

LE PROVISEUR ADJOINT DÉNONCE UN ABANDON DES PERSONNELS DE L’ÉDUCATION
L’auteur qui avait menacé de mort sur les réseaux sociaux l’ancien proviseur du lycée Maurice-Ravel de Paris a été condamné à une amende et à un stage de citoyenneté. Pas suffisant pour l’avocat du plaignant, qui dénonce un abandon des personnels de l’éducation et compte bien faire appel.
«Faut le brûler vif ce chien»
L’un des trois mis en cause, considéré comme le principal harceleur contre le proviseur du lycée Maurice Ravel à Paris, vient en effet d’être condamné à une simple amende de 600 euros, alors que le parquet avait requis un an de prison avec sursis. Il avait notamment appelé à le « brûler vif » sur les réseaux sociaux, après que ce dernier a demandé à une élève de retirer son voile. L’avocat de l’ancien proviseur ne comprend pas cette condamnation.
Il s’agit « d’un jugement stupéfiant qui banalise les discours de haine contre les chefs d’établissement menacés de mort
dans l’exercice de leurs fonctions », a réagi dans un communiqué Francis Lec, son avocat, qui espère que le parquet fera appel.
A la mi-mars, rappelle Le Monde dans un article récent, un autre homme interpellé dans le cadre de cette enquête a été relaxé à Lisieux (Calvados), mais le parquet a fait appel.
Les investigations ont également permis de remonter la trace de deux messages postés sur X. L’auteur du premier, qui avait écrit « faut le b**** sa mère »*, a été relaxé en première instance avant d’être condamné en appel à du travail d’intérêt général.
En novembre, le ministère public a requis dix mois de prison avec sursis à l’encontre d’un troisième homme jugé à Bourg-en-Bresse (Ain). Le délibéré sera rendu le 28 novembre.
VOIR L’ARTICLE 2
LA MINISTRE DÉNONCE UN COUP PORTÉ À L’ÉDUCATION NATIONALE
«La sanction prononcée est un coup porté à l’Education nationale», a affirmé ce mardi sur CNEWS la ministre Anne Genetet, après la condamnation de l’auteur des menaces de mort contre le proviseur du lycée parisien Maurice Ravel. VOIR ARTICLE 1
« Il ne m’apparaît pas acceptable aujourd’hui que la peur soit du côté des enseignants ».
Devant le tribunal judiciaire de Paris ce lundi 18 novembre, l’un des auteurs des menaces de mort envers Philippe Le Guillou, proviseur de la cité scolaire Maurice Ravel à Paris, a été reconnu coupable pour provocation publique non suivie d’effet à commettre une atteinte volontaire à la vie. VOIR ARTICLE 3
ARTICLE 1. – PROVISEUR MENACÉ DE MORT APRÈS AVOIR DEMANDÉ À UNE ÉLÈVE DE RETIRER SON VOILE : «LA SANCTION PRONONCÉE EST UN COUP PORTÉ À L’EDUCATION NATIONALE», DÉNONCE LA MINISTRE ANNE GENETET
Par CNEWS le 19/11/2024
«La sanction prononcée est un coup porté à l’Education nationale», a affirmé ce mardi sur CNEWS la ministre Anne Genetet, après la condamnation de l’auteur des menaces de mort contre le proviseur du lycée parisien Maurice Ravel.
La ministre de l’Éducation nationale, Anne Genetet, était l’invitée ce mardi 19 novembre de La Grande Interview sur CNEWS. À la suite de la sanction (une amende et un stage de citoyenneté) pour l’auteur de menaces de mort visant un proviseur, elle a dénoncé «un coup porté à l’Education nationale».
Cette déclaration intervient alors que deux ex-collégiens ont témoigné ce lundi devant la cour d’assises spéciale de Paris – qui juge huit adultes impliqués – à des degrés divers, dans la mort de Samuel Paty.
Ainsi, Anne Genetet a tenu à adresser «une pensée» pour la famille du professeur. «Je crois qu’au-delà de sa famille, la communauté éducative et la société toute entière attendent que justice soit dite dans ce procès parce qu’un professeur est menacé, qu’un chef d’établissement est menacé», a-t-elle ajouté.
«ON PEUT EN PARLER»
Dans ce contexte, le tribunal correctionnel de Paris a condamné lundi l’auteur des menaces de mort contre le proviseur du lycée parisien Maurice Ravel après une altercation avec une élève refusant de retirer son voile, à une peine de 60 jours-amende de 10 euros chacun.
Le lendemain, plusieurs menaces de mort étaient publiées en ligne, dont celle de A.A, le jeune homme de 27 ans jugé, qui sur son compte X écrivait : «C’est une dinguerie. Faut le brûler vif, ce chien».
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En tant que ministre de l’Éducation nationale, Anne Genetet a ainsi assuré que son «rôle c’est d’agir, c’est de pouvoir donner à nos professeurs, à nos chefs d’établissement, la protection indispensable, donc on peut en parler».
