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LE NOUVEAU GOUVERNEMENT : À LA FIN C’EST LA MACRONIE QUI S’IMPOSE ? – MISE À JOUR

MISES À JOUR DES 22 09, 24 09 ET 26 09 24

ARTICLE – LE GOUVERNEMENT BARNIER SIGNE-T-IL « LE RETOUR DU MACRONISME »?

Le 21/09/2024 BFM

Plus de la moitié des membres du nouveau gouvernement sont issus de l’ancienne majorité présidentielle.

Un air de déjà-vu au sommet de l’État? Les oppositions fustigent « un remaniement » avec « un retour du macronisme » plus qu’un nouveau gouvernement, après l’annonce ce samedi 21 septembre de l’équipe qui entourera le Premier ministre Michel Barnier.

Qu’en est-il précisément quand on analyse les équilibres politiques de ce nouvel exécutif? Sur les 39 ministres, ministres délégués et secrétaires d’État nommés, 20 sont en effet issus de l’ex-majorité, dont 12 représentants du mouvement macroniste Ensemble pour la République / Renaissance.

Des ministres déjà présents sous Attal

Plusieurs ministres qui figuraient déjà dans le gouvernement de Gabriel Attal rempilent. Sébastien Lecornu et Rachida Dati, venus de LR mais déjà ralliés au président, sont les deux seuls à rester à leurs postes, respectivement les Armées et la Culture. Parmi les autre rescapés figurent le Modem Jean-Noël Barrot, promu aux Affaires étrangères, ainsi que les macronistes Catherine Vautrin, qui passe aux Territoires, et Agnès Pannier-Runacher, à la Transition écologique et à l’Energie.

Le reste du gouvernement est notamment composé de personnalités de droite, à commencer par 10 membres des Républicains: le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau hérite par exemple du ministère de l’Intérieur, où il succède à Gérald Darmanin. S’ajoutent 4 divers droite, 2 Liot et 1 divers gauche.

Quel avenir pour cet attelage?

Cette addition suffira-t-elle à assurer la stabilité institutionnelle? La gauche a déjà annoncé qu’elle voterait une motion de censure de ce gouvernement à l’Assemblée. Elle aura pour la faire passer besoin des voix de l’extrême droite. Le Rassemblement national a immédiatement dénoncé « le retour du macronisme par une porte dérobée ». « C’est donc un gouvernement qui n’a aucune avenir », a réagi son président Jordan Bardella.

Quant au groupe « transpartisan » Liot, il a précisé qu’il resterait « un groupe d’opposition et de construction », malgré l’entrée de deux de ses membres au gouvernement.

MISE À JOUR DU 26 09 :

ARTICLE – Objectif du gouvernement Barnier : sauver les meubles

– L’attelage gouvernemental n’a ni ligne politique ni programme. Il n’a qu’un objectif : préserver les acquis des années Macron.

Le gouvernement péniblement constitué par Michel Barnier n’a, à première vue, aucune cohérence électorale, politique ou idéologique. Il repose sur une coalition non seulement minoritaire mais également très fragile, avec des macronistes issus de la gauche qui vomissent tout ce que représentent le nouveau ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau et la droite conservatrice en général, et des élus Les Républicains qui n’ont eu de cesse de brocarder la politique du président de la République, et exècrent la gauche progressiste, notamment en matière d’immigration et de mœurs.

Conséquence : l’attelage, composé en très grande majorité d’inconnus, sans expérience gouvernementale, n’a pas de ligne politique, ni de programme. Pas grave, il n’a en réalité qu’un objectif : sauver les principaux acquis des années Macron. En premier lieu, la réforme des retraites, mais aussi la flat tax, la relance du nucléaire, le pass Culture, le dédoublement des classes.

Dans la continuité

Des marqueurs. Des outils pour redresser l’attractivité de la France, défendre sa souveraineté et favoriser l’émancipation des jeunes. En revanche, d’autres réformes, moins cruciales, comme le service national universel, risquent d’être sacrifiées sur l’autel de l’austérité budgétaire. Celle concernant l’assurance-chômage pourrait être renvoyée aux calendes grecques.

