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L’ÉCHEC D’UNE PRÉTENDUMENT POLITIQUE DE L’OFFRE FONDÉE SUR LA CROYANCE AU RUISSELLEMENT

VOIR DES PUBLICATIONS RÉCENTES DE METAHODOS :

LE GOUVERNEMENT SORTANT ET LE PRÉSIDENT ÉCHAFAUDENT LEUR DÉFENSE SUR LES GRAVES DÉRIVES FINANCIÈRES : L’ÉVIDENT EFFONDREMENT DU RÉGIME

https://metahodos.fr/2024/10/19/lancienne-majorite-et-le-president-se-concertent-pour-organiser-la-teponse-sur-les-graves-derives-financieres/

ARTICLE – Dérapage de la dette : le temps des règlements de compte pour Macron et Le Maire !

Le président de la région Normandie, Hervé Morin, sonne la charge contre l’ex ministre de l’Economie Bruno Le Maire, et le président de la République Emmanuel Macron.

Le président de la région Normandie, Hervé Morin, sonne la charge contre l’ex ministre de l’Economie Bruno Le Maire, et le président de la République Emmanuel Macron. AFP / LUDOVIC MARIN

Il ne faut pas mépriser les élus des Territoires. Car ils n’oublient pas. Jamais. Pour preuve, cette tribune au bazooka d’Hervé Morin, le président de la région Normandie, qui, dans Le Figaro, le journal de la droite conservatrice, s’en prend violemment au chef de l’Etat Emmanuel Macron et à l’ex-ministre de l’Economie Bruno Le Maire. Des énarques « trop intelligents pour gérer l’économie française » ! Rien que ça… Avant même donc que la commission des Finances de l’Assemblée nationale se transforme en commission d’enquête sur le déficit budgétaire, l’élu normand, ancien ministre de La Défense, accuse Macron et Le Maire de ne pas avoir agi comme il le fallait, « de ne pas avoir eu le courage ni la volonté de dire la Vérité aux Français ». Si Morin a raison, que pourrait-il y avoir de plus grave ?

Déficit en roue libre

Morin procède à une exécution en règle de cette excellence dont il rappelle qu’il est coupable d’avoir laissé filer un déficit jusqu’à 6,2 % du PIB alors qu’il l’avait annoncé autour des 4,4 % fin 2023. Un dérapage d’une ampleur inédite puisque ce sont plus de 50 milliards de déficit qui n’avaient pas été prévus par la (très) haute administration de Bercy. Et le président normand, près de ses sous et de ceux de la région, n’en revient pas qu’ait pu se tenir à Bercy une passation de pouvoir où devant une foule de hauts fonctionnaires les ministres arrivants Antoine Armand (Economie), Laurent Saint-Martin (Budget) et le partant, Bruno Le Maire, se soient passé le cirage et la brosse à reluire. Comment dans cette situation de crise financière se délivrer des satisfecits flagorneurs ? Et Morin de s’indigner de cette autosatisfaction généralisée qui faisait dire à Bruno le Maire en juin 2024 : « Si notre dette est élevée, c’est parce que j’ai sauvé l’économie française ». Sans doute peut-on désormais relativiser ce brevet de bonne gestion…

La suite du « quoi qu’il en coûte »

On peut cependant reconnaître que pendant l’épidémie de covid, Bruno le Maire et Emmanuel Macron ont agi vite et bien ! Le premier en particulier, qui, en dépit de convictions libérales autrefois affirmées, a effectué en quelques heures un salvateur demi-tour étatiste. Le « quoi qu’il en coûte » a sauvé nombre d’entreprises, petites et grandes ; il a empêché une catastrophe économique. On peut le porter au crédit de Bruno Le Maire soutenu par le président. Mais ensuite le « quoi qu’il en coûte » s’est perpétué et le déficit s’est creusé dramatiquement jusqu’à mettre en danger l’économie toute entière. Alors comment et pourquoi Bercy et son chef n’y ont-ils pas mis fin ?

Une fuite en avant

Le journal Le Monde a livré une passionnante enquête où l’on voit que des ministres des comptes publiques tels Gérald Darmanin, Gabriel Attal ou Olivier Dussopt, d’autres Premiers ministres tels Jean Castex et Élisabeth Borne n’ont pas eux non plus agi ou voulu agir pour mettre un frein à la gabegie. Et Emmanuel Macron- d’abord Emmanuel Macron- n’a pas voulu entendre les alertes successives ni en finir avec « le laisser dépenser ». Au contraire. Remarquons que son secrétaire général, le tout-puissant Alexis Kohler, n’a rien stoppé non plus alors qu’il était pourtant passé par Bercy lui aussi !

Il faut souligner qu’Hervé Morin cible tout particulièrement Bruno le Maire resté 7 ans à la direction de ce ministère de l’Economie, et qui ne se mouche pas du coude… Il rappelle par exemple cette autocélébration de Le Maire : « Mon intelligence est un obstacle » Et le centriste de s’interroger : « un obstacle au courage politique et à la vérité que nous devons aux Français ? » Interrogation qui vaut affirmation accusatoire.

Hervé Morin est convaincu qu’il y a bien eu manque de courage et dissimulation de la vérité. On saura plus tard si, au-delà des calculs politiciens, il y a eu aussi des dysfonctionnements, des fautes de l’administration, une cécité technocratique due à l’arrogance ou à l’idéologie de dirigeants persuadés de leur théorie ridicule du « ruissellement ». Les macronistes attendaient en effet que l’argent d’une croissance inéluctable « ruisselle »… Les deux premières années de la présidence Macron, la politique de l’offre a sans aucun doute rendu la France plus attractive et permit une baisse du chômage. Mais ces deux dernières années, ce fut une lente glissade vers le gouffre des déficits.

Règlements de comptes

Nous voilà donc, comme des funambules, attirés vers la « gravité » du pire. Verdict très alarmiste du président de région Normandie : « l’instabilité politique couplée au contexte international et les sanctions des agences de notation, constatant la situation financière du pays incapable de se réformer conduisent probablement la France à une crise économique et sociale que nous ne mesurons pas encore » Il serait peut-être temps de la mesurer sérieusement, cette crise. Avec les outils adéquats, sans attendre les règlements de compte politiques qui, à coup sûr, vont se multiplier. Ils vont faire mal !

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