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J.L. MÉLENCHON : ANTISÉMITISME PAR INSINUATION ET INSULTE PAR DÉFORMATION ? DOSSIER ANTISÉMITISME

Antisémitisme : comment Jean-Luc Mélenchon cultive l’ambiguïté

Titrait Le Monde en janvier qui poursuivait :

« Le fondateur de La France insoumise a multiplié, en dix ans, des propos empruntant aux stéréotypes antisémites. Au point de susciter l’incompréhension jusque dans son camp et, depuis trois mois, de crisper une large partie de l’opinion. »

« Voilà dix ans que les doutes accompagnent les saillies provocatrices de Jean-Luc Mélenchon, depuis qu’il avait accusé Pierre Moscovici, en 2013, de ne « pas penser français », mais « finance internationale ». Une critique qui évoquait un poncif antisémite à travers l’image du banquier juif. Il justifia cette sortie en assurant ignorer la confession de celui qui était alors ministre de l’économie de François Hollande. 

« L’antisionisme, c’est de l’antisémitisme »

« L’ancien Premier ministre regrette notamment les prises de parole polémiques du leader de La France insoumise. « Moi, ce qui m’intéresse ce n’est pas ce qui se passe dans les cerveaux, ce sont les faits, les mots ! Son tweet à l’occasion du déplacement de Yaël Braun-Pivet, la présidente de l’Assemblée nationale, est un tweet antisémite. » Manuel Valls fait ici référence à une déclaration sur X (ex-Twitter) de Jean-Luc Mélenchon, qui accusait Yaël Braun-Pivet de « camper à Tel-Aviv pour encourager le massacre » à Gaza, alors qu’elle se rendait en visite en Israël. » 

Jean-Luc Mélenchon est-il antisémite ? « Oui », selon Manuel Valls

TITRE LE JDF QUI POURSUIT :

« L’ancien Premier ministre a dénoncé, dimanche, des propos et des positions antisémites de la part du leader insoumis et de son camp politique.

« Jean-Luc Mélenchon est-il antisémite ? « Oui », martèle à plusieurs reprises Manuel Valls à Sonia Mabrouk lors du Grand Rendez-Vous diffusé dimanche sur CNews et Europe 1. L’ancien Premier ministre pointe du doigt « une force de gauche […] qui a 22 % à l’élection présidentielle […] et qui tient pour la première fois de manière aussi massive des propos antisémites »

« Manuel Valls a ensuite souligné que « son discours contre Israël […] et son refus de qualifier le Hamas d’organisation terroriste », mais plutôt « d’organisation de résistance » est également, selon lui, une preuve d’antisémitisme. « On est là dans quelque chose de gravissime. L’antisionisme, c’est de l’antisémitisme », a-t-il conclu. »

LA NAUSÉE POUR LES MACRONISTES

 «La nausée, avaut réagi la députée des Yvelines Aurore Bergé. Combattre un adversaire de la République en usant des pires clichés antisémites. Mais qui peut être sincèrement surpris par Jean-Luc Mélenchon qui a depuis longtemps déserté la République et l’universalisme ? C’est un naufrage» VOIR ARTICLE 2

Pour Jean-Luc Mélenchon, l’antisémitisme est un point de détail de l’histoire

TITRAIT L’EXPRESS EN NOVEMBRE 2023 QUI POURSUIVAIT :

« Quelques heures à peine après l’annonce de l’organisation d’une marche contre l’antisémitisme, le leader insoumis s’est rué sur X pour exprimer, dans un message inouï, sa désapprobation. Silence dans les rangs de la gauche. 

