
NOTRE PRÉCÉDENTE PUBLICATION :
OPA DU PARTI SOCIALISTE SUR SCIENCES PO : CHANGER POUR QUE RIEN NE CHANGE ? MAJ
Sortira-t-on Sciences Po d’une nouvelle direction politisée ?
Des personnes Idéologiquement engagées à gauche, comme Najat Vallaud-Belkacem, …
Antisémitisme à Sciences Po Paris : 500 anciens élèves et enseignants appellent à un sursaut face à une « minorité radicalisée »
500 élèves et alumni interpellent dans « L’Express » la direction de Sciences Po sur sa gestion des perturbations menées à la fin du mois d’avril par un groupe d’étudiants pro-palestiniens, qui sont allés jusqu’à bloquer plusieurs sites de l’école parisienne. VOIR L’ARTICLE CI CONTRE
Intellectuels, chefs d’entreprise, politiques … anciens élèves et professeurs sont signataires. Parmi eux, le directeur de la rédaction de L’Express, Éric Chol, la directrice éditoriale de Franc-Tireur, Caroline Fourest, ou encore Benjamin Haddad, député de Paris.
Tous regrettent la mise en place d’une distanciation inacceptable entre Sciences Poet les valeurs et convictions historiquement portées par l’école. Ils appellent à « la compréhension interculturelle et [au] respect, essentiels pour préparer nos étudiants à la citoyenneté ».
« Nous condamnons fermement la connivence intellectuelle et le renoncement face à ces comportements », écrivent -ils. Ils exigent que trois points soient examinés et appliqués par l’administration de l’école :
– « le retour à la sérénité et à la sécurité de l’enseignement pour tous »,
– « la prise de mesures disciplinaires fermes » sans aucune « forme d’amnistie qui pourrait légitimer ces agissements déstabilisateurs »,
– le « refus » de la suspension des partenariats internationaux, particulièrement avec les universités israéliennes.
Les signataires s’inquiètent de la mise en place, par une « minorité radicalisée », d’un climat antisémite néfaste au déroulement des cours et des conférences, mais également à l’égard d’étudiants qui pourraient ne pas se sentir en sécurité.
MÊME LE MONDE, DANS UN OFFICIEL ÉDITORIAL , EST CONTRAINT DE REAGIR CONTRE DES DÉRIVES
« Mais, peut on lire, les slogans, minoritaires, entendus dans les rassemblements, en France comme aux Etats-Unis, appelant à la haine des juifs ou pouvant être compris ainsi constituent de terribles régressions. »
Pour autant, les « subtilités « politiques du journal ne lui permettent pas de condamner LFI sur le débordements à sc Po , comme le fait par contre la ministre … le journal critique par contre les LR qui critiquent LFI … VOIR ARTICLE 2 CI-CONTRE
LE MONDE NE QUALIFIE PAS CERTAINES DÉRIVES COMME DE L’ANTISEMITISME – MOT IMPRONONÇABLE ?
Il écrit non sans ambiguïté : « Mais les slogans, minoritaires, entendus dans les rassemblements, en France comme aux Etats-Unis, appelant à la haine des juifs ou pouvant être compris ainsi constituent de terribles régressions. »
Mobilisation estudiantine pro-Palestine : « L’État doit remettre Sciences Po dans le giron de la République »
« Les actuelles dérives de certains étudiants de Sciences Po Paris viennent d’abord de l’attentisme puis de la complaisance de la direction de l’école à l’égard du wokisme », juge Stéphane Rozès, qui a quitté l’IEP l’année dernière, après y avoir enseigné pendant 33 ans.
1. ARTICLE – « Minorité radicalisée » à Sciences Po : l’appel au sursaut de 500 anciens élèves et enseignants
Israël-Hamas. Face aux récentes démonstrations de force d’une « minorité radicalisée » sur le campus de Paris, un collectif appelle l’administration de l’école à réagir pour « garantir la sécurité et l’intégrité académique » de l’institution.
Tribune collective. Publié le 30/04/2024 L’EXPRESS
Nous, élèves et anciens élèves de Sciences Po, enseignants et membres de la communauté de l’école, déplorons l’instrumentalisation de notre école de cœur par une minorité violente qui sape tous les principes de la Rue Saint-Guillaume. Fondée il y a plus de 150 ans, notre institution a toujours promu l’universalisme dans le respect de la diversité des pensées et des lois. Aujourd’hui, avec plus de 15 000 étudiants – dont 50 % d’élèves internationaux et 29 % d’élèves boursiers – répartis sur sept campus, Sciences Po incarne une diversité culturelle et intellectuelle essentielle dans une ère où la compétition pour le savoir est exacerbée par l’intelligence artificielle, le retour de la logique des blocs géopolitiques et la montée des populismes.