Pour l’essentiel, le nouveau Premier ministre va conserver, consulter, temporiser. Tout va bouger pour que rien ne change. Les ministres de Bercy sont placés sous la haute surveillance d’Alexis Kohler, le secrétaire général de l’Elysée, et de Jérôme Fournel, le directeur de cabinet du Premier ministre. Pas touche à la politique probusiness.

Aux Armées, domaine réservé par excellence, on continue comme avant. Idem à la Culture. Aux Affaires étrangères, un MoDem macroniste succède à un macroniste du premier cercle. A la Justice, on est également dans la continuité : c’est un homme de gauche qui succède à un homme de gauche. Une sorte de garde-fou face à une droite sécuritaire.

Emmanuel Macron grand gagnant

Pour l’Education nationale, dont le titulaire a changé quatre fois en deux ans, les noms de personnes qualifiées ont circulé, mais c’est une néophyte qui a été choisie, une députée Renaissance. Elle sera cornaquée par Gabriel Attal qui veut préserver son héritage : les groupes de niveau, le caractère obligatoire du brevet ou encore l’expérimentation de l’uniforme.

Seul signe manifeste de changement : la nomination du très conservateur Bruno Retailleau à l’Intérieur, un domaine qui n’a jamais passionné le chef de l’Etat. Avec une triple utilité : montrer que Michel Barnier va exister en imprimant sa marque sur les questions sécuritaires et migratoires, servir de paratonnerre au gouvernement, en cristallisant le déferlement de critiques, et donner un signal au RN.

Le grand gagnant de ce chamboule-tout est Emmanuel Macron. Défait aux européennes, défait aux législatives, c’est encore lui qui impose sa ligne. Une attitude qui n’est pas uniquement dictée par un orgueil démesuré, mais par la conviction que c’est l’intérêt supérieur du pays. Ce qui explique qu’il ait manœuvré dangereusement pour éviter les énormes secousses qu’aurait provoquées un gouvernement dominé par LFI ou le RN. D’une certaine manière, Michel Barnier, s’il désapprouve la méthode, le style et certains dispositifs à la marge, n’est pas loin de partager cette position.

MISE À JOUR DU 24 09 24

ÉMISSION – Gouvernement Barnier, cohabitation ou colocation ?

Lundi 23 septembre 2024 FRANCE CULTURE

Tandis que le gouvernement Barnier est tout juste formé, le premier ministre oscille entre volonté de rupture et nécessité de gouverner avec l’ex-majorité. Avec un groupe Renaissance en position de force, le nouveau gouvernement n’a-t-il de la cohabitation que le parfum ?

Avec

  • Laurence Morel Professeure de science politique à l’Université de Lille, chercheuse au CERAPS et associée au CEVIPOF (Sciences Po)
  • Ivanne Trippenbach Grand reporter au Monde
  • …/…

DEUX DES TROIS MINISTRES LR PROPOSÉS PAR MICHEL BARNIER CONTESTÉS PAR LA MACRONIE …

L’annonce des premiers noms du gouvernement Barnier, marqués à droite, suscite une levée de boucliers au sein de l’aile gauche de la Macronie. ( RAPPEL : 3 ministres LR sur les 16 ministres de plein exercice ! )

DUPLICITÉ ( le en même temps dure ) DEVANT LES OPPOSITIONS – ET LA SIENNE PROPRE – MACRON EN APPELLE À « AIDER BARNIER »

« Il faut laisser Michel Barnier travailler », a affirmé Emmanuel Macron, vendredi 20 septembre, en s’adressant très brièvement à la presse en marge de son déplacement à Chartres (Eure-et-Loir). Il est « important que tous les groupes politiques, avec engagement, sens des responsabilités, l’aident » dans cette tâche, a ajouté le chef de l’Etat, soulignant que le Premier ministre avait une « pleine liberté »pour former son gouvernement. « Il n’y a pas de gouvernement qui a été mis aujourd’hui sur la table », a-t-il encore souligné. 

La réalité, c’est que le président a refusé plusieurs noms proposés par le 1er ministre.

