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MARSEILLE ET MACRON : « IL EST PARTI ET NOUS, ON EST TOUJOURS LÀ… ». CENSURE ET SANCTION À LA PROVENCE.

DROGUE : APRÈS LA PROMESSE (97) DU « COUP D’ARRÊT », BRUSQUE RETOUR À LA RÉALITÉ

Titrait Metahodos hier. https://metahodos.fr/2024/03/21/drogue-apres-la-promesse-97-du-coup-darret-brusque-retour-a-la-realite/

ARTICLE : Macron à Marseille : le directeur de la rédaction de « La Provence » mis à pied, la grève votée

Ouest France 22 03 2024

À la suite de la visite du président Emmanuel Macron à Marseille, le directeur de la rédaction de « La Provence » a été mis à pied pour une Une du journal jugée « ambiguë ». Le personnel a voté la grève illimitée ainsi qu’une motion de défiance, à une large majorité.

Une rédaction « scandalisée ». Le directeur de la rédaction de La Provence a été mis à pied après une Une jugée « ambiguë » du journal sur la visite du président Emmanuel Macron à Marseille dans le cadre de la lutte contre le narcotrafic, a appris l’Agence France Presse (AFP) ce vendredi 22 mars 2024, auprès de la direction et du SNJ, syndicat majoritaire.

Une décision qui fait suite à la publication, ce jeudi, du titre « Il est parti et nous, on est toujours là… », en Une. Il s’accompagnait d’une photo montrant deux personnes, de dos, regardant passer des policiers en patrouille dans une cité, 48 heures après la visite surprise, mardi, à Marseille, du chef de l’État pour lancer une opération décrite comme sans précédent contre le trafic de drogue.

La direction présente « ses plus profondes excuses »

Dans un encart « A nos lecteurs » publié vendredi en Une du journal, le directeur de la publication, Gabriel d’Harcourt, présente les « plus profondes excuses » du journal suite à cette publication, qui a « induit en erreur nos lecteurs ».

« Cette citation en Une et la photo d’illustration qui l’accompagnait ont pu laisser croire que nous donnions complaisamment la parole à des trafiquants de drogue décidés à narguer l’autorité publique, ce qui ne reflète en rien les valeurs et la ligne éditoriale de votre journal », écrit-il.

En pages intérieures, dans un des articles sur les suites de la visite présidentielle, titré « La Castellane, le jour d’après », cette citation était attribuée à un habitant de cette cité paupérisée : « C’est drôle, réagit Brahim,hier (mardi) ils ont trouvé tous les moyens nécessaires pour encadrer la visite du président. Il est parti, et nous on est toujours là, dans la même galère ». D’autres articles évoquaient la « guérilla sur le terrain de la com’ » entre dealers et ministère de l’Intérieur, ou « les coulisses d’un show présidentiel improvisé ».

La rédaction est « scandalisée »

« Le reste du traitement rédactionnel est très bon », a déclaré Gabriel d’Harcourt à l’AFP, en confirmant cette mise à pied annoncée par le syndicat majoritaire SNJ. Mais même si la citation est correctement attribuée en page intérieure, « le problème vient de la construction de la Une, qui peut entraîner cette interprétation », notamment avec un surtitre « Narcotrafic : 24 heures après la visite du président à la Castellane », a-t-il dit.

« On a l’impression qu’on est porte-parole des dealers », ce qui « est contraire à nos valeurs et au rôle que l’on veut jouer à Marseille et dans la région », a ajouté Gabriel d’Harcourt.

Le syndicat majoritaire SNJ, selon lequel « la rédaction est scandalisée » par cette décision, a indiqué à l’AFP qu’une assemblée générale du personnel avait été convoquée vendredi à la mi-journée, pour décider d’éventuelles actions.

Grève illimitée et motion de défiance

La grève a été votée pour une durée illimitée à une large majorité (79 %) à l’issue de cette assemblée générale. Le personnel a également voté une motion de défiance (129 voix pour, 29 voix contre) « à l’encontre de la direction générale de La Provence et de celle de Whynot Media », réclamant la réintégration immédiate du directeur de la rédaction, Aurélien Viers.

« C’est une ingérence éditoriale inadmissible, on ne peut pas laisser passer cela », a réagi auprès de l’AFP Audrey Letellier, déléguée syndicale du SNJ. Conséquence de cette grève, le journal La Provence ne paraîtra pas ce samedi 23 mars 2024.

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