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LES HAUSSES D’IMPÔTS : UNE PERMANENCE FRANÇAISE

EFFET BARNIER ?

Deux Français sur trois favorables à la création d’un impôt pour les foyers les plus riches

Le Premier ministre Michel Barnier a déjà annoncé que le gouvernement allait « faire appel à ceux qui peuvent contribuer à cet effort » pour redresser les finances publiques.

Pour réduire le déficit public, plus de deux tiers des personnes interrogées par Yougov sont favorables à un nouvel impôt pour les plus riches. Un Français sur deux approuve une restructuration des dépenses

En attendant le discours de politique générale du Premier ministre Michel Barnier, mardi 1er octobre, le site Yougov, et le « Huffington post », ont interrogé les Français sur les grandes orientations à prendre en matière budgétaire afin de limiter le déficit colossal et de redresser les finances publiques.

« Nous allons faire appel, de manière exceptionnelle et temporaire, à ceux qui peuvent contribuer à cet effort », a déclaré Michel Barnier cette semaine. Une première solution a priori largement approuvée par les Français.

Un nouvel impôt pour les riches

Dans cette enquête, 67 % des personnes interrogées sont favorables à la création d’un impôt touchant les foyers « les plus riches » pour répondre à la situation budgétaire délicate. Même les sympathisants du camp présidentiel, dont les élus se sont déclarés ces derniers jours opposés à toute hausse de la fiscalité, y sont favorables à 66 %. Cette mesure semble faire l’unanimité quel que soit le bord politique. Reste à voir si cela peut se transformer en appui transpartisan à l’Assemblée.

La proposition d’un Impôt sur la Fortune « climatique », indexé sur l’impact carbone des placements financiers des ménages les plus riches, est également approuvée par 63 % des Français.

En revanche, seules 8 % des personnes sondées souhaitent une hausse des impôts pour les ménages, sans distinction de richesse, et 28 % pour les entreprises.

Réduire et mieux gérer les dépenses

53 % des personnes sondées estiment que restructurer les dépenses est une bonne option. 50 % sont même favorables à leur réduction, une stratégie priorisée par le gouvernement pour « faire bien, parfois mieux avec moins d’argent public », selon les premières déclarations de Michel Barnier après sa nomination à Matignon.

L’enquête a été réalisée sur 1 034 personnes représentatives de la population nationale française âgée de 18 ans et plus. Le sondage a été effectué en ligne, sur le panel propriétaire YouGov France du 24 au 26 septembre 2024.

ÉMISSION / L’impôt : une passion française

Jeudi 26 septembre 2024 FRANCE CULTURE

Hier, le ministre du Budget a annoncé que le déficit public risquait de dépasser les 6% du PIB, au lieu des 5,1% attendus. Pour faire face à la dette, un tabou du macronisme semble tomber, il faut augmenter les impôts. Oui, mais comment? Deux économistes d’obédience différente en discutent. 

Avec

  • Jean-Marc Daniel Économiste, professeur émérite à l’ESCP Business School
  • Michaël Zemmour Professeur de sciences économiques à l’Université Lumière Lyon 2 et chercheur associé à Sciences Po au laboratoire interdisciplinaire d’évaluation des politiques publiques (LIEPP).

Quel danger le déficit public représente-t-il ?

Michaël Zemmour insiste sur la dimension préoccupante de ce déficit : « Il a dépassé 5 points de PIB en 2023 et il va dans la mauvaise direction parce qu’il attend ça s’accroître pour les années à venir en termes de prévision. C’est important parce que le déficit, c’est d’abord la vitesse d’accroissement de la dette. Ce sentiment de perte de contrôle peut inquiéter les marchés financiers.« 

L’économiste souligne la responsabilité du gouvernement : « Il y a eu une perte de contrôle fort des finances publiques parce que depuis 7 ans, les gouvernements ont choisi de baisser les recettes. Le déficit c’est la différence entre les recettes et les dépenses, or les dépenses publiques n’ont pas bougé depuis 2017, on est même un petit peu plus bas qu’en 2017. Par contre, les recettes publiques, c’est-à-dire les impôts, les prélèvements obligatoires, ont diminué de deux pointsIl y a eu des baisses importantes d’impôts sur les ménages et les entreprises qui ont vidé les caisses. En plus, la récolte n’est pas très bonne.« 

Jean-Marc Daniel revient sur le retour cyclique des alertes sur la dette : « Je ne vais pas faire la liste de tous les premiers ministres qui en arrivaient en disant je trouve une situation catastrophique. Je pense qu’il y a un moment où il faut arrêter de donner un aspect théâtral au diagnostic et regarder vraiment ce qui se passe. Le vrai problème, c’est le déficit en tant que tel, sachant que dans ce déficit, il y a ce qu’on appelle le déficit conjoncturel, qui est lié effectivement à l’évolution du cycle économique.« 

La France, leader mondial des taux d’imposition ?

Michaël Zemmour rappelle toutes les baisses d’impôts qu’il y a eu ces dernières années : « C’est très spectaculaire la baisse d’impôt qui a eu lieu depuis 2017. Vous disiez, il y a 100 milliards de déficit structurel à peu près. Les baisses d’impôt, c’est de l’ordre de 50-60 milliards d’euros. C’est l’impôt sur les sociétés à hauteur d’une dizaine de milliards, plutôt 11 milliards. Les impôts de production, à peu près 10 milliards. La taxe d’habitation, l’impôt sur la fortune, tout ça accumulé, ça fait 50-60 milliards de baisse permanente. La flat tax aussi. »

Pour Jean-Marc Daniel, l’important est de constater l’évolution : « On est le pays qui creuse l’écart par rapport aux autres pays. il faut stabiliser les prélèvements et surtout il faut se poser la question de savoir, quand on les bouge, quels sont ceux qui vont favoriser la croissance et quels sont ceux qui vont être effectivement plutôt pénalisants pour l’avenir des finances publiques. »

LIEN VERS L’ÉMISSION

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