ARTICLE 2. – « Un abandon du monde de l’éducation » : l’avocat de l’ex-proviseur du lycée Ravel ne décolère pas
Frédéric Gouaillard Le 18 novembre 2024 LE PARISIEN
C’est une condamnation qui ne passe pas. Ce lundi, l’auteur des menaces de mort contre l’ancien proviseur du lycée Maurice-Ravel (XXe) de Paris a été condamné à 600 euros d’amende et l’obligation d’effectuer un stage de citoyenneté de cinq jours, à ses frais. Le tribunal correctionnel l’a également condamné à verser 3 000 euros en réparation du préjudice moral à l’ex-chef d’établissement, au sujet duquel il avait écrit sur le réseau social X : « C’est une dinguerie. Faut le brûler vif, ce chien ». Pas suffisant pour l’avocat du proviseur, qui ne décolère pas depuis qu’il a pris connaissance de ce délibéré.
« Quand le procureur de la République requiert un an de prison avec sursis et qu’on s’en sort avec des jours-amendes (à savoir, des jours de prison si le condamné ne paie pas l’amende, NDLR) et un stage de citoyenneté, c’est un véritable abandon du monde de l’éducation face aux menaces de mort, s’insurge Me Francis Lec. Cela aboutit à une sorte de banalisation des discours de haine contre les chefs d’établissement, alors que nous sommes dans le même processus que dans l’affaire Samuel Paty dont le procès se déroule actuellement. Ce jugement est stupéfiant. Aussi nous allons faire appel a
ARTICLE 3. Proviseur du lycée Ravel : à son procès, l’un des auteurs des menaces de mort échappe à la prison avec sursis
18/11/2024 HUFFPOST POST. Par Maxime Birken
Fin février, ce proviseur parisien avait été menacé de mort sur les réseaux sociaux après une altercation avec une élève à qui il avait demandé de retirer son voile.
Fin février, la Cité scolaire Maurive Ravel avait été secoué par ce fait divers témoignant des problèmes liés à l’application des règles de laïcité en milieu scolaire.
« Il ne m’apparaît pas acceptable aujourd’hui que la peur soit du côté des enseignants ». Devant le tribunal judiciaire de Paris ce lundi 18 novembre, l’un des auteurs des menaces de mort envers Philippe Le Guillou, proviseur de la cité scolaire Maurice Ravel à Paris, a été reconnu coupable pour provocation publique non suivie d’effet à commettre une atteinte volontaire à la vie.
Le prévenu a donc été condamné à soixante jours-amende d’un montant de 10 euros chacun ainsi qu’à un stage de citoyenneté de cinq jours à exécuter dans un délai de six mois, comme l’indique Le Figaro. Mais vu « qu’il s’agit d’un fait isolé et au regard de son insertion professionnelle », la cour a décidé qu’il ne serait pas fait mention de cette condamnation sur son casier judiciaire.
Pour rappel, ce jeune homme âgé de 27 ans avait participé à la vague de messages postés sur X fin février contre ce proviseur parisien. Conséquence d’une altercation entre le chef d’établissement et une élève majeure refusant de retirer son voile dans l’enceinte de l’établissement scolaire. « C’est une dinguerie. Faut le brûler vif, ce chien », avait alors écrit l’accusé « sur le coup de la colère », après que sa sœur lui a rapporté ce qui s’était passé au lycée.
Une autre condamnation attendue
Ce lundi, le vingtenaire a également été condamné à verser 3 000 euros de dommages et intérêts au proviseur. Il doit également verser un euro symbolique au syndicat des personnels de direction (Snpden), qui s’était constitué partie civile dans ce dossier.
Un an de prison avec sursis avait été requis contre lui le 2 octobre dernier, lors d’une audience où il avait dit profondément regretter ses mots et demandé pardon. « J’ai écrit sans réfléchir, sans penser aux conséquences que ça pourrait avoir, pour le proviseur, ses proches et sa famille », avait-il lâché d’une voix penaude à la barre.
Pris pour cible sur les réseaux sociaux et victimes de menaces violentes dès le lendemain de l’altercation, Philippe Le Guillou avait rapidement quitté son poste. Une retraite anticipée, qu’il avait expliquée par des « raisons de sécurité ». Devant le tribunal, il était d’ailleurs revenu sur cette période, disant n’avoir « jamais connu quelque chose d’aussi traumatisant ».
De son côté, l’étudiante majeureimpliquée dans l’altercation avait porté plainte pour violence. Mais cette plainte contre l’ex-proviseur du lycée Maurice-Ravel avait été classée sans suite fin mars, pour « infraction insuffisamment caractérisée ». Et dans le cadre de ce dossier, un premier homme avait été jugé et relaxé par la justice, même si le parquet a d’ores et déjà fait appel. Un troisième homme doit également être jugé ce mois-ci pour des menaces similaires contre le proviseur désormais retraité.