
La note sera encore plus salée que prévue pour financer pour une part substantielle le programme nucléaire, en substitution de l’Etat
Jeudi 14 décembre, suite à l’utilisation de la 49.3, le gouvernement avait annoncé l’augmentation des prix de l’électricité. Bien que le ministre de l’Économie Bruno Le Maire avait annoncé précédemment que l’augmentation des prix de l’électricité n’allait pas dépasser 10 %, les factures pourront flamber de 130 euros en moyenne par an.
Cette hausse n’est pas uniquement liée à une augmentation des prix sur les marchés de gros de l’énergie, mais aussi au rétablissement de la taxe intérieure de consommation finale sur l’électricité (TICFE).
Cela représentera une augmentation moyenne de 130 euros par an et par ménage, selon les informations du Parisien. Ainsi, cette hausse n’est pas seulement le résultat des coûts supplémentaires de la production d’énergie, mais aussi du rétablissement de la TICFE. Pour rappel, cet impôt avait été temporairement réduit lors de l’application du bouclier tarifaire.
Une perte de 9 milliards d’euros pour le gouvernement
En effet, lors de l’introduction du bouclier tarifaire, en 2021, la taxe intérieure de consommation finale sur l’électricité (TICFE) pour les particuliers avait été considérablement revue à la baisse. Elle est passée de 32 euros par mégawattheure (MWh) à seulement 1 euro. Cette mesure avait permis aux ménages de faire des économies significatives, mais elle avait entraîné une perte à gagner de 9 milliards d’euros pour l’État.
Finalement, la taxe a été réaugmentée plus rapidement que prévu : « Il me semble plus raisonnable d’augmenter progressivement la fiscalité sur l’électricité (de 1 à 15 euros par MWh donc, dans un premier temps), sans dépasser une hausse de 10 % des tarifs, conformément à l’engagement que nous avons pris », a affirmé le ministre aux sénateurs
Quelle hausse sur les tarifs de l’électricité en 2024 ?
En principe, on avait prévu de maintenir une réduction d’impôt sur la taxe intérieure de consommation finale sur l’électricité (TICFE) pendant une année de plus. Cependant, le gouvernement a décidé d’arrêter la ristourne fiscale et l’augmentation a été confirmée jeudi 14 décembre après que le gouvernement a utilisé l’article 49.3 pour faire adopter sans vote l’ensemble du texte sur le budget de l’État. Apparemment, l’État voulait tirer parti de la baisse des prix de l’électricité sur les marchés de l’énergie.
Les factures d’électricité ont déjà bondi de 25% entre février et août 2023. Ainsi, dès le mois de février 2024, le prix de l’électricité aura connu une hausse de 37,5% (+25% puis +10%) en seulement un an. Et la flambée des tarifs n’est donc pas prête de s’éteindre.
Les tarifs grimperont en effet d’au moins 10% en février 2024, une décision pourrait se traduire par une seconde hausse, quasiment dans la foulée.
L’accord entre l’Etat actionnaire d’Edf et l’Etat en charge du financement du nucléaire ont eu nié du mal à se mettre d’accord. ( voir nos publications )
Il a pour objectif d’atteindre, dès 2026, un prix moyen de l’électricité « autour de 70 euros le mégawattheure (MWh) ». Si le prix du MWh dépasse les 80 euros, alors l’Etat s’autorisera à prélever 50% des revenus supplémentaires générés par EDF grâce à la vente d’électricité. Le prélèvement grimpera à 90% si le prix du MWh excède les 110 euros. Ces différentes ponctions au delà des seuils indiqués serviront à financer des aides publiques Néanmoins, plusieurs scénarios laissent présager une forte hausse des factures d’électricité des usagers qui paieront environ le double du coût de production afin de contribuer au financement du nucléaire.