Le nom de Laurence Garnier retiré de la liste

Un temps pressentie pour être ministre de la Famille, la sénatrice des Républicains a été écartée à la demande d’Emmanuel Macron, a appris France Télévisions d’une source proche du président de la République. BFMTV a diffusé la même information de sources concordantes, confirmant une information de France info.

L’annonce de sa possible nomination a suscité de vives réactions dès vendredi soir, l’Association des familles homoparentales alertant notamment sur la présente dans le futur gouvernement de « plusieurs personnalités opposées à l’égalité des droits ».

L’association Gaylib, qui milite pour les libertés des personnes LGBT, s’est également inquiétée de cette possible nomination. « En tant qu’association oeuvrant pour l’égalité des droits LGBTI nous nous inquiétons de la capacité de Laurence Garnier à défendre les droits de toutes les familles », a-t-elle déclaré.

Faute d’un accord, la composition ne sera pas dévoilée vendredi

Des « derniers ajustements »sont en cours, reportant l’annonce de sa composition, a annoncé Matignon. Le Premier ministre a « l’ambition de présenter un gouvernement dans la journée de demain », assure son entourage à franceinfo. Toutefois, cette source ne précise pas si cette liste sera validée par l’Elysée ou si la composition du gouvernement sera dévoilée dans la foulée.

ARTICLE – Nouveau gouvernement : dans la Macronie, c’est « au secours, les fillonistes reviennent »

L’annonce des premiers noms du gouvernement Barnier, marqués à droite, suscite une levée de boucliers au sein de l’aile gauche de la Macronie.

« On pensait qu’il allait faire appel à la droite Pécresse, pas qu’on aurait le retour de la droite Trocadéro. Là, c’est l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet qui entre au gouvernement », confie, scandalisée, une macroniste historique, qui a passé toute la soirée de jeudi à « googliser » le parcours de la sénatrice LR Laurence Garnier, pressentie pour devenir ministre de la Famille. Conclusion ? « C’est une catho intégriste. Et une protégée de Bruno Retailleau, l’ancien lieutenant de Philippe de Villiers, qui fait lui aussi son entrée au gouvernement », ne décolère-t-elle pas.

Quant à Patrick Hetzel, farouche opposant à la PMA fléché vers le ministère de l’Enseignement supérieur : « C’est Saint Pie X. Tout ça est épouvantable et si loin de notre équilibre politique de 2017. Le macronisme, ce n’est pas ça. »

« On se croirait revenu sous Sarkozy »

Comme elle, depuis l’annonce des premiers noms de ministres du futur gouvernement Barnier jeudi soir, nombre de macronistes vivent très mal la promotion de plusieurs proches de l’ancien Premier ministre François Fillon, qu’ils avaient combattu lors de l’élection présidentielle de 2017. « Bruno Retailleau à l’Intérieur, ça exige une grande vigilance », prévient déjà la députée des Français de l’étranger Anne Genetet. « Il faudra bien s’assurer qu’il met en œuvre la politique de Michel Barnier et non la sienne. »

Quant à Laurence Garnier, le cas ne fait pas débat. « C’est un no-go. Ce serait un signal terrible sur notre conception de la famille, et irait à revers de tout ce que les Français ont plébiscité, soutenu, depuis des années. » Selon les informations de plusieurs de nos confrères, Emmanuel Macron aurait d’ailleurs demandé à Michel Barnier de retirer le nom de la sénatrice LR de la liste de son gouvernement.

Autre élu à monter très rapidement au créneau, le député de la Moselle Ludovic Mendes voit dans l’entrée au gouvernement de plusieurs sénateurs LR un retour en arrière. « Le dépassement oui, mais pas avec n’importe qui. Retailleau avant d’être filloniste, il a passé beaucoup de temps avec Philippe de Villiers, il était vice-président de son parti. C’est la vieille droite, la vieille France.

On se croirait revenu sous Sarkozy. » Pour ce dernier, plus que l’origine politique du futur pensionnaire de la Place Beauvau, c’est son enracinement catholique qui pose problème. « Quand on est ministre des cultes on ne met pas sa religion en avant, on est ministre de tous les Français. »

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