
C’est Raphaël Gaillard qui remplace Valéry Giscard d’Estaing à l’Académie française
Ce professeur en psychiatrie de 47 ans, plus jeune membre à siéger au sein de cette grande institution, succède à l’ancien président Valéry Giscard d’Estaing.
Il devient le plus jeune membre de l’Académie française. Elu jeudi 25 avril, le psychiatre Raphaël Gaillard âgé de 47 ans, devient le benjamin de la vénérable institution. En effet, les académiciens du XXIe siècle ont été dans leur grande majorité élus après l’âge de 60 ans, et nombre d’entre eux après 70 ans.
LAURENT FABIUS, APRÈS LA RECHERCHE D’ACCORDS AYANT VOCATION À RESTER SECRETS, NE S’EST PAS – FINALEMENT – PORTÉ CANDIDAT…
C’est dès le premier tour que ce médecin, responsable du pôle hospitalo-universitaire de psychiatrie de l’hôpital Sainte-Anne à Paris et professeur de psychiatrie à l’université Paris-Cité, l’a emporté. Il a rassemblé 15 voix, soit tout juste le nombre nécessaire sur 30 votants.
ARTICLE 1. Les dessous de la drôle de candidature de Laurent Fabius à l’Académie française
Les grands récits de L’Express. Qui pour succéder à Valéry Giscard d’Estaing au fauteuil 16 ? Le président du Conseil constitutionnel en a rêvé. Les Académiciens ont tout fait pour le torpiller.
Par Etienne Girard et Emilie Lanez L’EXPRESS. Publié le 03/04/2024
Le président du Conseil constitutionnel Laurent Fabius ambitionne de succéder à Valéry Giscard d’Estaing au fauteuil numéro 16 de l’Académie française.
Tandis que roulent les tambours de la Garde républicaine, descendant l’escalier de pierre, des épées, trois cannes, une jupe gracieuse, celle de Dominique Bona, des pas vifs, d’autres moins, voici les habits verts s’avançant vers leur fauteuil numéroté, ils s’assoient et se comptent : ils sont 13. Treize académiciens présents ce 14 mars pour accueillir la philosophe Sylviane Agacinski, l’épouse de Lionel Jospin, élue en juin au fauteuil 19. Seulement 13 sur 40, cela donne à voir des travées clairsemées, des dizaines de sièges vides. Cela signe la crise boudeuse. Nonobstant ce massif absentéisme, autour de l’immortelle en pantalon, 11e femme à rejoindre la Coupole, c’est la fête, et cocktail à la Maison de l’Amérique latine. Champagne, compliments et quelques rires quand Marc Lambron, fauteuil 38, clame haut que si son « ami » François Sureau, fauteuil 24, est absent de ces mondanités, c’est qu’il leur a préféré la promotion de son dernier livre sur le plateau télévisé de Quotidien.
A l’écart de ces peu charitables rieurs, Pierre Moscovici, président de la Cour des comptes, devise avec Laurent Fabius, cravate grenat. Le président du Conseil constitutionnel n’en laisse rien paraître, mais peut-il ne pas songer en cet instant que si tout se déroule comme prévu, dans l’ombre, il sera fin avril le prochain à revêtir le costume brodé de rameaux d’olivier ?
Le lendemain de cette courte trêve, les batailles repartent. C’est que le temps presse autour de l’incandescent fauteuil 16, dont le dernier occupant fut Valéry Giscard d’Estaing. Avant lui, 18 titulaires en quatre siècles : un marquis de Montesquiou, quelques abbés de cour, le petit-neveu de Richelieu, puis Charles Maurras, penseur de l’Action française, suivi du poète-président du Sénégal, Léopold Sédar Senghor, et enfin, de 2003 jusqu’à sa mort en 2020, l’ancien président de la République. Le dépôt des candidatures est fixé au 14 avril. D’ordinaire, ces affaires se préparent pendant des années, le temps d’infinis conciliabules et sourdes manœuvres. Cette tradition de lenteur florentine explosa toutefois en octobre 2021, lorsque François Sureau et Marc Lambron menèrent campagne au pas de charge pour accueillir quai Conti l’écrivain péruvien Mario Vargas Llosa, une candidature éclair pour laquelle il fallut même reporter la limite d’âge.