« Chut, Jean-Luc Mélenchon crée. Depuis quelques semaines, le voici tout entier dédié à la confection minutieuse d’un nouveau concept pour lequel personne, encore, n’a trouvé de nom. Mardi 7 novembre, le voici qui peaufine son œuvre en un tweet : « Dimanche manif de l »arc républicain » du RN à la macronie de Braun-Pivet. Et sous prétexte d’antisémitisme, ramène Israël-Palestine sans demander le cessez-le-feu. Les amis du soutien inconditionnel au massacre ont leur rendez-vous. » La présidente de l’Assemblée nationale ainsi citée, seule personnalité politique citée, et ces mots ahurissants : « sous prétexte d’antisémitisme ». Trois mots pour jeter le doute sur la réalité du mal. L’antisémitisme … »

Antisémitisme à Sciences Po : Mélenchon évoque un « incident dérisoire »

TITRE LE POINT QUI POURSUIT :

« Le leader de La France insoumise dénonce également des « indignations à géométrie variable » après qu’une étudiante s’est vu interdire l’accès à une conférence pro-palestinienne.

« Sciences Po Paris, au cœur d’une polémique après une mobilisation pro-palestinienne. Des soupçons d’antisémitisme planent sur l’école des élites après qu’une étudiante, membre de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF), s’est vu refuser l’accès à une conférence mardi 12 mars après le blocus de l’amphithéâtre principal. Selon le syndicat, elle a été interdite d’entrer au motif qu’elle est juive. Les organisateurs évoquent des raisons de sécurité.

« Des propos « intolérables et inqualifiables » dénoncés par Emmanuel Macron . Le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a, pour sa part, parlé d’un « incident dérisoire », s’étonnant de la résonance de cette affaire. Il dénonce également des « indignations à géométrie variable ». … »

Jérôme Guedj répond à Jean-Luc Mélenchon : « Je ne suis pas un juif de gauche, je suis un universaliste »

TITRE LE MONDE DU 5 5 24 QUI POURSUIT :

« Le député de l’Essonne a été de nouveau la cible de Jean-Luc Mélenchon qui a fustigé son positionnement dans le conflit au Proche-Orient, le ramenant à sa confession juive. Derrière ces attaques ambiguës, l’ancien proche du leader insoumis perçoit la volonté de s’en prendre au PS et à la tête de liste des européennes, Raphaël Glucksmann. » …

« Le 29 avril, le leader de LFI a publié une tribune dans L’Insoumission, l’un des sites de la galaxie insoumise, dans laquelle il cible son ancien camarade du Parti socialiste (PS) Jérôme Guedj, coupable, selon lui, d’« un recul net » sur le conflit israélo-palestinien. Le député de l’Essonne plaiderait ainsi « pour un “entre-deux” entre génocideurs et prétendu partisans de “l’effacement d’Israël” ».

« Dans ce texte alambiqué d’une grande violence, le septuagénaire met surtout en cause « l’ambiguïté du propos » qui serait « un signe dans son milieu de fanatisme ». Il poursuit en comparant M. Guedj à quelqu’un qui « s’agit[e] autour du piquet où le retient la laisse de ses adhésions ». Avec cette conclusion : l’élu aurait « renié les principes les plus constants de la gauche du judaïsme en France »…. »

Jean-Luc Mélenchon ou le parti de l’insulte

VOIR ARTICLE 3

Extrait : « En sombrant dans les invectives, les bannissements, les fureurs méprisantes, Jean-Luc Mélenchon, qui fut grand, ne fait pas que se perdre ; il entraîne la gauche tout entière, estime notre éditorialiste. Il inflige cette régression implacable à tous ceux qui se battent pour échapper à l’extrême-droite mais ne veulent plus d’union sous sa férule acariâtre. Dans son cabotage et cabotinage sinistre, ce sont toutes les forces de progrès que le vieux timonier naufrage. »

DES RESPONSABILITÉS PARTAGÉES

VOIR NOS PUBLICATIONS ANTÉRIEURES – DOSSIER :

ANTISÉMITISME ET DÉTESTATION DE L’OCCIDENT – PARLER ENFIN DE L’ISLAMO-GAUCHISME https://metahodos.fr/2023/10/22/aura-t-on-enfin-le-droit-de-parler-dislamo-gauchisme/

