
MACRON PRONOSTIQUE LA CENSURE – PUIS DÉMENT (25 11 24)
VOIR ARTICLE 1 « Le gouvernement va tomber » : Macron s’attend à une chute de Barnier«
LE SURLENDEMAIN IL EXPLIQUE COMMENT : LE VOTE CONJUGUÉ DU PS ET DU RN
VOIR ARTICLE 2 « Emmanuel Macron estime que le gouvernement ne pourrait être renversé par une motion de censure « qu’avec le soutien du Rassemblement national et du Parti socialiste »
COMMENT MACRON PEUT REBONDIR SI BARNIER EST CENSURÉ ?
VOIR ARTICLE 3 – « Censure du gouvernement: Emmanuel Macron pourra-t-il rebondir? »
LA PRESSION MONTE SUR MACRON POUR SA DEMISSION
VOIR ARTICLE 4 « Macron démission ? La pression monte, par petites touches, sur le président de la République«
1. ARTICLE – « Le gouvernement va tomber » : Macron s’attend à une chute de Barnier
En marge de la cérémonie de remise de décoration à Élisabeth Borne ce lundi à l’Élysée, le président s’est livré à quelques confidences. Si face caméra, il a toujours refusé de commenter les choix du gouvernement, en privé, il pronostique la censure du Premier ministre par Marine Le Pen.
Par Thomas Soulié. 26 novembre 2024 LE PARISIEN
Officiellement, Emmanuel Macron « laisse Michel Barnier dans la négociation du budget », dixit son entourage. Pour autant, il serait faux de penser que le Président reste en dehors de la vie politique nationale. Comme ce lundi midi, après avoir remis les insignes de la médaille de commandeur de la Légion d’honneur à son ancienne Première ministre Élisabeth Borne. Dans le jardin d’hiver de l’Élysée, le chef de l’État descend de la scène et vient échanger avec des fidèles, parlementaires et anciens ministres. Le voilà qui prend son temps pour discuter avec quelques ténors de son camp.
En confiance, Emmanuel Macron livre son analyse, sans détour : « Le gouvernement va tomber. Elle (Marine Le Pen) va le censurerà un moment donné et plus tôt qu’on ne le pense » rapportent plusieurs témoins au Parisien-Aujourd’hui en France. Selon lui, la présidente des députés RN pourrait mettre sa menace à exécution dès les prochains jours, à l’occasion des votes sur les différents budgets à l’Assemblée nationale. Des propos que l’Elysée « dément » : « Le président de la République n’est pas un commentateur de l’actualité. Le gouvernement est au travail et le pays a besoin de stabilité », indique son entourage.
2. ARTICLE – Emmanuel Macron estime que le gouvernement ne pourrait être renversé par une motion de censure « qu’avec le soutien du Rassemblement national et du Parti socialiste »
Le président Emmanuel Macron est, plus que jamais, menacé par le renversement de son gouvernement.
Publié le 27/11/2024 L’INDÉPENDANT Margaux Masson
Depuis ce mercredi à la mi-journée, la responsabilité du Parti socialiste est particulièrement pointée du doigt par le camp présidentiel.
Le président de la République Emmanuel Macron est-il inquiet ? Ce mercredi 27 novembre, le locataire de l’Elysée a considéré qu’une motion de censure « ne peut être votée qu’avec le soutien du RN et du PS », lors d’un déjeuner à la mi-journée à l’Elysée avec des députés du socle commun, selon des participants à cet événement, relate BFMTV.
La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon est intervenue plusieurs fois dans la journée pour pointer « la responsabilité inouïe »des députés socialistes, les appelant « à se défaire de leur lien avec la France insoumise ».
Le RN, prêt à joindre ses voix à celles de la gauche
Les représentants du Nouveau Front populaire ont affirmé que « si Michel Barnier impose son budget par 49.9, nos groupes parlementaires déposeront une motion de censure », dans une tribune publiée dans Le Monde. Un scénario qui se profile voire se confirme, le Premier ministre ayant assuré qu’il utilisera « probablement » cet article de la Constitution.
Le Rassemblement national est, quant à lui, prêt à joindre ses voix avec celle de la gauche pour faire tomber le gouvernement Barnier, a assuré Jean-Philippe Tanguy ce mercredi.
3. ARTICLE – Censure du gouvernement: Emmanuel Macron pourra-t-il rebondir?
Premier ministre de gauche, gouvernement technique… François-Xavier Bourmaud passe en revue les options dont disposerait Emmanuel Macron si le gouvernement Barnier était renversé 27 novembre 2024 L’OPINION
Faut-il prendre au sérieux la menace d’une censure du gouvernement Barnier brandie par les leaders du NFP et que le RN pourrait voter ?
