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NOUVEL ARTICLE : Un bilan boursier peu flatteur pour Emmanuel Macron
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L’économie française a progressé 3 fois moins vite que la dette publique
« L’économie française a progressé 3 fois moins vite que la dette publique depuis 1997, dénonce notre chroniqueur Marc Touati, président d’ACDEFI, qui s’attend par ailleurs à une retombée en récession de l’Hexagone. » VOIR ARTICLE CI CONTRE
UN PIB DOPÉ PAR LE DÉFICIT RT LA DETTE
« Oui, vous ne rêvez pas : pour obtenir – depuis début 2020 – une hausse du PIB en valeur de 419,4 milliards d’euros, l’Etat français au sens large a augmenté sa dette de 773,6 milliards d’euros ! » id
« Depuis le troisième trimestre 2017, le grand écart entre ces deux variations donne également le vertige :
+904,3 milliards d’euros pour la dette publique, contre + 560,3 milliards d’euros pour le PIB en valeur, de quoi souligner que l’inefficacité de la dette publique (c’est-à-dire sa faible capacité à générer du PIB) s’est fortement accentuée depuis trois ans. »
« A l’évidence, il aurait été difficile de faire pire ! » if
UNE DÉGRADATION CONNUE DE L’EXÉCUTIF ET BIEN ANTÉRIEURE À LA DISSOLUTION
« Encore plus grave, l’indice INSEE du climat de l’emploi s’est littéralement effondré en juin, passant de 102,6 à 99,8, retombant par là même en zone de destructions d’emploi. »
« Cette baisse inévitable du PIB français se traduira immanquablement par une augmentation du chômage, mais aussi des déficits publics et de la dette… » if
L’ALLEMAGNE A FAIT LE CONTRAIRE
« A titre de comparaison, il faut savoir qu’en Allemagne, de 2007 à la fin 2023, la dette publique a augmenté de 64,1% alors que le PIB en valeur a progressé de 70,4%. » if
« L’économie française connaît un début d’année plus poussif que prévu »
TITRAIENT LES ECHOS EN MARS QUI POURSUIVAIENT : Pénalisée par les effets de la hausse des taux d’intérêt et les difficultés de l’industrie, l’activité économique devrait continuer à stagner au premier trimestre en France, selon la nouvelle note de conjoncture publiée par l’Insee ce jeudi. Elle rebondirait ensuite de 0,3 % au printemps.
L’économie française va mettre du temps à sortir de sa léthargie. Dans une note de conjoncture publiée ce jeudi et intitulée de façon explicite – « La reprise se fait attendre » -, l’Insee dévoile en effet un scénario un peu différent de celui qu’il avait présenté en décembre dernier.
L’activité économique devrait stagner au premier trimestre, puis rebondir de 0,3 % au cours des trois mois suivants, alors qu’une hausse du PIB de 0,2 % était prévue pour chacun des deux trimestres.
La croissance ne serait pas très différente sur le semestre, soulignent les experts de l’institut de la statistique, qui ont aussi révisé à la hausse la croissance au quatrième trimestre 2023, à +0,1 %, au lieu de 0.
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« La France va-t-elle provoquer une crise mondiale ? »
TITRAIT CAPITAL EN FÉVRIER QUI POURSUIVAIT : L’économiste, Marc Touati, président du cabinet ACDEFI, se félicite du «retour sur terre», de Bruno Le Maire qui vient de réviser la croissance française à la baisse. Mais selon lui, le diagnostic doit être bien plus profond encore…
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VOIR NOTRE PUBLICATION D’IL Y A QUELQUE SEMAINES :
LES MARGES DE MANŒUVRE FINANCIÈRES DE LA PROCHAINE MAJORITÉ PARLEMENTAIRE SONT NULLES, TANT LA SITUATION BUDGÉTAIRE S’EST AGGRAVÉE –
NOUVEL ARTICLE :
Un bilan boursier peu flatteur pour Emmanuel Macron
Sébastien Thiboumery Contrepoints
Emmanuel Macron se complaît à brocarder les programmes économiques du Front populaire et du RN pour mieux les disqualifier : « on est chez les fous ». Le président a même déclaré récemment : « ce sont des programmes qui n’ont soit pas d’honnêteté politique, soit qui font porter un très grand danger, pas seulement à l’économie française et à ses taux d’intérêt, mais je crois à nos compatriotes, contribuables, épargnants ».