NOMMER LE TERRORISME – LFI HORS DES LIGNES – FERMETÉ CHEZ 86 % DES FRANÇAIS https://metahodos.fr/2023/10/12/86-des-francais-en-faveur-du-demantelement-des-partis-et-associations-qui-soutiennent-le-terrorisme-islamique/

LFI ET LE « BRAQUAGE À L’AMÉRICAINE » DE SCIENCES-PO https://metahodos.fr/2024/05/05/lfi-et-le-bracage-a-lamericaine/

CAMPAGNE ÉLECTORALE ET UNIVERSITÉ : MELENCHON À SCIENCES PO, MACRON À LA SORBONNE – MAJ DES 27 04 24 ET 06 05 24 : L’ARCOM INTÈGRE LE DISCOURS DE MACRON DANS LA CAMPAGNE. https://metahodos.fr/2024/04/29/campagne-electorale-et-universite-melenchon-a-sciences-po-macron-a-la-sorbonne-maj-27-04-24-larcom-va-statuer/

« ISLAMO-GAUCHISME » – « L’ ANTISÉMITISME LATENT DE LA GAUCHE FRANÇAISE ? » – https://metahodos.fr/2023/10/14/mise-a-jour-du-14-10-2023-l-antisemitisme-latent-de-la-gauche-francaise-point-de-vue-islamophobe-gauchisme/

LE CARBURANT DU RACISME ET DE L’ANTISÉMITISME https://metahodos.fr/2023/11/14/le-carburant-du-racisme-et-de-lantisemitisme/

ISRAËL / HAMAS : LA DIPLOMATIE « PERDUE » ET L’ « AMBIVALENTE » ACTION CONTRE L’ANTISÉMITISME – 15 POSTURES ET 7 EN ^M TEMPS – MAJ 15 11 23
MISES À JOUR DES 14 & 15 11 23 
https://metahodos.fr/2023/11/15/israel-hamas-la-diplomatie-perdue-et-l-ambivalente-action-contre-lantisemitisme-15-postures-et-7-en-m-temps-maj-15-11-23/

LA GRANDE MARCHE FRAGILISÉE PAR LES BARGUIGNAGES DE L’EXÉCUTIFhttps://metahodos.fr/2023/11/10/la-grande-marche-menacee-par-les-barguignages-de-lexecutif/

LAMENTABLES POLÉMIQUES AUTOUR DE LA MARCHE CIVIQUE DE DIMANCHE : FAVORISÉES PAR L’AMBIVALENCE ET LE NON SOUTIEN PRÉSIDENTIEL. ( https://metahodos.fr/2023/11/09/lamentables-polemiques-autour-de-la-marche-civique-de-dimanche-favorisees-par-lambivalence-et-le-non-soutien-presidentiel/

1. ARTICLE – Jean-Luc Mélenchon, l’antisémitisme en pente douce

Laurent Sagalovitsch – 26 avril 2024 [BLOG You Will Never Hate Alone] SLATE

En se référant à Adolf Eichmann, Jean-Luc Mélenchon verse de plus en plus dans une sorte d’antisémitisme particulièrement sournoise.

Temps de lecture: 3 minutes

Jean-Luc Mélenchon n’est pas antisémite. Pas encore du moins. Mais force est de reconnaître que de jeux de mots douteux en comparaisons encore plus douteuses, de déclarations intempestives en admonestations surjouées, il glisse de plus en plus vers une posture où son ressentiment envers Israël, et en corollaire le peuple juif, s’apparente à une obsession, de celles qui précisément nourrissent l’antisémitisme.

On comprend bien que dans une tentative d’élargir son électorat à la population de confession ou filiation musulmane, il entend dans le même mouvement diaboliser Israëltout en fraternisant avec la cause palestinienne. On dira que c’est de bonne guerre. Sauf que pour arriver à ses fins, il use d’un langage, d’une rhétorique qui ressemble à s’y méprendre à celle souvent présente sur les réseaux sociaux, à savoir le recours à un registre linguistique où, entre les lignes, on devine un reproche constant fait au juif.

