
MISE À JOUR : VOIR EN FIN DE PUBLICATION COPIE D’UN ARTICLE – EN RÉACTION – DE LIBÉRATION
QUAND L’OPINION DES MUSULMANS FAIT TREMBLER LA RÉPUBLIQUE ET LA DÉMOCRATIE
72 % des Français de confession musulmane désapprouvent l’interdiction des tenues traditionnelles islamiques – qamis et abayas – dans les écoles et les lycées (quand 81 % de l’ensemble de la population française l’approuvent au contraire)
« Pour 78% des Français de confession musulmane, la laïcité « telle qu’elle est appliquée » est discriminatoire »
78 % estiment que la laïcité « telle qu’elle est appliquée aujourd’hui par les pouvoirs publics » est « discriminatoire envers les musulmans »
2 SUR 5 NE CONDAMNENT PAS NETTEMENT OU CLAIREMENT L’ASSASSINAT DE DOMINIQUE BERNARD
DONT 16 % des Français de confession musulmane n’expriment pas de condamnation totale à l’endroit du terroriste d’Arras, auteur du meurtre à l’arme blanche de Dominique Bernard
DONT 5 % ne le condamnent pas du tout,
DONT 11 % condamnent tout en partageant «certaines des motivations» du terroriste islamiste.
DONT 6 % de musulmans qui se disent «indifférents». ( Cette proportion est plus significative encore chez les musulmans de plus de 15 ans, actuellement en scolarité : 31 % d’entre eux ne condamnent pas totalement le tueur d’Arras, et 7 % sont indifférents.)
« … l’impopularité du modèle français de laïcité auprès de ce segment de la population »
Écrit l’IFOP
66 % chez les musulmans de moins de 25 ans, souhaitent l’autorisation du port du voile intégral (interdit dans l’espace public par une loi de 2011) signe d’un plus fort rejet des principes de laïcité chez les musulmans les plus jeunes
65 % des sondés souhaiteraient encore que les élèves du secondaire puissent porter un couvre-chef religieux
54 % souhaitent que les jeunes filles aient le droit de ne pas assister aux cours de natation pour des raisons religieuses
50 % souhaitent que les élèves puissent refuser d’assister à tous les cours qui «heurteraient leurs convictions religieuses»
76 % des musulmans optent pour la religion, contre seulement 22 % des croyants des autres religions «Lorsque la religion et la science s’opposent sur la question de la création du monde, d’après vous, est-ce le plus souvent la science ou la religion qui a raison ?»
75 % revendiquent l’abrogation de dispositifs empêchant l’expression vestimentaire de leur religion dans l’espace public. Ils soutiennent ainsi massivement le droit des athlètes français(e)s à porter des couvre-chefs religieux aux prochains JO en France
75 % réclament le port de signes religieux par les parents accompagnateurs faisant action d’enseignement
83 % réclament l’introduction de menus à caractère confessionnel (ex : viande halal, viande casher…) à la cantine
La charia est plus importante que la loi de la République
57 % des jeunes musulmans considèrent que la charia est plus importante que la loi de la République. Soit une augmentation de 10 points par rapport à l’année 2016.
La charia, définition :
(en arabe : الشَّرِيعَة, šarīʿa?, /ʃaˈriːʕa/[note 1]) représente dans l’islam diverses normes et règles doctrinales, sociales, cultuelleset relationnelles édictées par la révélation. Le terme utilisé en arabe dans le contexte religieux signifie « chemin pour respecter la loi [de Dieu] ».
La charia codifie à la fois les aspects publics et privés de la vie d’un musulman, ainsi que les interactions sociales. Les musulmans considèrent cet ensemble de normes comme l’émanation de la volonté de Dieu (Shar). Le niveau, l’intensité et l’étendue du pouvoir normatif de la charia varient considérablement historiquement et géographiquement[1].
Certaines de ces normes sont incompatibles avec les droits de l’Homme, notamment en ce qui concerne la liberté d’expression, la liberté de croyance, la liberté sexuelle et la liberté des femmes.