Une idée largement répandue voudrait qu’Emmanuel Macron serait meilleur pour attirer les investisseurs. Certes, la réforme de la fiscalité du capital au début de son premier quinquennat, avec la mise en place du prélèvement forfaitaire unique (PFU) a baissé le taux moyen d’imposition des actionnaires. Mais ces derniers se sont-ils enrichis durant les sept années de présidence d’Emmanuel Macron ?
Prenons l’exemple d’un actionnaire français ayant investi 100 euros au moment de l’élection d’Emmanuel Macron (performances du 5 mai 2017 au 21 juin 2024)IndiceGain pour l’actionnairePerformance (%)DAX143 euros43 %CAC 40140 euros40 %MSCI EMU127 euros27 %MSCI EMU Small Cap123 euros23 %CAC Mid & Small99 euros-1 %
Deux constats s’imposent.
Le premier est que le CAC 40 (indice des 40 plus grandes valeurs françaises) a monté de 40 % sur la période, ce qui est une bonne performance, mais légèrement plus faible que le DAX (indice allemand).
Le deuxième est que les cinq plus grandes valeurs de l’indice CAC 40 sont des entreprises internationales réalisant plus de 90 % de leur chiffre d’affaires à l’international. Par conséquent, ces entreprises ayant leurs principaux débouchés en dehors de France, leurs performances boursières sont peu représentatives de la performance de l’économie française. Poids (en %) dans le CAC 40Chiffre d’affaires (en %) en FranceLVMH10 %8 %Total9 %5 %Schneider7 %6 %L’Oréal6 %6 %Sanofi6 %3 %
Il est donc plus intéressant de regarder la performance des plus petites valeurs avec le CAC Mid & Small qui est un indice boursier français composé de capitalisations boursières de l’univers des PME. Parmi les cinq premières valeurs de l’indice figure notamment des titres comme Spie (38 % des ventes en France), leader européen des services multi-techniques dans les domaines de l’énergie et des communications, et Elis (31 % des ventes en France), spécialisée dans le domaine du nettoyage et de l’hygiène.
La performance du CAC Mid & Small a été de -1 %. Certes, une part de la sous-performance s’explique par le fait que le segment des petites valeurs a davantage souffert que celui des grandes valeurs (avec la préférence des investisseurs pour la liquidité en phase de resserrement monétaire). Cependant, le MSCI EMU Small cap (qui suit les petites capitalisations des pays de l’Union économique et monétaire européenne) a monté de 23 %, battant largement l’indice français.
En conclusion, la perception qu’Emmanuel Macron a réalisé une bonne politique économique ne s’est pas reflétée par davantage de création de richesse pour l’actionnaire en actions domestiques françaises. Au contraire, ce dernier s’est appauvri. Heureusement pour notre président, contrairement aux États-Unis, la performance de la Bourse n’influe pas sur le cours des élections.
2. ARTICLE / Croissance : «l’économie française continue de sombrer… et la dette publique de flamber»
CAPITAL Marc Touati Economiste et président du cabinet ACDEFI. Publié le 29/06/2024
L’économie française a progressé 3 fois moins vite que la dette publique depuis 1997, dénonce notre chroniqueur Marc Touati, président d’ACDEFI, qui s’attend par ailleurs à une retombée en récession de l’Hexagone.




Comme cela était malheureusement prévisible, la dette publique française a atteint un nouveau sommet historique au premier trimestre 2024. En l’occurrence, 3 159,7 milliards d‘euros, soit 110,7% du PIB. Depuis le début 2020, notre dette publique a ainsi explosé de 773,6 milliards d’euros ! Et tout ça pour quoi ? Pour une hausse du PIB de 419,4 milliards d’euros, inflation comprise ! Oui, vous ne rêvez pas : pour obtenir une hausse du PIB en valeur de 419,4 milliards d’euros, l’Etat français au sens large a augmenté sa dette de 773,6 milliards d’euros !