Aux yeux de l’extrême gauche, le juif, par un tour de passe-passe qui force l’admiration, a cessé d’être une victime pour devenir à la fois un suppôt du capitalisme et en même temps, l’image même du colonisateur. Le juif devient ainsi celui qui spolie les terres des Palestiniens, tout en appauvrissant les classes populaires par sa mainmise supposée sur les places financières.

Dans sa recherche constante d’une cause à défendre, d’un embrasement de l’histoire qui permettrait au chaos de se répandre en mettant en péril le processus démocratique prélude à une prise du pouvoir, Jean-Luc Mélenchon et ses acolytes semblent choisir délibérément la figure du juif pour tenter de déstabiliser la société française. Le juif devient ainsi l’objet de tous les fantasmes, l’incarnation d’une puissance occulte responsable de tous les maux de la terre.

Évidemment, le juif n’est jamais vraiment désigné comme juif. On sait se tenir. Par souci de sauver les apparences, on préfère lui attribuer les traits de l’Israélien et par ricochet de tous ceux qui soutiennent l’État hébreu, au nombre duquel évidemment, pour des raisons aussi identitaires qu’existentielles, le juif hexagonal ou mondialiste. Ainsi se met en place toute une dialectique où le juif, cessant d’être l’individu disruptif par qui l’esprit révolutionnaire pouvait jadis se propager, devient l’incarnation même de la puissance de l’argent, de l’information, de tout ce réseau prompt à jouer l’État contre le peuple, les dominants contre les dominés.

Comment s’enchevêtrent le racisme et l’antisémitisme aujourd’hui

Quand Jean-Luc Mélenchon comparel’attitude du président de l’université de Lille à celle d’Adolf Eichmann, d’une manière délibérée et par un renversement des valeurs cette fois tout à fait abject, dans le clair-obscur d’une langue qui entretient à escient la confusion, il renvoie encore la responsabilité de son ostracisme sur la communauté juive. S’il prend le risque de se référer à Eichmann, c’est qu’il sait pertinemment que dans la conscience collective, son nom se trouve être lié au sort de la communauté juive pendant la Seconde Guerre mondiale.

Or, qu’entend-on ici et là, dans la floraison des reproches adressés à l’État d’Israël? Que ce dernier agit précisément vis-à-vis de la population palestinienne comme naguère les nazis avec les juifs, ignoble comparaison qui à elle seule devrait valoir à ceux qui l’utilisent sinon une peine de prison, du moins une mise au ban de la société civile. Il n’empêche, ce discours porte auprès de certains. Il entretient une confusion entre bourreaux et victimes qui, dans le brouillard de la pensée, rend légitime et appropriée la haine du couple juif/israélien.

D’un coup de baguette magique, par la transcendance du verbe mélenchonien, Eichmann en vient à épouser la cause de ceux qu’il a participé à exterminer, un tour de force linguistique qui dit jusqu’où Jean-Luc Mélenchon est prêt à aller pour rallier à lui le plus grand nombre de suffrages. D’autant plus que ce n’est pas la première fois que le leader des insoumis utilise pareil artifice. Quand il reprochait à Yaël Braun-Pivet de camper à Tel Aviv, que disait-il d’autre sinon que désormais l’extermination était l’affaire de ceux qui avaient eu à la subir dans leur chair.

Ainsi, de reculades en glapissements outranciers, Jean-Luc Mélenchon glisse doucement mais sûrement vers une forme d’antisémitisme particulièrement sournoise. Non plus l’antijudaïsme chrétien ou le préjugé racial, mais la mise en avant d’une idéologie où sinon le juif lui-même, du moins tous ceux qui se rangeraient à ses côtés, par étapes successives, viendraient à se nazifier.

