
« Reporters sans frontières, naufrage à gauche »
TITRAIT FRONT POPULAIRE Louis HOANG NGO. 19/02/2024 QUI POURSUIVAIT
« L’offensive menée par l’ONG à l’encontre de CNews sur le terrain du pluralisme illustre sa dérive. RSF ne cherche plus à protéger les journalistes contre le joug de régimes autoritaires. Désormais, elle s’attarde à museler une partie de l’opinion sous prétexte de défense de la démocratie.
« Le Conseil d’État a donc donné raison à Reporters sans Frontières, la semaine dernière, dans la demande de mise en demeure contre la chaîne CNews. En avril dernier, l’association, sur la base d’un (médiocre) rapport réalisé par l’obscur sémiologue François Jost, demandait à l’ARCOM de se pencher sur le cas de CNews, lui reprochant l’absence de pluralité politique sur la chaîne d’information. Le sieur Jost avouait sans honte sur Sud Radio avoir fait son étude sur la base de deux semaines de visionnage (sic), il y a deux ans (re-sic), où il constatait, sur la chaîne, d’abord, qu’on y traitait peu d’information (13 % du temps d’antenne, le reste étant essentiellement du commentaire politique), ensuite que dans ses commentaires elle était beaucoup trop orientée à droite, voire à l’extrême droite.
« On devine que le coup est éminemment politique, puisque l’année prochaine, en 2025, sera discuté du renouvellement des fréquences télévisuelles numériques, critique pour la préparation de la prochaine élection présidentielle de 2027. À charge désormais de CNews de revoir sa programmation pour se voir renouveler sa licence sur la télévision numérique française. Il lui faudra plus de pluralisme politique, et ce dans ses chroniqueurs et ses intervenants. À charge par ailleurs à l’ARCOM et à la chaîne d’aller coller des étiquettes politiques sur chacun de ses invités et chroniqueurs, qu’on devine pour le moment un peu trop d’extrême droite. On ne comprend pas trop comment, outre CNews, l’ensemble des médias télé pourraient demain garantir qu’ils aient invité ou fait intervenir les bons quotas, représentatifs du paysage politique. Dans sa décision le Conseil d’État se gardait bien, par ailleurs, de donner plus de précision, dans cet impossible fichage à venir des journalistes politiques. À charge de l’ARCOM de trouver demain une manière d’aller mesurer du pluralisme politique de ceux qui s’expriment… »
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« Pluralisme dans les médias : au-delà du cas CNews, la quête complexe d’une méthode de contrôle »
TITRE LIBÉRATION par Adrien Franque 21 02 24 QUI POURSUIT :
« Après une décision floue du Conseil d’Etat sur la chaîne de Vincent Bolloré, la polémique a grossi ces derniers jours.
« Reporters sans frontières a tenté de calmer le jeu
« mardi 20 février. Une semaine s’est écoulée, et la décision du Conseil d’Etat rendue le 13 février, invitant l’Arcom (ex-CSA) à agir sur le cas CNews, est encore au cœur des débats. Dans ce contexte, Reporters sans frontières (RSF), à l’origine du recours auprès du Conseil d’Etat, a organisé une conférence de presse mardi 20 février pour «rétablir les faits» et «revenir sur le terrain du droit» selon les propos de son secrétaire général Christophe Deloire. L’ONG fait valoir le soutien d’un commando d’avocats, 20 en tout, parmi lesquels les renommés Henri Leclerc, William Bourdon ou Richard Malka, «engagés à nos côtés pour s’assurer que la loi soit bien appliquée». «Face au bruit et à la fureur, nous sommes sereins, nous gardons notre calme», a martelé le secrétaire général de RSF, rappelant avoir simplement «demandé l’application d’une loi juste» : «Nous n’avons fait que notre rôle d’ONG qui défend le journalisme.» »
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ARTICLE : RSF JUSTIFIE SON ACTION CONTRE CNEWS DANS LE CADRE DE LA DÉCISION RENDUE PAR LE CONSEIL D’ÉTAT
LE 18 FÉVRIER 2024 PAR THIERRY WOJCIAK CN NEWS
Face à une série de polémiques engendrée par la décision du 13 février du Conseil d’Étatd’enjoindre dans les six mois l’ARCOM à faire évoluer ses critères de contrôle en matière de pluralisme et d’indépendance de l’information, suite à une saisine de Reporters sans Frontières (RSF) qui reprochait « l’inaction » de l’instance de régulation de l’audiovisuel pour faire respecter les obligations légales de CNews (groupe Canal +, Vivendi), l’ONG a tenu à répondre en 9 points aux « contre-vérités » concernant cette décision. Ainsi, rappelle-t-elle notamment que son mandat est « la promotion de la liberté, du pluralisme et de l’indépendance du journalisme, notamment par la défense de ceux qui incarnent ces idéaux » et que dans ce cadre, cette saisine du conseil d’État est « conforme » à celui-ci. En donnant raison à RSF sur le besoin d’un contrôle « effectif et substantiel » des obligations d’indépendance et de pluralisme de CNews, affirmer que « RSF voudrait restreindre la liberté d’expression est une ineptie », insiste l’ONG, mettant en avant que son action visait a même « garantir » le respect de la liberté d’expression. Soulignant par ailleurs que ses actions sont « strictement apolitiques et non partisanes », elle entend depuis toujours défendre « des journalistes de tout bord, en distinguant bien les journalistes des militants et des activistes ».
Pour elle, la requête de RSF au Conseil d’État sur le manquement à la loi de l’Arcom « ne porte en aucun cas sur la ligne éditoriale de CNews. L’organisation n’a aucune préférence pour une ligne ou une autre. Elle défend des principes qui valent pour tous », insiste-t-elle. Face aux inquiétudes mises au jour, suite à cette décision, d’un possible « fichage » des journalistes, RSF explique que ni le Conseil d’État ni l’association ne fixeront les « nouveaux » moyens de contrôle du respect du pluralisme pour l’ensemble des médias audiovisuels, que ce travail « appartiendra » à l’ARCOM. Si l’ONG se dit consciente que le renouvellement de 15 conventions de chaînes à horizon du 1er janvier 2025 pourrait « être impacté », la décision du Conseil d’État « s’appliquera à tous les médias audiovisuels, publics comme privés », précise-t-elle. Là encore, dans la mise en œuvre de la décision du Conseil d’État, RSF « ne recommande pas de méthode particulière. L’organisation se borne à montrer les insuffisances du système actuel », indiquant au passage, tout de même, que sa mise en œuvre « ne devra surtout pas déboucher sur une usine à gaz ».