
ARTICLE : De l’Assemblée nationale au Sénat, la dégradation des finances publiques nourrit le débat sur un manque de démocratie
Malgré la crise budgétaire, le gouvernement refuse de soumettre au Parlement un budget rectificatif avant l’été. De nombreux élus alertent sur des citoyens « de plus en plus désabusés » par les débats stériles, les annonces sans lendemain.
L’annonce, à la mi-février, du ministre de l’économie Bruno Le Maire, de coupes budgétaires à hauteur de 10 milliards d’euros pour 2023 par décret et sans concertation préalable du Parlement a précipitéla majorité relative – à l’Assemblée nationale – et les oppositions dans une nouvelle escalade de tensions, cette fois-ci sur le contrôle du budget, une prérogative essentielle du Parlement. « Après avoir été adopté sans vote, à coup de 49.3, le budget 2024 se retrouve très affaibli démocratiquement », estime le rapporteur général (Les Républicains, LR) du budget au Sénat, Jean-François Husson. Et plus encore après l’annonce, mercredi 10 avril, de la réévaluation par le gouvernement de sa prévision du déficit pour 2024 à 5,1 % du produit intérieur brut au lieu des 4,4 % espérés.
L’élu de Meurthe-et-Moselle déplore que « sur le terrain, l’ensemble de la classe politique soit esquinté » au vu de la détérioration sous-estimée des comptes publics. A ses yeux, « le gouvernement se retrouve devant un tapis de bombes quant aux mesures à prendre et aux réformes à engager » après avoir « exercé de manière trop solitaire sa prise de décision ». L’exécutif doit encore rassembler 20 milliards d’euros d’économies pour le budget 2025, le tout sous le regard scrutateur des agences de notation prêtes à se prononcer sur la dette française dès la fin avril.
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