’école, dans toutes les disciplines, fasse l’éloge de toutes les religions pour en finir avec cette triste image qu’elles véhiculent – sans doute à leur insu – et pour faire rêver les « ravis » avec les merveilles qu’elles auraient apportées au monde.

L’échec de l’introduction de l’enseignement du fait religieux dans l’école de la République, qui a manqué sa cible œcuménique, ne semble pas être remonté jusqu’à l’Élysée. Cette mesure a de fait contribué à transformer les élèves, en particulier ceux venant de familles musulmanes, en gardiens ombrageux de l’orthodoxie et de l’orthopraxie en les assignant à leur être religieux. Et les enseignants ne peuvent désormais que se censurer face à l’émergence de « missionnaires de la foi » en culottes courtes sur les bancs des écoles primaires, des collèges et des lycées.

RETROUVER LA LAÏCITÉ

Monsieur le président, il est temps de reconnaître l’échec patent de la tentative menée depuis 2017 de transformer la laïcité en carrefour des religions. Vous avez aujourd’hui l’occasion, la chance, le devoir, de remettre au cœur de notre société la laïcité et l’émancipation des êtres humains pour en faire de meilleurs citoyens. Assez de Bellatar ou de rencontres confites en bondieuseries. Redonnez vie au plus beau principe politique que la France ait jamais inventé, la laïcité.

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