
FÉVRIER 2020 : « Fin de l’accueil des « imams détachés » en France : « C’était des annonces attendues depuis des lustres », selon la fondation de l’islam de France »
TITRAIT EN FÉVRIER 2020 FRANCE INFO QUI POURSUIVAIT :
Ghaleb Bencheikh, président de la Fondation de l’islam de France, a salué les annonces d’Emmanuel Macron en déplacement à Mulhouse. « Il faut organiser le culte islamique dans notre pays, par des imams sérieux, formés », a-t-il ajouté.
« C’était des mesures et des annonces attendues depuis des lustres », s’est réjoui mardi 18 février sur franceinfo Ghaleb Bencheikh, le président de la fondation de l’islam de France, alors qu’Emmanuel Macron a annoncé à Mulhouse (Haut-Rhin)des mesures qui consistent notamment à cesser d’accueillir des « imams détachés » envoyés par d’autres pays. »
3 PROMESSES DE 2020 NON TENUES – 1 RECYCLÉE ET 2 RENIÉES EN 2024
« Je refuse la naïveté et la stigmatisation. » Emmanuel Macron a annoncé depuis Mulhouse (Haut-Rhin), mardi 18 février 2020 , ses premières mesures visant à lutter contre le « séparatisme islamiste ». Le chef de l’Etat a notamment indiqué son souhait de mettre fin au système des « imams détachés » envoyés en France par d’autres pays, comme la Turquie et l’Algérie, en augmentant parallèlement le nombre d’imams formés en France.
Outre ces 300 imams détachés, le chef de l’Etat avait également annoncé en 2020 que sera mis fin l’accueil des quelque 300 « psalmodieurs »reçus chaque année durant la période du ramadan.
Or la venue d’« imams du ramadan », ces quelque 300 psalmodieurs et récitateurs qui se rendent en France pendant le mois béni pour les musulmans, n’est « pas remise en cause », a partir de 2024 selon la lettre. Le ministre demande également qu’une « part croissante » des imams officiant sur le territoire soient, « au moins partiellement, formés en France », avec une offre « respectueuse des lois et principes de la République ».
La promesse de Formation en France est – elle également – reniée très officiellement en ce début d’année 2024.
« L’interdiction des imams détachés va-t-elle faire pschit ? On vous explique en 5 minutes »
TITRE MARIANNE QUI POURSUIT :
« Dès ce 1er janvier 2024, plus aucun imam étranger ne pourra être envoyé par son pays d’origine pour prêcher dans les mosquées françaises. Mais l’interdiction pourrait s’avérer insuffisante pour lutter contre les influences étrangères islamistes.
Jean-Pierre Chevènement, Nicolas Sarkozy, Manuel Valls… : nombre de ministres de l’Intérieur se sont heurtés à la question des « imams détachés ». Au tour de Gérald Darmanin de s’y frotter. Depuis ce 1er janvier, plus aucun imam étranger ne pourra être envoyé par son pays d’origine pour prêcher dans les mosquées tricolores. De surcroît, ces agents d’État – au nombre de 300 – encore présents sur le territoire à compter du mois d’avril ne pourront s’y maintenir « sous ce statut », a précisé le ministre dans un courrier envoyé fin décembre à la Turquie, l’Algérie, et le Maroc, soit les principaux pays concernés.
Mais cette mesure, qui avait été annoncée dès le discours des Mureaux de Macron, pourrait n’être qu’un coup d’épée dans l’eau pour lutter contre les influences étrangères islamistes dans les mosquées françaises. … »
ARTICLE
Fin de l’accueil d’imams « détachés » en France : « C’est nécessaire, peut-être, mais ce n’est pas suffisant », pour le grand imam de Bordeaux
Tareq Oubrou pointe surtout un « séparatisme qui se développe sur les réseaux sociaux » et appelle à « un programme pédagogique de la formation des imams qui prend en considération la réalité laïque française ».
Article rédigé par France Info Publié le 30/12/2023
« C’est nécessaire, peut-être, mais ce n’est pas suffisant », explique le grand imam de Bordeaux, après que le gouvernement a annoncé que la France n’acceptera plus, à partir du 1er janvier, de nouveaux imams « détachés », c’est-à-dire envoyés par d’autres pays. « Le problème, c’est qu’aujourd’hui, le séparatisme, l’intégrisme, l’extrémisme se développe plus sur les réseaux sociaux que dans les mosquées », pointe Tareq Oubrou, sur franceinfo, le samedi 30 décembre.
« Il y a beaucoup d’imams qui sont français et qui portent un discours qui n’est pas forcément extrémiste mais qui peut inspirer le séparatisme », note le grand imam de Bordeaux. « Il y a le séparatisme théologique qui n’est pas violent, mais qui peut mettre le musulman français dans une situation symboliquement séparatiste, parce qu’il y a des pratiques qui isolent les musulmans de la société ».
« Ce n’est pas de l’intégrisme, c’est un piétisme et un conservatisme religieux »
« Ce n’est pas de l’intégrisme, c’est un piétisme et un conservatisme religieux qui pourrait porter préjudice à l’équilibre laïc de la République », avertit Tareq Oubrou. Il plaide pour « un programme pédagogique de la formation des imams, un programme acculturé qui prend en considération la réalité laïque française », fondé sur « une doctrine qui part des spécificités occidentales pour penser le droit canonique et la théologie musulmane ». « Ça va prendre du temps », reconnaît-il, d’autant plus que « le temps de la religion n’est pas forcément le temps médiatique et politique ».
« Il faut un temps d’acculturation de l’islam. Il y a une acculturation de fait, mais il faut que cette acculturation soit accompagnée par une acculturation théologique et de droit canonique. »Tareq Oubrou, grand imam de Bordeaux
à franceinfo
« Depuis 2021, le Maroc n’envoie plus d’imams détachés », selon « les déclarations de Mohammed Moussaoui, le président de l’Union des mosquées de France, d’obédience marocaine », explique par ailleurs Tareq Oubrou. De ce fait, seuls « des imams d’origine algérienne et turque » sont « concernés actuellement par cette disposition ». Par ailleurs, il rappelle que l’annonce de Gérald Darmanin « n’empêche pas la venue de d’imams saisonniers pour le ramadan ».