Les trois quarts des Français musulmans souhaitent un retour au régime concordataire appliqué en France jusqu’au vote de la loi de 1905
75% d’entre eux se disent favorables au « financement public des lieux de culte et des religieux des principales religions (ex : curés, popes, rabbins, imams…)
« LE RAPPORT À LA LAÏCITÉ À L’HEURE DE LA LUTTE CONTRE L’ISLAMISME ET LE PROJET DE LOI CONTRE LES SÉPARATISMES »
TITRE DU COMMUNIQUÉ DE L’IFOP
« L’Ifop a fait paraître ce vendredi 8 décembre une « enquête auprès des Français musulmans sur les questions de religion et de laïcité », à la veille de l’anniversaire de la promulgation de la loi de 1905 qui consacre la séparation de l’Église et de l’État. L’étude, commandée par la chaîne Elmaniya TV, dévoile l’impopularité du modèle français de laïcité auprès de ce segment de la population. »
NB: Des sujets pourtant majeurs sont absents :
Les libertés d’opinion, d’expression, de la presse, de création… ; l’égalité homme femme ; le mariage et la famille ; la participation à la démocratie : vote, manifestations, vie associative … ; l’éducation et l’enseignement ; …
VOIR L’ enquête COMPLÈTE
1. ARTICLE
Hostilité à la loi de 1905, abayas : sondage accablant sur le rapport des Français musulmans à la laïcité
Par Marianne. 08/12/2023 à 16:38
Hostilité à la loi de 1905, abayas : sondage accablant sur le rapport des Français musulmans à la laïcité
L’institut Ifop a publié ce vendredi 8 décembre une enquête explorant le rapport des Français musulmans à la laïcité et plus largement aux questions religieuses. L’étude, commandée par Elmaniya TV (une nouvelle chaîne présentée comme un média laïc et franco-arabe) paraît à la veille de la journée nationale de la laïcité, à l’occasion de l’anniversaire de la promulgation de la loi de 1905, qui consacre la séparation de l’Église et de l’État. Ses enseignements en la matière sont pour le moins accablants.
RESSENTIMENT ENVERS LA LAÏCITÉ
Un point de méthodologie d’abord. Le sondage a été conduit entre les 21 et 29 novembre derniers auprès d’un échantillon de 1 002 personnes, représentatif de la population de religion musulmane vivant en France métropolitaine, âgée de 15 ans et plus, par questionnaire auto-administré. Un chiffre saillant entre tous : 78 % des membres du panel interrogé estiment que la laïcité « telle qu’elle est appliquée aujourd’hui par les pouvoirs publics » est « discriminatoire envers les musulmans ». Ils sont encore 75 % à prôner l’instauration de jours fériés pour les « religions minoritaires ».
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L’ÉCOLE AU CENTRE DE L’ÉTUDE
Cette hostilité au modèle de laïcité français est particulièrement prégnante autour de l’école : 83 % des Français musulmans plébiscitent l’idée de menus confessionnels à la cantine. Au registre vestimentaire cette fois, 72 % d’entre eux désapprouvent l’interdiction des tenues traditionnelles islamiques – qamis et abayas – dans les écoles et les lycées (quand 81 % de l’ensemble de la population française l’approuvent au contraire). Ils sont 43 % à exprimer le même avis concernant le « port d’un signe religieux ostensible dans les lycées». Et 65 % des sondés souhaiteraient encore que les élèves du secondaire puissent porter un couvre-chef religieux.
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À ce titre, d’ailleurs, les Jeux olympiques ne sont pas épargnés. Car les trois quarts des Français musulmans cités par l’étude prennent aussi position en faveur de la possibilité pour les athlètes de se couvrir la tête, là aussi dans une perspective religieuse, lors de la compétition de l’été prochain.
2. ARTICLE
78 % des musulmans considèrent que la laïcité française est islamophobe
Par Paul Sugy. LE FIGARO
Un sondage IFOP révèle qu’une très large majorité de musulmans considère la laïcité comme discriminatoire pour les Français de confession musulmane.