La menace que le Rassemblement nationalvote une motion de censure déposée par les membres du NFP est une menace crédible. Mais elle est à double tranchant pour Marine Le Pen et le Rassemblement national. On voit bien au RN que la base militante demande cette censure et c’est une demande qui ne cesse de progresser depuis l’installation du gouvernement de Michel Barnier.
Mais, de l’autre côté, le Rassemblement national étant engagé dans un processus de normalisation, la « stratégie de la cravate » pour être respectable, il leur faut aller conquérir des électeurs, des nouveaux électeurs, qui détestent le chaos et qui demandent de la stabilité. Or, voter la motion de censure, c’est répondre au cœur de l’électorat du Rassemblement national. Mais c’est aussi se fermer la porte à ces nouveaux électeurs potentiels, ceux qui pourraient rejoindre le RN et l’aider à accéder à l’Élysée.
Donc la décision de Marine Le Pen de brandir ou pas la censure est extrêmement complexe pour ça. Elle a encore un peu de temps pour se décider, jusqu’à fin décembre. Mais elle décidera de toute façon en fonction de ces deux enjeux-là.
De quelles options disposerait Emmanuel Macron si le gouvernement était renversé ?
Si le gouvernement de Michel Barnier est censuré, il tombe dans la seconde et Emmanuel Macron doit en nommer un nouveau. Il y a plusieurs options qui s’offrent à lui. Un peu comme en juillet dernier après le second tour des élections législatives, mais avec l’option LR en moins puisque l’alliance avec Les Républicains aurait fait preuve en tout cas de son échec, il pourrait décider de se tourner vers la gauche et d’aller chercher un Premier ministre issu des rangs socialistes.
Ce qui suppose quand même plusieurs choses. La première, c’est que les socialistes rompent avec La France insoumise. Et la deuxième, c’est que les socialistes qui accepteraient d’entrer dans un gouvernement dirigé par un socialiste, bénéficient de la bienveillance des Républicains, ce qui n’est pas gagné non plus. En tout état de cause, si Emmanuel Macron décidait de nommer un Premier ministre de gauche, il serait tout aussi exposé à une motion de censure que Michel Barnier. Et on en reviendrait un peu à la même situation qu’en ce moment avec un gouvernement menacé de tomber à tout moment.
Autre option qui se présente pour Emmanuel Macron, c’est celle de nommer un gouvernement technique. C’est une piste qu’il avait explorée déjà à la fin du mois d’août en évoquant l’hypothèse de nommer le président du Conseil économique, social et environnemental à Matignon, Thierry Beaudet. Cette piste avait été écartée parce qu’à l’époque, il avait été jugé qu’il fallait un Premier ministre politique.
Si le gouvernement tombe, et donc que le budget 2025 n’est pas voté, à ce moment-là, le budget 2024 s’appliquera et un gouvernement technique serait possible. Ce serait une sorte de gouvernement de gestion des affaires courantes où il s’agirait d’administrer le pays avec des hauts fonctionnaires, des diplomates, des experts, mais sans attache partisane. Le temps que le président de la République retrouve ses marges de manœuvre politiques, à savoir son droit de dissoudre l’Assemblée nationale.
Il y a une troisième piste qui s’offre à Emmanuel Macron, mais elle est peu probable, c’est celle de renommer immédiatement Michel Barnier à Matignon après la censure de son gouvernement. C’est politiquement explosif puisque le Premier ministre se retrouverait tout autant exposé à une autre motion de censure qu’il l’est aujourd’hui.
En cas de censure, LFI et le RN appellent Macron à démissionner. Est-ce une hypothèse crédible ?
Si le gouvernement de Michel Barnier tombe sur une motion de censure, ça va continuer à entretenir la petite musique sur la démission du président de la République. Cette petite musique, ce poison lent, est dans l’atmosphère depuis que La France insoumise a déposé une motion de destitution du président de la République qui n’avait aucune chance d’aboutir. Mais, à la rentrée, on se souvient que dans un entretien au magazine Le Point, l’ancien Premier ministre Édouard Philippe avait laissé entendre qu’il se préparait pour 2027, mais pas forcément pour cette échéance-là, et qu’il pourrait être prêt avant si une échéance présidentielle, une élection présidentielle, était provoquée avant 2027.