Encore un effort, et Mélenchon se considérera lui-même comme un juif, un vrai yid, le juif véritable, le juif vénérable, le juif authentique, celui destiné à souffrir sans jamais se faire entendre.

Mazel Tov, Jean-Luc!

2. ARTICLE – Après des propos polémiques, Mélenchon accusé d’antisémitisme

En expliquant qu’Eric Zemmour n’est pas antisémite car «il reproduit beaucoup de scénarios culturels» conservateurs liés au judaïsme, le patron des insoumis s’est attiré les foudres d’une partie de la classe politique. Il a reconnu s’être «mal exprimé». 

Sacha Nelken 29 octobre 2021 LIBÉRATION

Jean-Luc Mélenchon qui rétropédale (même un peu) c’est rare. C’est dire la polémique dans laquelle s’est fourré le leader de la France insoumise. En expliquant, jeudi sur BFM TV que le potentiel candidat, condamné pour incitation à la haine raciale Eric Zemmour n’est, selon lui, pas antisémite car «Il reproduit beaucoup de scénarios culturels [du judaïsme]» que sont «on ne change rien à la tradition, on ne bouge pas, oh mon dieu la créolisation quelle horreur…» – des «traditions qui sont beaucoup liées au judaïsme» selon lui – le député des Bouches-du-Rhône s’est attiré les foudres d’une grande partie de la classe politique. Sur les réseaux sociaux, la sortie de Mélenchon qui semble expliquer que le conservatisme serait inhérent à la religion juive passe mal. Beaucoup ont accusé l’ancien ministre de Jospin d’antisémitisme.

Au premier rang desquels les macronistes qui n’ont pas tardé à pilonner un Mélenchon qu’ils accusent régulièrement de ne plus être en phase avec la République. «La nausée, a rapidement réagi la députée des Yvelines Aurore Bergé. Combattre un adversaire de la République en usant des pires clichés antisémites. Mais qui peut être sincèrement surpris par Jean-Luc Mélenchon qui a depuis longtemps déserté la République et l’universalisme ? C’est un naufrage». Pour le patron des députés macronistes Christophe Castaner, Mélenchon «avec ces propos aux références les plus abjectes, a franchi les dernières limites». Et de poursuivre : «Rien, jamais, ne justifie de sombrer dans l’antisémitisme». Côté extrême droite, le député européen Gilbert Collard estime, quant à lui, «que le pire du pire [venait] d’être dit».

A gauche aussi certains n’ont pas manqué de réagir. Et notamment Fabien Roussel le patron des communistes dont le parti s’était rangé derrière Mélenchon lors des deux dernières présidentielles de 2012 et 2017 : «Stop à la banalisation des Zemmour et consorts qui défendent des thèses racistes et antisémites, qui réhabilitent Pétain, Papon, qui portent un projet de société qui exclut en fonction de ses origines, de sa religion, de son sexe !» a développé le député du Nord sur Twitter, sans cibler néanmoins nommément le patron de LFI.

Pour tenter d’éteindre l’incendie, les proches de Jean-Luc Mélenchon ont inondé les réseaux sociaux de vidéos prouvant que leur leader n’est pas antisémite : Mélenchon qui s’en explique en face-à-face avec Hanouna en février dernier, Mélenchon à l’Assemblée qui prononce un discours universaliste ou Mélenchon en train de manifester en hommage à une femme juive tuée «par des barbares». Des messages tous ponctués du même hashtag : #MelenchonBashing. Pour LFI, cette polémique n’est rien d’autre qu’un prétexte pour attaquer le candidat à la présidentielle. «Ras-le-bol que pour des motifs politiciens, le #MelenchonBashing soit permanent sur ce thème» est monté au créneau le responsable numérique du parti Antoine Léaument.

