
PRÉCÉDENTE PUBLICATION DE METAHODOS
AIDE À MOURIR – UNE PROMESSE (122) PRÉSIDENTIELLE SANS CONTRÔLE
COMMENTAIRES D’EMMANUEL HIRSH SUR L’ARTICLE CI CONTRE
Loi relative aux fins de vie : éviter les excès d’une instrumentalisation idéologique est-ce encore possible ?
Les dérives qui dénaturent le projet de loi présenté en Conseil des ministre le 10 avril et discuté à l’assemblée nationale depuis le 27 mai , sont révélatrices de la difficulté de considérer l’aide à mourir comme objet d’un arbitrage politique qui permettrait d’éviter les excès d’une instrumentalisation idéologique.
Si elle s’imposait comme notre urgence immédiate, la reconnaissance d’un nouveau droit, d’une liberté qui nous aurait été refusée jusqu’à présent – celle de pouvoir mettre fin à sa vie sous contrôle médical – devait intervenir dans le cadre d’une conscience et d’une exigence politiques d’une tout autre nature que les controverses provoquées par les équivoques du gouvernement dans la rédaction du texte de loi et dans ses positions au regard d’amendements qui défient ses engagements initiaux.
Le modèle voulu par le président de la République, risque d’aboutir à celui d’une loi impuissante à encadrer, incitant plutôt à renoncer aux valeurs et aux principes qui auraient pu justifier une autre approche de l’humanisme de l’engagement soignant, dans des circonstances de souffrances très exceptionnelles parfaitement identifiées.
À l’épreuve des évolutions débridées suscitées par la conception insatiable d’une liberté radicalisée, défendue et promue dans le texte en discussion, il n’est pas possible d’affirmer que l’évolution législative ne produira pas une rupture profonde dans ce qu’est l’éthique de l’engagement soignant et au-delà de l’éthique de notre démocratique. Confondre l’accompagnement dans le cadre d’une approche humaniste palliative avec l’aide médicale active à mourir c’est provoquer volontairement une confusion là où l’esprit de rigueur s’imposait.
Selon l’argumentation développée dans le projet de loi actuel, notre spécificité sera d’assimiler droits des malades, soins palliatifs et aide active à mourir dans la continuité d’une même démarche. Comme si respecter les droits fondamentaux de la personne, lui témoigner la sollicitude de soins de vie jusqu’à sa mort, relevait d’une cohérence aboutissant à pratiquer, à sa demande, un acte létal.
Il ne s’agit plus d’opposer la culture euthanasique à la culture palliative, une controverse me semble-t-il dépassée même si ce qui les distingue concerne une certaine idée de nos devoirs d’humanité. Il est tendancieux d’affirmer que l’évolution législative envisagée parviendra au même respect des droits des personnes sollicitant l’euthanasie ou le suicide assisté et alternativement au droit dit universel de bénéficier des soins palliatifs.
Ce témoignage de respect est d’une signification et d’une conséquence différence si d’une part il s’agit d’aide à mourir et d’autre d’aide à vivre sa vie jusqu’à son terme.
ARTICLE – Fin de vie : un projet de loi qui divise
Publié le 27/05/2024 France 2 – M. Martel, J. Benzina, J. Mimouni, Z. Berkous, S. Soltani, M. Dana, P. Lagaune, J-F. Lons, J. Cohen-Olivieri
Les députés ont entamé, lundi 27 mai, l’examen du projet de loi sur l’aide à mourir. Le texte a déjà été modifié en commission spéciale de l’Assemblée et ouvre le droit à un plus grand nombre de malades. Il fait toutefois débat.
Demander à mettre fin à ses jours lorsque la douleur n’est plus supportable ou lorsqu’il n’y a plus d’espoir de guérison : l’aide à mourir est examinée à partir du lundi 27 mai par les députés. Il y aurait cinq conditions pour y recourir : être majeur et avoir toutes ses facultés mentales, souffrir d’une maladie incurable en phase avancée ou terminale, et la souffrance doit être jugée insupportable.
Mais l’un des critères fait débat, car la première version du texte a été remaniée. Initialement, le patient devait être atteint d’une « affection grave et incurable engageant son pronostic vital à court ou moyen terme ». Une « affection grave et incurable en phase avancée ou terminale” est désormais nécessaire.
Des discussions jusqu’au 11 juin
Les opposants à ce projet de loi jugent le nouveau critère trop vague. Autre point de crispation : qui administre le produit létal ? À l’origine, cela devait être le patient, sauf s’il n’était pas en capacité de le faire. Désormais, il pourrait demander dans tous les cas à un soignant ou à un proche de l’assister. Les défenseurs du droit à mourir saluent, eux, une avancée. Les députés ont jusqu’au 11 juin pour trouver un accord sur la réforme.