Effectivement, cette petite musique se fait entendre à échéance régulière : plus le chef de l’État enregistre d’échecs, plus cette petite musique jouera fort.
4. Macron démission ? La pression monte, par petites touches, sur le président de la République
Comme les insoumis ou certains au Rassemblement national, le député Charles de Courson estime que le président de la République devrait « bien sûr » démissionner.
Par Anthony Berthelier LE HUFFPOST
Par petites touches, la pression monte sur Macron pour sa démission
Il a beau se mettre en retrait, certains le rattrapent par la manche. Alors que le Rassemblement national agite la menace d’une motion de censure à la fin de l’examen des textes budgétaires (finances de l’État et de la Sécu), la pression monte sur l’exécutif. Sur Michel Barnier, qui pourrait être contraint de faire ses cartons mais également sur Emmanuel Macron.
Depuis plusieurs jours, certains élus mettent effectivement l’hypothèse de la démission du chef de l’État sur la table. Ce mercredi 27 novembre, c’est le centriste Charles de Courson, rapporteur général du budget à l’Assemblée, qui a apporté sa voix à la petite musique ambiante, expliquant sur LCI, que « c’est au président, qui est à l’origine du chaos politique (…) de respecter le vote des Français. » Donc de démissionner ? « Bien sûr. »
Une prise de parole significative, en ce que cette suggestion se bornait jusqu’à présent aux élus de la France insoumise, rejoint dernièrement par certains au Rassemblement national. Que s’est-il passé ? Le gouvernement, déjà fragile, semble plus menacé que jamais et le blocage politique durable guette de nouveau. Dès lors, les regards se tournent vers l’Élysée.
Quand le RN dessine une « porte de sortie »
Pour les insoumis, la revendication est presque historique. Début juillet, entre la dissolution et les élections législatives anticipées, Jean-Luc Mélenchon expliquait déjà que le chef de l’État devait « s’en aller » en cas de nouveau revers dans les urnes, « pour sortir de l’impasse. » Un appel répété tout l’été, sur les plateaux télé ou dans la presse étrangère, puis relayée à l’Assemblée par une proposition de destitution.
Quelques mois plus tard, le mouvement de gauche radicale – qui verrait bien son fondateur concourir à une présidentielle anticipée – n’est plus seul à suggérer cette éventualité. Avant Charles de Courson, François Ruffin, le député (divers gauche) de la Somme a lui aussi appelé Emmanuel Macron à « réfléchir sérieusement » à son départ, face à son bilan et aux blocages qu’il a provoqués. Mais la nouveauté cet automne vient du Rassemblement national après des semaines de silence sur la question.
Alors qu’ils menacent de faire chuter le gouvernement, après une relative mansuétude qui a permis la nomination de l’actuel gouvernement, certains élus lepénistes agitent à leur tour le spectre d’une démission présidentielle. C’est « une possibilité » pour l’après-Michel Barnier, « une solution » ou « une porte de sortie », ont expliqué coup sur coup Sébastien Chenu, le vice-président du RN et son collègue Philippe Ballard, dimanche à la télévision
Derrière cette offensive, certains ne manqueront pas de voir le souhait du parti lepéniste d’accélérer les choses pour une présidentielle anticipée, à l’heure où sa « candidate naturelle » est menacée d’être inéligible en 2027. Pour l’extrême droite il s’agit d’habituer l’atmosphère politique et médiatique à cette idée mais aussi de déplacer la responsabilité d’une possible « chienlit », selon les mots du ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, sur l’Élysée et son locataire.
La pression avec Courson
Car chez ces élus, auxquels on peut désormais ajouter Charles de Courson, un point apparaît commun : c’est le président de la République et lui seul qui est responsable de la situation politique actuelle. Impossible, donc, de faire porter le chapeau aux députés, quels que soient leurs choix sur le budget ou sur une possible motion de censure.
Dans ce contexte, il n’est pas anodin de voir les insoumis relayer massivement la dernière prise de parole du député membre du groupe indépendant « Liot ». « La démission de Macron est à l’ordre du jour », se réjouit par exemple l’élu essonnien Antoine Léaument, un proche de Jean-Luc Mélenchon, en partageant l’extrait vidéo du centriste sur les réseaux sociaux.
Une façon, pour la gauche radicale, de continuer à nourrir cette éventualité pourtant écartée par le président de la République jusqu’à présent. Tout en lui apposant une sorte de sceau de respectabilité qui accompagne le député Courson, élu à l’Assemblée depuis 30 ans. Dit autrement, de faire monter la pression.