
« Accès aux services publics, sécurité au quotidien, maîtrise de l’immigration »
Michel Barnier remercie – lors de la passation des pouvoirs de 1er ministre – Gabriel Attal pour le partage de ses « enseignements » à Matignon « même si ça n’a duré que huit mois »
C’est la première fois qu’il s’exprime depuis l’annonce de sa nomination à Matignon, en début d’après-midi. Le nouveau premier ministre, Michel Barnier, 73 ans, issu des rangs des Républicains, ancien ministre et commissaire européen, a pris la parole à la suite de son prédécesseur, Gabriel Attal, qui a été chaudement applaudi par ses équipes.
« Je peux dire quelques mots ? », a-t-il lancé, en guise d’introduction, coupant court aux applaudissements. Il a ensuite énuméré plusieurs moments du discours de M. Attal qu’il a déclaré avoir « bien aimé » – de la salutation de ses équipes à l’hommage à sa mère. « J’ai bien aimé la manière dont vous m’avez donné des leçons, enfin, les enseignements, même si ça n’a duré que huit mois, que l’on apprend quand on est premier ministre », a-t-il poursuivi, à l’adresse de son prédécesseur, pour mieux souligner son court passage à Matignon.
Il a ensuite évoqué le conseil qu’il n’a jamais oublié, que sa mère, « femme chrétienne de gauche », lui a donné, alors qu’il était jeune militant gaulliste lors de sa « toute première réunion électorale » : « Ne sois jamais sectaire, le sectarisme est une preuve de faiblesse. Quand on est sectaire, c’est qu’on n’est pas sûr de ses idées. »
Avant de remercier son prédecesseur pour ses mots « qui [l]’encouragent, ce qui c’est important », a-t-il dit, « compte tenu de ce que [M. Attal a] fait depuis plusieurs années au sein du gouvernement et dans les tout derniers mois ici, à la tête du gouvernement ».
« Nous sommes dans un moment grave », estime Michel Barnier
Le nouveau Premier ministre estime que « nous sommes dans un moment grave » et dit aborder cette nouvelle page de sa vie politique « avec beaucoup d’humilité ».
« Il s’agira de répondre autant que nous le pourrons, aux défis, aux colères, aux souffrances », assure Michel Barnier, évoquant l’importance de « l’accès au service publique », de « l’école », de « la sécurité » et du contrôle de l’immigration.
Michel Barnier promet de « dire la vérité » aux Français, notamment « sur la dette financière et sur la dette écologique »
« Qu’est-ce qu’on attend d’un premier ministre ? Je le dis avec humilité, je pense qu’on attend de lui qu’il dise la vérité. Même si cette vérité est difficile », a poursuivi Michel Barnier, ajoutant : « La vérité d’abord sur la dette financière, et sur la dette écologique qui pèse aujourd’hui lourdement déjà sur les épaules de nos enfants. »
« Accès aux services publics, sécurité au quotidien, maîtrise de l’immigration », Michel Barnier fixe ses priorités et promet de la « continuité » mais aussi des « ruptures »
« J’aurai l’occasion dans quelques jours, dans quelques semaines à peine, devant le Parlement, de dire les grandes priorités législatives et les propositions au nom du nouveau gouvernement. Il s’agira de répondre, autant que nous le pourrons, aux défis, aux colères », a déclaré M. Barnier.
« Vous les avez évoqués, aux souffrances, au sentiment d’abandon, d’injustice qui traversent beaucoup trop nos villes, nos quartiers et nos campagnes. Je pense, Mesdames et Messieurs, à l’accès aux services publics. Et l’école restera bien la priorité du gouvernement », a promis le nouveau chef du gouvernement. Faisant mention ensuite à « la sécurité au quotidien, la maîtrise de l’immigration, au travail et au niveau de vie des Français ».
« Il y aura aussi dans cette nouvelle page des changements et des ruptures. Il faudra enfin beaucoup d’écoute, beaucoup de respect. D’abord du respect entre le gouvernement et le Parlement, du respect à l’égard de toutes les forces politiques, je dis bien toutes les forces politiques qui sont représentées, et je vais m’y atteler dès ce soir », a ensuite déclaré le nouveau chef de gouvernement. Il a promis aussi « du respect vis-à-vis des partenaires sociaux, des partenaires économiques » et des élus locaux, qu’il a salués.
« Nous allons davantage agir que parler », promet Michel Barnier
Le nouveau Premier ministre promet de privilégier l’acte à la parole en tant que chef du gouvernement.
« Au moment de commencer à écrire cette nouvelle page, je pense aux Français de métropole, aux Français de l’outre mer, de l’étranger, quelle que soit leur sensibilité et qui expriment un besoin de respect d’unité et d’apaisement », assure Michel Barnier.