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VIVRE EN POÉSIE AVEC METAHODOS : RÉENCHANTER LE RÉEL

ÉMISSION La poésie pour réenchanter le monde 

Lundi 15 juillet 2024 FRANCE INTER

Quelques mots écrits dans un carnet, sur les notes de son portable, des pensées fugaces qui paraissent si vraies, des émotions furtives traduites en quelques phrases énigmatiques, pourquoi la poésie nous parle-t-elle toujours autant ?

Avec

  • Arthur Teboul Chanteur
  • Olivier Chaudenson
  • Hortense Raynal Poétesse

Comment expliquer le regain d’intérêt pour la poésie ? Aimez-vous la poésie ? Ou est-ce une lointain souvenir ?

D’aussi loin que je me souvienne, tout a commencé avec La Fontaine, Éluard et Prévert.
Des mots délicieux qui chantaient dans ma bouche d’enfant.
Tout autant que ces petits poèmes écrits pour les parents.
Façon de dire « je t’aime » mais autrement.
Il y a eu Baudelaire, Verlaine, et les calligrammes d’Apollinaire.
Des mots qui dansent sur la feuille blanche.
Avant les premiers émois, les premiers écrits.
Ceux que l’on cache.
Pendant qu’un copain du lycée se la joue poète maudit.
Et puis… tout a disparu.
Ces mots qui chantent, qui embellissent la vie.
Disparus…
Il a fallu attendre. Des rencontres. D’autres mots.
Ceux d’Hortense Raynal ou d’Arthur Teboul.
Pour qu’enfin la poésie emplisse de nouveau ma vie.

La poésie, le grand retour

Dans le dictionnaire Larousse, au mot poésie, il est indiqué « Art d’évoquer et de suggérer les sensations, les impressions, les émotions les plus vives par l’union intense des sons, des rythmes, des harmonies, en particulier par les vers ». Pour Olivier Chaudenson, directeur de la Maison de la poésie, c’est effectivement une base. Le son, le sens, le rythme, c’est ça sans doute qui, dans son rapprochement, définit la poésie. Mais pour lui, chacun a sa définition. Il cite par exemple l’auteur Pierre Alferi, pour qui c’était « du rythme, du rythme, du rythme ! »

Olivier Chaudenson dirige la Maison de la poésie depuis une dizaine d’années, et voit une nouvelle génération de poètes émerger, qui s’est beaucoup féminisée. La poésie s’est aussi, comme il le dit, beaucoup réengagée, sur des causes féministes, sur des causes aussi liées à l’écologie. Elle nous parle peut-être plus volontiers de nos vies. Elle devient peut-être un peu plus narrative. Et puis, les réseaux sociaux sont friands, de formes courtes, de fragments. Évidemment, la poésie est faite pour ça.

La poésie, contre la norme et contre l’utilité

Hortense Raynal, autrice, a rencontré la poésie en regardant le paysage de son enfance. Elle raconte : « Il y a un petit paradoxe là-dedans, c’est que la poésie est venue à moi sans les mots, vraiment dans les choses, en fait, dans le réel, dans mon dialogue que j’ai pu avoir très tôt, très jeune, avec le vivant et la vivance. J’aime beaucoup reprendre les mots d’Antoine Émaz, un poète qui marque beaucoup ma pensée poétique, qui parle de « coagulation, vie, langue ». Et pour moi, c’est vraiment ça. Parce que c’est aussi avant tout un travail de langue la poésie. C’est comment essayer de dialoguer avec le monde.Je préfère ‘dialoguer avec’ que ‘dire’ le monde. » Pour elle, la poésie tord la syntaxe en ajoutant du bizarre à la langue. En ce sens, elle pense que toute poésie est queer, car si on se réfère à l’origine du mot, cela renvoie au bizarre. « Je trouve qu’il faut être bizarre, il faut bizarroïder la langue, il faut faire le pas de côté, il faut être un peu aussi autour des choses, et voir quelque chose de plus vaste dans la langue parce qu’elle a ce pouvoir. »

Arthur Teboul, chanteur et poète, se définit aussi comme « déverseur ». Qu’est-ce ? Il explique : « Dans ma pratique de ce que j’appelle un métier, le poème n’est pas le fruit d’une conversation, mais le fruit d’une pure présence, donc qui se fait dans le silence. Et je l’écris selon le principe de l’écriture automatique, que les surréalistes ont popularisé, mais qui, en fait, vient du fond des âges. Au Moyen Âge, on appelait ça les fatrasies. » Il ajoute que la langue est celle de l’utile, de l’utilitaire, de comment on donne un ordre, une consigne à quelqu’un. Mais, pour lui, elle a aussi un revers, qui est la langue du jeu, de l’inconscience, la boîte noire de l’esprit, ce qui nous traverse sans qu’on le désire. Il explique que l’écriture automatique, c’est accepter de coucher sur la feuille ce qui nous traverse sans considération esthétique, morale. Et donc, lui écrit le poème en présence, en quelques minutes, selon ce principe-là. Pour lui, tout ça est charnel. La poésie, c’est une parole du commun, de tous les jours, qui vient aussi de l’enfance. Et tout ça est sensuel, charnel, et vivant !

Nos invité.e.s :

Arthur Teboul, chanteur de Feu Chatterton ! et poète auteur de « Le déversoir : poèmes minute » et « L’adresse, les rendez-vous du déversoir » aux éditions Seghers
Actualités :
« Piano Voix » Arthur Teboul & Baptiste Trotignon (sortie de l’album le 30.08)
11 juillet Francos de La Rochelle
18 juillet Nuits de Fourvière
19 septembre Rocher de Palmer
26 septembre Pleyel (complet)
30 septembre Pleyel
14 octobre Tourcoing Jazz Festival

Olivier Chaudenson , directeur de la Maison de la poésie

Hortense Raynal, poétesse-performeuse autrice de « Bouche-fumier » aux éditions Cambourakis
Actualités : 
– 31 août Nuit de la poésie Strasbourg
– 16 septembre L’Alcazar Marseille
– 26 septembre Festival Actoral Marseille

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