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LE DÉPLACEMENT FORCÉ DES SANS ABRIS PAR L’ADMINISTRATION FRANÇAISE

ORLÉANS : DES CARS ADMINISTRATIFS DE SANS ABRIS ARRIVENT RÉGULIÈREMENT DE PARIS, SANS SOLUTION

TITRAIT RÉCEMMENT METAHOFOS https://metahodos.fr/2024/03/26/le-coup-de-gueule-du-maire-dorleans-face-a-larrivee-de-centaines-de-sans-abri-en-provenance-de-paris/

ARTICLE – « JE DOIS RESTER DEUX SEMAINES, APRÈS, JE NE SAIS PAS » : DES MIGRANTS, TRANSFÉRÉS EN ALSACE DEPUIS PARIS, DANS LE FLOU

Le 06/04/2024 BFM ALSACE

Geispolsheim fait partie des 10 « sas » ouverts en région depuis le printemps 2023 pour désengorger l’Ile-de-France et héberger les nombreux sans-abris qui s’y trouvent. Au total, « 3.800 personnes » ont été accueillies dans ces structures, a indiqué fin mars Guillaume Kasbarian, ministre chargé du Logement.

Transférés en Alsace depuis Paris, des migrants sont dans l’expectative, une situation dénoncée par des associations qui redoutent un « nettoyage » de la capitale avant les Jeux olympiques.

Un ancien hôtel au fond d’une zone excentrée de Geispolsheim (Bas-Rhin), petite commune proche de Strasbourg. D’un côté, une rocade bruyante; de l’autre, quelques bâtiments et le calme des rives de l’Ill, un affluent du Rhin.

Geispolsheim, c’est l’un des 10 « sas » ouverts en région depuis le printemps 2023 pour désengorger l’Ile-de-France et héberger les nombreux sans-abris qui s’y trouvent. Au total, « 3.800 personnes » ont été accueillies dans ces structures, a indiqué fin mars Guillaume Kasbarian, ministre chargé du Logement.

Le « sas » alsacien est géré par l’association Coallia, qui n’a pas répondu aux sollicitations de l’AFP. Également interrogées, la préfecture du Bas-Rhin et la mairie de Geispolsheim n’ont pas donné suite.

« Marchandise »

Silhouette longiligne, lunettes, Bekir, Soudanais de 24 ans, a des airs d’étudiant. Devant la grille qui ceint le foyer, il explique en arabe son éprouvant périple qui l’a mené jusqu’en Alsace, après avoir quitté « fin 2020 » son pays en compagnie d’un cousin.

La Turquie, d’abord, où ils font plusieurs séjours en prison avant de rallier, à leur huitième tentative, la Grèce. Ils y passeront « un an » dans un camp. Bekir ira ensuite au Portugal, qui lui délivrera un titre de séjour « de trois ans » et où il travaillera quelques mois, avant de rejoindre en avril 2023 son cousin qui a préféré aller en France.

Bekir obtient ensuite un logement Coallia à Rennes, puis à Vannes, mais finit par revenir chez son cousin en région parisienne. Le 20 mars, à la préfecture, on lui dit de revenir le lendemain : un car le conduira à Melun où il sera hébergé jusqu’au 26 mars, date de son départ dans un autre bus, cette fois pour Geispolsheim. Une trentaine de personnes étaient avec lui, estime-t-il.

« Je dois rester là deux semaines », explique Bekir. « C’est propre, la nourriture est bonne ». La suite? « On m’a dit ‘on va vous trouver un logement’. Mais je ne sais pas encore où : à Strasbourg? Ailleurs ? »

Ce système est « très peu transparent », se lamente Nicolas Fuchs, coordinateur pour l’Alsace de Médecins du Monde. « Les personnes restent quelques semaines sans savoir où elles vont aller ensuite », « on perd la trace » de certains, d’autres finissent par revenir à Paris.

Il redoute aussi que certains migrants soient orientés vers le centre d’aide pour le retour de Bouxwiller (Bas-Rhin). Déléguée générale de la Cimade dans le Grand Est, Françoise Poujoulet s’inquiète « que les personnes soient transportées d’un endroit à un autre comme de la vulgaire marchandise »

« Zéro info »

L’absence de communication sur ces « sas » et le manque d’hébergements pérennes sont dénoncés par des élus et des associations, qui redoutent un « nettoyage social » avant les JO de Paris (26 juillet-11 août).

Le maire (ex-LR) d’Orléans, Serge Grouard, a dénoncé fin mars l’arrivée « en catimini » de migrants dans sa ville pour faire « place nette » avant les Jeux, ce qu’a récusé Guillaume Kasbarian: ces transferts n’ont « aucun lien » avec les JO.

« On (a) ‘zéro info’ et pas de moyens supplémentaires (…) Ca déplace le problème plus que ça ne le règle », s’agace Floriane Varieras, adjointe à la maire écologiste de Strasbourg, chargée de la ville inclusive.

Arrivé en France via la Tunisie et l’Italie, Yves, Ivoirien de 47 ans, souffre d’une maladie chronique. « A la rue » après avoir été « mis dehors » par la personne qui l’hébergeait à Paris, il a été dirigé via le 115 vers des associations, dont Coallia.

Le 26 mars, lui aussi a pris le car pour l’Alsace : « on nous a expliqué (qu’à Paris), c’est saturé » et qu’on allait « nous envoyer à Strasbourg », explique le quadragénaire, qui a déposé sa première demande d’asile après son arrivée à Geispolsheim.

Lui non plus ne sait pas où il ira après Geispolsheim, mais il souhaite avant tout se faire soigner. Bekir, lui, veut apprendre le français, finir ses études d’informatique « et trouver un logement ».

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