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« UN GOUVERNEMENT RESSERRÉ » : UNE DES ÉTERNELLES PROMESSES (74) PRÉSIDENTIELLE – MAJ 11 01 24

1. ARTICLE

« UN GOUVERNEMENT RESSERRÉ »: POURQUOI L’ÉTERNELLE PROMESSE DE MACRON EST COMPLIQUÉE À RÉALISER

Le 10/01/2024 BFMTV

Le nouveau Premier ministre Gabriel Attal planche avec le Président sur une équipe gouvernementale considérablement allégée. Mais entre parité, équillibre politique et egos à ne pas froisser, le casting gouvernemental peut difficilement se contenter d’une quinzaine de visages.

Un petit-déjeuner et une promesse. Lors du rendez-vous entre Emmanuel Macron et Gabriel Attal avant l’officialisation de son arrivée à Matignon ce mardi, les deux hommes se sont mis d’accord sur l’élaboration d’un « gouvernement resserré ». Si la promesse est classique, elle est bien difficile à mettre en œuvre.

« Un remaniement, c’est un jeu où on déplace des pions en essayant de faire de la place. C’est souvent compliqué, lourd et à la fin quand on arrive à la liste complet, on est souvent un peu déçu et on se dit qu’il y a beaucoup de monde », résume Gérard Longuet, trois fois ministre sous Jacques Chirac puis Nicolas Sarkozy.

Promesse de campagne

Emmanuel Macron le sait bien. En 2017, en pleine campagne présidentielle, celui qui était alors candidat avait assuré vouloir constituer « un gouvernement de 15 membres maximum, très ramassé, avec des personnes de la société civile et des personnes du monde politique venant de la gauche, du centre, de la droite ».

Six mois plus tard, on compte pas moins de 31 ministres et secrétaires d’État au sein du gouvernement d’Édouard Philippe. En 2022, la donne n’a guère changé. Élisabeth Borne nomme pas moins de 42 personnes à son arrivée à Matignon. À son départ lundi, on en comptait une de moins.

Entre les objectifs de parité, un relatif équilibre géographique, des ténors à ne pas froisser et des secteurs d’activité à représenter, l’élaboration d’un gouvernement tourne rapidement au casse-tête. De quoi rendre quasi-impossible un casting avec seulement 10 ou 15 ministres.

Avec la parité, « vous vous retrouvez vite à 35 personnes »

Première difficulté: avoir autant d’hommes que de femmes autour de Gabriel Attal.

« On va avoir tendance à se demander qui on veut faire rentrer. En général, ce sont principalement des hommes. Et puis une fois qu’on a 15 ou 20 noms, on se rappelle qu’on va devoir faire entrer autant de femmes. Vous vous retrouvez vite à 35 personnes », résume un collaborateur ministériel.

« Quand on voit que les femmes arrivent toujours à des postes qu’on juge peu prestigieux, on peut quand même se dire que la contrainte est limitée », nuance Dominique Bertinotti, ex-ministre déléguée à la Famille sous François Hollande.

Dans le dernier gouvernement d’Élisabeth Borne, 7 secrétariats d’État sur 8 étaient détenus par des femmes.

Ne « pas se fâcher » le MoDem et Horizons

Second impératif: ménager les alliés du président. Gabriel Attal ne va pas pouvoir faire l’économie de ministres Horizons et MoDem, partie intégrante de la majorité présidentielle, au sein de son gouvernement.

Leur nombre a d’ailleurs peu de chances de bouger. Malgré le probable départ d’Agnès Firmin-Le Bodo, ministre de la Santé par intérim, visée par une enquête pour des cadeaux d’un laboratoire pharmaceutique, il devrait toujours rester au moins sept ministres et secrétaires d’État MoDem et Horizons.

À commencer par Christophe Béchu, le secrétaire général d’Horizons, qui a accompagné le Premier ministre lors de son tout premier déplacement dans le Pas-de-Calais.

« Ce sont rarement ceux qui brillent le plus mais bon, se passer d’eux, c’est fâcher pour pas grand-chose Édouard Philippe et François Bayrou », pique un député macroniste.

« Dans un contexte de majorité relative, vous avez besoin de toutes les forces et vous ne pouvez pas vous passer de vos amis. On fait toujours de la place dans ce cas-là au gouvernement », relate de son côté l’ancien ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux.

Ménager Le Maire et Darmanin avec « les amis des amis »

Troisième besoin: ne pas froisser les actuels ténors. Bruno Le Maire et Gérald Darmanin ont fait savoir leur colère au Président à l’annonce de la nomination de Gabriel Attal– malgré leurs démentis.

Si le ministre de l’Intérieur s’est vu confirmer son maintien place Beauvau, la question reste entière pour le locataire de Bercy dont le nom circule pour le Quai d’Orsay.

Pour calmer les agacements des ministres en place, la technique est bien connue: faire monter des fidèles. Plusieurs proches de Gérald Darmanin pourraient faire leur entrée au gouvernement pour arrondir les angles tout comme des lieutenants du ministre de l’Économie.

« Il peut y avoir un côté loterie à vouloir faire venir les amis des amis pour ne pas heurter les uns et les autres », regrette Patrick Kanner, ancien ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports.