Il manque donc 354,2 milliards d’euros ! Depuis le troisième trimestre 2017, le grand écart entre ces deux variations donne également le vertige : +904,3 milliards d’euros pour la dette publique, contre + 560,3 milliards d’euros pour le PIB en valeur, de quoi souligner que l’inefficacité de la dette publique (c’est-à-dire sa faible capacité à générer du PIB) s’est fortement accentuée depuis trois ans.
A l’évidence, il aurait été difficile de faire pire !
À lire aussi : Bourse : gare à une récession et à un krach, selon de grands investisseurs
En 27 ans, la dette publique a augmenté 3 fois plus que l’économie française
Piètre consolation, cette inefficacité n’est pas nouvelle. Ainsi, depuis 1997, la dette publique a augmenté de 153,9%, tandis que le PIB en valeur n’a progressé que de 52,4%, soit un rapport de 1 à 3 ! A titre de comparaison, il faut savoir qu’en Allemagne, de 2007 à la fin 2023, la dette publique a augmenté de 64,1% alors que le PIB en valeur a progressé de 70,4%. De quoi montrer qu’augmenter le PIB plus que la dette publique, c’est tout à fait possible. Malheureusement, la France ne s’est pas engagée sur cette voie. Encore plus grave, à l’instar du caractère récessif de l’augmentation de la pression fiscale (cf. ma chronique de la semaine dernière), l’augmentation effrénée de la dette publique n’a absolument pas permis d’augmenter la croissance structurelle de l’économie française, puisque c’est évidemment l’inverse qui s’est produit.
Le taux de chômage risque de continuer à monter, pesant ainsi sur l’économie française
Mais ce n’est malheureusement pas tout ! En effet, alors que les prix à la consommation continuent d’augmenter, notamment dans le domaine alimentaire, les perspectives d’activité ont fortement baissé en juin. Ainsi, les indices INSEE du climat des affaires et ceux des directeurs d’achat sont sans équivoque : le glissement annuel du PIB français va redevenir négatif dès le deuxième trimestre 2024 et aussi certainement au cours du trimestre suivant.
Encore plus grave, l’indice INSEE du climat de l’emploi s’est littéralement effondré en juin, passant de 102,6 à 99,8, retombant par là même en zone de destructions d’emploi. Dans ce cadre et comme le montre le graphique ci-dessous, le taux de chômage de catégorie A pourrait très vite remonter au-delà des 8,0%, contre 7,5% actuellement et 7,1% au début 2023. Là aussi, la promesse de plein-emploi s’est évaporée comme une flaque d’eau en pleine canicule.
La France est en train de retomber en récession
De plus, en juin, l’indice INSEE de confiance des ménages a continué de reculer. Avec un niveau de 89,4, il reste similaire aux planchers observés lors de la pandémie de Covid 19 et lors de la crise des gilets jaunes. En outre, déjà bien faible, l’indice INSEE relatif aux perspectives d’achat des ménages est reparti à la baisse en juin, indiquant que les soldes risquent de connaître une grave déconvenue. Dans ce cadre, il ne faut pas se voiler la face : la France est bien en train de retomber en récession. Et la crise politique qui sévit depuis le 9 juin ne va évidemment pas arranger la situation.
À lire aussi : L’économie française «fonce-t-elle vers une crise grecque puissance dix ?»
Risques haussiers sur les taux à long terme et baissiers sur les profits des entreprises… La Bourse accuserait le coup
Cette baisse inévitable du PIB français se traduira immanquablement par une augmentation du chômage, mais aussi des déficits publics et de la dette… Dans ce cadre, les taux d’intérêt des obligations d’Etat français vont encore nettement augmenter, entraînant les taux d’intérêt de l’ensemble des crédits (aux ménages et aux entreprises) dans leur sillage. Pour l’instant relativement sereins face à la crise politique et au retour de la récession en France, la Bourse (CAC 40) finira forcément par en prendre ombrage. Quant à notre épargne, elle demeure menacée par tous ces excès mais aussi par la tentation toujours très forte de l’Etat français d’augmenter encore les impôts et taxes qui pèsent sur l’épargne et le patrimoine des Français. Il faut donc rester vigilants.
Marc Touati, économiste, président du cabinet ACDEFI, auteur de 8 best sellers économiques, dont RESET II – Bienvenue dans le monde d’après, sorti en septembre 2022.