
CURIEUSE CONCEPTION DES AFFAIRES COURANTES ( REPOUSSÉES )
Le ministre de l’Economie s’empresse d’abaisser le taux du Livret d’épargne populaire (LEP) de 5% à 4%.
Rappelons que les Français ont placé le pouvoir d’achat en principale priorité ( notamment en votant pour les candidats que l’on exclue de l’arc républicain : INSOUMIS ET RN )
Le ministre suit ainsi les recommandations du gouverneur de la Banque de France qui lui même s’est empressé de faire sa proposition, en même temps qu’il fait campagne dans la presse contre le programme du NFP.
LES 18 millions de Français les plus modestes touchés
Après avoir culminé à 6% en 2023, le taux du LEP avait déjà subi une baisse le 1er février 2024, à 5%. Le LEP est plafonné à 10 000 euros (hors intérêts capitalisés), garanti par l’Etat et exonéré d’impôts et de prélèvements sociaux. Plus de 18 millions de Français y sont éligibles
Détenu par 10,7 millions de Français ( 18 éligibles ) , le LEP est réservé aux épargnants les plus modestes, qui peuvent y déposer jusqu’à 10 000 euros – un plafond relevé de 2 300 euros en octobre 2023.
Le gouverneur de la Banque de France s’est effectivement hâté avant que Bruno Le Maire, sur le départ, ne quitte ses fonctions.
Sur la base des 18 millions de français éligibles pour 10 000 euros, c’est – pour une personne – une baisse de rémunération de 100 euros (et donc de pouvoir d’achat) par an 200 euros pour un couple.
Par ailleurs : Maintenu à 3% d’août 2024 à janvier 2025, le taux du livret A et du LDDS serait encore inférieur de 0,1% à ce qu’implique la formule légale. Cela impliquerait alors pour les épargnants un nouveau manque à gagner – donc une amputation du pouvoir d’achat – de revenus d’intérêt, par rapport à l’application de la formule, de 289 millions d’euros au cours de cette période », calcule l’économiste Eric Dor.
D’autres sources indiquent que le LEP, accessible sous conditions de revenus, est détenu par 11,4 millions d’épargnants sur les 19 millions de personnes éligibles, selon la Banque de France. La caisse des dépôts indique, de son côté, que l’encours du LEP a augmenté de 3,95 milliards d’euros entre janvier et mai.
TAXES NOUVELLES, ÉCONOMIES SUPPLÉMENTAIRES ET NOUVEAUX EFFORTS DEMANDÉS AUX COLLECTIVITÉS
Rappelons que dans la même hâte, alors que l’on attend la désignation d’un nouveau 1er ministre, B. Le Maire vient de prendre plusieurs mesures d’augmentation de la fiscalité.
En effet il met sur les rails une taxation des profits des énergéticiens, pour un montant attendu 3 milliards d’euros. Là aussi, le produit reste purement virtuel pour l’instant. La nouvelle version de la contribution sur les rentes inframarginales (CRIM) ne peut s’appliquer rétroactivement sur 2024, qu’après avoir été adoptée dans le budget 2025. « Je prépare la décision. À charge pour la prochaine majorité de la voter ».
Selon le ministre, il reste 10 milliards d’euros de mesures à appliquer en 2024 pour respecter sa trajectoire budgétaire détaillée dans le programme de stabilité du printemps.
Il va envoyer un « courrier de notification à tous les ministères de leur plafond de dépenses », lequel « va marquer une réduction de dépenses pour tous les ministères de 5 milliards d’euros par rapport à la loi de finances initiale », a-t-il précisé ce jeudi. « Si un prochain gouvernement, dans 15 jours, ou dans un mois, veut dégeler les crédits, il a tout le loisir de les dégeler », a précisé le locataire de Bercy. « Je tiens les objections qui sont les nôtres, tant que le gouvernement est en fonction ».
« Plus la période d’incertitude politique dure, plus l’impact économique est lourd »
Le ministre demande toujours deux milliards d’euros d’effort aux collectivités locales, face au constat d’une « forte augmentation » de leurs dépenses. Sans aucune garantie de succès, étant donné le principe de libre administration des collectivités. « Je veux mettre chacun devant ses responsabilités. Chacun doit contribuer au rétablissement des finances publiques », a-t-il indiqué.
ET DÉNONCIATION DU PROGRAMME DU NFP
Alors que les groupes parlementaires tentent de faire émerger une coalition au Parlement, Bruno Le Maire a profité de l’occasion pour dénoncer à nouveau le programme du Nouveau Front populaire. « Le projet économique du Nouveau Front populaire représente un danger vital pour la France », a-t-il assené, le qualifiant d’ « irréaliste » et de « spoliateur ».