Jean-Luc Mélenchon ne dit d’ailleurs pas autre chose. Dans un long message diffusé sur les réseaux sociaux titré «ENCORE ! ANTISÉMITISME ET ZEMMOURISME : LA NAUSÉE» le député des Bouches-du-Rhône dénonce une nouvelle cabale contre lui. «Encore et encore. À chaque occasion l’accusation d’antisémitisme revient comme une accusation contre moi par les mêmes haineux» s’énerve-t-il. «On m’attribue que j’aurais situé l’origine des idées d’extrême droite de Zemmour dans le judaïsme. C’est une stupidité !» embraye-t-il ensuite. Sans toutefois s’excuser pour ses propos, Mélenchon reconnaît s’être «mal exprimé puisqu’[il] a donné prise à des interprétations qui sont au contraire de ce qu’[il] pense.». Un semblant de mea culpa rarissime pour le chef des insoumis.

3. ARTICLE – Jean-Luc Mélenchon ou le parti de l’insulte

Par Nicolas Domenach CHALLENGES

En sombrant dans les invectives, les bannissements, les fureurs méprisantes, Jean-Luc Mélenchon, qui fut grand, ne fait pas que se perdre ; il entraîne la gauche tout entière, estime notre éditorialiste. Il inflige cette régression implacable à tous ceux qui se battent pour échapper à l’extrême-droite mais ne veulent plus d’union sous sa férule acariâtre. Dans son cabotage et cabotinage sinistre, ce sont toutes les forces de progrès que le vieux timonier naufrage.

« Qui s’affecte d’une insulte s’infecte », dit le proverbe. On ne devrait donc pas s’émouvoir des injures, fussent-elles en avalanche, de Jean-Luc Mélenchon et de ses « sicaires » envers leurs anciens camarades socialistes et communistes, ou même contre les serviteurs de l’Etat, pour le coup présidents d’université. Pire que Georges Marchais autrefois, le patriarche de LFI ne cesse d’en rajouter dans la violence verbale où l’excès le dispute à la haine. Ce qui est excessif étant réputé insignifiant, nous pourrions être tentés de faire l’impasse sur les saillies vulgaires dont il s’impose comme maître étalon. Après tout, c’est faire le jeu de Mélenchon que de reprendre et commenter sans fin ses débordements verbaux qu’il serait facile d’attribuer à des excès d’humeur provoqués par son isolement croissant.

Une telle hostilité hargneuse mérite cependant qu’on aille au-delà des explications psychologisantes que pourrait appeler la dérive crépusculaire d’un homme qui fut de grand talent mais qui, avec ce qu’il en reste, semble vouloir entraîner toute la gauche dans son naufrage. Pour le seul bénéfice de Marine Le Pen.

Leader en délire

Après que Jean-Luc Mélenchon eut comparé le président de l’université de Lille au… Nazi maître d’œuvre de la Shoah Adolf Eichmann pour lui avoir refusé de tenir ce qu’il appelait une « conférence » et qui était en réalité un meeting, on pourrait tenir pour « légère » vitupération son ultime mise en cause des socialistes et, en particulier, du député PS Jérôme Guedj. Ce dernier fut un de ses très proches, autrefois, son assistant parlementaire, et un acteur majeur de la NUPES autour des Insoumis en dépit de l’impérialisme que ceux-ci manifestaient. Mais les termes employés envers Guedj par le leader en délire sont non seulement cruels, mais insultants et haineux.

Voilà qu’il renvoie son ex-camarade à son origine juive, en lui reprochant « de couiner » et de « s’agiter autour du piquet où le retient la laisse de ses adhésions ». Un chien donc, à qui il impute encore « son milieu de fanatisme ». Et de retourner contre lui l’accusation de communautarisme décrétant que « pour des générations, ces socialistes qui ont renié les principes les plus constants de la gauche et du judaïsme (…) seront ceux qui ont couvert un génocide ».

Tout juste s’ils ne le perpétuent pas eux-mêmes ce « génocide » dont Jean-Luc Mélenchon martèle l’évidence, comme si cela devait en faire une vérité — ce que les horreurs de Gaza ne sont pas ni juridiquement ni historiquement ! Et d’en rajouter, plus ex-communicateur que jamais : « dans quelques mois, le PS n’osera plus s’appeler PS tant cette dernière couche d’infamie a ressuscité toutes les autres et lui vaut le dégoût de tous ceux à qui il a rendu la vie impossible dans ce pays ». Difficile de se montrer plus injurieux !

