
MARSEILLE : ESCALADE DANS LA RADICALITÉ DES PROMESSES (96) (ET LEUR IRRÉALITÉ ?) : « PORTER UN COUP D’ARRÊT AU TRAFIC DE DROGUE … FAIRE PLACE NETTE … »
TITRAIT METAHODOS https://metahodos.fr/2024/03/20/escalade-dans-la-radicalite-et-lirrealite-des-promesses-porter-un-voup-dartet-au-trafic-de-drogue-faire-place-nette-a-marseille/
ARTICLE – Guerre en Ukraine : la promesse d’Emmanuel Macron d’aider Kiev vire au casse-tête budgétaire et politique
Le chef de l’Etat avait promis un soutien militaire pouvant aller « jusqu’à 3 milliards d’euros ». Une gageure alors que Bercy prévoit 10 milliards d’économie.
Un peu plus d’un mois après la signature, le 16 février, d’un accord de défense entre la France et l’Ukraine, assurant Kiev d’une aide militaire pouvant aller « jusqu’à 3 milliards d’euros » en 2024, les modalités de financement de ce soutien demeurent toujours extrêmement floues en raison des 10 milliards d’économie annoncés entre-temps par l’exécutif, pour l’année en cours. Des incertitudes auxquelles devrait tenter de répondre, mardi 26 mars, le ministre des armées, Sébastien Lecornu, à l’occasion d’une conférence de presse sur le thème de « l’économie de guerre », même si l’équation budgétaire apparaît très tendue pour le gouvernement.
Sur le terrain d’abord, les députés de la majorité le disent tous : ils sont régulièrement interpellés par des électeurs qui leur disent ne pas comprendre pourquoi l’exécutif accorde « 3 milliards à l’Ukraine » alors qu’un tour de vis se prépare sur le budget et que l’hypothèse de hausses d’impôts commence à être évoquée.
Un reproche déjà entendu lors de la crise agricole en début d’année, sur fond de polémiques autour des importations de poulet ukrainien. « Les gens nous demandent pourquoi on donne 3 milliards d’euros à l’Ukraine, ça revient beaucoup », reconnaît Mathieu Lefèvre, député Renaissance du Val-de-Marne, qui distribuait des tracts dans sa circonscription, ces derniers jours, en vue des élections européennes. Un refrain qu’entend également le rapporteur du budget Jean-René Cazeneuve, dans le Gers.
Peu de marges de manœuvre
Sur le strict plan budgétaire, l’exécutif n’a pas non plus beaucoup de marges de manœuvre. En principe, le soutien à Kiev a été sorti de la loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030, votée en juillet 2023, afin de préserver la remontée en puissance de l’armée française. La sanctuarisation de ce texte est même considérée comme « une ligne rouge » au cabinet de M. Lecornu alors que le ministre n’a cessé de marteler, ces derniers mois, que ces 400 milliards d’euros ne constituaient pas un « plafond » mais un « socle » minimal pour les armées, après des années de disette.
Pour tenter de réunir les milliards promis à Kiev, l’exécutif est donc obligé, pour l’heure, de jouer avec les écritures. Selon les options actuellement étudiées, les 200 millions d’euros de rallonge du fonds de soutien à l’Ukraine, votés fin 2023, dans le cadre du budget rectificatif de fin d’année, pourraient être intégrés dans les calculs, cette enveloppe n’ayant pas encore été dépensée en pratique. De même, le ministère des armées estime qu’il existe des marges de manœuvreavec les prévisions de l’inflation revues à la baisse : de 5,4 % en 2023 à 2,3 % en 2024.
Pour parvenir à afficher une aide décente à Kiev sans avoir à réellement décaisser d’argent, Paris compte aussi jouer sur l’addition de la valeur supposée d’équipements militaires donnés à l’Ukraine. Notamment de canons Caesar, dont le ministère des armées fait tout ce qu’il peut, depuis le début de l’année, pour pousser les exportations à travers une coalition « artillerie » réunissant les pays alliés. En janvier, M. Lecornu a annoncé être prêt à payer douze canons sur une capacité totale de production de soixante-douze, pour 2024. Chaque canon Caesar coûte environ 5 millions d’euros.
Risque de blocage
A mesure que les industriels de l’armement sortent de nouveaux équipements de leurs lignes de production, les armées pourraient aussi se délester d’une autre vague d’anciens matériels, en particulier des blindés, dont la poursuite du renouvellement est prévue dans la LPM pour l’armée de terre à travers le programme dit « Scorpion ». « La montée en puissance de l’économie de guerre est réelle, mais il y a encore quelques mois difficiles à tenir », concède une source proche du dossier.
Les Français comptent enfin intégrer à leurs calculs leur contribution à la facilité européenne de paix (FEP), ce fonds de soutien financé par les Vingt-Sept en partie, destiné à l’aide militaire à Kiev. La contribution de Paris s’élève à 900 millions dans l’enveloppe de la FEP débloquée mi-mars. Or cette enveloppe a de fortes chances d’être rallongée en cours d’année, comme ce fut le cas en 2023. Le 22 mars, la FEP a, en outre, été réformée. Alors qu’elle remboursait, souvent avec retard, aux Etats membres la valeur des équipements militaires cédés à l’Ukraine, les alliés pourront désormais échapper au financement de la FEP, si le montant de leurs cessions équivaut à leur contribution nette.
Des paris qui laissent à penser que l’exécutif aura du mal à se passer d’un projet de loi finances rectificative (PLFR) à l’été. Même si, pour le moment, cette option est jugée inflammable politiquement par l’exécutif, dans un contexte de majorité relative à l’Assemblée nationale, et a été renvoyée à l’après-scrutin européen, prévu début juin. Les oppositions votant par principe contre les textes budgétaires, le gouvernement serait, en effet, contraint de recourir à l’article 49.3 et s’exposerait à une motion de censure.
« Il va bien falloir les trouver, ces trois milliards. On doit se donner les moyens d’accompagner la résistance de l’Ukraine, qui est aussi une manière de forger notre résistance », tonne Anne Genetet, députée Rennaissance des Français établis hors de France et membre de la commission de la défense nationale et des forces armées.
« S’ils veulent se retrouver dans la situation des Etats-Unis, ils sont bien partis », considère, pour sa part, Bastien Lachaud, député La France insoumise de Seine-Saint-Denis, en faisant allusion au risque de prise d’otage politique de l’aide à l’Ukraine, sur le modèle de ce qui se passe au Congrès américain où 61 milliards de dollars (56 milliards d’euros) d’aide militaire sont bloqués depuis fin 2023.
Lundi 25 mars, le président de la commission des finances de l’assemblée nationale, Eric Coquerel (LFI), a, pour sa part, adressé un courrier au ministre des armées pour demander la communication de « l’ensemble des notes et documents budgétaires » concernant cette aide de 3 milliards.