LIRE AUSSI : Gilles Kepel : « Sciences Po a capitulé face au woko-mélenchonisme »
La mission historique de notre école, initiée par Emile Boutmy en 1872, visait à former des élites éclairées pour une France renouvelée, suite à la crise politique et morale de l’époque.
Cet esprit est désormais menacé par l’instrumentalisation nauséabonde de conflits extérieurs par des mouvements politiques qui cherchent à semer le chaos en développant une idéologie contraire à nos valeurs républicaines et universalistes. Depuis trop longtemps déjà, la mission intellectuelle de Sciences Po souffre sous l’effet d’une minorité qui entrave le débat, rendant certains intervenants de facto « persona non grata ».
Les récentes démonstrations de force par une minorité radicalisée sur notre campus de Paris, promouvant des idées antisémites et antisionistes et qui exploite cyniquement le contexte de la guerre entre Israël et le Hamas déclenchée par les massacres du 7 octobre, sont totalement inacceptables. Cette violence et cette polarisation vont totalement à l’encontre de notre mission d’ouverture et de dialogue.
Prise de mesures disciplinaires
Nous condamnons fermement la connivence intellectuelle et le renoncement face à ces comportements. L’administration de Sciences Po doit agir avec détermination pour garantir la sécurité et l’intégrité académique de notre institution. Nous demandons donc instamment :
1. Le retour à la sérénité et à la sécurité de l’enseignement pour tous les étudiants et le corps enseignant.
2. La prise de mesures disciplinaires fermes pour empêcher la répétition de comportements inacceptables pour la sécurité des élèves et pour sanctionner clairement tout appel à la violence et à la haine au sein de Sciences Po. À cet égard, nous nous opposons fermement à toute forme d’amnistie qui pourrait légitimer ces agissements déstabilisateurs dans notre école.
3. Le refus de la remise en cause des accords avec nos partenaires universitaires internationaux légitimes, dont les universités israéliennes.
Nous rappelons aussi l’importance cruciale de Sciences Po dans les affaires publiques et le monde de l’entreprise, où sa diversité et sa curiosité intellectuelle sont des atouts majeurs. Face à l’érosion de la pensée critique, nous appelons au renforcement de notre engagement pour le dialogue, la compréhension interculturelle et le respect, qui sont essentiels pour préparer nos étudiants à la citoyenneté.
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Nous appelons la nouvelle direction à s’engager résolument dans la mise en place d’un cadre intellectuel apaisé qui assurera l’excellence de l’enseignement, favorisant un espace de discussion ouvert et sans tabou, conforme à la mission historique de l’école. Ensemble, engageons-nous à maintenir l’intégrité de notre mission éducative et à naviguer intelligemment dans ces temps troublés.
*Liste des premiers signataires :
Jonathan Aiach, Investisseur Nicole Bacharan, historienne Camille Bedin, Dirigeante d’entreprise Xavier Bendavid, Dirigeant d’entreprise Stéphane Boujnah, Dirigeant d’entreprise Alexandre Chertok, Dirigeant d’entreprise Eric Chol, directeur de la rédaction de L’Express Gilles Constantini, Dirigeant d’entreprise Natalie David-Weill, Autrice Pierre-Henri Dumont, Député du Pas-de-Calais Grégory Edberg, Banquier d’affaires Laura El-Makki, Productrice Frédéric Encel, Maître de conférence David Fitoussi, Investisseur Lisa Fitoussi, Professeur et Dirigeante d’entreprise Caroline Fourest, directrice éditoriale de Franc-Tireur Benjamin Griveaux, entrepreneur Benjamin Haddad, Député de Paris Catherine Hartog, cheffe d’entreprise François Heilbronn, Professeur des Universités Associé Félix Hubin, Dirigeant d’entreprise Philippine Hubin-Charon, Dirigeante d’entreprise Alexandra Jousset, Journaliste Gilles Kepel, Professeur des universités Anna Klarsfeld, Éditrice Mathieu Laine, Dirigeant d’entreprise et écrivain Noëlle Lenoir, Avocate et ancienne Ministre Erwan Le Noan, Dirigeant d’entreprise Samuel Lejoyeux, Étudiant Corinne Lepage, Avocate, ancienne Ministre Antonin Levy, Avocat Déborah Lévy, Dirigeante d’entreprise Yedidia Levy-Zauberman, Dirigeant d’entreprise Grégoire Lucas, Dirigeant d’entreprise Maxime Loth, Étudiant Rasmus Michau, Dirigeant d’entreprise Philippe Moreau-Chevrolet, Consultant Benoit Mournet, Député des Hautes-Pyrénées Benjamin Ostrowka, Dirigeant d’entreprise Jérémie Patrier-Leitus, Député du Calvados et Professeur Pascal Perrineau, Professeur Émérite Sarah Prot, Consultante Robin Rivaton, Dirigeant d’entreprise Louis Robert, Investisseur Simone Rodan-Benzaquen, Directrice associative Karine Rozenblum, Avocate Mathilde Saltiel, Avocate Fabrice Seiman, Investisseur Jonathan Siboni, Dirigeant d’entreprise Alexis Singer, Banquier d’affaires Jean-Baptiste Soufron, Avocat Jean-Michel Steg, Banquier d’affaires Laetitia Strauch-Bonart, Essayiste Pierre-Olivier Sur, Avocat, ancien Bâtonnier du barreau de Paris Laura Terdjman, Avocate Sophie Torlotin, Journaliste Yves Wetzelsberger, Consultant
2. EDITORIAL : Israël-Gaza : une contestation légitime, des dérives inacceptables
Le Monde éditorial
Les protestations d’étudiants en France et aux Etats-Unis, contre un massacre que les puissances occidentales se montrent impuissantes à arrêter, sont légitimes. Mais en réduisant une situation complexe à des mots d’ordre, les « blocages » ne contribuent guère à ce nécessaire débat contradictoire respectueux des sensibilités.
