
Le système suisse qui inspire la France
Pour améliorer les résultats scolaires, plusieurs cantons suisses regroupent les collégiens par niveau dans certaines matières. Un dispositif que la France va copier à partir de la rentrée prochaine.
Le principe des groupes de niveau qui prévaut dans le canton de Neuchâtel et d’autres territoires de la Suisse romande comme le Valais ou le Jura.
« Tout est parti de l’enquête internationale Pisa de 2009. Les résultats n’étaient pas bons, raconte Jérôme Amez-Droz, secrétaire général du département de la formation, l’équivalent d’un ministère de l’Éducation local. « L’année suivante, nous avons réfléchi à la meilleure méthode pour remonter le niveau … »
ÉMISSION : Éducation et groupes de niveau : en Suisse, ces cours « sur mesure » existent depuis plus de 30 ans
Vendredi 8 mars 2024 FRANCE INTER
Face à la colère des syndicats d’enseignants, la ministre de l’Éducation Nicole Belloubet a annoncé jeudi un assouplissement des futurs groupes de niveau au collège en mathématiques et en français. En Suisse, on s’étonne de ces craintes, car le système existe depuis longtemps.
Y aura t-il des groupes de niveaux partout au collège, à la rentrée prochaine ? Un certain flou persiste après les annonces de la ministre de l’Éducation nationale, jeudi 7 mars. Nicole Belloubet souhaite assouplir le dispositif voulu par Gabriel Attal. Les hésitations françaises surprennent en Suisse, où le système du double niveau existe depuis longtemps. Et le bilan est largement positif, selon le corps enseignant du collège Octodure, dans le canton du Valais.
Octodure, dans la commune de Martigny, est le plus grand collège, « cycle d’orientation » comme on dit ici, de ce canton du sud de la Suisse. C’est l’un des premiers établissements du pays à avoir mis en place les groupes de niveau, voilà plus de 30 ans. « Ce qui est vraiment plaisant, c’est qu’on suit un cours en fonction de son niveau de compétence, explique Nicolas Theux, le directeur de l’établissement. Selon lui, le système permet de perfectionner une matière où l’élève est vraiment bon : « Ça permet de les valoriser, parce que dans l’ancien système, on était finalement en niveau 2 dans toutes les branches, même si on avait des capacités en sciences, par exemple. »
Ici, concrètement, les élèves sont répartis dans deux classes avec deux professeurs différents, en français et en maths dès 12 ans, puis plus tard en allemand et en SVT. Les transferts en cours d’année sont toujours possibles, et dans les deux sens. L’important c’est de s’adapter, souligne le professeur M. Delaleuille : « Les niveaux, c’est du sur-mesure pour l’élève. Par rapport à du prêt-à-porter où on entre dans des cases, on s’adapte vraiment à l’évolution de l’adolescence. »
Quant à la stigmatisation, elle n’existe pas, jurent les élèves et le corps enseignant. Mais c’est aussi lié au système scolaire suisse qui valorise énormément les formations professionnelles et ne cherche donc pas à caser tous les élèves en niveau 1.
LIEN VERS L’ÉMISSION
Excellent !
Vive les benchmarks vertueux!
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