Avoir tous les secteurs au gouvernement qui font « gonfler le casting »

Quatrième impératif: tenter de faire en sorte que toutes les thématiques soient représentées au gouvernement, quitte à faire gonfler la liste des ministres. Pour l’éviter, Élisabeth Borne avait écarté plusieurs thématiques à son arrivée à Matignon comme les Transports, la politique de la Ville ou encore le Logement.

« C’est parfois des oublis mais c’est aussi souvent volontaire. Ça permet d’alléger le nombre de ministres et quelques mois plus tard, vous faites rentrez des secrétaires d’État et ça gonfle le casting », décrypte l’ancien ministre Gérard Longuet.

« Il y a des secteurs qui savent plus se rappeler au bon souvenir de l’Élysée que d’autres et ça vous fait tout de suite une personne en plus à nommer », décrypte un député Renaissance.

Avoir des ministres des « 18 régions »

Cinquième impératif: l’équilibre géographique qui vise à s’assurer que chaque région a un ministre pour la « représenter ».

« Si vous faites ça, ça vous donne 18 ministres qui n’ont pas d’autres qualités que d’être Occitan ou de venir de Bordeaux. On a 18 régions, ok, mais ce n’est pas sérieux », s’agace un conseiller ministériel.

À quoi peut ressembler le gouvernement Attal ? – 10/01

Priorité sous François Hollande, Emmanuel Macron y semble d’ailleurs nettement moins attentif. Il faut dire que la plupart des ministres n’ont pas de mandat local et ne représentent donc aucun territoire autre que celui dans lequel ils vivent.

Preuve que la question de la représentation géographique pèse moins en macronie: pour la première fois depuis des années, aucun ministre issu des territoires ultra-marins n’est présent au gouvernement depuis 2023 et le départ de la Calédonienne Sonia Backès.

2. ARTICLE

Gouvernement resserré : une promesse d’Emmanuel Macron plusieurs fois avancée mais jamais respectée

L’équipe d’Attal devrait afficher 12 à 15 ministres de plein exercice. En 2017 et 2022, le Président avait promis un exécutif de 15 membres, mais les différents gouvernements en ont compté le plus souvent entre 30 et 40.

par Luc Peillon 11 01 24 LIBÉRATION

C’est une promesse politique souvent avancée mais rarement tenue. Selon Europe 1«le chef de l’Etat et le nouvel homme de Matignon veulent un gouvernement de 12 à 15 ministres de plein exercice pour la fin de la semaine. La nomination des secrétaires d’Etat pourrait être annoncée dans un second temps».

Qu’en sera-t-il réellement pour ce nouveau gouvernement dirigé par Gabriel Attal, nommé mardi Premier ministre en remplacement d’Elisabeth Borne ? S’il faut donc attendre encore quelques jours pour pouvoir le vérifier, force est de constater que cet engagement d’un exécutif resserré n’a pas vraiment été rempli, jusqu’à maintenant, sous la présidence Macron.

Le 12 mars 2017 sur TF1, à quelques semaines de sa victoire pour un premier mandat à l’Elysée, Emmanuel Macron s’engageait ainsi sur une équipe gouvernementale «de 15 membres maximum, avec des personnes de la société civile et des personnes du monde politique venant de la gauche, du centre, de la droite».

Le 17 mai 2017, le premier gouvernement Edouard Philippecomprenait, outre le Premier ministre, 22 membres, dont 18 ministres et 4 secrétaires d’Etat. Un mois plus tard, le 21 juin, suite aux législatives, le gouvernement Philippe II comptait 7 titulaires de plus, soit 29 membres, dont 19 ministres et 10 secrétaires d’Etat. A la veille de sa dissolution, en juillet 2020, il affichait 35 membres (19 ministres et 16 secrétaires d’Etat).

Son successeur, le gouvernement Castex, présenté en deux vagues, 6 et 26 juillet 2020, était composé, outre le Premier ministre, de 42 membres, dont 16 ministres, 14 ministres délégués et 12 secrétaires d’Etat.

Fin mars 2022, c’est à nouveau Europe 1qui écrit que le Chef de l’Etat, s’il est réélu, «veut mettre fin aux gouvernements à rallonge, comme ça a pu être le cas durant son quinquennat». Et d’ajouter qu’il «a confié à des proches vouloir 15 ministres en fonction et pas un de plus. En cas de réélection, il n’y aura ni secrétaires d’État, ni ministres délégués».

Peine perdue. Le gouvernement Borne du 4 juillet 2022, suite aux législatives du 22 juin, affichait, outre la Première ministre, 41 membres, dont 16 ministres, 15 ministres délégués et 10 secrétaires d’Etat.

Avant Macron, les gouvernements comptaient, sous la Ve République, 34 membres en moyenne (Premier ministre exclu), selon un article de Libération publié en 2014. En dehors du gouvernement provisoire Fillon 1, qui rassemblait 19 membres, c’est le gouvernement Pompidou 2 (décembre 1962-janvier 1966) qui a affiché le nombre le plus faible de maroquins (25), tandis que l’équipe Rocard 2 a battu le record de titulaires (48) entre juin 1988 et mai 1991.

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