La jeunesse est trop souvent critiquée en raison de son apathie politique pour que l’expression de son indignation face au pilonnage de l’armée israélienne qui a déjà causé la mort de dizaines de milliers de civils palestiniens dans la bande Gaza puisse être, en soi, un objet de réprobation, ou même d’étonnement. Les protestations d’étudiants en France comme, à une tout autre échelle, aux Etats-Unis, contre un massacre que les puissances occidentales, en dépit de leurs exhortations au cessez-le-feu, se montrent impuissantes à arrêter, sont légitimes.
A première vue, ces mouvements évoquent les révoltes estudiantines des années 1960-1970 contre la guerre américaine au Vietnam ou celles qui, un peu plus tard, dénonçaient le régime d’apartheid d’Afrique du Sud. Le parallèle s’arrête cependant assez vite. Les Etats-Unis n’étaient pas visés à domicile par un terrorisme vietnamien, là où Israël riposte aux massacres du 7 octobre 2023. Quant à Yahya Sinouar, le chef du Hamas à Gaza, il est difficilement comparable à Nelson Mandela.
Chacun le sait, après plus de soixante-quinze ans de conflit au Proche-Orient, chaque mot utilisé, chaque référence omise, chaque accusation non anticipée peuvent être perçus par l’« autre » comme une agression, une blessure ou une marque de mépris envers son histoire et ses souffrances. Certes, les accusations d’antisémitisme, manipulables par le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, à la tête d’une coalition de droite et d’extrême droite, dans le but d’empêcher la contestation légitime de sa politique, doivent être considérées avec vigilance. Mais les slogans, minoritaires, entendus dans les rassemblements, en France comme aux Etats-Unis, appelant à la haine des juifs ou pouvant être compris ainsi constituent de terribles régressions.
Les libertés de réunion et d’expression doivent être défendues, non ces débordements intolérables. Que des étudiants juifs, parce qu’ils s’identifient comme tels, puissent se sentir mal à l’aise, voire en danger, dans une université française ou américaine est inacceptable, quelles que soient leurs positions – en réalité très diverses – sur le conflit.
Le rôle central joué par les Etats-Unis dans la guerre à Gaza expose les autorités américaines à une contestation directe. En France, Jean-Luc Mélenchon cherche à exploiter la faiblesse des réactions à la tragédie de Gaza. Mais, en soutenant les appels au « soulèvement » et en attisant la colère des étudiants, le leader de La France insoumise jette de l’huile sur une question inflammable dans un pays qui réunit d’importantes communautés juive et arabe, et fait douter de son sens des responsabilités.
Son choix d’éclipser les thèmes européens qui ne manquent pourtant pas, voire sa propre tête de liste pour les élections du 9 juin, interroge aussi sa prétention à rassembler la gauche. Quant à la droite, elle se montre aussi peu subtile que les dérives qu’elle dénonce, en résumant l’indignation des étudiants à une manifestation du « wokisme » importé des Etats-Unis.
Les universités, pôles de savoirs et d’échanges, devraient être les lieux d’un dialogue argumenté, comme jeudi 2 mai à Sciences Po Paris. En réduisant une situation terriblement complexe à quelques mots d’ordre, les « blocages » ne contribuent guère à ce nécessaire débat contradictoire respectueux de toutes les sensibilités. Mais, s’il traite par la pure répression des étudiants sincèrement révoltés, le gouvernement court le risque de faire le jeu de ceux qui ont intérêt à leur radicalisation.