À l’occasion de la journée nationale de la laïcité le 9 décembre 2023, l’IFOP publie un sondage commandé par la chaîne laïque franco-arabe Elmaniya.tv, permettant de mieux cerner la place que les Français musulmans accordent aujourd’hui à la religion, le sens qu’ils donnent à la laïcité mais aussi leur point de vue sur l’actualité récente (interdiction des abayas à l’école, attentat d’Arras par un islamiste…) ayant mis au premier plan la question de l’islam dans la société. L’étude atteste qu’une écrasante majorité des Français de confession musulmane considère la laïcité, telle qu’elle est appliquée par les pouvoirs publics, comme discriminatoire.
En effet à la question : «la laïcité telle qu’elle est appliquée aujourd’hui par les pouvoirs publics est-elle discriminatoire envers les musulmans ?», 78 % des musulmans interrogés répondent oui : 34 % d’entre eux jugent la laïcité «assez discriminatoire», et 44 % d’entre eux, «très discriminatoire».
Une large majorité des musulmans souhaiterait un assouplissement de plusieurs règles : ainsi 75 % d’entre eux aimeraient instaurer des jours fériés pour des fêtes religieuses non-chrétiennes (comme l’Aïd-el-Kebir), 75 % également sont favorables à l’autorisation du port du voile ou de la kippa pour les athlètes pendant les JO, et 75 % encore souhaiteraient un financement public du culte et du clergé en France. En revanche, seuls 47 % des musulmans souhaitent l’autorisation du port du voile intégral (interdit dans l’espace public par une loi de 2011). Cette proportion grimpe à 66 % chez les musulmans de moins de 25 ans, signe d’un plus fort rejet des principes de laïcité chez les musulmans les plus jeunes.
72 % des musulmans désapprouvent l’interdiction de l’abaya
Les musulmans sont nombreux à souhaiter également une plus grande liberté par rapport aux obligations scolaires. 54 % d’entre eux souhaitent que les jeunes filles aient le droit de ne pas assister aux cours de natation pour des raisons religieuses, et 50 % souhaitent que les élèves puissent même refuser d’assister à tous les cours qui «heurteraient leurs convictions religieuses». Cette proportion est plus faible chez les pratiquants occasionnels (45 %) que chez les pratiquants réguliers (66 %). Enfin, 72 % des musulmans désapprouvent l’interdiction des qamis et des abayas à l’école.
L’importance de la religion dans les savoirs est perceptible aussi dans les réponses à cette question : «Lorsque la religion et la science s’opposent sur la question de la création du monde, d’après vous, est-ce le plus souvent la science ou la religion qui a raison ?». 76 % des musulmans optent pour la religion, contre seulement 22 % des croyants des autres religions.
Plus inquiétant encore, 16 % des Français de confession musulmane n’expriment pas de condamnation totale à l’endroit du terroriste d’Arras, auteur du meurtre à l’arme blanche de Dominique Bernard. 5 % ne le condamnent pas du tout, et 11 % condamnent tout en partageant «certaines des motivations» du terroriste islamiste. À quoi s’ajoutent 6 % de musulmans qui se disent «indifférents». Cette proportion est plus significative encore chez les musulmans de plus de 15 ans, actuellement en scolarité : 31 % d’entre eux ne condamnent pas totalement le tueur d’Arras, et 7 % sont indifférents.
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Place de l’islam dans les modes de vie
Le dernier enseignement du sondage IFOP est également l’importance que les Français musulmans accordent à la religion pour conduire leurs choix de vie. 85 % des musulmans jugent que l’islam a une place importante dans les choix alimentaires (contre 19 % des Français d’autres religions seulement) ; 79 % estiment que l’islam est important dans la vie intime et personnelle, 63 % estiment qu’il est important aussi dans la façon de s’habiller.
Des résultats qui ont fait réagir la chercheuse du CNRS Florence Bergeaud-Blackler, auteur d’un livre consacré à l’influence de l’islam frériste en France. «La ’halalisation’ des comportements est nettement visible (le fait de se demander dans chaque geste de sa vie quotidienne si son comportement est ou non conforme à la loi religieuse) dans ce sondage», a-t-elle réagi. Ajoutant : «L’hégémonie du frérisme dans le champ religieux se voit à présent dans les sondages auprès des musulmans de France. Un demi-siècle de pression islamiste a porté ses fruits».
