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CHROMOSOMES X : LA GÉNÉTICIENNE EDITH HEARD MISE À L’HONNEUR

1. ARTICLE – La médaille d’or du CNRS à la biologiste Edith Heard, spécialiste d’épigénétique

La chercheuse de 59 ans est une des grandes spécialistes mondiales de ce champ de recherches au fort potentiel thérapeutique, mais encore trop souvent fantasmé.

Ouest-France  01/10/2024 

La médaille d’or 2024 du CNRS, l’une des plus prestigieuses récompenses scientifiques françaises, a distingué mardi la biologiste Edith Heard, une spécialiste d’épigénétique, dont les travaux ont éclairé des mécanismes d’inactivation du chromosome X et ouvert la voie à des perspectives médicales.

Actuellement directrice générale du Laboratoire européen de biologie moléculaire (EMBL) et professeure au Collège de France, Edith Heard, 59 ans, est la huitième femme à recevoir cette récompense depuis sa création en 1954.

Modification réversible de l’expression des gènes

Cette spécialiste d’épigénétique, « discipline en plein essor depuis le début des années 2000 » et qui » examine la manière dont des modifications, transmissibles et réversibles, peuvent influencer l’expression des gènes sans en altérer l’ADN », est « mondialement reconnue pour ses travaux pionniers sur l’inactivation du chromosome X, un processus essentiel au développement des embryons femelles »,écrit le CNRS.

Ses découvertes « ouvrent des perspectives médicales pour traiter de nombreuses maladies », ajoute l’organisme dans un communiqué.

Référence de la biologie moderne

Le PDG du CNRS, Antoine Petit, a salué« une référence de la biologie moderne »,qui explore l’inactivation du chromosome X chez les mammifères.

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Alors que les femelles possèdent deux chromosomes X, les mâles n’en ont qu’un, accompagné d’un chromosome Y. Or ce dernier ne porte qu’une centaine de gènes, quand le chromosome X en possède plus d’un millier, explique le CNRS.

Pour compenser ce déséquilibre, l’un des deux chromosomes X chez les femelles est entièrement désactivé par un processus épigénétique. « Si ce processus échoue, l’embryon ne survit pas », selon le communiqué.

« L’inactivation du chromosome X peut également être liée à des maladies neurologiques, auto-immunes ou encore à certains cancers », souligne l’organisme.

Edith Heard a travaillé « avec de nombreux médecins pour mieux comprendre le rôle des marques épigénétiques – modifications chimiques de l’ADN ou de ses protéines associées, capables de réguler l’expression des gènes – », qui « jouent un rôle important dans plusieurs maladies, comme le cancer du sein ».

Labo Inserm/CNRS

Née à Londres, Edith Heard a étudié les sciences naturelles à Cambridge avant de s’intéresser à l’épigénétique lors d’une thèse sur le cancer à Londres.

Arrivée en France en 1990, elle a rejoint l’Institut Pasteur, où elle a entamé son travail sur l’inactivation du chromosome X, avant d’intégrer le CNRS, puis de prendre en 2010 la direction d’un laboratoire commun CNRS-Inserm-Institut Curie.

Nommée en 2012 professeure au Collège de France, Edith Heard dirige depuis 2019 le Laboratoire européen de biologie moléculaireet est membre de l’Académie des sciences depuis 2022.

À l’été 2025, elle prendra la direction de l’Institut Francis Crick à Londres.

Edith Heard recevra la médaille d’or lors d’une cérémonie mi-décembre, avec une dotation de 50 000 € de la Fondation CNRS.

2. ARTICLE – La scientifique Edith Heard, spécialiste de l’épigénétique, médaille d’or du CNRS

La prestigieuse récompense française honore les travaux de la généticienne de 59 ans, qui a passé sa carrière à étudier pourquoi et comment, chez les mammifères femelles, l’un des deux chromosomes X est mis en sommeil.

par Camille Gévaudan publié le 1er octobre 2024 LIBÉRATION

Chaque cellule du corps d’une femme (sauf les ovules) contient une paire de chromosomes X – c’est ce qu’on apprend tous au collège. Ce qui est moins connu en revanche, c’est que deux chromosomes, ça fait déjà un de trop pour les mammifères.

Seul l’un de ces chromosomes X est réellement exploité par la cellule, tandis que son homologue est mis en sommeil. Comment la cellule choisit-elle son heureux élu ?

Le chromosome remercié devient-il complètement inutile ? Ce sujet passionnant est la spécialité de la généticienne Edith Heard, qui vient de recevoir, ce mardi 1er octobre, la médaille d’or 2024 du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), la plus prestigieuse récompense de la recherche en France.

L’an dernier, l’organisme avait distingué l’écologue Sandra Lavorel, pour ses travaux sur les écosystèmes et la biodiversité. Cette année, on reste donc dans le domaine du vivant et c’est à nouveau une femme qui est couronnée, pour la huitième fois seulement depuis la création de cette médaille d’or en 1954.

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