2. ARTICLE – Après le Conseil constitutionnel… l’Académie française ? La campagne secrète de Laurent Fabius
Carriérisme
Par Marianne. Publié le 15/03/2024
Selon les informations de « La Lettre », alors que son mandat à la tête du Conseil constitutionnel prendra fin en mars 2025, Laurent Fabius brigue le fauteuil de feu Valéry Giscard d’Estaing à l’Académie française. Une candidature discrète, qui agace au sein de l’institution.
Puisqu’il ne peut plus – rationnellement – rêver de l’Élysée, Laurent Fabius songe à autre point de chute pour la suite de sa carrière. Et pour cause : selon les informations de La Lettre ce vendredi 15 mars, l’actuel président du Conseil constitutionnel, dont le mandat prendra fin en mars 2025, mène une discrète campagne pour obtenir… le fauteuil numéro 16 de l’Académie française, que l’ex-président Valéry Giscard d’Estaing occupait jusqu’à sa mort en décembre 2020.
Pour préparer ce scrutin, qui aura lieu en avril prochain, l’ancien Premier ministre de François Mitterand peut compter sur des alliés au sein de l’institution : François Sureau et Marc Lambron, selon lesquels il devrait avancer masqué pour se faire élire. Un conseil qui n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Au micro de France Bleu Occitanie pas plus tard que ce mardi 12 mars, Laurent Fabius assurait ainsi qu’au terme de son mandat au Conseil Constitutionnel, il se consacrerait à sa nouvelle passion, l’art, et qu’il ferait « pas mal de peintures ».
RUFIN ET ROUART REMONTÉS
S’il n’a pas fait part de ses intentions à l’ensemble des académiciens, l’ancien ministre mitterrandiste a tout de même glissé un mot au secrétaire perpétuel de l’institution, Amin Maalouf, ainsi qu’au chancelier de l’Institut de France, Xavier Darcos.
Mais d’après La Lettre, les velléités de Laurent Fabius ne sont pas vues d’un bon œil par tous les pensionnaires de la Coupole. Face aux rumeurs qui se propagent, les écrivains Jean-François Rufin et Jean-Marie Rouart ont ainsi rapidement levé leur bouclier.
Pour l’auteur de l’essai Tableaux pluriels : voyage parmi les polyptyques d’hier et d’aujourd’hui (Gallimard, 2022) et, bien avant, des livres politiques Une certaine idée de l’Europe (Plon, 2004) et Les Blessures de la vérité (Flammarion, 1995) – dans lequel il revenait sur l’affaire du sang contaminé –, l’entrée à l’Académie est donc loin d’être actée.
3. ARTICLE – Laurent Fabius, le Sage qui veut devenir Immortel
Par Tristan Quinault-Maupoil. 16/03/2024 LE FIGARO
Le président du Conseil constitutionnel, qui quittera ses fonctions dans un an, se positionne pour reprendre le fauteuil de Valéry Giscard d’Estaing à l’Académie. Dans la dernière ligne droite de son mandat, il sort de sa discrétion pour défendre une institution régulièrement attaquée.
Il a puisé dans ce qui lui est familier pour éclairer l’utilité du secret, inhérent à sa fonction. Autant qu’à sa personnalité. Qui plus est dans un lycée de la ville rose nommé Toulouse-Lautrec, Laurent Fabius s’appuie sur la peinture pour se faire comprendre. «Un peintre fait des repentirs, il passe de la matière brute à quelque chose qui est son tableau final. Je ne sais pas pourquoi je fais cette comparaison mais dans le fonctionnement de la démocratie, il y a besoin de l’opinion publique, il y a besoin de transparence, mais aussi d’un certain secret…», tente d’illustrer ce collectionneur notoire devant un jeune auditoire qui s’est cravaté pour l’occasion.
Comme cet artiste imaginaire qui «peint tout en étant spectateur de sa peinture», le président du Conseil constitutionnel modèle la vie publique du pays dans le clair-obscur du Palais Royal. «Le secret est une énorme garantie d’indépendance», glisse-t-il malgré les fantasmes autour des débats qui agitent l’institution …
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