3. MISE À JOUR 21 12 23
ARTICLE
Sondage sur les «Français musulmans» et le Hamas : comment plusieurs médias de droite se sont arrangés avec les résultats
Plusieurs médias qui ont consacré des articles à l’enquête de l’Ifop ont omis de mentionner certaines données, notamment concernant la «sympathie» des Français musulmans à l’égard du groupe islamiste.
par Elsa de La Roche Saint-André 21 12 23 LIBÉRATION
C’était «le choc» annoncé. Vendredi 15 décembre, le zemmouriste Damien Rieu prédisait sur les réseaux sociaux «une déflagration» après la publication «des résultats du sondage Ifop […] sur le soutien des musulmans de France à l’attaque jihadiste du Hamas [du] 7 octobre». A l’arrivée, les résultats dévoilés lundi 18 décembre révèlent plutôt «un soutien à la cause palestinienne, pas au Hamas», écrivent les auteurs de l’enquête dans leur synthèse des enseignements qu’ils en tirent. François Kraus, qui dirige le pôle «Politique et actualité» au sein du département Opinion de l’Ifop, confie d’ailleurs à CheckNews regretter «le teasing mensonger de Damien Rieu» à propos de cette étude consacrée au regard des «Français musulmans sur le conflit israélo-palestinien».
De fait, seule une poignée de médias (Valeurs actuelles, CNews, Europe 1, ou encore le Figaro) se sont emparés de ce sondage, qu’ils ont, faute de «choc» promis, restitué de façon largement biaisée. Chez les trois premiers, c’est «la sympathie pour le Hamas» qui est mise en avant. «Près d’un Français musulman sur cinq (19 %) exprime de la sympathie pour l’organisation terroriste du Hamas», peut-on ainsi lire dans l’article d’Europe 1. Le Figaro, de son côté, écrit qu’«une minorité, mais pas moins significative, de 19 % des Français musulmans déclare, se sentir “solidaires” à l’égard du Hamas».
25 % qui ressentent de l’antipathie ne sont pas (ou peu) cités
Problème : aucun de ces médias ne fait apparaître qu’en parallèle, un quart (25 %) des 1 002 Français musulmans interrogés dans le cadre de ce sondageont déclaré «éprouver de l’antipathie» pour le Hamas – tout juste CNews noteque «25 % des Français musulmans interrogés condamnent l’action menée par le Hamas depuis l’attaque terroriste orchestrée le 7 octobre dernier en Israël», ce qui n’est pas exactement la même chose.
Ces 25 % qui ressentent de l’antipathie ne sont donc pas (ou peu) cités, alors qu’ils sont plus nombreux que les 19 % ayant répondu qu’ils éprouvent «de la sympathie». Surtout, une franche majorité (56 %) ont exprimé leur indifférence à l’égard du Hamas, déclarant n’éprouver «ni sympathie ni antipathie». Raison pour laquelle, dans leur publication, les chargés d’études de l’Ifop préfèrent souligner que «seule une minorité des Français musulmans expriment de la sympathie pour le mouvement islamiste du Hamas».
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Par ailleurs, Europe 1 et Valeurs actuelles occultent totalement une autre donnée. A la question précédente, les sondés devaient dire s’ils éprouvaient de la sympathie pour : l’Autorité palestinienne, le Hamas, Israël. Or 59 % des Français musulmans interrogés ont déclaré «éprouver de la sympathie» pour l’Autorité palestinienne, le gouvernement au pouvoir en Cisjordanie, qui est une autorité politique reconnue par la communauté internationale et non un mouvement islamiste comme le Hamas (qui recueille donc, lui, 19 % d’avis positifs, et Israël, 9 %).