En effet, le dispositif imaginé par le gouvernement risque de faire monter en flèche la note des consommateurs. « Si le prix de marché atteint 77€/MWh, le gouvernement ne mettra en place aucune aide publique pour protéger les ménages, alors que la note sera nettement plus salée qu’à l’heure actuelle où le tarif régulé (42€/MWh) permet encore de tempérer une partie de la facture », explique Nicolas Goldberg, membre du think-tank Terra Nova.
« Enfin, si les prix de l’électricité montent à 90€/MWh, le gouvernement appliquera une protection de 50% sur le montant au dessus de 80€/MWh : la facture sera donc de 85€/MWh, soit bien plus qu’auparavant », poursuit l’expert. En clair, le mécanisme est véritablement protecteur uniquement en situation de crise, quand le prix du MWh dépasse les 110 euros. Ainsi le gouvernement peut appliquer une captation de 90% du montant supérieur au seuil de 110 euros.
RÉCENTES PUBLICATIONS DE METAHODOS
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La hausse de l’électricité en 2024 sera plus forte et plus rapide que prévue
Hugo Franceschi. JDN. 14/12/23
La hausse de l’électricité en 2024 sera plus forte et plus rapide que prévue
Alors que les prix de l’électricité vont bondir d’au moins 10% d’ici quelques mois, une nouvelle hausse se prépare discrètement.
Une augmentation peut en cacher un autre. D’ici quelques mois, les ménages français vont devoir mettre la main à la poche. Malheureusement, la note sera encore plus salée que prévue. En effet, les prix de l’électricité vont exploser dans le courant de l’année 2024. Si les consommateurs savent déjà que les tarifs grimperont d’au moins 10% en février 2024, une décision pourrait se traduire par une seconde hausse, quasiment dans la foulée.
Cela alors que les factures d’électricité ont déjà bondi de 25% entre février et août 2023. Ainsi, dès le mois de février 2024, le prix de l’électricité aura connu une hausse de 37,5% (+25% puis +10%) en seulement un an. Et la flambée des tarifs n’est donc pas prête de s’éteindre.
En cause, le bouclier tarifaire appliqué sur les prix de l’énergie qui doit prendre fin en 2024. Pour rappel, ce dispositif a été mis en place en 2021 afin d’endiguer l’inflation des prix de l’énergie engendrée, notamment, par la guerre en Ukraine. Le bouclier tarifaire avait alors permis de limiter l’augmentation des coûts de l’électricité à 4% en 2022. Cependant, l’inflation des cours perdurant, la décision a été prise d’abandonner progressivement l’onéreux bouclier tarifaire.
Concrètement, avec ce dispositif, l’Etat prenait à sa charge 45% de la facture d’électricité des Français. En réduisant la voilure, la prise en charge de l’Etat est passée à 37% en août dernier. Il était prévu jusque-là de mettre fin au bouclier tarifaire en décembre 2024. Finalement, l’arrêt du dispositif et la hausse des factures pour les ménages interviendront bien plus tôt que prévu.
En effet, la possibilité de lever le bouclier tarifaire dès la moitié de l’année 2024, soit au moins six mois avant la date initialement annoncée, a d’ores et déjà été évoquée. Mais alors, sans cette protection de 37%, est-ce que cela signifie que les factures des ménages vont grimper d’autant à la mi-2024 ? « Pas tout à fait », répond Vincent Maillard, président du fournisseur d’électricité Octopus Energy. « S’il est décidé de lever le bouclier tarifaire, c’est parce qu’il estimé que les prix de l’électricité sur le marché vont baisser en 2024, ce que plusieurs estimations confirment », explique Vincent Maillard. « Néanmoins, la baisse attendue risque de pousser l’Etat à augmenter les taxes sur l’électricité », alerte le CEO d’Octopus Energy.
« Pendant la crise, l’Etat a gagné de l’argent (6,5 milliards d’euros) en vendant de l’électricité produite à faible coût grâce aux énergies renouvelables », explique Vincent Maillard. Toutefois, cette électricité va perdre en valeur du fait de la baisse des prix sur le marché. « Une hausse des taxes en 2024 permettrait donc à l’Etat de combler ce manque à gagner », conclu l’expert.