Raphaël Glucksmann, cible favorite

L’hostilité hargneuse ainsi manifestée prend tout son sens si on y ajoute l’agressivité dont le patriarche des Insoumis a fait preuve précédemment contre Raphaël Glucksmann traité de « menteur ». La tête de liste PS-Place publique aux élections européennes, après avoir été brutalement éjectée d’une manifestation unitaire du 1er mai à Saint-Etienne, avait accusé les Insoumis et Jean-Luc Mélenchon d’avoir pris une part prépondérante dans cette agression comme dans la brutalisation du débat en général. Voilà qui était documenté d’ailleurs, de façon concrète, par un ancien candidat suppléant Insoumis aux élections législations qui se déclarait « fier » de sa participation à cette éviction.

Cela fait déjà plusieurs semaines que Raphaël Glucksmann est devenu la cible numéro 1 et les mélenchonistes n’hésitent pas là non plus à touiller abondamment un fond nauséabond. Ceux-là l’ont accusé d’être un « va-t’en guerre », puis ils ont remaquillé son passé en « libéral traître » et, plus récemment, en complice actif des atrocités de Gaza. Accusations allant crescendo au fur et à démesure de sa montée dans les sondages. Sur internet, c’est quasiment devenu une « chasse au Glucksmann » avec plus que des relents antisémites.

La conflictualisation permanente

Si la meute insoumise se mobilise ainsi, c’est bien qu’il y a plus que des humeurs aigres ; une volonté politique, toujours la même d’ailleurs : conflictualiser, y compris avec ceux comme Jérôme Guedj qui comptaient parmi les plus proches. Cette stratégie de l’affrontement systématique ne passe plus par les urnes, mais par le chaos. « La révolution » avec le concours des « nouveaux damnés de la terre », c’est-à-dire « les enfants des banlieues », rêve la troupe de Mélenchon.

Cette stratégie de « la bordélisation maximale », matinée de complaisance islamiste, profite à Raphaël Glucksmann qui, selon les sondages, récupère 29 % de ses électeurs parmi ceux qui ont voté Mélenchon lors de la dernière présidentielle 2022. Mais, plus encore, elle bénéficie au tandem Bardella-Le Pen pour qui Mélenchon est « l‘idiot utile ».

L’extrême droite se frotte les mains

La hargne débridée des Insoumis par contraste rehausse de civilité l’extrême droite encravatée. Jordan Bardella peut « caracoler en tête » de la campagne européenne comme le disent les chroniqueurs hippo-politiques. Sans être décoiffé, ni perdre jamais son sourire. Il est une surface de projection lisse, parfaite pour tous ceux qui veulent voter contre Emmanuel Macron sans risque, croient-ils. Ceux-là ne voteront pas Mélenchon car il fait peur.

Immigration : c’est officiel, le cœur du projet du RN est contraire à la Constitution

Il fait peur jusque dans son camp où s’affairent ceux qui voudraient le remplacer, tels les députés Clémentine Autain et François Ruffin. Mais n’osent pas — pas encore ?- le prendre de face tant ils redoutent encore la tonitruance ravageuse de l’ancien. Car il manie toujours le feu de la foudre oratoire. Le plus grave ? En sombrant dans les invectives, les bannissements, les fureurs méprisantes, Jean-Luc Mélenchon, qui fut grand, ne fait pas que se perdre ; il entraîne la gauche tout entière. Il inflige cette régression implacable à tous ceux qui se battent pour échapper à l’extrême droite mais ne veulent plus d’union sous sa férule acariâtre. Dans son cabotage et cabotinage sinistre, ce sont toutes les forces de progrès que le vieux timonier naufrage.

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