Un chiffre qui devient, dans la bouche de CNews : «59 % des Français musulmans ont exprimé leur sympathie pour la cause palestinienne», quand le Figaro parle de «musulmans soutenant la Palestine (pas le Hamas) sur un principe de solidarité religieuse (59 %)». Des affirmations inexactes, dans la mesure où les sondés n’étaient interrogés ni sur leur sentiment à l’égard de la cause palestinienne ni de la Palestine en général, mais bien de l’Autorité palestinienne. La confusion vient probablement de la synthèse rédigée par l’institut de sondage, où figure la phrase suivante : «Reposant sur le principe d’une solidarité religieuse, la cause palestinienne semble bénéficier en France d’une aura indéniable chez les musulmans de France, si l’on en juge par le soutien qu’ils affichent à l’Autorité palestinienne : 59 % des Français musulmans expriment leur sympathie pour le pouvoir qui gère la Cisjordanie.»
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Le Figaro, lui, concentre son papier sur un autre résultat : les 45 % de Français de confession musulmane qui qualifient les attaques menées par le Hamas le 7 octobre d’«actions de résistance contre la colonisation»israélienne. Et parle alors de «majorité limitée (sic)».
Concernant «les actes du Hamas commis le 7 octobre en territoire israélien», 45 % du panel de Français musulmans ont effectivement préféré les caractériser d’«actions de résistance contre la colonisation». En face, cependant, 26 % des sondés ont répondu qu’ils les qualifieraient plutôt de «crimes de guerre», et 29 % ont déclaré y voir «des actes terroristes», soit 55 % au total pour ces deux derniers items. Ce qui fait d’ailleurs écrire à l’Ifop dans son analyse que «la majorité des musulmans français jugent négativement les actions du Hamas commises le 7 octobre en territoire israélien (55 %)».
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Par ailleurs, si les intitulés «actions de résistance contre la colonisation», «crimes de guerre» ou «attaques terroristes» correspondent, selon François Kraus, aux «trois hypothèses qui reflétaient le débat autour de la qualification de ces actes», les répondants n’avaient qu’«un seul choix possible» parmi les trois réponses proposées.
De même, les 1 002 musulmans interrogés étaient «obligés de se positionner» : alors que les items «ne sait pas» ou «ne se prononce pas» sont couramment proposés par les sondeurs, François Kraus explique que «les non-réponses posent problème dans les enquêtes en ligne». Dès lors, le «parti pris à l’Ifop est d’éviter si possible de les suggérer», par crainte qu’ils ne servent «d’items refuge» et «altèrent la qualité des résultats». Sauf qu’en choisissant de ne pas proposer la rubrique «ne se prononce pas», cela augmente d’autant plus la part relative des autres items dans le total des réponses.
Résultats mis en parallèle avec d’autres études
Enfin, les comparaisons avec «l’ensemble des Français» – comme celle opérée par l’Ifop quand ses chargés d’études écrivent que «59 % des Français musulmans expriment leur sympathie pour le pouvoir qui gère la Cisjordanie, contre à peine 10 % des Français» – sont à appréhender avec prudence. En effet, les réponses des 1 002 Français musulmans sont tirées d’un questionnaire en ligne généré par l’Ifop à la demande d’Ecran de veille, une revue mensuelle qui entend «résister aux fanatismes». Mais les résultats de cette enquête sont mis en parallèle avec ceux issus d’autres études réalisées pour des clients différents, ce qui peut fausser la comparaison. S’agissant du panel «ensemble des Français» présenté en réponse aux deux questions qui nous ont intéressées ici (sur la sympathie éprouvée à l’égard du Hamas et sur la caractérisation des actes commis par le mouvement le 7 octobre), cet échantillon correspond aux 1 014 personnes qui avaient précédemment été interrogées dans le cadre d’une enquête commandée par le Conseil représentatif des institutions juives de France. Les résultats de ce sondage, deuxième vague de l’étude dédiée au «regard des Français sur le conflit israélo-palestinien», avaient été mis en ligne le 7 décembre, deux mois après le début des hostilités. A cette occasion, le terme «crimes contre l’humanité» avait été préféré à celui de «crime de guerre», un degré de gravité divergent qui peut influencer les réponses fournies.
Un choix méthodologique que François Kraus justifie par des «questions budgétaires», estimant qu’«il aurait été bête de reposer ces questions alors qu’on avait des réponses encore fraîches».