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FINANCES PUBLIQUES : « CES MENSONGES À DÉNONCER POUR ÉVITER LA FAILLITE »

« Se préparer à la faillite » 

TITRE L’OPINION QUI POURSUIT ( par Gaspard Koenig  ) 28 févr. 2024 :

« La fragilité de la situation budgétaire française est un gag si récurrent qu’il ne fait plus rire, constate Gaspard Koenig. L’heure du « jubilé mondial », un effacement réciproque et définitif de toutes les dettes, va-t-elle sonner ?

« Les 10 milliards d’euros d’économie annoncés par Bercy pour maintenir les prévisions budgétaires en dépit de la baisse la croissance suscitent inquiétudes et controverses. La mission « écologie » est la plus touchée tandis que le budget de la défense est préservé, triste reflet des priorités réelles de la nation.

« Mais le plus révélateur, c’est la modestie de ces 10 milliards en comparaison du déficit budgétaire prévu (146 milliards) et bien sûr de la montagne de dette publique (3.000 milliards), en perpétuelle augmentation. Si 10 milliards représentent un tel sacrifice, comment en trouvera-t-on 3.000 pour rembourser nos créanciers ? « 

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METAHODOS VOUS PROPOSE DEUX ARTICLES

1. ARTICLE : Finances publiques: ces mensonges à dénoncer pour éviter la faillite

2. ARTICLE : « A l’euphorie boursière répond une précarisation supplémentaire de la puissance publique »

1. ARTICLE : Finances publiques: ces mensonges à dénoncer pour éviter la faillite

La promesse de réduire les dépenses ? Une hypocrisie – les technos de Bercy font passer de moindres hausses pour des baisses…

7 mars 2024 L’OPINION Rémi Godeau

Nous y sommes. Après un demi-siècle de désordre financier, la France se trouve au pied du mur de la dette. Des recettes fiscales anémiées par une croissance molle ont suffi à rendre l’équation budgétaire intenable. Et voilà le ministre des Finances contraint dans Le Monde de sonner le tocsin (« Ce n’est pas un coup de rabot, mais un frein d’urgence »), de hausser le ton (« L’Etat devient une pompe à fric »), de briser un tabou – il faudra s’attaquer aux dépenses sociales – et de promettre des dizaines de milliards d’économies, à un niveau jamais vu. Des mots chocs, mais après ?

Alors, que faire ? Nommer les choses : dire que la tactique de surévaluation de la croissance n’est pas du volontarisme, mais un mensonge d’Etat, dans un but de manipulation comptable digne de Ponzi. Expliquer que le pari de tout miser sur la croissance pour maintenir à flot un modèle social obsolète n’est qu’une facilité fatale, car elle justifie des dépenses sans limites et un report perpétuel des réformes structurelles. Admettre que la promesse de réduire les dépenses relève de l’hypocrisie – les technos de Bercy font passer de moindres hausses pour des baisses… et qu’en 2025, il faudra trouver 20 milliards d’euros d’économies sauf à – encore – trahir nos engagements européens.

Autant le dire : l’administration ne saura pas faire.

Emmanuel Macron s’est trompé : la création de richesse et d’emplois n’a pas permis le redressement. Pire, taxes et dépenses excessives étouffent la croissance. Il faut désormais tailler à contre-cycle. Et l’argent public que l’on distribue à tout vent n’est qu’une fiction. Nos dirigeants devraient avoir honte de gaspiller sans discernement l’argent prélevé sur le labeur des contribuables. Quant au génie français, cette arrogance ne trompe plus personne. La perte de contrôle progressive des finances publiques prépare le décrochage.

Nous y sommes.

2. ARTICLE : « A l’euphorie boursière répond une précarisation supplémentaire de la puissance publique »

Philippe Escande LE MONDE

Alors que les sociétés du CAC 40 affichent des profits record, Bercy défend des coupes budgétaires pour faire face à la dégradation des comptes publics. Une situation qui constitue un cocktail détonant et devrait rappeler à la fois les entreprises et l’Etat à leurs responsabilités, estime Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».

C’est ce que l’on appelle un télescopage malvenu. Au moment même où le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, se transforme dans les colonnes du Monde en père Fouettard pour défendre des coupes budgétaires face à la dégradation des comptes, les grandes entreprises françaises annoncent des profits spectaculaires. Plus cruel encore : dans ce contexte d’une Bourse qui bat tous ses records, Bercy parle d’un durcissement de l’assurance-chômage et évoque la possibilité de toucher à l’indexation des retraites sur l’inflation. Comme si à l’euphorie boursière répondait une précarisation supplémentaire de la puissance publique.

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La réalité est moins caricaturale. Le CAC 40 n’est pas l’économie française, et sa performance actuelle s’est construite hors de nos frontières. TotalEnergies, LVMH et Stellantis réalisent l’essentiel de leur chiffre d’affaires et de leurs profits à l’étranger. La plupart des gagnants de la cote française ont profité de la bonne tenue du marché américain. Une fête de la place financière parisienne qui se télescope également avec le naufrage de deux de ses anciens locataires, Casino et Atos. Ils sont, en ce moment même, en train de négocier leur démantèlement pour sauver ce qui peut l’être encore de leur gloire passée.

Lors de leur audition à l’Assemblée nationale, mercredi 6 mars, Bruno Le Maire et son ministre délégué aux comptes publics, Thomas Cazenave, ont essuyé une pluie de critiques de la part des oppositions. Celles-ci se concentraient sur deux aspects. D’une part, l’imprévoyance de l’Etat dans son anticipation de la conjoncture – la prévision de croissance sur laquelle il a construit son budget, en septembre 2023, était manifestement trop optimiste – et, d’autre part, sa trop grande générosité vis-à-vis des grandes entreprises, que la puissance publique devrait aider moins et taxer plus.

Double défi

Les deux attaques évitent soigneusement la vraie raison de la dégradation budgétaire française : sa trop grande générosité lors des crises sanitaire, puis énergétique et inflationniste qui se sont abattues sur le pays en l’espace de quatre ans. Une responsabilité collective puisque le personnel politique est plus prompt à proposer des dépenses que des économies.

Face à cette situation contrastée de champions en forme dans une arène qui se délabre, la tentation est grande de fustiger leur propension à favoriser leurs actionnaires au détriment de la collectivité. Jamais ils n’ont autant versé en dividendes et rachat d’actions aux premiers, alors que la seconde est confrontée au double défi d’une transition énergétique urgente et d’un contexte géopolitique plus dangereux que jamais.

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Une Bourse au plus haut dans un environnement aussi incertain, et avec une telle accumulation de dettes souveraines, constitue un cocktail détonant. Il ne serait pas bon que les entreprises oublient la société dans laquelle elles vivent et que l’Etat perde de vue qu’il tire une bonne partie de sa richesse et de sa puissance des princes du CAC 40.

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