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Emmanuel Macron ne tient pas sa promesse (103) sur les « prix planchers »

« PRIX PLANCHERS »: TROIS SYNDICATS AGRICOLES INTERPELLENT EMMANUEL MACRON SUR SA PROMESSE

La « condition n°1 pour sortir durablement de la crise agricole » est de garantir des « prix rémunérateurs », affirment les syndicats dans une lettre envoyée mardi dernier au chef de l’État.

Les trois syndicats agricoles minoritaires appellent mardi le chef de l’État à mettre en place les « prix planchers » promis lors de sa visite au Salon de l’agriculture, « condition n°1 » selon eux « pour sortir durablement de la crise agricole ».

La Coordination rurale, la Confédération paysanne et le Mouvement de défense des exploitants familiaux (Modef), respectivement deuxième, troisième et quatrième syndicats représentatifs derrière l’alliance majoritaire FNSEA-Jeunes agriculteurs (JA) signent ensemble une lettre ouverte au président de la République.

Si la Confédération paysanne et le Modef, classés à gauche, font régulièrement des communications communes, il s’agit d’un rapprochement rare avec la Coordination rurale autour de la question des revenus.

Garantir des « prix rémunérateurs »

Décidée « malgré nos différences », l’initiative entend livrer un « signal fort » dans un « contexte de crise et face aux enjeux historiques », écrivent les syndicats.

La « condition n°1 pour sortir durablement de la crise agricole » est de garantir des « prix rémunérateurs », affirment-ils.

LA PROMESSE PRÉSIDENTIELLE NON TENUE

Lors de sa visite houleuse du Salon de l’agriculture, fin février, Emmanuel Macron avait fixé un objectif de « prix planchers »pour « protéger le revenu agricole ».

Depuis, l’exécutif n’a cessé d’expliquer qu’il comptait en fait renforcer, via un futur texte de loi, les dispositions dites Egalim censées améliorer la prise en compte des coûts de production des agriculteurs, pour éviter qu’ils ne vendent à perte.

Le sujet des prix planchers « a scandaleusement quasi disparu des 62 engagements déclinés par le gouvernement ces derniers jours » pour sortir de la crise, jugent les syndicats minoritaires.

La semaine dernière, le gouvernement s’est opposé à l’adoption à l’Assemblée nationale d’une proposition de loi des écologistes prévoyant un prix minimal d’achat fixé par « une conférence publique » dans les filières agricoles qui le souhaitent, ou sur décision du gouvernement en cas de désaccord.

1. ARTICLE : Contre l’avis du gouvernement, les députés votent pour des prix planchers visant à garantir « un revenu digne aux agriculteurs »

Par Laurence Girard 05 avril 2024 LE MONDE

Une proposition de loi déposée par la députée écologiste Marie Pochon a été adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale. Elle prévoit qu’aucun prix ne soit inférieur au coût de revient, incluant une rémunération de l’exploitant à hauteur de deux smic. 

Emmanuel Macron en avait fait l’annonce surprise, lors de l’inauguration chahutée du Salon de l’agriculture, à Paris, samedi 24 février, en pleine colère agricole. Il s’était engagé à la création de « prix planchers » pour mieux rémunérer les agriculteurs. Finalement, un texte, en faveur de ces fameux prix planchers, visant à garantir « un revenu digne aux agriculteurs », porté par les écologistes dans leur « niche » parlementaire, a été voté, en première lecture, jeudi 4 avril, à l’Assemblée nationale.

Lire aussi |  L’Assemblée nationale approuve la mise en place de prix planchers pour les agriculteurs

Il a été adopté, à 23 heures, après cinq heures de débats, par 89 voix contre 66. La gauche a voté pour, le Rassemblement national s’est abstenu, les députés des Républicains étaient absents pour le vote. Quant à la majorité gouvernementale, elle a voté contre. Présente en séance, la ministre déléguée auprès du ministre de l’agriculture, Agnès Pannier-Runacher, a rejeté le dispositif jugé « inopérant », même si le gouvernement « partage pleinement [sa] préoccupation » quant au revenu des agriculteurs, a-t-elle affirmé. …/…

2. ARTICLE – Crise de l’agriculture : trois syndicats rappellent à Emmanuel Macron sa promesse d’instaurer des « prix planchers »

Le Monde 9 mars 2024

La Coordination rurale, la Confédération paysanne et le Mouvement de défense des exploitants familiaux signent ensemble, mardi, une lettre ouverte au président de la République pour garantir des « prix rémunérateurs » pour les agriculteurs. 

Les trois syndicats agricoles minoritaires appellent, mardi 9 avril, le chef de l’Etat à mettre en place les « prix planchers »promis lors de sa visite au Salon de l’agriculture« condition numéro 1 » selon eux « pour sortir durablement de la crise agricole ». La Coordination rurale, la Confédération paysanne et le Mouvement de défense des exploitants familiaux (Modef), respectivement deuxième, troisième et quatrième syndicats représentatifs, derrière l’alliance majoritaire FNSEA-Jeunes Agriculteurs (JA), signent ensemble une lettre ouverte au président de la République.

Si la Confédération paysanne et le Modef, classés à gauche, font régulièrement des communications communes, il s’agit d’un rapprochement rare avec la Coordination rurale autour de la question des revenus. « Malgré [leurs] différences », les trois syndicats entendent par cette initiative envoyer un « signal fort » dans un « contexte de crise et face aux enjeux historiques ». La « condition numéro 1 pour sortir durablement de la crise agricole » est de garantir des « prix rémunérateurs », affirment-ils.

Lors de sa visite houleuse du Salon de l’agriculture, à la fin de février, Emmanuel Macron avait fixé un objectif de « prix planchers » pour « protéger le revenu agricole ». Depuis, l’exécutif n’a cessé d’expliquer qu’il comptait en fait renforcer, par un futur texte de loi, les lois EGalim censées améliorer la prise en compte des coûts de production des agriculteurs, pour éviter qu’ils ne vendent à perte.

Lire l’analyse |   Les « prix planchers » proposés par Emmanuel Macron divisent le monde agricole

Régulation des marchés

Le sujet des prix planchers « a scandaleusement quasi disparu des soixante-deux engagements déclinés par le gouvernement ces derniers jours » pour sortir de la crise, jugent les syndicats minoritaires. « Abandonner ce sujet central à la seule évaluation des lois EGalim est complètement insuffisant, trop incertain et trop lent », ajoutent-ils.

Selon eux, « la remise urgente d’outils de régulation des marchés (prix minimum garanti, gestion des volumes, stockage public, encadrement des marges de l’agro-industrie et de la grande distribution…) est indispensable et permettra de prévenir les crises et protéger les agricultrices et agriculteurs de la volatilité des marchés ».

Les syndicats majoritaires, FNSEA et JA, ainsi que les filières agricoles, ont peu apprécié la formule présidentielle de « prix planchers », l’estimant contraire aux lois du commerce dans un marché ouvert, où les productions françaises risquent de devenir trop chères.

La semaine dernière, le gouvernement s’est opposé à l’adoption à l’Assemblée nationale d’une proposition de loi des écologistes prévoyant un prix minimal d’achat fixé par « une conférence publique » dans les filières agricoles qui le souhaitent, ou sur décision du gouvernement en cas de désaccord.

Lire aussi |  Contre l’avis du gouvernement, les députés votent pour des prix planchers visant à garantir « un revenu digne aux agriculteurs »

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